Points saillants - Comité consultatif externe
20 AOÛT 2001
OTTAWA
Membres présents
Dean Beeby
Paul-André Comeau
Norman Hillmer
Aldéa Landry
Gaétan Lussier
Wayne MacDonald
Animateur - Roger Tassé
Présidente - Andrée Delagrave, Groupe d'étude
de l'accès à l'information (ATIRTF)
Présentatrices
Mary Anne Stevens, GÉAI
Sherry Moran, GÉAI
Marta Khan, GÉAI
Valerie Lasher, GÉAI
Rapport de la discussion :
Ce qui suit est un résumé de la discussion ayant eu lieu
lors de la réunion du Comité consultatif externe, le 20
août 2001.
On a fait une courte mise à jour sur les travaux effectué
par le Groupe d'étude, y compris les discussions récentes
avec les commissariats à l'information de la C.-B., de l'Ontario
et du Québec. Les membres ont discuté du rapport des consultations
publiques menées par le Forum sur les politiques publiques. On
a fait remarquer que les consultations publiques et les consultations
menées au sein de la fonction publique ont révélé
que de nombreuses idées fausses existaient au sujet de la Loi et
de son fonctionnement. On note que le besoin d'informer le public devient
une question importante à considérer pour le Groupe d'étude.
Mise à jour des statistiques sur l'accès à l'information
Les membres ont examiné les données préliminaires
en matière d'accès à l'information pour 2000-2001.
En général, il ne semble pas y avoir de changements majeurs
ou de nouvelles tendances. Certaines statistiques sont peu précises.
Par exemple, on mentionne que, comme les demandeurs ne sont pas tenus
de s'identifier, il est difficile de déterminer le véritable
profil des utilisateurs ou si celui-ci a changé. On a suggéré
que le Groupe d'étude envisage des options pour améliorer
les renseignements et permettre ainsi d'établir le profil des utilisateurs
de l'accès à l'information. On a demandé plus de
statistiques concernant la tarification. La présidente a affirmé
que l'on effectuerait des analyses plus approfondies des données
et qu'elles feraient partie du rapport du Groupe d'étude. Tous
les membres ont convenu qu'il fallait de meilleures statistiques et des
données mieux étayées sur l'accès à
l'information.
Résumé des mémoires
On a présenté aux membres un rapport d'étape sur
les mémoires que le Groupe d'étude a reçus sur la
Loi sur l'accès à l'information et sa mise en oeuvre.
On avait reçu un total de 31 mémoires et plus de 260 recommandations
et observations traitant de la gamme complète de questions relatives
à l'accès. Le Groupe d'étude était en train
de préparer un résumé thématique des recommandations
et des observations. Celui-ci sera affiché sur le site Web du Groupe
d'étude.
Résumé des recherches
On a passé en revue les recherches effectuées pour le Groupe
d'étude. Les recherches sont soit terminées ou en cours
dans quatre grands domaines, notamment la compréhension du contexte,
le champ d'application de la Loi, le processus d'accès et le processus
de recours.
Neil Nevitte a produit un document intitulé « Valeurs des
citoyens, information et vie démocratique ». Ce document est
affiché sur le site Web du Groupe d'étude. L'auteur constate
que plus de Canadiens veulent avoir un gouvernement ouvert et un meilleur
accès à l'information du gouvernement.
Luc Juillet et Gilles Paquet ont complété leur recherche
sur la politique d'information et la gouvernance. Le document est présentement
disponible sur le site Web du Groupe d'étude. Les auteurs concluent
que, dans le cadre de l'émergence d'une société d'information
fondée sur le savoir, l'information du gouvernement comme ressources
publiques revêt une importance accrue et l'accès à
l'information est devenue une nécessité de base pour l'apprentissage
social. Ils font également référence aux défis
en matière de gouvernance face à la restructuration du secteur
public et au déclin de la confiance des citoyens à l'égard
du gouvernement. Selon eux, il peut être justifié de limiter
la divulgation de l'information si celle-ci est de nature à nuire
à la capacité de l'État d'agir dans l'intérêt
public. Les membres estimaient que toute mention d'une limite à
l'égard de la divulgation d'information par le gouvernement devait
être claire afin de ne pas être mal compris du grand public.
Dans sa recherche sur la mondialisation et les régimes d'accès
à l'information, Colin Bennett conclut que la loi canadienne en
matière d'accès à l'information est similaire à
celle d'autres gouvernements, mais estime que la restriction sur le droit
d'accès aux citoyens et résidents canadiens et aux personnes
présentes dans le pays est déphasée. L'auteur conclut
que la mondialisation incite les gouvernements à imiter les autres
en adoptant des lois d'accès à l'information, mais qu'en
ce moment le Canada n'est pas confronté à des pressions
réelles d'harmoniser ses normes d'accès à l'information
à celles des autres pays.
