Points saillants - Comité consultatif externe
25-26 JUIN 2001
OTTAWA
Membres présents
Dean Beeby
Paul-André Comeau
Norman Hillmer
Arthur Kroeger
Aldéa Landry
Gaétan Lussier
Wayne MacDonald
Paul Thomas
Animateur - Roger Tassé
Présidente - Andrée Delagrave, Groupe d'étude
de l'accès à l'information (ATIRTF)
Présentateurs
Mary Anne Stevens, GÉAI
Sherry Moran, GÉAI
Murray Rankin, Arvay Finlay
Helen McDonald, Secrétariat du Conseil du Trésor
Ian Sinclair, Secrétariat du Conseil du Trésor
Ken Kernaghan, Université Brock
John Reid, Commissaire à l'information
Alan Leadbeater, CIC
Dan Dupuis, CIC
Compte rendu des discussions :
Le présent rapport résume les discussions tenues à
l'occasion de la réunion du Comité consultatif externe (CCE)
des 25 et 26 juin 2001.
Nouveau contexte dans le cadre de l'accès à l'information
Les membres ont discuté des résultats préliminaires
de deux documents de recherche commandés par le Groupe d'étude,
portant sur l'évolution des valeurs des citoyens, et sur les enjeux
touchant la gouvernance et l'accès à l'information. Le but
de ces recherches est de bien établir le contexte dans lequel s'inscrit
la réforme de l'accès à l'information.
Les membres ont discuté des tendances indiquant qu'un segment
grandissant de la population canadienne ayant un niveau d'éducation
plus élevé sera plus intéressé par la chose
politique, préférera nettement un " gouvernement plus
transparent ", fera moins confiance aux institutions gouvernementales,
mais affichera une plus grande satisfaction à l'égard de
la démocratie. Ces tendances se traduiront probablement par un
recours accru aux mécanismes d'accès à l'information
et par une compréhension plus fine de l'information gouvernementale.
On a discuté des enjeux concernant la gouvernance de la nouvelle
société de l'information. Parmi ces enjeux, mentionnons
la nécessité de fournir davantage d'information afin de
favoriser l'apprentissage social, ainsi que la difficulté de communiquer
de l'information complexe au grand public alors même qu'il est manifesté
que celui-ci a moins confiance et est plus septique envers le gouvernement.
Les membres ont de nouveau souligné la nécessité
de divulguer plus d'information.
Les membres du CCE ont reçu une liste actualisée de toutes
les activités de recherche réalisées pour le compte
du Groupe d'étude. On a signalé aux membres que la liste
est affichée sur le site Internet du GÉAI et, dès
qu'ils seront terminés, les documents de recherche seront également
affichés. Cette liste n'est pas définitive, car d'autres
travaux de recherche pourraient être commandés, si besoin
était.
Après une discussion générale sur les tendances
sociales, les membres ont convenu qu'il faut tenir compte des effets de
la modernisation sur la Loi sur l'accès à l'information
et obtenir la confiance du public. On a suggéré que le changement
devrait suivre une approche à trois volets : réforme législative,
réforme administrative et réforme culturelle.
Responsabilité ministérielle et obligation de rendre
compte du secteur public
Le GEAI a retenu les services contractuels de Ken Kernaghan, professeur
de sciences politiques et de gestion à l'Université Brock,
qui est chargé de préparer un rapport de recherche sur la
responsabilité ministérielle et l'obligation de rendre compte
du secteur public. Le professeur Kernaghan a entamé les discussions
en décrivant la responsabilité ministérielle. Au
dire de certains, la responsabilité ministérielle est la
pierre angulaire de la démocratie parlementaire canadienne et d'autres
croient plutôt que la démocratie ministérielle est
désuète. Il a expliqué que la convention constitutionnelle
est complexe et qu'elle est, en règle générale, faussement
interprétée, soit par ignorance, soit de façon délibérée.
Le professeur Kernaghan affirme que la responsabilité ministérielle
vise à s'assurer que quelqu'un, au sein du gouvernement, peut répondre
des décisions. Après avoir traité de la responsabilité
ministérielle collective, le professeur Kernaghan a indiqué
au Comité que la responsabilité ministérielle individuelle
comporte deux volets : le volet résignation et le volet obligation
de rendre compte. Bien que le volet résignation ne soit presque
plus utilisé maintenant, le volet obligation de rendre compte -
qui exige de chaque ministre qu'il réponde devant le Parlement
des actions de son ministère - est toujours très pertinent,
et c'est le plus important des deux.
Le professeur Kernaghan s'est interrogé sur les commentaires formulés
par le Commissaire à l'information (CI) qui a décrit la
responsabilité ministérielle comme une " notion périmée
" et sur son opinion selon laquelle les fonctionnaires sont maintenant
directement responsables devant le public pour leurs gestes posés,
fondée sur une déclaration du juge La Forest qui s'exprimait
au nom de la Cour suprême du Canada, dans la cause Dagg. Au dire
du professeur Kernaghan, l'anonymat dans la fonction publique et l'impartialité
politique, qui permettent aux fonctionnaires de conseiller les ministres
de façon confidentielle, représentent deux éléments
étroitement associés à la responsabilité ministérielle.
Ces deux éléments appuient le pouvoir des ministres de prendre
les décisions.
