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Groupe d'étude de
l'accès à l'information
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Consultation - Renseignements touchant la sécurité, la
défense et l'application de la loi
Date: Le 20 février 2001
Faits saillants de la consultation
Le sommaire qui suit présente les principaux points débattus
à chacune des tables rondes et au cours des séances plénières.
Plutôt qu'un procès-verbal ou un compte rendu textuel, nous
présentons un résumé schématique des points
de vue des personnes ayant participé aux délibérations
des divers groupes de discussion pendant la consultation.
Institutions participantes (14)
Agriculture et agroalimentaire Canada
Agence des douanes et du revenu du Canada
Citoyenneté et immigration Canada
Service canadien du renseignement de sécurité
Service correctionnel du Canada
Défense nationale
Pêches et océans Canada
Affaires étrangères et commerce international
Ressources naturelles Canada
Bureau du conseil privé
Travaux publics et services gouvernementaux Canada
Gendarmerie royale du Canada
Solliciteur Général
Transport Canada
Partie 1 : Questions, préoccupations et recommandations d'amélioration
De façon générale, les participants
sont d'avis que la plupart des articles de la Loi sur l'accès
à l'information (LAI) actuellement en vigueur assurent une
protection adéquate des renseignements de nature extrêmement
délicate liés à la sécurité nationale
et à l'application de la loi. Toutefois, l'environnement dans lequel
cette collectivité exerce maintenant ses activités s'est
profondément transformé au cours des 18 dernières
années. Des enjeux comme la guerre de l'information, le trafic
des êtres humains et la preuve par l'analyse de l'ADN, entre autres,
n'existaient pas avant la promulgation de la Loi. C'est pourquoi certaines
des dispositions et leur interprétation nécessitent une
modernisation.
Les pages qui suivent résument les préoccupations
particulières des participants, les problèmes soulevés
et les recommandations d'amélioration présentées.
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Renseignements obtenus à titre confidentiel (article 13 de la
LAI)
- Il faut résoudre une contradiction manifeste dans l'application
de cette exception. Bien qu'il s'agisse d'une exception obligatoire
fondée sur un critère « objectif », les ministères
sont tenus de faire la preuve du préjudice dans le processus
de règlement des plaintes. Il ne conviendrait de maintenir cette
exception que si elle est fondée sur un critère «
objectif » obligatoire.
- Dans l'application de cette exception à un document, il est
souvent difficile de déterminer ce qui est confidentiel dans
le document. Si une institution a de bonnes raisons de croire que le
fait même de demander le consentement d'un pays étranger
à la communication de renseignements risque de compromettre les
relations avec ce pays, l'institution devrait bénéficier
du droit discrétionnaire d'en refuser la communication.
- Une plus grande prise de conscience au sein du Commissariat à
l'information et d'autres organismes des effets possibles d'une divulgation
inappropriée ou par inadvertance de renseignements devant légitimement
être protégés en application du paragraphe 13(1)
aiderait la cause des relations internationales du Canada.
Affaires internationales et défense (article 15)
- Il est essentiel de maintenir cette exception dans sa forme actuelle
pour ne pas porter atteinte aux relations internationales et à
la défense du Canada.
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Application de la loi, enquêtes et sécurité (article
16)
Alinéa 16(1)a)
- Il conviendrait d'accorder à tous les organismes d'application
de la loi jouissant de pouvoirs d'enquête le statut d'« organisme
d'enquête » pour mieux protéger les renseignements
de nature délicate qui sont liés à l'application
de la loi. Les renseignements de ce genre font de plus en plus l'objet
d'échanges entre les organismes à tous les niveaux. Actuellement,
les organismes qui ne bénéficient pas de ce statut sont
considérés comme des « maillons faibles » et
on ne leur fait pas confiance lorsqu'il s'agit d'échanger des
renseignements.
- Une autre option, au lieu d'une liste d'organismes désignés,
serait une liste de renvois législatifs à des organismes
d'application de loi et d'enquête qui seraient considérés
comme des organismes « désignés ». Une autre
option encore serait d'ajouter les lois des organismes d'application
de la loi et d'enquête à l'annexe 2, sous le régime
de l'article 24.
