Consultations à propos de l'information de nature financière
et commerciale
le 16 mars 2001
Les consultations ont porté sur les questions et les préoccupations
de la collectivité qui s'occupe de l'information de nature financière
et commerciale. Le présent sommaire fait état des principaux
sujets abordés à chacune des tables rondes et pendant les
séances plénières, et il ne tient pas lieu de procès-verbal
ni de compte rendu exhaustif.
Participants (18)
Affaires indiennes et du Nord Canada
Agence canadienne de développement international
Agence canadienne d'évaluation environnementale
Agence canadienne d'inspection des aliments
Agence des douanes et du revenu du Canada
Agriculture et Agro-alimentaire Canada
Conseil de recherches en sciences humaines du Canada
Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés
Conseil national de recherches Canada
Défense nationale
Office national de l'énergie
Pêches et Océans Canada
Santé Canada
Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
Solliciteur général du Canada
Transports Canada
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Questions, préoccupations et propositions en matière de
changement
Les participants s'entendent pour dire que même si les dispositions
actuelles de la Loi assurent une bonne protection de l'information commercialement
sensible fournie par des tiers au gouvernement, ils craignent qu'un relâchement
des dispositions n'ait des effets négatifs. Si les entreprises
n'ont pas l'impression que la confidentialité de leur information
est assurée, elles pourraient choisir de ne pas offrir leurs services
au gouvernement du Canada ou, ce qui est plus grave, de ne pas fournir
au gouvernement les renseignements dont il a besoin pour offrir un certain
nombre de programmes, dont ceux liés à la santé et
à la sécurité. Les participants ont insisté
sur le fait que pour maintenir la collaboration et une relation de confiance,
le gouvernement ne peut se permettre de donner l'impression d'affaiblir
la protection de l'information confidentielle des entreprises qui traitent
avec lui.
Les sociétés d'État et les organismes quasi gouvernementaux
non couverts par la Loi suscitent des inquiétudes. On ne sait
pas avec certitude si l'information qu'ils possèdent est assujettie
à la Loi lorsqu'ils la communiquent au gouvernement. Les sociétés
d'État et les organismes quasi gouvernementaux veulent qu'on les
rassure que l'information commercialement sensible qu'ils fournissent
sera protégée par le gouvernement. Les participants expriment
le besoin d'accorder une protection à ces organismes, en vertu
de l'article 20, pour qu'ils continuent de fournir des renseignements
commerciaux importants au gouvernement.
Une question connexe est soulevée à propos de la responsabilité
de l'information qui relève d'un ministère assujetti à
la Loi, mais qui a par la suite été transmise à
un nouvel organisme hybride dans le cadre de l'initiative de diversification
des modes de prestation des services, de la création d'un organisme
de service spécial ou encore de la conclusion d'un marché.
Il en découle des questions liées à la définition
de l'expression " relevant ". Les participants indiquent que
c'est au moment où l'information est transmise qu'il convient d'aborder
la question de l'accès à l'information, car il est beaucoup
plus difficile de le faire après coup et ils recommandent que la
nécessité d'aborder la question de l'accès soit intégrée
à la politique relative à la diversification des modes de
prestation des services. Qui plus est, il conviendrait de s'entendre dès
le début avec les organismes issus de la diversification des modes
de prestation des services au sujet de l'information qui peut être
divulguée de façon informelle. Ce faisant, ces organismes
continueraient d'être considérés comme responsables
et transparents dans la conduite de leurs activités commerciales.
Même si une entreprise considère toujours comme confidentielle
son information commercialement sensible, elle pourrait avoir l'impression
d'en perdre le contrôle si elle la communique au gouvernement aux
termes d'un règlement ou en vertu d'un marché. Le ministère
et l'entreprise pourraient ne pas s'entendre sur le préjudice éventuel
qui pourrait découler de la communication de l'information pour
répondre à des demandes d'accès. D'après les
participants, il est difficile d'entretenir des relations ouvertes, transparentes
et fondées sur la confiance entre le gouvernement et l'industrie,
lorsqu'il y a désaccord sur la question de l'accès.
Une des solutions recommandées consiste à encourager
une plus grande uniformité, à l'échelle pangouvernementale,
des interprétations de l'information qui peut être communiquée
et de celle qui ne peut l'être. Il serait utile de connaître
les lignes directrices et les pratiques exemplaires établies par
les ministères pour leurs propres activités, ainsi que des
exemples de ce qu'ils considèrent comme une divulgation préjudiciable.