Lorsqu'on lui a demandé de se prononcer sur le déclin de
l'anonymat dans la fonction publique, M. Kernaghan a expliqué que
ce déclin est attribuable à de nombreuses raisons, y compris
les médias, la réforme de la fonction publique, les pratiques
des comités parlementaires et, dans une certaine mesure, la Loi
sur l'accès à l'information. Il a fait allusion au rapport
de John Tait sur les valeurs et l'éthique, qui conclut que cette
tendance est pratiquement irréversible. Les membres sont invités
à considérer non seulement la question de l'anonymat, mais
également celle de l'impartialité de la fonction publique,
qui appuient la responsabilité et le pouvoir des ministres. Le
professeur Kernaghan est d'avis que ces trois éléments sont
étroitement liés et devraient être envisagés
comme formant un tout.
Durant la discussion, le professeur Kernaghan a indiqué que le
Canada se dirige vers une visibilité et une responsabilité
accrues de la fonction publique, mais il a mis en garde contre une séparation
simpliste et précipitée de la responsabilité pour
les politique et de celle pour l'administration, cette dernière
incombant à la fonction publique. Là où on a utilisé
cette approche, il s'est avéré difficile de séparer
les questions de politiques des questions opérationnelles. De plus,
seuls les ministres doivent répondre au Parlement, et ils se réservent
le droit d'intervenir dans les questions opérationnelles.
Le Comité a reconnu que l'actuelle structure de responsabilité,
dans le cadre de la Loi sur l'accès à l'information qui
prévoyait que le ministre est responsable et que le sous-ministre
est doté d'un pouvoir délégué qui peut à
son tour être délégué à un coordonnateur
de l'accès à l'information, est entièrement compatible
avec la convention constitutionnelle de la responsabilité ministérielle.
Les membres ont voulu examiner les liens entre la responsabilité
et la culture et ils ont suggéré que même lorsque
l'autorité de l'accès à l'information est déléguée
au sein des ministères, les ministres peuvent néanmoins
jouer un rôle important dans la création d'une culture de
la transparence et de la conformité à l'accès à
l'information. La lettre du ministre de la Défense nationale à
son sous-ministre a été présentée comme un
bon exemple du type de message qu'un ministre devrait transmettre à
son ministère, et qui est entièrement compatible avec la
responsabilité ministérielle et avec la Loi.
Les membres ont également convenu que, dans les grandes bureaucraties
modernes, la responsabilité verticale masque la réalité
complexe du processus décisionnel. Ils ont suggéré
qu'il faudrait s'éloigner de la responsabilité individuelle,
qui consiste à blâmer des personnes en particulier, pour
plutôt adopter une approche de responsabilisation collective. Les
membres ont suggéré de recourir à des fiches de rendement,
et d'inclure, dans les plans opérationnels des ministères,
l'accès à l'information dans les élément devant
faire l'objet d'une reddition de compte. Les plans opérationnels
sont déposés devant le Parlement, et ce serait une bonne
occasion pour informer le Parlement des réalisations des ministères
en matière d'accès à l'information.
Le Comité est également d'avis que le leadership exercé
par les ministres est un facteur important, car cela permettrait aux instances
politiques de transmettre à la fonction publique un signal sans
équivoque sur la transparence.
Influence sur la culture et conformité
Une discussion générale a ensuite porté sur les
moyens possibles d'influer sur la culture. Les membres ont convenu que
la culture de la fonction publique devait être davantage axée
sur l'ouverture et la transparence afin de remplacer la conformité
sans enthousiasme de la Loi sur l'accès à l'information.
Les discussions ont ensuite porté sur les influences ou les leviers
qui pourraient amener un changement de culture. Les membres ont reconnu
qu'il n'y a pas de solution magique et que l'on devrait recourir à
une stratégie intégrée, comportant toute une panoplie
de leviers. Parmi les leviers mentionnés, mentionnons : la Loi
elle même ainsi que les politiques et directives sur l'accès
à l'information; le leadership politique au sein de la fonction
publique; la formation afin d'avoir un personnel d'accès à
l'information compétent et bien renseigné; la sensibilisation
de la fonction publique à l'accès à l'information;
l'inclusion de l'accès à l'information comme critère
dans le processus de dotation; la mise en place d'une capacité
organisationnelle, c'est-à-dire un budget, des connaissances et
un soutien structurel; l'inclusion appropriée de l'accès
à l'information dans le processus décisionnel; la tenue
d'événements et de cérémonies afin de célébrer
les succès; des mécanismes de communication; des mesures
du rendement; des encouragements visant à accroître la recherche
sur l'accès à l'information; la création d'un bassin
d'usagers responsables et militants en matière d'accès à
l'information; des députés intéressés et informés;
le contrôle constant par le Parlement, y compris le suivi des activités
du Commissaire à l'information. On a mentionné que la fonction
publique n'utilise pas actuellement tous les outils disponibles afin de
favoriser un changement de culture vers plus de transparence.
Les membres partagent l'avis des spécialistes sur le fait qu'un
changement de culture ne peut pas se produire du jour au lendemain. Pour
y parvenir, la patience et la persévérance s'imposent, ainsi
que la cohérence, des valeurs claires et des règles constamment
réitérées. Bien qu'un leadership solide et un engagement
envers le changement sont essentiels au virage culturel, il serait naïf
de croire que seuls les ministres et la haute fonction publique peuvent
assumer le fardeau du changement culturel dans un système aussi
complexe que la fonction publique. D'ailleurs, une telle façon
de faire ne donnerait aucun résultat. Une approche globale est
requise.
