Consultation - Information concernant les relations internationales
le 16 mars 2001
Points saillants des discussions
Le présent sommaire met en relief les principaux points abordés
à chacune des tables rondes et pendant les séances plénières.
Il n'est ni un procès-verbal ni un compte rendu textuel des délibérations,
mais plutôt un résumé schématique des opinions
exprimées par les personnes qui ont participé aux groupes
de discussion pendant la consultation.
Institutions participantes (12)
Agriculture et agroalimentaire Canada
Agence des douanes et du revenu du Canada
Agence canadienne d'évaluation environnementale
Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA)
Agence canadienne de développement international
Pêches et océans Canada
Affaires étrangères et commerce international
Défense nationale
Commission de la fonction publique
Travaux publics et services gouvernementaux Canada
Gendarmerie royale du Canada
Transport Canada
Principales questions et préoccupations
Les participants admettent qu'il est nécessaire de concilier le
droit d'accès du public à l'information et l'obligation
de protéger certains renseignements qui sont essentiels à
la bonne conduite des relations extérieures et des affaires internationales.
Ils font remarquer que la Loi sur l'accès à l'information
reconnaît l'importance de protéger l'information internationale
obtenue à titre confidentiel puisqu'elle prévoit des exceptions,
et ils ont souligné la nécessité de maintenir ces
exceptions.
De l'avis des participants, lorsque le Canada obtient des renseignements
à titre confidentiel d'un gouvernement étranger ou d'une
organisation internationale, il nous incombe de les traiter de façon
confidentielle. Bien que la notion d'accès ne soit pas comprise
de la même façon dans tous les pays, la notion de confidentialité
l'est. Si les partenaires internationaux du Canada ont l'impression que
l'information qu'ils nous communiquent à titre confidentiel n'est
pas toujours protégée, ils pourraient cesser de nous fournir
des renseignements importants et de nature délicate, et le Canada
risquerait alors d'être tenu à l'écart. Cela pourrait
avoir des conséquences sur les plans militaire et commercial, notamment
sur les débouchés commerciaux. Les exceptions prévues
actuellement ne devraient être assorties d'aucun délai puisque
certains différends internationaux ne sont jamais réglés
une fois pour toutes.
Si la loi qui régit l'accès à l'information dans
un autre pays exige la protection d'un certain type de renseignements,
la loi canadienne peut-elle obliger une institution à divulguer
ce type de renseignements? Les participants indiquent que les rapports
entre les lois canadiennes et étrangères en matière
d'accès à l'information constituent une zone d'incertitude
et qu'on a besoin d'explications ou de lignes directrices plus claires
à ce sujet. Par exemple, les É.-U. ont des règles
beaucoup plus strictes que les nôtres en ce qui concerne la divulgation
de renseignements sur les ventes d'armes. S'ils ont l'impression que le
Canada ne protège pas bien ce type de renseignements, notre participation
à ce marché lucratif pourrait être passablement restreinte.
Des participants signalent que certains demandeurs et le Commissariat
à l'information exercent parfois des pressions pour que soient
divulgués des renseignements que nos partenaires internationaux
éviteraient de divulguer.
Le contraire peut également se produire : un autre pays peut-il
communiquer des documents canadiens contenant des renseignements confidentiels
qui ne sauraient être divulgués au Canada? Il arrive
parfois que le gouvernement des É.-U. communique des documents
qui sont déclassifiés automatiquement après un certain
temps alors que les mêmes documents demeurent protégés
au Canada. Il faudrait coordonner davantage, avec nos partenaires internationaux,
les règles de divulgation de l'information.
