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Consultations du Groupe d’étude
sur les
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La perception générale, après près de 20 ans d’application de la Loi, est que la Freedom of Information Act 1982 a eu un effet positif sur la culture du gouvernement. De façon générale, la fonction publique a adopté une philosophie de l'accès à l'information, laquelle a été renforcée par d’autres mesures d’ouverture du gouvernement. Le gouvernement traite maintenant plus efficacement et avec moins d’émotion les demandes d’accès à l’information.
Certains irritants perdurent cependant, ainsi que certaines inquiétudes entourant les coûts de l’accès à l’information pour le gouvernement. Selon l’avis de certains fonctionnaires, la Loi peut avoir créé des attentes irréalistes qui ne peuvent être satisfaites. En général, les ministères à haut volume de demandes produisent de meilleurs résultats, alors que les petits organismes se débattent toujours.
Il est intéressant de constater que l’usage de la Freedom of Information Act du Commonwealth n’a pas connu de croissance rapide au cours des dernières années. Les fonctionnaires attribuent cette situation au fait qu’un plus grand volume d’information gouvernementale est maintenant fourni de façon informelle et la capacité d'afficher l’information sur les sites Web de manière proactive. Cela a aussi fait en sorte que les demandes d’accès à l’information en vertu de la Loi sont maintenant plus complexes et plus délicates. Le Sénat cherche à promouvoir une plus grande ouverture de la part des ministères, y compris une proposition que tous les contrats et toutes les subventions du gouvernement soient publiés de façon routinière. Une motion a été adoptée au Sénat en juin 2001 rendant obligatoire la publication de la liste des contrats accordés dont le montant excède 100 000 $.
Plusieurs conviennent que le gouvernement doit divulguer plus d’information et que la Loi ne devrait être utilisée qu’en dernier recours. Les critiques affirment cependant que la Loi est trop complexe, qu’il y a absence de volonté politique soutenue et déplorent les ressources limitées consacrées à l’accès à l’information.
Selon certains fonctionnaires, l’accès à l’information a produit des documents plus objectifs et mieux rédigés, mais on concède que la Loi a pu rendre la fonction publique plus réticente à mettre certaines choses par écrit. En général, les fonctionnaires reconnaissent que leur crainte que la FOIA entrave la production de conseils francs aux ministres ne s’est pas réalisée, ce qu’ils attribuent au australien qui ne serait pas d’un naturel réticent.
Il n’y a aucune disposition dans la Loi portant sur les demandes vexatoires et frivoles. Certains fonctionnaires croient qu’il devrait y avoir une telle disposition puisqu’ils allèguent recevoir un certain nombre de ces demandes de personnes souffrant de problèmes de santé mentale. La Administrative Appeals Tribunal Act porte une telle disposition mais le tribunal y fait rarement droit. La défense n’a été acceptée qu’une seule fois en rapport avec une demande d’accès à l’information. La disposition de la Loi qui permet aux institutions de refuser de traiter les demandes qui représentent la réaffectation d’un volume déraisonnable de ressources est rarement utilisée. De plus, les ministères qui allègue que les documents demandés n’existent pas ou qu’ils ne peuvent être trouvés doivent présenter une preuve convaincante d’une recherche exhaustive.
Certains fonctionnaires croient que le critère de l’intérêt public prescrit par la Loi est important parce qu’il permet le développement d’une philosophie de l’accès à l’information.
La plupart des requérants au titre de la Loi du Commonwealth sont des particuliers à la recherche d’information sur eux-mêmes (90 pour cent de toutes les demandes en 2000-2001). Les entreprises commerciales n’ont pas souvent besoin d’utiliser la Loi pour obtenir de l’information sur leurs soumissions qui n’ont pas été acceptées puisque les offrants non retenus obtiennent normalement des entrevues après la clôture des appels d’offres. Par contre, les députés des partis d’opposition se servent de plus en plus de la Loi. Certains commentateurs pensent que les médias ne savent pas se servir efficacement de la Loi. De fait, ils s’en servent très peu, les délais établis par la Loi étant difficilement conciliables avec les délais de travail beaucoup plus courts des médias. La Loi est utilisée de plus en plus par des avocats dans des procédures judiciaires avant l’étape de la communication préalable.