Applications de la technologie afin de faciliter l'accès
Les membres ont discuté de la façon dont les progrès
technologiques permettraient d'améliorer l'accès à
l'information. Ils ont obtenu de l'information sur l'utilisation actuelle
d'outils technologiques à cette fin, notamment une version annotée
de la Loi sur l'accès à l'information sur le site Web du
ministère de la Justice; les politiques et directives du Conseil
du Trésor sur le site Web du Conseil; des systèmes de suivi
pour les demandes d'accès, comme ATIPflow et ATIPimage. Parmi les
autres progrès, mentionnons l'emploi du courrier électronique
pour aviser les gestionnaires des demandes d'accès, l'établissement
de projets pilotes consistant à accepter les demandes d'accès
par courriel, la gestion électronique des documents, l'utilisation
de brûleurs de CD ROM, l'affichage par un ministère des résumés
des demandes d'accès sur Internet, ainsi que l'étude, par
divers ministères, de l'utilisation possible de salles de lecture
virtuelles.
On prévoit qu'un nombre croissant de demandes seront traitées
par des moyens électroniques à l'avenir, et que les paiements
se feront également par voie électronique. L'utilisation
des systèmes électroniques de suivi des demandes sera plus
généralisée, et les systèmes de gestion électronique
des documents seront plus intégrés et on utilisera davantage
Internet pour afficher l'information sur les demandes d'accès.
Parmi les questions touchant les progrès technologiques, soulignons
la capacité de répondre aux attentes croissantes des utilisateurs
qui voudront un service instantané, la gestion améliorée
de l'information, la capacité des logiciels, une meilleure coordination
de l'information entre les ministères.
Diverses solutions ont été proposées par les membres
à ce sujet : la classification des documents dès leur création
afin de déterminer quelle information peut être diffusée
et quand, l'abandon des frais de demande de 5 $ afin de faciliter les
demandes électroniques, la mise en place d'un système pangouvernemental
d'affichage des demandes et du registre des documents divulgués
(Système de registre central). Au sujet de cette dernière
suggestion, les membres ont recommandé que le gouvernement fédéral
mette dès que possible ce type d'information en ligne, avec la
possibilité d'effectuer des recherches par mots-clés. Cette
amélioration simplifierait grandement l'accès pour les utilisateurs.
Gestion de l'information et diffusion de l'information aux citoyens
(Gouvernement en direct)
Helen McDonald, directrice générale de Gouvernement en
direct (GED) et Ian Sinclair, directeur des Politiques de l'information,
au Conseil du Trésor, ont discuté avec les membres du Comité
de deux initiatives : la Gestion de l'information et le Gouvernement en
direct. Les deux initiatives devraient améliorer grandement l'accès
à l'information.
Le Cadre de gestion de l'information est un projet important pour le
gouvernement. À l'heure actuelle, très peu de ministères
ont un cadre ou une stratégie en place. Au cours des six prochains
mois, Mme McDonald s'attend à ce que l'on mettre en place des directives
et des normes sur la gestion de l'information, pour tout son cycle de
vie, depuis la création de l'information jusqu'à son élimination.
Cela devrait faciliter l'accès à l'information, en fournissant
des politiques et des normes relatives aux exigences de documentation,
et en sensibilisant l'ensemble des fonctionnaires à l'importance
d'une bonne gestion de l'information.
L'initiative GED peut également faciliter l'accès à
l'information, en permettant aux Canadiens d'accéder directement
et en ligne à l'information, et en leur fournissant des renseignements
sur la façon d'accéder à l'information du gouvernement,
en vertu de la Loi. Mme McDonald a toutefois avisé les membres
que l'affichage d'information sur le Web ne se fait pas de manière
instantanée, que cela comporte des coûts et qu'il faut encore
régler certains problèmes touchant les langues officielles.
La politique NSI (Normalisation des sites Internet) pour toute l'information
du gouvernement facilitera l'accès à l'information, car
il sera plus facile pour les citoyens de naviguer sur les sites Web du
gouvernement. Mme McDonald a reconnu que l'accès à l'information
n'a pas été une priorité pendant la première
phase de financement des ministères pour le GED.
Les membres se sont demandés si le Canada ne devrait pas imiter
les États Unis, qui exigent que les organismes gouvernementaux
offrent en ligne des services d'accès à l'information, un
guichet unique pour l'accès à l'information et des salles
de lecture virtuelles.
Les membres ont manifesté leur appui aux deux initiatives présentées,
mais ils se sont dits très préoccupés de ce que le
Conseil du Trésor ne semble pas saisir l'occasion offerte par ces
initiatives pour accroître l'accès à l'information.
Les membres ont demandé au Groupe d'étude de formuler une
recommandation sur une meilleure harmonisation de ces initiatives avec
l'accès à l'information.
Enfin, le Comité a manifesté un certain scepticisme quant
à l'information en ligne, faisant valoir que l'information en ligne
ne signifie pas nécessairement la transparence. On a indiqué
qu'il serait naïf de croire que les ministères afficheront
des renseignements embarrassants. De plus, il est toujours possible d'édulcorer
ou de modifier l'information avant de l'afficher. Par conséquent,
il existera toujours un besoin de pouvoir présenter des demandes
officielles d'accès à l'information, en vertu de la Loi.