Les participants ont fait observer que les relations internationales
englobent le commerce international, un domaine dans lequel il faut absolument
protéger les intérêts du Canada. La politique
commerciale canadienne repose sur des règles, des ententes et des
négociations, et il importe de protéger notre stratégie,
du point de vue non seulement des négociations en cours mais aussi
des futures négociations. On donne comme exemple les négociations
entourant le bois d'uvre résineux, qui font actuellement
l'objet d'une importante demande d'accès. La divulgation de renseignements
critiques sur la position ou la stratégie adoptée par le
Canada risquerait de compromettre ces négociations. Les participants
font remarquer que les stratégies et les analyses entourant l'information
commerciale internationale peuvent être encore confidentielles même
après 20 ans, comme dans le dossier du bois d'uvre résineux,
et qu'il ne faudrait donc pas fixer de délai.
Dans certains cas, l'information sur les positions et stratégies
adoptées au cours d'une série de négociations ne
devrait pas être communiquée par la suite parce qu'il
y aura une autre série de négociations sur le même
sujet dans un proche avenir. Dans d'autres cas, toutefois, certains types
de renseignements qu'il faut protéger pendant les négociations
peuvent être divulgués une fois terminées les négociations.
Des éclaircissements s'imposent quant aux types de renseignements
qui sont protégés et ceux qui ne le sont pas, afin qu'on
sache exactement à quoi s'en tenir lorsque le Canada traite avec
les institutions étrangères qui lui fournissent l'information.
Les ministères doivent être en mesure d'indiquer clairement
aux partenaires étrangers, dès le début du processus,
quels sont les renseignements qui seront protégés et quels
sont ceux qui pourraient être divulgués.
Il a été recommandé de revoir l'article 13
afin de clarifier le sens des expressions " institution ", "
organisation internationale " et " renseignements obtenus à
titre confidentiel ". Les participants ont aussi recommandé
de remplacer l'expression " État étranger " par
" autorité étrangère ", à l'alinéa
13(1)a), puisque nous avons aussi des relations avec, par exemple, l'"
Autorité palestinienne " et " Taïwan ".
Les participants ont recommandé d'étendre la protection
aux entités transnationales d'autres pays, comme l'APEC et
l'OEA, ou à des entités privatisées. Elles devraient
peut-être être incluses de façon explicite.
Il faudrait assouplir les dispositions de la Loi et de la politique
afin de permettre la prorogation des délais dans le cas des consultations
internationales. En ce qui a trait à la prorogation des délais,
certains participants croient qu'il faudrait envisager la création
d'une catégorie distincte pour l'information sur les relations
internationales étant donné qu'il faut communiquer avec
des pays étrangers, dont des pays du tiers monde, et avec des organisations
multinationales. De telles communications peuvent être ardues et
prendre beaucoup de temps pour des raisons techniques ou politiques, comme
un coup d'État, une structure bureaucratique complexe, l'absence
d'outils de communication et le fait qu'il soit difficile de savoir qui
doit être consulté, et les bureaucrates à l'administration
centrale ou au gouvernement du pays membre. Certains pays, qui n'ont pas
la même philosophie ni les mêmes ressources que nous, ne répondent
pas toujours aux demandes ou sont lents à y répondre. D'après
certains participants, il faudrait gérer les attentes des demandeurs
et expliquer à ces derniers les processus en cause.
Lorsqu'on communique avec une organisation internationale, il faut
passer par d'autres pays. Cela peut poser un problème étant
donné qu'il faut parfois obtenir la permission de plusieurs parties
et que, en raison d'opinions divergentes, certaines d'entre elles peuvent
s'opposer à la communication des documents, ce qui nous empêche
alors de répondre à la demande d'AI. Bien souvent les documents
doivent être vérifiés attentivement avant leur consultation
afin de protéger les personnes qui pourraient être mentionnées
dans les documents, ce qui retarde encore plus le processus. Il faudrait
expliquer aux demandeurs et au Commissariat à l'information la
marche à suivre pour traiter les demandes d'accès à
des documents émanant d'autres pays, ainsi que les contraintes
qui s'y rattachent, afin qu'ils puissent en saisir toute la complexité.
Les demandes semblent être de plus en plus importantes et complexes.
