Points saillants - Comité consultatif externe
12 mars 2002
OTTAWA
Membres présents
Dean Beeby
Paul-André Comeau
Norman Hillmer
Aldéa Landry
Gaétan Lussier
Wayne MacDonald
Paul Thomas
Animateur - Roger Tassé
Présidente - Andrée Delagrave, Groupe d’étude
de l’accès à l’information (GEAI)
Présentateurs
Mary Anne Stevens, GEAI
Sherry Moran, GEAI
Mise à jour sur les recherches
La réunion avait pour but de faire le point sur les travaux récents,
les choix et les orientations générales envisagées
par le Groupe d’étude.
La présidente fait état de l’avancement des travaux
de recherches.
Les membres discutent du rapport préparé par Gladys Symons,
intitulé Construire une culture d'accès à l'information
dans la fonction publique fédérale et réitèrent
qu’il est important de changer la culture organisationnelle. Un
signal de changement culturel ainsi qu’un encouragement à
améliorer le rendement serait que l’accès à
l’information figure dans tous les plans d’activité
annuels des institutions fédérales. Toutefois, étant
donné qu’un tel changement culturel ne peut se faire qu’à
long terme, il est important de prendre immédiatement des mesures
pour améliorer la situation dans le court terme en élaborant
des normes de service pour l’accès à l’information,
en donnant plus d’aide aux requérants, en fournissant une
formation obligatoire et plus de soutien aux fonctionnaires qui œuvrent
dans le domaine de l’accès à l’information et
aux autres employés, et en améliorant la gestion de l’information.
L’uniformité de l’application de la Loi doit être
accrue tant au sein des institutions qu’à l’échelle
du gouvernement.
En examinant le rapport préparé par Jerry Bartram, intitulé
Maintenir le droit d'accès du public à l'information lorsque
les modèles de prestation des services changent, les membres discutent
de la façon d’appliquer les critères proposés
pour l’application de la Loi aux organismes, actuels ou futurs,
qui fournissent des services publics selon des nouveaux modes de prestations.
Les membres recommandent unanimement un critère légiféré
pour décider quelles institutions sont assujetties à la
Loi, tout en reconnaissant le besoin de laisser une certaine souplesse
au Parlement. Les membres étaient également très
favorables à l’inclusion du même critère dans
la Politique sur les différents modes de prestation des services,
tel que recommandé dans le rapport de recherche.
Mary Anne Stevens résume les recherches réalisées
sur la mesure du rendement en matière d’accès à
l’information. Elle souligne que le modèle statistique minimaliste
fait place à un cadre efficace de rapports sur le rendement qui
met l’accent sur la responsabilisation et l’amélioration
continue. Un des membres mentionne qu’on devrait effectuer, à
intervalles réguliers, des vérifications du programme d’accès
à l’information analogues à celles du programme des
langues officielles. Les membres s’entendent à penser que
les données devraient permettre des comparaisons longitudinales
du rendement. Un membre a suggéré l’établissement
d’un comité interministériel qui étudierait
les données et ferait des recommandations pour améliorer
le rendement et encourager l’uniformité à travers
le système.
Les membres se montrent intéressés aux recherches en cours
sur les questions reliées aux peuples autochtones. Ils soulignent
notamment que les exceptions relatives aux lieux patrimoniaux qui s’appliquent
aux lieux sacrés autochtones dans certaines provinces. La plupart
sont en faveur d’une disposition semblable à l’échelon
fédéral. Par contre, ils sont très réticents
à étendre, à l’heure actuelle, la protection
de l’information obtenue sous le sceau de la confidence dont bénéficient
les autres gouvernements aux bandes indiennes, celles ci n’ayant
pas encore de régimes de divulgation pour permettre à leurs
membres d’accéder à l’information détenue
par la bande. Ils recommandent également que tous les efforts soient
faits pour faciliter l’accès par les chercheurs autochtones
aux documents historiques qui concernent les peuples autochtones et que
les protocoles à cette fin soient renforcés. Cependant,
ils ne sont pas d'accord avec l'idée d'un régime distinct
d'accès ou avec la suggestion que les requérants autochtones
devraient être autrement traités différemment au titre
de la Loi.