Autres questions touchant la portée de la réforme
La Loi sur l'accès à l'information s'applique aux "
documents relevant de l'administration fédérale ".
Les membres ont discuté de ce que l'on entend par " relevant
de l'administration fédérale ", dans plusieurs domaines
et pour différents types de documents, comme ceux des bureaux de
députés et de sénateurs, des bureaux des ministres,
les notes des tribunaux judiciaires et quasi-judiciaires, les documents
détenus par les entrepreneurs et les notes des fonctionnaires.
Les membres ont souligné que le but des exemptions prévues
dans la Loi est de protéger, entre autres choses, les principes
de notre système politique et ses divers mécanismes de délibération.
Si le Parlement et les tribunaux venaient à être assujettis
à la Loi, il faudrait protéger les mécanismes de
délibération à huis clos des comités parlementaires
et des juges. Si on observe ce qui se passe dans d'autres gouvernements,
on constate qu'il n'y a pas d'approche unique pour protéger ce
type de documents.
Les membres ont également discuté des différences
entre les bureaux des caucus des partis politiques, le Parlement, le Cabinet
et l'ensemble du gouvernement. Bien que les membres sont en général
favorables pour que le Parlement soit assujetti à la Loi, ce qui
" donnerait le bon signal ", ils ont souligné qu'il serait
difficile d'assujettir à la Loi les documents des députés
car cela pourrait avoir des effets négatifs sur les relations entre
les députés et leurs commettants.
Le Comité a ensuite discuté des documents contenus dans
les bureaux des ministres. Les ministres ont une double nature, étant
à la fois des parlementaires et des responsables d'institutions
fédérales. Le gouvernement a toujours été
d'avis que la Loi sur l'accès à l'information ne s'applique
pas aux documents des ministres. Une règle similaire prévaut
en droit québécois. Les procédures judiciaires actuelles
au niveau fédéral semblent indiquer qu'il existe une certaine
incertitude sur cette question. Les membres ont suggéré
que l'on devrait clarifier la question et mettre en place une pratique
normalisée pour gérer séparément dans les
bureaux des ministres les documents du ministre de ceux relevant du ministère.
Certains membres ont laissé entendre que les ministres pourraient
consentir ou s'opposer avec justification, à la divulgation d'information
détenue exclusivement dans leurs bureaux. Les membres ont reconnu
qu'il s'agit d'une question très difficile et délicate qu'il
convient de clarifier.
De nombreux membres sont d'avis qu'il doit y avoir dans la Loi un mécanisme
permettant de vérifier la nature ministérielle, parlementaire
ou judiciaire des documents exclus.
Les membres ont ensuite discuté des notes des tribunaux quasi
judiciaires. Ils ont fait valoir que les processus de délibération
judiciaire devraient être exemptés si les tribunaux étaient
assujettis à la Loi, et que les mêmes règles devraient
s'appliquer aux délibérations des organismes quasi judiciaires.
En ce qui concerne les documents des entreprises privées qui contractent
avec le gouvernement, on a souligné que les lois sur l'accès
à l'information des autres gouvernements traitent d'une manière
variable ces documents. Les membres ont indiqué que cette question
avait pris beaucoup d'importance, avec l'accroissement de la privatisation
et le recours à de nouveaux modes de prestation de service. On
a suggéré d'introduire des lignes directrices permettant
d'indiquer quand des documents sont nécessaires à l'obligation
de rendre compte du gouvernement, et aussi de " désigner "
les documents en question comme étant des documents relevant de
l'administration fédérale.
Les membres ont aussi discuté de la question des notes des fonctionnaires
et du besoin de trouver un juste compromis entre le respect d'une certaine
vie privée dans les lieux de travail, et l'accès du public
à l'information gouvernementale lorsqu'elle a trait à la
responsabilité des fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions.
Les membres ont convenu qu'il s'agit d'une zone grise et que cela pourrait
avoir des conséquences négatives sur la capacité
de documenter les actions gouvernementales. Les membres sont en général
d'accord avec l'établissement de lignes directrices sur la création
des documents par les fonctionnaires. Certains sont d'avis que les aide-mémoire
personnels des fonctionnaires, qui n'influent pas sur les décisions
ou qui ne consignent pas une décision, devraient être exclus
de la Loi sur l'accès à l'information, comme c'est le cas
dans certaines administrations publiques, notamment au Québec.
Dispositions concernant les tiers
Le Groupe d'étude a retenu les services contractuels de Murray
Rankin, associé du cabinet d'avocats Arvay Finlay, pour mener des
recherches sur l'application des dispositions concernant les tiers dans
la Loi sur l'accès à l'information et d'évaluer les
options de réforme. M. Rankin a dressé un aperçu
des objectifs de sa recherche et a présenté un examen de
l'article 20 de la Loi sur l'accès à l'information à
ce jour. Il a indiqué qu'un point central est de savoir si l'information
est détenue par le gouvernement ou sous son contrôle, et
il a mentionné qu'il peut y avoir un désaccord sur la notion
de l'information qui relève du gouvernement, aux termes de la Loi.