- Après 20 ans, on peut encore avoir de bonnes raisons pour appliquer
l'exception, en faisant la preuve du préjudice possible. Par
conséquent, cette exception devrait demeurer discrétionnaire,
sans limite de temps. Si une limite de temps est conservée, toutefois,
elle devrait être appliquée à la dernière
intervention administrative faite sur le dossier et non à la
date de création du dossier.
Sous-alinéa 16(1)c)(i)
- On a fait valoir que lorsque cette exception est appliquée
la personne apprend alors forcément qu'il y a enquête (dossiers
d'immigration, autorisations de sécurité, etc.). Il faudrait
trouver un moyen de protéger les renseignements de nature délicate
visés à l'article 16 sans révéler l'existence
d'une enquête de façon à aider le milieu de la sécurité
et de l'application de la loi.
- À l'heure actuelle, cette exception ne s'applique qu'aux enquêtes
en cours. Il conviendrait aussi de prévoir une exception obligatoire
dans le cas des enquêtes passées, si la communication de
l'information risque de causer un préjudice (en nuisant à
un processus d'autorisation sécuritaire, par exemple), de manière
à mieux protéger l'intégrité des enquêtes
ultérieures.
- La prorogation de la période de 30 jours permettrait une évaluation
plus approfondie du risque touchant les enquêtes.
- La modification de la Loi pour permettre une autre exception lorsque
la Cour fédérale invalide une exception invoquée
aiderait à protéger les renseignements liés à
l'application de la loi. Il conviendrait donc d'être en mesure
d'invoquer une exception au titre de la sécurité nationale.
- Les victimes et les familles des victimes gagneraient à ce
que cette exception soit assortie d'un critère subjectif en ce
qui a trait à la communication de renseignements préjudiciables
à leur bien-être.
- La présentation d'exemples de « préjudices »
dans le Règlement aiderait à expliquer comment le «
préjudice » doit être interprété (le
CI a remis en cause les exemples se trouvant dans les lignes directrices
du Conseil du Trésor).
- Il conviendrait de faire des recherches dans les autres administrations
pour trouver des solutions possibles aux problèmes touchant les
exceptions relatives à la sécurité.
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Paragraphe 16(2)
- Les programmes ministériels de sécurité et d'application
de la loi n'auraient aucun effet sans une garantie absolue de protection
du caractère confidentiel des renseignements critiques communiqués
par des tiers au gouvernement, tels que des renseignements portant sur
leur vulnérabilité.
- Il serait important de pouvoir offrir des garanties aux tiers, dont
les autorités aéroportuaires, qui dépendent des
institutions gouvernementales pour la protection des renseignements
qu'ils fournissent sur leurs mesures de sécurité et la
protection du public. Ces tiers ont besoin de savoir dès le départ
que les renseignements liés à la sécurité
ne seront pas communiqués en application de la LAI.
- Les ministères ne sont pas à l'aise de recueillir des
renseignements s'ils ne peuvent garantir aux tiers que leur information
touchant la sécurité ne sera pas divulguée à
d'autres parties (p. ex. des compétiteurs) sous le régime
de la LAI, dont les renseignements liés à la sécurité
informatique dans le cadre des programmes An 2000.
Renseignements de tiers (article 20)
- Il conviendrait de permettre aux tiers d'intervenir pour défendre
leur demande d'exception à l'égard de renseignements touchant
la sécurité comme ils peuvent le faire dans le cas des
renseignements commerciaux car cela garantirait la protection du caractère
confidentiel. Il serait approprié d'ajouter à l'alinéa
20(1)b) l'information touchant la sécurité dans la liste
des renseignements confidentiels qui sont fournis par des tiers à
des institutions gouvernementales.
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Avis au gouvernement (article 21)
- Des lignes directrices plus claires du Conseil du Trésor aideraient
les ministères à déterminer les meilleures modalités
d'application de cette disposition de la Loi. L'évolution des
avis et des interprétations de cet article de la LAI avec le
temps a rendu plus ardue l'application de cette disposition parce que
même s'il s'agit d'une exception objective, son application est
discrétionnaire.
