Points saillants - Comité consultatif externe
Du 9 au 11 mai 2001
Ottawa
Membres présents
Dean Beeby
Paul-André Comeau
Norman Hillmer
Arthur Kroeger (après-midi du 9 mai et 10 et 11 mai)
Gaétan Lussier (10-11 mai)
Aldéa Landry
Wayne MacDonald
Membres absents - Paul Thomas
Animateur - Roger Tassé
Présidente - Andrée Delagrave
Présentateurs
Mary Anne Stevens, GTAI
Sherry Moran, GTAI
Jerry Bartram
9 mai 2001
Rapport sur les discussions :
Le présent rapport résume les discussions tenues à
l'occasion de la première rencontre des membres du Comité
consultatif externe (CCE) du Groupe d'étude de l'accès à
l'information (GTAI).
Présentation du Groupe d'étude de l'accès à
l'information (GTAI)
Andrée Delagrave, présidente du GTAI, offre un aperçu
du mandat du Groupe d'étude et de sa structure, et explique que
deux comités consultatifs appuient le Groupe d'étude, soit
le Comité consultatif externe et le Comité consultatif des
sous-ministres adjoints. Elle présente le contexte historique de
la Loi sur l'accès à l'information et une chronologie des
événements clés, et explique qu'un processus d'examen
a été mis en branle afin de moderniser l'accès en
réponse aux changements au mode de fonctionnement du gouvernement,
à l'évolution de la technologie de l'information, aux nouvelles
attentes des Canadiens et Canadiennes et aux pressions du public.
La présidente passe ensuite en revue les travaux menés
par le Groupe d'étude au cours des derniers mois et explique le
type de renseignements offerts au public par le site web du Groupe d'étude.
On discute du statut quasi constitutionnel de la Loi sur l'accès
à l'information, en ce sens que celle-ci a prépondérance
sur les dispositions des autres lois, à moins de mention contraire
dans le texte de loi. D'autres lois, notamment la Loi canadienne sur les
droits de la personne, la Loi sur les langues officielles et la Loi sur
la protection des renseignements personnels, bénéficient
d'un statut similaire. Bien que diverses lois, pratiques et conventions
puissent enrichir l'esprit de la Constitution, les membres suggèrent
que le mérite de l'attribution d'un statut constitutionnel particulier
à l'accès à l'information soit reporté à
l'ordre du jour d'une prochaine rencontre.
Mandat du Comité consultatif externe (CCE) et son approche
Les membres examinent le mandat du CCE et discutent du rôle du
Comité à l'égard de la prestation de conseils et
de rétroaction. Aucun changement n'est apporté au mandat
existant. Toutefois, les membres précisent qu'ils sentent parfois
le besoin de parler au nom des groupes qu'ils représentent. Les
procédures relatives aux réunions font également
l'objet d'une discussion. Les participants conviennent que le Groupe d'étude
devrait préparer un résumé des discussions après
chaque réunion. Une copie du résumé sera ensuite
envoyée à tous les membres aux fins de vérification
avant qu'il ne soit publié sur le site Web du Groupe d'étude.
Les membres conviennent à l'unanimité que, dans le résumé,
le nom des membres ne doit pas être associé aux observations
émises. Certains membres précisent toutefois qu'ils s'attendaient
à pouvoir exprimer publiquement leurs points de vue. Il est donc
entendu que les membres peuvent exprimer leurs opinions comme bon leur
semble, pourvu qu'ils ne commentent pas la position des autres membres
et qu'ils tiennent compte de la probabilité que les positions des
membres du CCE évolueront à mesure que les membres prendront
connaissance de différentes opinions et examineront les diverses
options possibles. Les membres conviennent que le Groupe d'étude
offrira son soutien aux membres du Comité. Les réunions
se dérouleront en présence d'interprètes, chaque
fois que les installations le permettent.
Points à discuter ultérieurement
Les membres passent en revue la liste des points à discuter proposée,
qui reflète les questions abordées dans le document de consultation.
Les membres suggèrent d'ajouter à la liste les points suivants
: ressources relatives à l'AI, notamment les bureaux de l'AIPRP
et le Commissariat à l'information; stratégies de changement
de la culture de la fonction publique afin de la rendre plus transparente;
explication du système de classification des documents. Il est
entendu que les membres peuvent en tout temps suggérer de nouveaux
points à discuter.
Suivi : Parmi les points à discuter ultérieurement, on compte
les ressources relatives à l'AI, la culture de la fonction publique,
et la classification des documents.
Présentation de la Loi sur l'accès à l'information
Les membres du CCE sont informés du contexte entourant le cadre
actuel de la Loi sur l'accès à l'information. Les renseignements
disponibles relativement aux coûts liés à la Loi soulèvent
des questions; on fournit aux membres les résultats de l'étude
des coûts menée en 1999 par Conseils et Vérification
Canada. Cette étude est disponible sur le site web du Groupe d'étude.
