Points saillants - Comité consultatif externe
28-29 MAI 2001
OTTAWA
Membres présents
Dean Beeby
Paul-André Comeau
Norman Hillmer
Arthur Kroeger
Aldéa Landry
Gaétan Lussier
Wayne MacDonald
Paul Thomas
Animateur - Roger Tassé
Présidente - Andrée Delagrave
Présentateurs
Mary Anne Stevens, GTAI
Sherry Moran, GTAI
Barbara McIsaac
Dave Stephens
28 mai 2001
Rapport sur les discussions
Le présent rapport résume les discussions tenues à
l'occasion de la réunion du Comité consultatif externe (CCE)
des 28 et 29 mai 2001.
Principaux éléments d'autres administrations publiques
Les membres poursuivent leur examen des régimes d'accès
à l'information d'autres administrations publiques. Ils prennent
connaissance des articles du professeur Rick Snell d'Australie et des
observations qu'il a formulées pendant une visite récente
au Canada. Les discussions portent sur les meilleures caractéristiques
des autres administrations. Les membres se demandent si certaines d'entre
elles conviendraient au cadre d'accès à l'information au
Canada. Ils apprécient l'approche de la Nouvelle-Zélande,
qui met l'accent sur le moment où l'information doit être
communiquée plutôt que sur l'opportunité de la communication.
Les membres reconnaissent que l'approche de ce pays fonctionne dans un
contexte politique et bureaucratique différent de celui du Canada.
Selon le professeur Snell, le contexte du Canada en matière d'accès
à l'information ressemble davantage au système adversatif
et légaliste de l'Australie. Les leçons retenues par les
membres, du modèle de la Nouvelle-Zélande comprennent l'importance
d'énoncer les valeurs, d'une orientation claire et de la confiance
entre les divers intervenants. Les membres souscrivent à l'approche
favorable à la communication de l'information que d'autres pays,
comme la Nouvelle-Zélande et la Suède ont adoptée.
Ils discutent des changements au cadre canadien qui introduiraient dans
la loi et la pratique une présomption en faveur de la communication
de l'information.
Le Groupe d'étude présentera plus de détails sur
certains aspects du cadre de la Nouvelle-Zélande au cours d'une
réunion ultérieure.
Vers un meilleur régime d'accès à l'information
Les membres amorcent ensuite un débat général sur
les aspects souhaitables d'un régime d'accès à l'information.
Ils sont en faveur d'un cadre axé sur la communication de l'information
(plutôt que sur sa protection), mais ils font une mise en garde
: toute mesure visant à accroître l'ouverture et la transparence
exigera un changement de culture au sein de l'État, tant dans la
classe politique que dans la fonction publique. Les défis de taille
que présente la modification de la culture et l'importance de repenser
le rôle des récompenses et des incitatifs sont abordés
au cours de la discussion qui suit. Les membres reconnaissent la difficulté
de favoriser l'ouverture dans l'administration publique alors que le public
s'attend à ce qu'il n'y ait pas d'erreur. Le CCE convient de discuter
davantage de cette question au cours d'une réunion ultérieure.
Les membres recommandent fortement d'apporter des améliorations
à la collecte de données et à l'établissement
de rapports sur l'accès à l'information. Ils estiment que
l'amélioration de la collecte de données et de l'établissement
de rapports sur l'accès à l'information devrait être
une priorité du Groupe d'étude. Ils réitèrent
leurs préoccupations au sujet de la gestion de l'information dans
l'administration fédérale et de ses effets négatifs
sur l'accès à l'information. La gestion de l'information
fera l'objet d'un débat à l'occasion d'une prochaine réunion.
Les membres discutent de la meilleure façon d'énoncer les
principes de l'ouverture dans la loi. Cependant, si des principes figuraient
dans un préambule ou un énoncé de l'objet, il faudrait
les rédiger avec soin pour que les demandeurs soient traités
sur un pied d'égalité et que les principes ne servent pas
à restreindre l'accès sur la base de la motivation des demandeurs.