La présidente informe les membres de l’état des recherches
en cours sur l’examen indépendant des décisions, la
structure et les pouvoirs du Commissaire à l’information
et les procédures d’enquête. Elle mentionne que la
préparation du rapport prendra plus de temps que prévu en
raison du travail que représente les consultations étendues
menées par l’auteure et la vérification de la grande
quantité d’information contenue dans ce rapport.
Mary Anne Stevens présente les premiers résultats de la
recherche sur les droits, qui révèlent des faits intéressants
: 80 % des demandes d’accès sont de taille modeste et donnent
lieu à l’examen et à la divulgation de moins de 100
pages; seulement 1 % des demandes entraînent la divulgation de plus
de 1 000 pages; une très importante partie de droits exigibles
n’est ni perçue, ni l’objet d’une dispense; dans
95 % des demandes étudiées des droits inférieurs
à 25 $ avaient été perçus.
Discussion générale sur la réforme
La discussion précédente débouche sur une discussion
des choix quant au barème des droits. Bien que certains membres
s’opposent à toute augmentation des droits, la plupart croient
que les droits prescrits en 1983 devraient être indexés,
mais sans plus. Les membres reconnaissent que des frais sont rattachés
à l’exercice de la plupart des droits. L’important
est que les droits exigibles ne constituent pas, dans les faits, une barrière
à l’exercice du droit. La plupart des membres sont d’accord
pour que le droit fixe de demande soit indexé à 10 $ bien
que certains se demandent encore si ce droit est nécessaire. Tous
les membres appuient l’établissement d’un droit fixe
assez bas qui comprendrait tous les droits exigibles pour la très
grande majorité des demandes de nature non commerciale.
Vu la dominance des demandes provenant des entreprises (plus de 40 %),
la majorité des membres se disent d’accord avec le concept
d’un barème différentiel et plus élevé
pour les demandes de nature commerciale. Toutefois, il devra être
bien clair que les demandes provenant des médias, du public, des
parlementaires et des groupes d’intérêt ne sont pas
des demandes de nature commerciale. Finalement, le Comité n’était
pas en désaccord avec le principe du recouvrement des coûts
pour les demandes de très grande envergure (environ 1 % de l’ensemble
des demandes). Les membres sont d’avis que les institutions doivent
avoir l’obligation d’aider les requérants à
formuler des demandes de façon efficiente.
En passant en revue diverses questions sur le champ d’application
de la Loi, les membres discutent longuement de la situation des notes
préparées par des fonctionnaires pour leur usage personnel,
qui ne sont ni partagées, ni classées dans le dossier officiel.
Dans un certain nombre de ressorts (par exemple aux É.-U.), ces
notes ne sont pas considérées couvertes par la Loi. Au fédéral,
la situation est peu claire. Certains membres sont d’avis que ces
« aide-mémoire » n’ont pas de lien avec l’obligation
de rendre compte du gouvernement et ne doivent pas être considérés
comme faisant partie du dossier du gouvernement. D’autres, par contre,
sont d’avis que tout ce qui est écrit par un fonctionnaire
dans le cadre de ses fonctions devrait être accessible en vertu
de la Loi. Certains membres commentent que cette dernière norme
serait irréaliste et impossible à mettre en œuvre.
Tous sont d’accord sur la nécessité d’avoir
des lignes directrices claires établissant ce qu’est un document
relevant d’une institution fédérale.
Certains membres s’interrogent sur la façon dont la Loi pourrait
s’appliquer aux documents confidentiels du Cabinet. Tous sont d’avis
qu’une recommandation visant à étendre l’application
de la Loi à ces documents recevrait un accueil favorable. On estime
qu’une telle recommandation constituerait la mesure de la réforme
pour le public. Les membres étaient également d’avis
que la définition des confidences du Cabinet devrait être
restreinte à la protection des délibérations des
ministres.
En passant en revue les exemptions, le Comité discute de la pertinence
d’étendre la protection de l’article 21 aux travaux
des consultants comme c’est le cas dans plusieurs ressorts. Certains
s’inquiètent d’une telle approche. La plupart des membres
reconnaissent que l’utilisation des consultants a changé
au gouvernement et que l’exemption de l’article 21 ne vise
pas à protéger uniquement la relation de confiance entre
les fonctionnaires et les ministres, mais également le processus
d’élaboration des politiques et l’autorité des
ministres de décider à partir de conseils confidentiels.