Principales constatations d'autres administrations publiques
La présidente du Groupe d'étude présente un résumé
des renseignements qui ont été obtenus auprès d'autres
administrations publiques. Les données ont été recueillies
au moyen d'entrevues auprès de représentants du Commissariat
à l'information ou de l'organisme correspondant, des ministères
ou des entités responsables de la législation et de l'administration,
ainsi que d'utilisateurs. La présidente précise qu'en règle
générale, le régime du Canada est semblable à
celui des autres administrations publiques; elle souligne les principales
différences et présente certaines caractéristiques
des autres régimes qui pourraient offrir matière à
réflexion. Des renseignements précis sur les régimes
en vigueur au sein d'autres administrations publiques seront fournis lors
de discussions ultérieures.
Problématique du Groupe d'étude
Les membres discutent de la problématique qui a été
formulée par le Groupe d'étude pour guider l'organisation
de ses activités et ses objectifs. Ce document constitue un outil
important pour le Groupe d'étude et évolue à mesure
que l'on acquiert de nouveaux points de vue et apprentissages. Les membres
s'entendent sur l'objectif de modernisation de l'accès et se disent
satisfaits qu'il soit appliqué dans un contexte global de gouvernance.
Certains membres soulignent qu'ils aimeraient que la teneur le texte soit
davantage axé sur les citoyens et tienne compte du fait qu'il incombe
au gouvernement de diffuser de l'information de manière à
appuyer une démocratie vigoureuse.
Les membres échangent également sur leurs propres observations
quant à l'AI. Certains d'entre eux notent les changements qui se
sont produits depuis la proclamation de la Loi, notamment les percées
technologiques, l'accroissement des attentes des citoyens et les méthodes
de gestion des dossiers au sein du gouvernement.
On mentionne à plusieurs reprises, les incidences de la culture
pour mettre en oeuvre un cadre plus ouvert et plus transparent d'application
de la Loi sur l'accès à l'information. Les membres conviennent
que cette question mérite qu'on s'y attarde; elle sera donc prise
en compte dans les discussions ultérieures.
En ce qui touche les progrès technologiques, bien que tous s'entendent
pour dire que les nouvelles technologies pourraient être utilisées
pour offrir davantage d'information aux citoyens, certains membres se
disent préoccupés par le fait qu'elles pourraient également
servir à « aseptiser » ou fournir moins des renseignements.
On souligne en outre que les progrès de la technologie se font
à un rythme tel que l'information enregistrée dans des formats
rapidement désuets pourrait devenir difficile, sinon impossible,
à récupérer.
10 mai 2001
Rapport sur les discussions :
Principes - Objet (art. 2) de la Loi sur l'accès à l'information
On demande aux membres de si l'objet de la Loi tel qu'il est présentement
décrit dans la Loi est encore pertinent. Plusieurs membres soulignent
que le titre de la Loi canadienne diffère de celui des autres administrations
publiques et se demandent si l'on ne devrait pas renommer la Loi «
Freedom of Information ». On s'interroge sur la possibilité
que le titre actuel ait été justifié par le besoin
de distinguer la Loi canadienne de la Loi américaine, et par la
difficulté de traduire le concept de « freedom of information
» en français.
D'autres membres s'inquiètent du fait que l'esprit de l'article
2.2 de la Loi n'a pas toujours été respecté, et qu'il
y a des exemples (règle des 30 ans) illustrant qu'en pratique,
la Loi sur l'accès à l'information a contribué à
limiter l'accès à des renseignements détenus par
le gouvernement qui étaient auparavant accessibles.
On suggère que le texte de loi en anglais corresponde plus étroitement
à la version française en ce qu'il « consacre »
le droit des Canadiens, plutôt que d'utiliser le terme anglais «
provide ».
À la fin de la discussion, les membres s'entendent sur le fait
que l'énoncé de l'objet de la Loi sur l'accès à
l'information est toujours valide, mais qu'il pourrait être nécessaire
de revenir sur cette question à une date ultérieure.
Aperçu de la Loi sur l'accès à l'information
Un aperçu de la Loi sur l'accès à l'information
et son mode d'application est présenté aux membres. Il s'ensuit
une discussion générale portant sur les impacts de la Loi
sur le fonctionnement de la fonction publique, sur la conservation des
dossiers et sur la disponibilité de l'information. Les membres
conviennent qu'il faudrait discuter ultérieurement de la division
entre l'accès et le respect de la vie privée, et les responsabilités
des Commissaires à l'information et à la protection de la
vie privée.
Suivi : Point à discuter ultérieurement - responsabilités
des Commissaires à l'information et à la protection de la
vie privée.