Selon M. Rankin, les tribunaux interprètent au sens large la notion
d'information relevant du gouvernement, ce qui assure un droit d'accès
étendu. M. Rankin a ajouté qu'il est impressionné
par la façon dont les tribunaux interprètent tous les aspects
de l'exemption de l'article 20.
Les membres du CCE ont passé en revue la clause d'exemption et
la clause d'intérêt public. M. Rankin a indiqué que
de nombreuses expressions figurant à l'article 20 (dont les "
secrets industriels ") ne sont pas définies dans la Loi sur
l'accès à l'information mais il existe une bonne jurisprudence
à cet égard.
Au cours de la discussion subséquente, M. Rankin a signalé
qu'il fallait renseigner les tiers sur leurs obligations. Il a également
recommandé l'adoption de mesures encourageant davantage le secteur
public à " appliquer correctement la Loi ". Il a indiqué
aux membres que, d'après lui, on constate actuellement une saine
tension entre le droit du public à être informé et
la protection des intérêts commerciaux. Quant à l'information
commerciale recueillie par le gouvernement, M. Rankin a signalé
que les entreprises qui ont décidé de faire affaires avec
le gouvernement sont au courant des règles de divulgation et devraient
être prêtes à communiquer leurs renseignements. Lorsque
le gouvernement lance des appels d'offres, il devrait être clair
pour les entreprises qui soumissionnent que l'on ne peut garantir la confidentialité
dans tous les cas.
M. Rankin a présenté aux membres un aperçu des préoccupations
touchant les avis à donner aux tiers, dont le cas de documents
qui touchent des dizaines de milliers de tiers qui doivent être
avisés d'une décision de divulgation.
En ce qui touche la question des " secrets industriels ", M.
Rankin a mentionné que la Loi pourrait être modifiée
pour inclure une définition précise, mais il a ajouté
que les tribunaux interprètent déjà de façon
étroite cette question et que cette modification pourrait accroître
les problèmes.
Parmi les questions étudiées par M. Rankin, mentionnons
l'application de la clause de l'intérêt public, dans la disposition
concernant les tiers, et son élargissement possible à la
protection des consommateurs. Il étudie également la pertinence
d'une modification qui obligerait le gouvernement à exercer son
droit discrétionnaire en faveur de l'accès mais, à
son avis, aucun problème apparent ne serait réglé
par une telle modification. M. Rankin s'est dit en désaccord avec
la notion d'obligation générale de divulguer dans l'intérêt
public, soulignant que les provinces et territoires qui ont de telles
dispositions, notamment la C. B. et l'Ontario, s'en servent rarement,
car on les considère trop générales.
En guise de conclusion, M. Rankin a dit que, contrairement à ce
qu'il pensait au début de ses travaux, il est maintenant d'avis,
vu l'excellent travail fait par les tribunaux, que la Loi nécessite
seulement quelques modifications mineures, et que l'on pourrait réaliser
d'importants progrès en prenant des mesures visant une meilleure
application des dispositions existantes de la Loi.
Commissaire à l'information
John Reid, Commissaire à l'information du Canada (CI), a rencontré
les membres du CCE afin de discuter des problèmes soulevés
dans son récent rapport et de répondre aux questions des
membres. Une copie des remarques intégrales de M. Reid se trouve
en annexe.
M. Reid a fait valoir que le leadership est l'élément clé
permettant d'améliorer l'accès. À titre d'exemple,
il a mentionné ses bulletins annuels de rendement aux ministères
et les améliorations importantes au chapitre de la réduction
des retards dans les ministères où les sous-ministres ont
fait preuve du leadership requis. Quand les sous-ministres envoient un
signal clair en faveur de la transparence et de l'ouverture, les résultats
sont visibles. Toutefois, les progrès dans l'ensemble de la fonction
publique sont encore inégaux. M. Reid a indiqué aux membres
qu'il est temps que le Premier ministre prenne la tête d'un mouvement
visant à instaurer un changement de culture dans la fonction publique,
chose qu'aucun premier ministre n'a fait au cours des 18 dernières
années, a t il souligné.
En réponse à des questions sur la façon de changer
la culture au sein de la fonction publique, afin qu'elle soit plus ouverte
et transparente, M. Reid a suggéré que l'on offre une formation
de base sur l'accès à l'information dans l'ensemble du gouvernement.
Il ne pense pas que la formation incombe à son bureau, bien que
celui ci ait assumé certaines fonctions en matière de formation
car le Conseil du Trésor ne l'avait pas fait. Il a ajouté
que le CI était devenu le " porte-parole " de la Loi
sur l'accès à l'information, de nouveau parce qu'il y a
un vide au sein du gouvernement à ce niveau. Ici encore, la question
de leadership est la clé. Il croit que l'on pourrait améliorer
le leadership en ayant un seul ministre responsable de l'accès,
au lieu de deux. Il a instamment prié le Groupe d'étude
de souligner dans son rapport la nécessité du leadership.
M. Reid s'est dit d'avis que les retards dans le traitement des demandes
d'accès sont chroniques et généralisés. Pour
le Commissaire, le respect des délais est en quelque sorte le test
ultime du rendement en matière d'accès à l'information.
Il a ajouté que le gouvernement est confronté à un
grave problème de gestion de l'information, tant pour assurer ses
propres activités que pour assurer l'accès à l'information
en vertu de la loi. À son avis, une meilleure gestion de l'information
pourrait régler en grande partie les problèmes de retard.