Les droits fixes de demande de 30 $ (24 $CAN) ne sont pas considérés comme une entrave au droit d’accès. Normalement, ces droits ne sont pas imposés pour l’accès à l’information personnelle. Des frais additionnels peuvent être exigés, sans plafond sur le montant, pour des activités spécifiques et selon un tarif qui n’a pas changé depuis 1985. Les droits ne représentent pas les coûts réels (1,54 pour cent des coûts ont été recouvrés en 2000-2001). Les avis d’estimation des droits exigibles sont utilisés principalement pour « discipliner » et « cibler » les demandes. Il y a actuellement beaucoup de pression pour recouvrer une partie plus importante des coûts. Les services d’accès à l’information ont la responsabilité, au titre de la Loi, d’aider les requérants à présenter une demande, ce qui, selon les fonctionnaires, épargne beaucoup de temps à la longue. En appliquant le test d’intérêt public pour dispenser des droits exigibles, les organismes tiennent compte du volume d’information qui sera diffusé et de la portée de cette diffusion. Tous les fonctionnaires conviennent que les ressources, les coûts et la durabilité de la Loi sur l’information sont parmi les enjeux les plus importants. Les lignes directrices du procureur général indiquent que les droits exigibles ne doivent pas dépasser ceux qu’un système efficace facturerait; cependant, les fonctionnaires croient que les organismes sous-estiment systématiquement le temps requis sur lequel on a fondé l’estimation des droits.
Tous les intervenants conviennent que les certificats de ministres n’ont pas fait l’objet d’abus depuis l’adoption de la Loi, n’ayant été utilisés que rarement, et seulement par deux organismes, le « Treasury » et le « Cabinet Office », en raison des coûts politiques en cause. Cependant, l’Ombudsman et les représentants du AAT croient que les certificats ne sont pas nécessaires.
Certains fonctionnaires sont d’avis que les responsables des services d’accès à l’information dans les ministères ne reçoivent pas une formation adéquate et que ce travail est considéré comme étant un poste relativement inférieur avec peu de possibilités d’avancement et un taux élevé de roulement dans certains organismes. Étant donné qu’il n’y a pas de normes pour l’ensemble du gouvernement, l’application cohérente de la Loi est aussi un problème. Toutefois, il y a maintenant une page d’accueil pour la Loi sur le site Web et un Forum de spécialistes de l’accès à l’information se réunit à tous les deux mois pour fournir de l’information et un soutien en matière d’accès à l’information. L’Ombudsman a recommandé que le gouvernement envisage de centraliser la fonction d’accès à l’information au sein de chaque ministère afin de gérer plus efficacement le processus. Un désavantage de cette approche est que des services centralisés connaîtraient moins bien les dossiers des bureaux régionaux.
Selon les responsables de l’accès, une mauvaise gestion de l’information constitue un problème significatif pour l’administration de la Loi. Il y a peu d’intérêt ou de formation en gestion de l’information. Le système de gestion électronique des fichiers qui vient d’être adopté dans certains organismes ne fonctionne pas bien et, en encourageant l’enregistrement de beaucoup trop d’ébauches d’un document, il rend le traitement d’une demande d’accès encore plus onéreux en argent et en temps, qu’il ne devrait le faire.
Le statut et la bonne gestion des documents éphémères et des courriels n’a pas vraiment fait l’objet d’une réflexion pratique et ces documents représentent un problème imminent en rapport avec l’accès à l’information et avec les procédures judiciaires. Il faudrait réfléchir aux exemptions applicables, à la période appropriée de rétention des documents et aux normes de vérification de la gestion des documents au moment où ceux-ci sont créés.