Ce que le Groupe d'étude a entendu- Expérience de la
fonction publique
La présidente du Groupe d'étude présente aux membres
un aperçu des commentaires et des observations qui ont été
reçus pendant les consultations auprès de la fonction publique.
Les membres suggèrent que le Groupe d'étude interroge les
ministres et leurs personnels pour qu'ils fassent état également
de leurs expériences. On a également demandé au Groupe
d'étude si l'on pouvait documenter les gains en efficience et en
ouverture au cours des 18 dernières années. La présidente
du Groupe d'étude indique qu'il n'y a pas de telles statistiques,
mais que le Groupe d'étude recueille des données sur les
pratiques exemplaires et les améliorations.
Pendant la discussion, la question de la culture est de nouveau soulevée.
Les membres estiment que ses répercussions sont cruciales et fondamentales
pour mettre sur pied un gouvernement plus ouvert et plus transparent.
Ils discutent également de la gestion de l'information et de la
classification des documents. On suggère qu'on devrait élaborer
une politique proactive sur la classification des documents en vue de
leur divulgation automatique, probablement sur le Web.
Droits d'accès des personnes
Les membres s'interrogent si le droit d'accès prévu en
vertu de la Loi sur l'accès à l'information devrait continuer
d'être restreint aux citoyens canadiens, aux résidents permanents
et aux personnes présentes au Canada, ou élargi à
toutes les personnes. Dans la plupart des administrations publiques, on
semble opter pour un droit d'accès plus large. Malgré les
réserves qui ont été formulées au sujet d'une
augmentation possible du nombre de demandes et des coûts afférents,
les membres sont généralement d'accord sur le fait que l'élargissement
du droit d'accès à toutes les personnes constituerait en
quelque sorte une mesure de réciprocité envers les autres
pays qui permettent aux Canadiens d'avoir accès à l'information
en vertu de leurs propres lois d'accès à l'information.
De plus, cela contribuerait à modifier la perception voulant que
le Canada se laisse distancer en ce qui concerne l'accès à
l'information.
Droits
La discussion porte sur le barème actuel des droits. On s'interroge
sur l'utilité de ces droits et s'ils servent surtout à inciter
les demandeurs à mieux cibler leurs demandes. On convient que le
barème des droits n'est pas un vrai mécanisme de recouvrement
des coûts, et que ce ne serait pas une bonne idée de toute
façon. Certains membres se préoccupent de ce que toute augmentation
des droits aurait un effet disproportionné sur les particuliers
et les petites organisations qui se prévalent des dispositions
de la loi. Bien que la majorité des membres soient favorables à
l'élimination du droit de demande de 5 $, en partie à cause
du caractère symbolique de cette mesure, certains autres estiment
par contre que les droits actuellement exigés pour la recherche,
la préparation, la copie, etc., constituent le seul moyen de discipline
dans le système. Certains membres soutiennent l'idée d'un
barème progressif des droits, basé sur la quantité
d'information divulguée en réponse à une demande.
Délais de traitement des demandes
Les membres discutent de l'opportunité de modifier les délais
prévus dans la Loi sur l'accès à l'information.
Certains membres estiment que les disposions actuelles de l'article 9
semblent offrir la latitude requise et que les organisations devraient
se prévaloir de ces dispositions, au besoin. Selon d'autres membres,
la question des délais est étroitement liée à
celles des ressources adéquates et de la culture qui prévaut
au sein d'une organisation. Un membre suggère que le Groupe d'étude
étudie l'opportunité d'introduire des délais pour
le traitement des plaintes par le Commissaire à l'information.
Quelques membres sont préoccupés de ce que les demandes
qui sont présentées par les médias donneraient lieu
automatiquement à des réactions plus défensives,
exigeant des approbations supplémentaires à différents
niveaux, et prendraient donc plus de temps à être traitées.
La discussion porte ensuite sur les sanctions qui pourraient être
imposée en cas de non-respect des délais, sous forme de
perte du droit d'exiger des frais, ou encore de perte du droit d'appliquer
des exemptions discrétionnaires. Au Québec, l'imposition
de sanctions a eu un effet très positif sur les délais.
Les membres sont dans l'ensemble d'accord pour que toutes les demandes
soient affichées sur le Web et, une fois l'information en question
divulguée, qu'elle soit rendue publique dans la plupart des cas,
par exemple sur le Web.
Les membres conviennent également que les délais soient
comptabilisés non en termes de jours civils, mais de jours ouvrables.