Par exemple, on demande de plus en plus à consulter tous les documents
concernant tel ou tel sujet, ce qui peut représenter plusieurs
milliers de pages. En outre, comme il est maintenant facile de communiquer
avec d'autres pays par courrier électronique, une foule de renseignements
nous parviennent de l'extérieur du Canada, dont certains ne peuvent
être communiqués sans consulter le pays d'origine. Si le
nom de plusieurs destinataires figure sur le courriel reçu, il
faut alors parfois consulter toutes les personnes du pays d'origine qui
sont mentionnées sur la liste, ce qui peut prendre beaucoup de
temps. Les participants pensent que le public ne sait peut-être
pas qu'il existe autant d'informations sur un sujet donné et qu'il
faudrait l'expliquer aux demandeurs afin de les encourager à présenter
des demandes plus précises.
Certains participants estiment que le barème de droits prévu
dans le Règlement devrait refléter le coût réel
des recherches et de la préparation des documents que doivent
supporter le secteur de programme et les Commissariats à l'information
et à la protection de la vie privée du Canada. La nécessité
de faire traduire les documents provenant d'autres pays qui sont rédigés
dans une autre langue avant que l'exception ne puisse être appliquée
serait, d'après les participants, un autre facteur qui cause des
retards et entraîne des coûts.
Il faudrait également clarifier l'application de l'article
44, qui concerne les tierces parties qui peuvent demander la révision
d'une décision portant sur la divulgation de certains renseignements.
Certains participants indiquent qu'il faudrait peut-être envisager
la possibilité d'appliquer cette disposition aux pays étrangers,
ce qui n'est pas le cas actuellement.
Il faudrait clarifier les lignes directrices concernant l'accès
aux nombreuses ébauches des documents. Les demandes d'"
ébauches " occasionnent beaucoup de travail. Il est proposé
de limiter les demandes à la version finale du document, à
l'ébauche la plus récente, au document de travail final
ou au document en cours de rédaction, et d'exclure les ébauches
précédentes.
Les documents transitoires peuvent induire en erreur s'ils sont communiqués
prématurément, même s'ils portent la mention "
ébauche ", parce qu'on a souvent l'impression qu'ils traduisent
une position ou une politique du gouvernement, et ce même avant
qu'ils ne soient achevés et approuvés. Par exemple, dans
le domaine de la biotechnologie, la politique n'est pas encore arrêtée.
Les directions hiérarchiques qui sont en train de consulter des
établissements d'enseignement et d'autres pays ne veulent pas que
les résultats préliminaires de leur consultation soient
rendus publics et soient considérés comme énonçant
la politique ou la position du gouvernement, parce qu'ils pourraient avoir
des effets néfastes s'ils étaient communiqués prématurément
ou hors contexte.
Les participants ont recommandé d'assujettir à la Loi
les organismes quasi gouvernementaux qui ont des relations avec d'autres
pays, comme Nav Can. Ils craignent que le gouvernement fédéral
ne puisse plus exercer ses responsabilités dans le domaine des
relations extérieures lorsque de tels organismes cessent d'être
régis par le gouvernement. On ne sait pas toujours exactement qui
est responsable lorsqu'il s'agit de traiter avec d'autres pays.
Des éclaircissements s'imposent au sujet des renseignements
considérés comme étant des " avis élaborés
pour le ministre ". Selon les participants, il serait utile que
quelqu'un revoit toute la jurisprudence et formule des lignes directrices
sur la façon d'appliquer cette disposition de la Loi. Les lignes
directrices devraient comprendre des exemples concrets et un critère
subjectif pratique.
Les participants ont constaté que nos partenaires internationaux
n'ont peut-être pas tous la même attitude que nous face à
l'accès à l'information. Les tierces parties que nous
consultons dans d'autres pays ne considèrent pas nécessairement
que ces demandes sont urgentes et n'ont peut-être pas les mêmes
attentes que nous en ce qui concerne la communication de l'information.
Il est parfois difficile de faire respecter nos délais par des
tierces parties d'autres pays. Les participants estiment que l'on devrait
tenir compte des réalités des affaires internationales en
envisageant des prorogations spéciales pour les consultations internationales.
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