De telles lignes directrices pourraient être mises à jour
régulièrement et communiquées aux autres ministères.
On a besoin d'un mécanisme de coordination entre les ministères
pour traiter les demandes d'accès qui ne se limitent pas à
un seul ministère.
Collaborer avec les petites entreprises au sujet des questions liées
à l'accès à l'information pose un défi en
matière de communication car le concept d'information commercialement
confidentielle n'est pas toujours facile à comprendre ou à
appliquer, et il n'est pas facile de comprendre la notion de préjudice
probable/important ou encore le recours aux dispenses. Il convient d'informer
les tiers des dispositions de la Loi sur l'accès à l'information
qui s'appliquent aux entreprises.
Lorsqu'il faut prouver qu'il y a préjudice, le fait que c'est
à l'entreprise de montrer que l'information ne peut être
communiquée peut constituer un fardeau. On fait remarquer que
les observations à adresser au gouvernement pour prouver qu'un
dossier ne peut pas être divulgué peuvent représenter
un coût prohibitif pour les petites et moyennes entreprises (PME).
De meilleures définitions ou lignes directrices sur la terminologie
utilisée dans la Loi, comme l'expression " risquerait vraisemblablement
" dans l'article 20 et le concept de " préjudice "
aideraient les tiers à mieux comprendre le critère préliminaire
à respecter. On recommande également que lorsque le tiers
prétend que la communication de l'information causera un préjudice,
c'est au gouvernement qu'il devrait incomber d'établir le contraire.
Les participants recommandent que l'on envisage un autre mécanisme
de règlement des conflits lorsqu'il s'agit de conflits avec des
tiers, pour alléger certains enjeux. Certains participants
sont d'avis que le système en place est trop rigide et que souvent
les conflits aboutissent devant les tribunaux. De nombreuses PME ont des
ressources limitées et peu d'expérience pour défendre
leurs droits à la confidentialité de leur information commerciale
devant les tribunaux.
Il arrive que la personne qui présente une demande d'accès
à l'information pose un problème à l'entreprise,
lorsqu'il s'agit d'un concurrent. À l'heure actuelle, l'identité
des demandeurs est protégée, mais même si des ministères
subissent des pressions croissantes de la part des entreprises, du CIC
et d'autres organismes pour abolir cette restriction, ils jugent important
de maintenir la protection. Par ailleurs, divulguer le nom des demandeurs
faciliterait la tâche aux ministères et leur permettrait
de traiter leurs demandes de façon informelle.
L'article 27 de la Loi sur l'accès à l'information exige
que le gouvernement avise/consulte les tiers, même lorsqu'on sait
que l'information sera divulguée. On laisse entendre que le
gouvernement ne devrait pas consulter les tiers lorsque la jurisprudence
indique très clairement que l'information doit être communiquée.
Certains participants pensent que les avis de communication aux tiers
et les contestations devant la Cour fédérale pourraient
n'être qu'une tactique dilatoire qui favorise les tiers. La procédure
relative aux tiers coûte très cher aux contribuables et aux
PME, et il conviendrait de l'éviter lorsque l'aboutissement est
manifeste. On pense par ailleurs que la commissaire à l'information
pourrait exercer des pressions pour que l'information soit communiquée
lorsque les coordonnateurs de l'accès à l'information savent,
par expérience, que l'information peut et devrait être protégée.
Le moment choisi pour présenter des demandes d'accès
a son importance lorsque l'information est de nature financière
et commerciale, étant donné la nécessité de
consulter les tiers. Il est recommandé que des prolongations
réalistes soient accordées pour tous les types de délais,
y compris pour les consultations de tiers, si les opérations du
ministère sont compromises. La période de 20 jours autorisée
pour l'intervention des tiers est trop courte lorsqu'il faut examiner
de nombreux documents de nature technique. Les entreprises n'ont pas assez
de temps pour faire un bon examen dans le bref délai accordé,
lorsque l'expertise technique requise fait défaut sur place. Au
gouvernement, il y a des situations qui ne se produisent pas, par exemple
les fermetures prolongées pour l'été ou à
Noël. Les délais accordés pour les avis de communication
prévue ne sont pas assez longs, pour les entreprises étrangères,
lorsque des consultations doivent être tenues auprès des
ambassades des pays en cause, et lorsque la langue constitue un obstacle.
Parfois, les ministères ne peuvent identifier les tiers visés,
lorsque les produits arrivent au Canada par l'intermédiaire d'entreprises
d'exportation-importation.