Interdictions fondées sur d'autres lois (article 24)
- Les lois qui interdisent la communication de documents et qui figurent
à l'annexe II comprennent les dispositions relatives à
la sécurité et à l'application de la loi. Il conviendrait
de rendre transparents les critères qui orientent les décisions
relatives à l'adjonction de renvois législatifs à
l'annexe 2 de manière à clarifier la situation au profit
des institutions.
- Il conviendrait de traiter les renseignements visés par des
renvois législatifs de la même manière qu'un «
fichier inconsultable » étant donné que ces renseignements
font l'objet d'une exception en vertu d'autres dispositions.
- Des examens périodiques d'un comité parlementaire visant
à déterminer si et dans quelle mesure les lois portées
à l'annexe en vertu de l'article 24 sont nécessaires aideraient
à rendre la loi plus moderne et axée sur l'avenir.
Questions de processus
- Certaines demandes entraînent un vaste déploiement de
ressources pour l'obtention de résultats de recherche; comment
pouvons-nous limiter les efforts? (Tous les dossiers doivent faire l'objet
de recherches mais, en raison de leur nature, la plupart ne pourront
être communiqués.)
- Les institutions gouvernementales ont besoin de politiques et de normes
sur la gestion de l'information et des dossiers, en particulier en ce
qui a trait à la gestion de l'information électronique.
- Le manque d'uniformité dans les réponses des institutions
gouvernementales à l'égard de demandes analogues pose
un problème qui doit être réglé.
- On se dit fort préoccupé par l'obligation de transmettre
au BCI des pièces à conviction, brisant ainsi la chaîne
de possession nécessaire à une poursuite criminelle réussie.
- Il faut des lignes directrices plus claires pour lier la Politique
du gouvernement sur la sécurité à l'AIPRP de même
qu'une meilleure interaction entre le personnel des services de sécurité
et le personnel de l'AIPRP [cette politique fait actuellement l'objet
d'un examen].
- On a pu s'interroger sur les personnes les mieux placées pour
prendre des décisions concernant l'accès à l'information,
soit les fonctionnaires de programme (qui connaissent les opérations
et peuvent déterminer s'il y a préjudice) ou le bureau
de l'AIPRP (qui connaît la loi).
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Formation, constitution de réseaux, partage de pratiques exemplaires
- Comme tout le monde est bien occupé à faire son travail,
on ne dispose que de bien peu de temps pour communiquer avec la collectivité
au sujet des questions de la LAI ou pour échanger des pratiques
exemplaires. Il conviendrait que le Conseil du Trésor joue un
plus grand rôle de facilitation à cet égard et qu'il
autorise des affectations financières appropriées pour
les unités de l'accès, qu'il encourage la constitution
de réseaux et l'échange de pratiques exemplaires et qu'il
offre des services de formation courante, d'encadrement et de formation
sur des questions particulières à la collectivité
de la sécurité, de l'application de la loi et de la défense
en vue d'améliorer l'accès.
Communication proactive
- Une plus grande utilisation d'Internet et du GED pour diffuser l'information
de façon proactive aurait pour effet d'améliorer sensiblement
l'accès à l'information gouvernementale.
- Des conférences de presse régulières aideraient
à informer le public au sujet des questions de fond sans que
celui-ci ait à présenter une demande au titre de la LAI.
Partie 2 : Recommandations particulières à la présidente
du Groupe d'étude
Dans la deuxième partie de la séance, on a demandé
aux participants de présenter une recommandation qu'ils considèrent
comme la plus importante. Les paragraphes qui suivent résument
ces recommandations.
- Tous les organismes d'enquête qui échangent des renseignements
entre eux, y compris les unités d'enquête « quasi
criminelle », telles que CIC et Pêches et Océans,
devraient être portés à l'annexe en vertu de l'article
16 pour qu'il n'y ait pas de chaînon faible dans la chaîne.
Cela pourrait se faire par l'adoption de critères pour la désignation
d'organismes en application de l'article 16. L'annexe visée par
l'article 16 devrait faire l'objet d'un examen et d'un renouvellement
périodiques de manière à permettre l'ajout des
nouveaux organismes d'enquête qui ont été créés
et la radiation de ceux qui ne sont plus pertinents.