L’impartition à très grande échelle des services gouvernementaux au secteur privé ces dernières années a produit une perte considérable de documents et moins d’accès aux dossiers gouvernementaux. Des dispositions contractuelles devraient assurer que le gouvernement ne perde pas la « possession » de ces documents. La privatisation des organismes gouvernementaux a aussi réduit le droit d’accès à l’information. L’Ombudsman aimerait qu’une présomption dans la loi stipule que chaque organisme gouvernemental qui est privatisé reste couvert par la Loi, et que l’exclusion soit traitée au cas par cas. Le ministère du procureur général prépare un projet de loi pour traiter de la question des incidences de l’impartition des services gouvernementaux au secteur privé sur le droit d’accès à l’information.
Le processus d’examen interne, selon lequel un cadre supérieur examine la décision originale, est généralement considéré par le AAT comme par l’Ombudsman comme étant utile, aussi longtemps qu’il est équilibré par un mécanisme d’examen externe, car il représente une façon de régler les disputes en temps opportun, une occasion d’apprentissage pour les ministères et une réduction des plaintes à l’Ombudsman et au AAT. Jusqu’à 25 pour cent des décisions originales de ne pas divulguer des documents sont modifiées à la suite de l’examen interne. Cependant, le système n’est pas parfait. Il est intéressant de constater que certains ministères préféreraient ne pas effectuer d’examens internes, ce qui entraînerait un plus grand nombre d’appels au AAT où il y a des frais exigibles de 600 $ (480 $ CAN) et où l’appel peut prendre jusqu’à un an à achever. Pour ce faire, il faudrait une modification de la Loi ou que ce soit le responsable principal de l’organisme (Secretary) qui prenne lui-même toutes les décisions d’accès à l’information.
La médiation est actuellement l’outil de choix au AAT et jusqu’à 80 pour cent des appels sont réglés par la médiation. Les audiences ont quelque fois lieu par vidéo conférence ou par téléconférence, et plus rarement, avec consentement, sur la seule base de documents. Les parties peuvent être représentées par un avocat ou non. Le AAT examine tous les documents faisant l’objet du litige.
Un certain nombre de causes se sont rendues jusqu’à la Cour fédérale et certaines jusqu’à la High Court de l’Australie. Ces instances ont été utiles pour créer une jurisprudence.
Bien que tous les responsables que nous avons rencontrés conviennent que la Loi fonctionne essentiellement correctement et que ce sont les pratiques administratives qui doivent être réformées, ils sont aussi d’avis que les recommandations faites en 1995 par la Commission de réforme du droit constitueraient une bonne amélioration.
S’il y avait une occasion de modifier la Loi, toutes les sources semblent convenir que celle-ci devrait être rédigée dans un langage plus simple et qu’il ne devrait pas y avoir de droits exigibles lorsque l’information aurait dû, à prime abord, être librement disponible. Puisqu’une plus grande privatisation des services est sur le point d’être réalisée, la Loi devrait s’appliquer à l’entreprise privée à qui est impartie la prestation des services gouvernementaux. Aucune organisation n’existe actuellement pour surveiller la conformité à la Loi ou pour donner gratuitement des conseils et de la formation. Le ministère du Solliciteur du gouvernement australien est la principale source de conseils juridiques en matière d’accès à l’information et possède un programme de formation très complet, offert au plein prix du marché. Plusieurs intervenants appuient la création d’un Commissaire à l’information qui ferait de l’éducation et de la formation au sujet de l’accès à l’information et qui soutiendrait l’intérêt pour cette question au sein du gouvernement. Sans un tel leadership, les critiques allèguent que des enjeux importants tels que la sensibilisation du public, la formation sur l’accès à l’information et la gestion de volumes croissants de documents électroniques et éphémères ne seront pas traités comme ils devraient l’être.
Tous ceux que nous avons rencontrés croient que le système
devrait être aussi abordable, rapide et informel que possible pour
les requérants ordinaires. Ils soulignent l’importance de
traiter des détails pratiques et des questions du rôle de
la fonction publique et du leadership politique. Ils insistent que l’accès
à l’information ne peut fonctionner en isolement et doit
être intégré aux autres politiques gouvernementales
telles que celles qui portent sur la gestion de l’information, la
technologie de l’information, le gouvernement en direct et la responsabilité
des dirigeants de la fonction publique.