En vertu de l'ALENA, de l'OMC, etc., il pourrait être essentiel
de tenir des consultations auprès des tiers non résidents
pour leur donner des chances d'intervention équitables. Certains
participants font remarquer que les délais serrés prévus
par la Loi sur l'accès à l'information pourraient faire
obstacle aux poursuites judiciaires (p. ex., dans le cas de l'OMC) et,
partant, compromettre la position du Canada en situation de conflit.
On craint que lorsque le gouvernement s'adresse aux tribunaux pour
défendre des intérêts commerciaux, les avocats
de la partie adverse recourent à la Loi sur l'accès à
l'information pour obtenir des renseignements qu'ils n'ont pu obtenir
via le processus interrogatoire préalable, ce qui pourrait mettre
le gouvernement dans une position désavantagée.
On exprime une certaine incertitude face à la question de savoir
si une information nouvelle est créée lorsqu'on répond
à une demande d'accès par l'intermédiaire d'une base
de données. Selon le consensus, chaque élément
d'information versé dans une base de données peut être
considéré comme de l'information, et le recueil des données,
d'une quelconque façon, pour préparer une réponse
ne consiste pas vraiment à créer un nouveau dossier. Les
participants semblent dire qu'une ligne directrice sur la question serait
utile.
Les participants constatent un manque d'uniformité à
l'échelle interministérielle dans le processus permettant
de déterminer la nature confidentielle de l'information. Un
ministère peut protéger un document qu'il juge confidentiel
alors qu'un autre peut l'afficher sur son site Web. Les participants préconisent
des éclaircissements et une sensibilisation à la question
et demandent de l'information sur la question de savoir quand il y a lieu
de tenir des consultations. Lorsque le texte législatif n'est pas
clair, il se pourrait que l'interprétation doive être soumise
aux tribunaux. On laisse entendre qu'une meilleure coordination entre
le Secrétariat du Conseil du Trésor et des ministères
comme Industrie Canada pourrait être utile.
Plusieurs participants soulignent la nécessité d'harmoniser
nos pratiques avec les pratiques d'accès américaines et
d'en informer les entreprises américaines qui uvrent au Canada.
Les tiers américains doivent comprendre les répercussions
de la Loi sur l'accès à l'information en vigueur au Canada
lorsqu'ils traitent avec le gouvernement du Canada, pour qu'une relation
de confiance soit entretenue et pour qu'une information exacte puisse
circuler entre les deux pays, en temps opportun.
On laisse entendre qu'il serait bon, pour le gouvernement, d'analyser
tous les cas soumis à la Cour fédérale par des tiers,
aux termes de l'article 44 de la Loi sur l'accès à l'information,
aux fins de révision d'une décision visant la communication
d'un document. Certains pensent qu'il serait utile de savoir combien de
cas de ce genre se sont présentés, qui étaient les
demandeurs, quels étaient les sujets de préoccupation et
quelle décision a été rendue par la Cour.
Il est fermement recommandé que le gouvernement informe mieux
les tiers, ainsi que les secteurs de programmes des ministères.
Il faut fournir davantage de conseils aux employés exécutants
des ministères et insister sur leur formation, pour qu'ils aient
une meilleure idée de l'information qui peut être communiquée
et de celle qui ne peut l'être, de préférence au moyen
d'instruments simples dont l'utilisation est largement répandue,
et qui fournissent des exemples concrets. Les sections des services juridiques
devraient communiquer régulièrement entre elles et avec
la Section du droit à l'information et à la protection des
renseignements personnels du ministère de la Justice, pour promouvoir
l'uniformité des interprétations à l'échelle
pangouvernementale.
Il serait bon d'insister davantage sur les bonnes pratiques de gestion
des documents et sur l'établissement des sources d'information
" ouvertes " dès le début. C'est quelque chose
qui pourrait être fait dans tout le ministère, par exemple
pour ce qui est de la conception des formules et de celle des instruments
de collecte de l'information, avec la participation du Bureau de l'accès
à l'information et de la protection des renseignements personnels
pour solliciter ses conseils aux étapes conceptuelles. La communication
proactive et la diffusion courante de renseignements commerciaux non délicats,
en particulier via les sites Web du gouvernement, sont recommandées
comme un moyen qui pourrait être efficace pour réduire le
nombre de demandes présentées officiellement aux termes
de la Loi sur l'accès à l'information.
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