- Modifier l'alinéa 16(1)a) pour permettre à un organisme
d'enquête d'user de son pouvoir discrétionnaire pour protéger
des renseignements liés à l'application de la loi d'après
une évaluation du préjudice. Le critère subjectif
devrait comprendre un examen du préjudice causé aux victimes
et aux familles des victimes. La limite de 20 ans devrait être
abolie.
- Modifier l'alinéa 16(1)c) pour le rendre applicable aux renseignements
susceptibles de porter atteinte à toute enquête, et non
uniquement à l'enquête en cours, ou encore de nuire à
une enquête susceptible d'être rouverte. Modifier aussi
l'alinéa 16 (1)c) de façon à ce qu'il indique clairement
qu'il s'applique à la communication de renseignements dont la
divulgation risquerait vraisemblablement de nuire à l'exécution
ou à l'application de toute loi du Canada. À comparer
avec 16(4)a).
- Modifier les motifs de prorogation des délais de manière
à inclure l'ampleur et la complexité de la demande d'accès
sans qu'il faille faire la preuve d'une entrave aux opérations
du ministère.
- Les programmes de formation du Conseil du Trésor devraient
tenir compte de la situation particulière de la collectivité
de la défense, de l'application de la loi et de la sécurité
dans la conception et la prestation de la formation. À cette
fin, on pourrait consulter des spécialistes de cette collectivité.
Le SCT devrait également publier des politiques, des normes et
des lignes directrices mises à jour et améliorées
sur la gestion de l'information à l'échelle de l'administration
fédérale.
- Une meilleure coordination entre les organismes et une plus grande
consultation de ces organismes aideraient à faire en sorte que
la divulgation et les exceptions soient uniformes en ce qui a trait
aux renseignements pour lesquels il existe un intérêt commun.
- Il conviendrait que le Conseil du Trésor intervienne pour
offrir des occasions de constitution de réseaux et de formation
partagée à la collectivité de l'AIPRP ainsi qu'à
celle de la sécurité, de l'application de la loi et de
la défense sur les exceptions et l'incidence des décisions
judiciaires récentes.
- Il serait avantageux d'ajouter une disposition dans la Loi prévoyant
un « bureau du coordonnateur de l'AIPRP ». En relevant d'un
organisme indépendant, plutôt que des sous-ministres, les
coordonnateurs pourraient préserver leur neutralité; la
délégation intégrale des pouvoirs aux coordonnateurs
de l'AIPRP en ce qui a trait à la communication des renseignements
et à l'application des exceptions serait aussi une amélioration.
- La Politique du gouvernement sur la sécurité (PGS)
doit être clarifiée en ce qui a trait à l'aptitude
d'échanger des renseignements personnels au sein des organismes
d'enquête. Même si la PGS est déjà liée
à la Loi sur l'accès à l'information, les domaines
de déséquilibre devraient être abordés. Tout
en affirmant clairement le besoin de protéger les renseignements
personnels contre une divulgation non autorisée, la PGS doit
aussi permettre à cette information d'être plus facilement
échangée au sein du ministère en fonction des besoins
(p. ex. sécurité, relations de travail).
- Le Secrétariat du Conseil du Trésor doit veiller à
ce que le Commissariat à l'information connaisse et comprenne
les conséquences nuisibles de la communication de renseignements
liés au secteur de la sécurité ou de la rupture
de la chaîne de possession de manière à ce que le
Commissariat prenne les mesures de sécurité qui s'imposent
pour protéger ce type d'information.
- Le SCT a un rôle à jouer pour faire en sorte que les
ministères allouent des ressources suffisantes pour permettre
le traitement de la charge de travail régulière et des
volumes de pointe en rapport avec la LAI et pour faire en sorte que
les gestionnaires et le personnel de programme intègrent la LAI
dans leur travail courant.
- Les ministères devraient publier sur le Web les résultats
des demandes au titre de la LAI de façon à ce que tous
les intéressés, y compris les autres ministères
fédéraux, puissent les consulter. Les ministères
pourraient envisager une divulgation plus proactive en tenant des conférences
de presse pour discuter des questions de l'heure de grand intérêt
pour les médias. Le projet de GED dans les ministères
devrait comprendre la diffusion de l'information d'intérêt
pour le public.
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