Limites administratives
La discussion porte sur le rôle et la fonction des limites administratives
dans la Loi sur l'accès à l'information. Les droits étant
actuellement le seul outil pour faire respecter une certaine discipline
au niveau de la présentation des demandes, les membres se demandent
si, à l'instar d'autres administrations publiques, ou conviendrait
d'ajouter des mécanismes additionnels. Les membres ont en général
des réserves sur l'impact négatif que pourrait avoir, sur
les demandes faites de bonne foi, une disposition visant à contrer
les quelques demandes frivoles et vexatoires. Il est suggéré
d'ajouter un nouvel article à la Loi mais de ne pas le lier à
la motivation des demandeurs. Les membres demandent qu'on leur soumette
des exemples de ce que les ministères perçoivent comme étant
des demandes abusives afin qu'ils soient mieux en mesure d'en comprendre
les impacts. Ils demandent aussi que l'on présente au CCE un aperçu
de la façon dont d'autres administrations publiques gèrent
cette question.
Les membres discutent des différences entre les demandes systématiques,
répétitives, abusives ou très volumineuses, et ils
estiment que l'on devrait adopter une approche différente selon
le type de demande.
Les membres reconnaissent qu'il faut tenir compte de l'esprit de la Loi,
et que l'accès est un droit, mais, comme tous les droits, qu'il
y a des limites.
Suivi : Le Groupe d'étude fournira de l'information additionnelle
sur ce que l'on entend par demandes abusives. Le CCE doit se pencher sur
cette question.
11 mai 2001
Rapport sur les discussions :
Portée - Institutions (Annexe I)
M. Jerry Bartram, consultant pour le Groupe d'étude sur le thème
« Portée - Institutions », explique aux membres que
la question de savoir quelles institutions sont visées par la Loi
est un problème depuis sa proclamation. Il présente au Comité
un aperçu des recommandations présentées auparavant
et des méthodes adoptées dans d'autres administrations publiques.
M. Bartram explique qu'il n'existe actuellement aucun critère pour
décider si une institution donnée devrait être assujettie
à la Loi sur l'accès à l'information. Il s'ensuit
une discussion générale sur les critères possibles
et sur les répercussions de l'inclusion de différents types
d'entités. La question sera débattue de nouveau.
Interdictions fondées sur d'autres lois (article 24, Annexe
II)
Le Comité discute de l'article 24 de la Loi sur l'accès
à l'information qui exempte de facto les dossiers contenant de
l'information dont la divulgation est restreinte par une ou plusieurs
des lois mentionnés à l'Annexe II de la Loi. La question
est de savoir s'il faudrait modifier ou abroger l'article 24. Les membres
estiment que la question doit être examinée mais qu'en l'absence
d'information additionnelle sur les lois mentionnés à l'Annexe
II, le CCE n'est pas en mesure d'offrir des conseils éclairés.
Les membres recommandent qu'un processus permanent indépendant,
comme un comité parlementaire, soit mis en place pour passer régulièrement
en revue l'annexe. On demande au Groupe d'étude de fournir plus
d'information sur la façon dont la loi canadienne se compare à
celle des autres administrations publiques et s'il faudrait prévoir
une période de transition en cas de modification ou d'abrogation
de l'Annexe II.
Suivi : Le Groupe d'étude fournira une information plus détaillée
sur les dispositions dans d'autres administrations publiques.
Délais : Exemptions/Exclusions
Le Comité discute de l'opportunité d'imposer des délais
pour certaines exemptions ou toutes les exemptions, prévues à
la Loi sur l'accès à l'information. Les membres sont particulièrement
intéressés par la règle des 30 ans qui existait avant
la Loi sur l'accès à l'information, et par la façon
dont elle a été affectée par la Loi. On souligne
que la Loi sur l'accès à l'information a effectivement restreint
l'accès à de l'information qui était auparavant accessible
en vertu de la règle des 30 ans, ce qui a eu d'importantes conséquences
sur la recherche historique. Les membres conviennent qu'il y a lieu d'étudier
cette question plus à fond.
Suivi : Le Groupe d'étude étudiera les préoccupations
spécifiques qui ont été soulevées et en fera
rapport au CCE.
Matériel publié
Les membres discutent de l'opportunité d'ajouter à la Loi
une définition de ce que l'on entend par matériel «
publié », afin d'encourager une diffusion électronique
proactive de l'information gouvernementale. Un nombre croissant de ministères
et d'organismes affichent de l'information sur leurs sites Web, et la
question est de savoir dans quelles circonstances cette information devrait
être considérée comme étant publiée
au sens de la Loi sur l'accès à l'information. Les membres
discutent des progrès de la technologie depuis la promulgation
de la Loi sur l'accès à l'information. On se préoccupe
du nombre de Canadiens qui n'ont pas accès à Internet et
de la difficulté de trouver de l'information sur les sites Web
du gouvernement.
Prochaine réunion
Les 28 et 29 mai 2001
Points saillants - Comité
consultatif externe
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