Il a reconnu qu'il y a eu des améliorations et il a souligné
le geste du Conseil du Trésor d'affecter davantage de ressources
à l'accès à l'information.
Le Commissaire a indiqué qu'il aimerait voir davantage de formation
des fonctionnaires et du personnel ministériel, et non seulement
des coordonnateurs de l'accès à l'information, une formation
qui serait continue et pour tous les échelons. Quand on lui a demandé
si le CI avait un rôle à jouer dans la formation et l'éducation
du public, M. Reid tout en déplorant que très peu de personnes
comprennent bien la loi, a indiqué qu'il hésiterait à
assumer ce rôle sans disposer des ressources nécessaires.
De plus, si le Commissaire assumait un tel rôle, cela pourrait être
perçu comme un conflit d'intérêt (c'est comme si le
Commissaire cherchait tout simplement à mousser ses propres activités!).
Si une organisation devait assumer le rôle de sensibilisation du
public, ce serait probablement le Secrétariat du Conseil du Trésor.
Celui ci devrait également avoir la responsabilité de recueillir
des statistiques sur l'accès à l'information et d'effectuer
un suivi permanent de la situation.
Tout en reconnaissant que la Loi est en définitive très
bonne, le Commissaire a néanmoins estimé qu'il y avait un
besoin pressant d'en corriger les faiblesses et d'en " peaufiner
" divers aspects, afin qu'elle soit à jour et tienne compte
des nouvelles formes de gouvernance et de technologie. Parmi les principaux
éléments à réformer, il a ciblé les
documents confidentiels du Cabinet, la portée de la Loi, l'article
24 (exclusions obligatoires), les incitatifs et les pénalités
relatifs aux délais, et le mandat des coordonnateurs prévu
dans la Loi. Ses suggestions de réforme sont décrites dans
son rapport annuel pour 2000-2001. Il a également présenté
16 éléments, que l'on trouve aussi dans ce rapport et qui,
selon lui, seraient susceptibles de miner l'accès à l'information,
et il a invité les membres à ne pas appuyer ce type de modifications.
En ce qui concerne les demandes frivoles et abusives, M. Reid a indiqué
que certains autres gouvernements ont prévu des dispositions permettant
de traiter ce type de demandes, mais qu'elles sont rarement, voire jamais,
utilisées. Il a expliqué qu'il ne s'opposerait pas à
l'inclusion d'une telle disposition dans la Loi sur l'accès à
l'information, mais il a souligné qu'il faudrait bien en définir
les modalités. M. Reid a ajouté qu'il croyait que ces problèmes
seraient réglés si les ministères avaient une approche
dynamique et tentaient vraiment de les solutionner. Quant à savoir
si la Loi devrait prévoir des outils pour traiter les demandes
onéreuses en ressources, il a indiqué que cette question
dépend totalement des ressources affectées et que c'est
là que se trouve la solution.
Au sujet de l'inclusion possible d'un préambule dans la Loi sur
l'accès à l'information qui ferait référence
aux grands objectifs de l'accès à l'information, M. Reid
a indiqué que la Loi contenait déjà une déclaration
d'objet exceptionnelle, et qu'elle a joué un rôle important
dans la façon dont les tribunaux ont interprété la
Loi. Il a ajouté que l'actuelle clause décrivant l'objet
de la Loi ne devrait pas être affaiblie à cet égard.
Les membres ont posé plusieurs questions au sujet des pouvoirs
dont dispose le Commissaire. Celui ci n'a pas le pouvoir de rendre des
ordonnances exécutoires, mais il a d'importants pouvoirs d'enquête.
Ces pouvoirs incitent véritablement les organisations gouvernementales
à respecter la Loi. M. Reid est d'avis que ces pouvoirs doivent
être utilisés avec discernement et seulement en conjonction
avec de vigoureuses activités de négociation et médiation.
M. Reid a décrit en détail la procédure d'enquête,
et la formation et la supervision de ses enquêteurs. Une proportion
très importante des plaintes sont réglés par des
négociations et la médiation; et 99,9 p. 100 de tous les
plaintes sont réglées sans qu'il faille recourir aux tribunaux.
En 2000 2001, il y a eu seulement deux examens judiciaires.
Le Commissaire a dit qu'il préférait de beaucoup que les
enquêtes soient faites avec le consentement et la coopération
des parties intéressées, afin d'instaurer un climat de confiance
mutuelle entre la fonction publique et le Commissariat à l'information.
À son avis, ce lien de confiance pourrait être miné
si le CI était trop " agressif ". Le CI utilise avec
beaucoup de réticence les citations à comparaître,
et les fonctionnaires sont rarement assermentés et enregistrés
lorsqu'ils témoignent. Toutefois, au cours des deux dernières
années, il a constaté que la confiance de part et d'autre
avait diminué et que les attitudes s'étaient durcies. Les
enquêteurs du CI sont accueillis avec récalcitrance et réticence.
Les enquêtes sur les retards systématiques dans l'accès
à l'information ont obligé le CI à s'adresser à
divers sous ministres, qui ont le pouvoir de régler les problèmes
de retard, en allouant les ressources nécessaires et en faisant
preuve de leadership. Des citations à comparaître ont été
délivrées à des sous ministres, ce qui a créé
un fort ressentiment.