Certains des facteurs sont dégagés par les membres comme
des caractéristiques clés de la conception du cadre d'accès
à l'information soit : établir un lien entre l'accès
à l'information et un objectif à un niveau très élevé;
promouvoir la compréhension générale de la population;
énoncer clairement les principes fondamentaux; établir un
équilibre adéquat entre les mesures législatives
et les mesures administratives; avoir le souci du service à la
clientèle; repenser le rôle des incitatifs et des récompenses
pour favoriser un changement de culture; s'assurer que le personnel chargé
de l'accès à l'information est compétent et stable
et qu'il dispose du soutien et des ressources nécessaires; assurer
la compatibilité avec la nature des relations entre les ministres
et les fonctionnaires et leur évolution; inciter les ministres
à appuyer l'ouverture; susciter l'intérêt des parlementaires
- renseigner ceux-ci sur l'accès à l'information; faire
preuve de leadership et responsabilisation; offrir une formation à
tous les niveaux de la fonction publique - favoriser la compréhension
et l'appui des principes de l'accès à l'information; adopter
le principe selon lequel l'information doit être communiquée,
sauf s'il y a de bonnes raisons de ne pas le faire; favoriser la coopération
entre le Commissaire à l'information et la fonction publique pour
la résolution des questions et la promotion de l'accès et
le respect pour tous les intervenants du système.
Structure générale des exemptions - critères
de l'intérêt public / subjectifs
Barbara McIsaac, avocate qui effectue des recherches pour le Groupe d'étude,
présente aux membres un aperçu de la structure de la Loi
sur l'accès à l'information. Elle explique les éléments
des exemptions aux termes de la Loi. Les exemptions peuvent être
classées comme obligatoires (l'institution ne doit pas communiquer
l'information) ou discrétionnaires (l'institution peut décider
de communiquer l'information). Dans le cadre actuel, les exemptions obligatoires
servent à protéger les renseignements fournis par des tiers
à l'extérieur de l'administration publique (particuliers,
autres gouvernements, tierces parties commerciales) tandis que les exemptions
discrétionnaires servent à protéger les renseignements
recueillis ou créés à l'origine par l'État.
Elle traite de l'expérience du Canada et décrit d'autres
modèles et approches. Elle fait remarquer que les intérêts
protégés par les exemptions dans la loi canadienne sont
les mêmes que ceux qui sont protégés dans la loi d'autres
administrations publiques. La loi canadienne contient divers critères
de l'intérêt public ou critères subjectifs, mais elle
ne contient pas de critère général d'intérêt
public ou de disposition d'intérêt public prévalant
sur les autres. Les membres discutent de l'opportunité d'en inclure
une et de la question de savoir qui devrait être le juge ultime
de l'intérêt public. Mme McIsaac se fait l'écho des
préoccupations des membres au sujet du manque de données
comparatives qui pourraient aider à évaluer la Loi actuelle.
Elle estime que la Loi canadienne constitue généralement
un bon texte législatif. Cette loi repose sur une structure solide,
elle est facile à comprendre et bien rédigée comparativement
aux lois sur l'accès à l'information dans d'autres pays.
Les membres discutent de l'incidence du libellé de la Loi sur l'accès
à l'information et ils se demandent si des incitatifs favorisant
la communication de l'information pourraient être inclus dans la
loi.
Questions relatives aux exemptions/ exclusions
Les membres passent en revue les exemptions et les exclusions de la Loi
sur l'accès à l'information. On décrit chaque exemption
et exclusion, et l'on présente aux membres un aperçu des
recommandations précédentes ou des modifications suggérées
relatives à chaque article. L'an dernier, en ce qui concerne les
plaintes formulées au sujet de l'application des exemptions, le
Commissaire à l'information a accepté le point de vue du
gouvernement dans près de 80 % des cas. Les membres discutent de
certaines données empiriques selon lesquelles les exemptions invoquées
l'ont été sans qu'on tienne vraiment compte du critère
de l'intérêt public. Les membres posent plusieurs questions
à propos des pratiques des ministères dans l'application
des exemptions/exclusions, et ils demandent si des lignes directrices
appropriées sont remises aux fonctionnaires. Les membres recevront
la Politique et les Lignes directrices du Conseil du Trésor sur
les exclusions et les exemptions. La discussion porte de nouveau sur l'importance
de tenir à jour des données utiles et sur l'importance d'établir
une culture de communication de l'information. Il est convenu que le CCE
aura de nouveau la possibilité d'examiner les questions relatives
aux exemptions et aux exclusions.