La plupart des membres, mais pas tous, s’entendent à penser
que l’article 21 devrait s’appliquer aux travaux des consultants
pourvu que ces travaux s’inscrivent clairement dans les paramètres
de l’exemption (par exemple des avis et des recommandations analogues
à ceux émis par des fonctionnaires). De plus, il est essentiel
de donner une formation à tous les fonctionnaires sur l’application
appropriée de l’article 21.
Le Comité discute de l’établissement de limites administratives
pour traiter les demandes de grande portée et peu précises
(par exemple : tous les documents dans le bureau de madame X). Tous les
membres reconnaissent la nécessité, mais aussi le défi,
d’assurer l’efficience du système en exigeant un certain
niveau de précision des demandes sans toutefois créer de
barrière à l’accès à l’information.
Le Comité recommande à nouveau qu’on fournisse plus
d’aide aux demandeurs dans la formulation de leurs demandes.
Les membres discutent des préoccupations soulevées par
les vérificateurs internes concernant la divulgation prématurée
de rapports préliminaires de vérification interne et de
documents de travail connexes. La vérificatrice générale
est actuellement consultée sur cette question. La plupart des membres
conviennent que la divulgation de tels documents pourrait causer des dommages
réels, puisqu’il s’agit de travaux non validés
pouvant contenir des erreurs. Ce résultat serait incompatible avec
les normes professionnelles de la vérification et serait de nature
à diminuer la qualité future des vérifications. Toutefois,
selon un membre, l’accès aux rapports préliminaires
de vérification peut être intéressante pour certains
publics et leur fournir l’occasion de fournir des commentaires avant
la finalisation du rapport de vérification. Les membres discutent
s’il devrait y avoir une exception pour protéger les rapports
et les documents de travail non validés jusqu’à ce
que la version finale soit terminée. On souligne qu’il faudrait
établir clairement qu’une telle exception se limite aux vérifications
internes et que le terme « documents de travail » s’applique
strictement aux documents reconnus comme tels par la profession de la
vérification. De plus, le recours à l’exception devrait
être encadré par des paramètres stricts afin d’éviter
qu’on en fasse un usage abusif en gardant les rapports de vérification
sous forme d’ébauche pour une période indéterminée.
Les membres ont une discussion animée sur le processus de recours
et le rôle et les pouvoirs du Commissaire à l’information
en particulier. La plupart sont d’avis que le Commissaire devrait
avoir le pouvoir de rendre des ordonnances exécutoires et encouragent
le Groupe d’étude à présenter une recommandation
dans ce sens. Les membres ne s’entendent pas sur la pertinence d’étendre
le rôle du Commissaire à l’éducation du public.
Certains croient qu’il en résulterait une perte d’efficacité
dans le traitement des plaintes, à moins que le Commissaire n’obtienne
des ressources plus importantes. La plupart des membres, par contre, estiment
que le Commissaire devrait jouer un rôle de premier plan dans les
activités visant à mieux éduquer le public sur l’accès
à l’information. Tous s’accordent à penser que
la publication des ses conclusions sur l’interprétation de
la Loi et de sa procédure d’enquête serait très
utile pour toutes les parties.
Bien que les membres n’appuient pas de façon unanime toutes
les orientations envisagées par le Groupe d’étude,
ils estiment en général qu’elles constituent ensemble
une réforme équilibrée représentant un progrès
important pour l’accès à l’information. En bout
de ligne, le Comité croit qu’une amélioration durable
de l’accès à l’information se fera par l’établissement
d’une forte culture de service au public et d’ouverture au
sein de la fonction publique.
La présidente met fin à la séance en remerciant
les membres pour leur contribution aux travaux du Groupe d’étude
au cours de la dernière année. Parlant au nom du Groupe
d’étude, elle souligne que le Comité consultatif externe,
en partageant ses connaissances et son expérience, a apporté
une contribution irremplaçable à l’examen et qu’il
a eu une grande influence sur les orientations envisagées par le
Groupe d’étude.
Points saillants - Comité
consultatif externe
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