Les membres ont posé des questions sur la façon dont les
enquêtes sont effectuées à huis clos, procédure
qui est désignée quelques fois comme le " Tribunal
de l'Inquisition ". Le Commissaire a rappelé aux membres que
sa procédure est celle d'un ombudsman et que, en vertu de la Loi,
ses enquêtes doivent se faire " en privé " afin
de protéger l'intégrité de l'information faisant
l'objet du différend.
Les membres demandent des clarifications du Commissariat à l'information
sur le droit des fonctionnaires à un avocat quand ils doivent témoigner
dans des enquêtes et sur les ordonnances de confidentialité.
Selon le Commissariat, les témoins ont droit à un témoignage
en privé, et il ne serait pas approprié qu'un avocat du
ministère de la Justice représente un fonctionnaire tout
en conseillant en même temps le ministère pour lequel travaille
ce fonctionnaire. Les fonctionnaires peuvent faire appel à un avocat
du secteur privé, s'ils en font la demande. Dans certains cas,
les avocats du gouvernement et les témoins sont invités
à signer un accord de confidentialité.
Les membres soulèvent la possibilité de prescrire dans
la Loi un délai pour les enquêtes, car des enquêtes
sans fin sont problématiques. On leur répond que le nombre
d'enquêtes et le temps qui leur est alloué dépend
des ressources dont dispose le Commissariat. Si la Loi imposait un délai
pour ces enquêtes, cela accroîtrait la pression sur le Commissariat
et les ministères participant aux enquêtes; cela pourrait
se traduire par une réduction du nombre de règlements par
médiation et par le recours accru aux citations à comparaître.
On explique aux membres que les pouvoirs d'enquête prévus
par la Loi, qui sont très vagues par rapport à ce que l'on
retrouve dans les lois d'autres gouvernements, donnent beaucoup de latitude
pour la conduite des enquêtes et l'obtention de résultats.
En tant qu'organisme d'enquête avec des pouvoirs de police et des
pouvoirs de contrainte, le Commissariat estime être plus efficace
s'il n'y a pas trop de règles qui entravent son fonctionnement.
Le Commissaire a rappelé aux membres que l'efficacité de
tout ombudsman dépend entièrement de la disponibilité
d'outils lui permettant de faire des enquêtes approfondies. Des
membres ont suggéré au CI qu'il serait utile que celui-ci
publie ses procédures d'enquête, afin qu'elles soient mieux
comprises des fonctionnaires.
Selon le Commissaire, les principaux indicateurs de rendement du Commissariat
seraient le (1) nombre de causes portées devant les tribunaux,
(2) le nombre de plaintes traitées et (3) le degré de satisfaction
des ministères et des plaignants en ce qui concerne la résolution
des différends et la procédure.
M. Reid a indiqué qu'il ne voyait pas la nécessité
de doter le CI du pouvoir de rendre des ordonnances exécutoires
et qu'il était satisfait de ses pouvoirs actuels. Il a ajouté
que le taux de succès du CI est bon et il a estimé que des
pouvoirs de rendre des ordonnances créeraient une situation davantage
axée sur la confrontation. Il a ajouté que si les ministres
disposaient d'un droit d'opposer un veto, comme c'est le cas dans de nombreuses
lois étrangères, il ne servirait à rien de donner
au CI des pouvoirs de rendre des ordonnances.
Quant à la possibilité que le CI se présente devant
les tribunaux pour obtenir des interprétations de la Loi, soit
par exposé de cause ou renvoi, le Commissariat ne serait pas contre
l'obtention d'un tel pouvoir, mais juge qu'il vaut mieux que le CI se
présente devant les tribunaux pour traiter d'enjeux concrets et
de cas réels.
Un membre a suggéré que si les recommandations du CI étaient
publiées, cela ajouterait de la transparence et aiderait ceux et
celles qui uvrent dans le secteur de l'accès à l'information
à comprendre les motifs des décisions du CI. M. Reid a répondu
que le CI ne peut révéler les résultats de ses enquêtes
et qu'il doit être très prudent quand il fait rapport sur
les plaintes; toutefois, il publie dans son rapport annuel les décisions
relatives à environ 20 plaintes. Ces cas sont sélectionnés
de façon à servir de guide pour les coordonnateurs de l'accès
à l'information et aux autres personnes intéressées.
Il doute de l'utilité de publier les autres cas. Son bureau étudie
cependant la possibilité d'afficher sur son site Web les résultats
d'enquête ayant une valeur interprétative.
En réponse à une question d'un membre sur la façon
dont on pourrait assurer un contrôle efficace en matière
d'accès à l'information, M. Reid a indiqué qu'il
était déçu de la façon dont le Parlement traitait
ses rapports annuels. Le Comité permanent de la justice, responsable
de l'accès à l'information, est déjà surchargé
de travail et n'a pas alloué le temps que M. Reid aurait aimé
le voir prendre pour examiner les questions d'accès à l'information.
Il a souligné que cela avait eu un impact sur la capacité
de rendre compte du Commissariat car des questions importantes n'avaient
pas été posées. Toutes les organisations, y compris
le Commissariat, a indiqué M. Reid, devraient avoir une certaine
forme de responsabilisation et faire l'objet d'un examen. M. Reid a suggéré
que le Parlement devrait revoir la façon dont il traite les agents
du Parlement. M. Reid s'est dit ouvert à une suggestion d'un membre
selon quoi le CI devrait faire rapport devant un Comité mixte de
la Chambre des communes et du Sénat.