Exemption relative aux activités du gouvernement - article 21
Dave Stephens, consultant qui termine un rapport pour le Groupe d'étude
sur l'exemption relative aux activités du gouvernement, présente
un aperçu des principaux éléments de l'article 21
de la Loi sur l'accès à l'information. Les membres discutent
des intérêts que l'exemption vise à protéger
(responsabilité ministérielle, avis complets et francs aux
ministres, neutralité de la fonction publique) ainsi que des rôles
respectifs des ministres et des fonctionnaires et de l'évolution
de ces rôles Ils discutent également de l'ajout possible
d'une liste de documents qui ne seraient pas visés par l'exemption
et les avis et recommandations formulés par les consultants dans
certains cas. Les membres estiment que, tout comme dans l'approche de
la Nouvelle-Zélande, il importe de préciser les intérêts
que l'article 21 confirme et de s'assurer qu'il ne va pas au-delà
de la pratique actuelle. M. Stephens indique qu'il poursuit ses travaux
relatifs à l'article 21 et il remercie les membres de leur apport
et de leurs observations. Il est convenu de discuter davantage de l'article
21 au cours d'une réunion ultérieure.
Exclusion des documents confidentiels du Cabinet- article 69
Les membres discutent des questions relatives aux documents confidentiels
du Cabinet, en particulier de l'article 69 de la Loi sur l'accès
à l'information. Ils passent en revue les dispositions de l'article,
les approches utilisées dans d'autres administrations publiques
et les propositions et recommandations précédentes. Les
membres font bien sentir au Groupe d'étude l'importance de ses
recommandations concernant cet article de la loi, car les recommandations
qu'adoptera le gouvernement au sujet de l'exclusion des documents confidentiels
du Cabinet seront considérées comme un indice de sa position
en matière d'ouverture. Par ailleurs, les membres reconnaissent
que le défi de l'examen de l'article 69 consiste à maintenir
l'équilibre entre la valeur de l'accès du public à
l'information et la valeur représentée par la solidarité
du Cabinet et le défi supplémentaire posé par l'article
39 de la Loi sur la preuve au Canada.
Prochaines étapes
Les membres discutent des progrès des travaux de recherche, y
compris la meilleure façon de faire en sorte que le Comité
soit informé des travaux et qu'il puisse fournir des conseils pour
les questions à étudier et les recherches à effectuer.
Les rapports de recherche discutés en sont rendus à différents
stades d'achèvement; certains sont presque terminés tandis
que d'autres viennent à peine de commencer. La plupart devraient
être terminés en juin. Toutefois le programme de recherche
continue d'évoluer, les deux comités consultatifs ayant
suggéré de nouveaux sujets de recherche au Groupe d'étude.
La présidente du Groupe d'étude précise que les travaux
de recherche serviront à étayer les recommandations du Groupe
d'étude tout comme les consultations et les avis des comités
consultatifs, mais qu'ils ne les détermineront pas. Il est convenu
que les chercheurs qui participent à des travaux de recherche importants
seront invités dans la mesure du possible à en discuter
avec le Comité. Le Comité examine la possibilité
de tenir une autre réunion pendant l'été pour examiner
les résultats finals des travaux de recherche, mais aucune décision
n'est prise.
Enfin, le Comité estime que son rôle essentiel ne consiste
pas à procéder à un examen approfondi de chaque disposition
de la Loi et à recommander des modifications précises, mais
à présenter des approches et des principes généraux
pour guider le Groupe d'étude dans l'examen des questions. Il est
convenu que le Comité discutera, les 25 et 26 juin, des orientations
générales pour la reforme de la loi à la lumière
de ses observations et recommandations précédentes.
Prochaine réunion
5 et 6 juin 2001
Points saillants - Comité
consultatif externe
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