Enfin, le Commissaire a prié le CCE d'être vigilant dans
sa défense de l'accès à l'information et de ne pas
avoir peur de se prononcer publiquement sur les recommandations du Groupe
d'étude, lorsqu'elles seront publiées.
Les membres ont conclu qu'il existe un malentendu profond entre le CI
et la fonction publique, et ils ont exprimé l'avis qu'il fallait
reconstruire le lien de confiance et rebâtir la relation.
Revue générale des points discutés
Les membres ont ensuite fait le point sur les diverses questions qui
ont été traitées dans les réunions précédentes,
afin de présenter un avis général au Groupe d'étude.
Ils ont recommandé que l'on adopte trois volets pour la réforme
de l'accès à l'information - une réforme législative,
une réforme administrative, une réforme culturelle.
Les membres ont ensuite passé en revue des principes généraux
et se sont penchés sur des points précis :
- Portée de la Loi (institutions) - Les membres ont indiqué
que le statu quo n'était plus une option réaliste et que
la portée de la Loi devrait être élargie. Il importe
d'établir un cadre permettant de décider quelles institutions
devraient être assujetties à la Loi sur l'accès
à l'information. Ce cadre devrait offrir une certaine souplesse.
Les membres se sont mis d'accord sur une prémisse réfutable
d'inclusion des sociétés d'État, avec les réserves
appropriées. Pour ce qui est du Parlement et des tribunaux, les
membres favorisent un régime de divulgation volontaire.
- En ce qui concerne les documents des ministres, les membres ont reconnu
que ceux ci sont des figures politiques et ont besoin d'une certaine
latitude pour assumer leur rôle politique. Ils ont discuté
de la possibilité de recourir à un certificat ou à
un consentement du ministre, mais ils n'en sont pas arrivés à
un consensus à ce sujet. Toutefois, ils ont souligné que
l'on devrait offrir une formation appropriée au personnel des
ministres et que l'on devrait établir une distinction nette entre
l'information appartenant au ministre (information de nature politique
et personnelle) et celle appartenant à son ministère -
c.-à-d. que l'on pourrait trouver ailleurs dans le ministère
- mais les membres ont reconnu qu'il ne serait pas toujours facile d'établir
une telle distinction dans la pratique.
- Portée de la réforme (exemptions) - Les membres ont
discuté de l'objectif de l'article 21 de la Loi sur l'accès
à l'information, afin de déterminer si cet article vise
à protéger l'anonymat des fonctionnaires, à préserver
la responsabilité et l'autorité des ministres, ou à
protéger la franchise des de conseils reçus. Le CCE était
préoccupé de constater que l'on tiendrait apparemment
toujours compte de certaines exemptions, et voulait qu'un mécanisme
soit instauré dès que possible pour garantir la divulgation
de toute l'information. Ils ont aussi discuté de l'article 69
traitant des documents confidentiels du Cabinet. Les membres ont suggéré
que ces documents pourraient être visés par une exemption
obligatoire de catégorie. Ils se sont dits d'accord avec le principe
voulant que c'est la substance des délibérations du Cabinet
qui devrait être protégée, et ils ont appuyé
la notion de faire une distinction avec l'information factuelle qui
devrait être divulguée. Ils sont d'avis que les documents
confidentiels du Cabinet constituent en fait un test décisif
pour la réforme de l'accès à l'information. Certains
membres croyaient fermement que le meilleur moyen était d'établir
un délai précis pour chaque exemption.
- Procédure d'accès - Les membres ont discuté de
demandes futiles et de détournement déraisonnable de ressources.
Bien que tous soient d'avis qu'il est impératif que le droit
d'accès à l'information ne soit pas restreint, certains
membres ont néanmoins reconnu la nécessité d'imposer
certaines limites. Toutefois, d'autres ont indiqué que les dispositions
actuelles sur les frais et la prolongation des délais permettent
de gérer adéquatement des demandes nombreuses provenant
d'un seul demandeur.
- Frais - Les membres se sont dits en général d'accord
pour éliminer les frais de dossier de 5 $. En ce qui concerne
les frais de traitement des demandes, ils ont discuté des avantages
d'un système de frais progressifs, basé sur le nombre
de pages divulguées, comme cela a été recommandé
par l'Australian Law Commission. La plupart des membres se sont montrés
intéressés à l'idée de frais basés
sur le volume de pages divulguées (et non le temps de recherche),
mais ils ont suggéré que le barème des frais devrait
être bien expliqué. En outre, ils se sont dits d'accord
avec l'idée d'un traitement égal de tous les demandeurs
et d'un système simple qui permettrait aux demandeurs de mieux
prévoir les frais, ce qui réduirait les possibilités
de différends. Toutefois, les membres n'ont pu, en l'absence
d'information plus détaillée sur le fonctionnement d'un
tel mécanisme, en arriver à une recommandation.
Conclusion
Les membres ont convenu qu'il leur fallait plus de temps pour en arriver
à une décision sur ces questions et sur d'autres touchant
la procédure d'accès, la procédure de plainte, ainsi
que les changements de nature administrative et culturelle. Le Groupe
d'étude avisera les membres des dates possibles d'une autre réunion.
Points saillants - Comité
consultatif externe
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