Ken Kernaghan a mené une recherche sur la responsabilité
ministérielle et l'accès à l'information. Il constate
que la convention de responsabilité ministérielle demeure
forte au Canada et que, par conséquent, il existe toujours un besoin
de protéger les conseils et les recommandations aux ministres dans
certaines circonstances (article 21 de la Loi). Les membres reconnaissent
le besoin d'assurer que les ministres puissent recevoir des conseils exhaustifs
et francs mais certains craignent les abus potentiels et que cette exemption
serve d'excuse pour empêcher la divulgation d'information.
La recherche menée par l'Archiviste national relativement à
l'incidence de la Loi sur l'accès à l'information sur la
qualité de la tenue des dossiers dans le gouvernement fédéral
a révélé que les problèmes en matière
de gestion de l'information n'étaient pas nouveaux et que la Loi
sur l'accès à l'information avait eu très peu d'effet
ou aucun effet sur la tenue des dossiers. Cette conclusion a surpris les
membres en raison des observations anecdotiques qui laissent croire que
les procès-verbaux ne sont plus rédigés ou sont rédigés
de manière différente et que les fonctionnaires donnent
leurs avis verbalement depuis l'adoption de la Loi. Certains membres estiment
qu'il faut qu'il y ait une « espace » qui permette aux fonctionnaires
d'articuler des idées et d'être créatifs. On reconnaît
que l'équilibre entre l'espace nécessaire pour la formulation
d'idées et le droit à l'information n'est pas facile à
réaliser. Les membres ont suggéré des normes ou de
lignes directrices pour guider la fonction publique quant aux dossiers
qui devraient être créés et conservés. On a
également suggéré que les fonctionnaires devraient
être sensibilisés au fait que leurs rôles et responsabilités
comprennent la création et la gestion des dossiers, ainsi que la
prestation d'information au public. On devrait aussi étudier la
direction que prendra la gestion de l'information dans le futur et envisager
différentes possibilités, par exemple l'établissement
de liens avec des initiatives comme le Gouvernement en direct.
Les membres ont discuté des conclusions de l'ébauche du
document de recherche de Barbara McIsaac sur la nature et la structure
des dispositions d'exemption. L'auteure conclut que la structure actuelle
en matière d'exemption est généralement bonne et
devrait être conservée. À son avis, on devrait penser
à apporter des réformes aux niveaux suivants: l'application
des exemptions discrétionnaires, l'obligation de fournir de l'information
de manière proactive, les renseignements de tiers et reliés
aux fonctions de police, et les documents confidentiels du Cabinet.
Les membres ont également discuté du rapport de Murray
Rankin et Kathryn Chapman sur les dispositions portant sur information
des tiers. Les chercheurs ont constaté, après avoir passé
en revue la jurisprudence, qu'il existe actuellement un bon équilibre
dans la Loi entre l'intérêt public dans la divulgation et
la protection des renseignements commerciaux. Ils recommandent de permettre
d'autres façon de donner avis lorsque de nombreux tiers sont visés,
ainsi que des initiatives de sensibilisation et d'information pour les
tiers.
Dave Stephens a complété sa recherche sur l'exemption prévue
à l'article 21 qui protège les délibérations
internes et les avis et recommandations aux ministres. Il conclut que
l'exemption prévue à l'article 21 est nécessaire
pour protéger certains aspects importants du système politique
canadien, comme la responsabilité ministérielle. Toutefois,
il recommande des modifications ciblées afin de restreindre l'application
de l'exemption et de guider l'exercice du pouvoir discrétionnaire.
Dans le cadre de la recherche qu'elle mène sur la question de
la publication de documents, Christine Ardern conclut qu'il faudrait moderniser
la signification du terme « publication » afin d'y inclure l'affichage
sur les sites Web, ce qui favoriserait une distribution proactive à
plus grande échelle de l'information du gouvernement. Selon certains
membres, la période actuelle de 90 jours prévue dans la
Loi pour la publication des documents est trop longue et il faudrait établir
des procédures et des protocoles pour accélérer le
processus d'affichage sur les sites Web. Ils craignent que l'on se serve
de cette période de 90 jours pour retarder la communication d'information
portant à controverse. Les membres ont recommandé l'adoption
de lignes directrices et de pratiques exemplaires pour contrer une utilisation
non appropriée de l'article 26 de la Loi qui viserait à
retarder la divulgation d'information. Les ministères devraient
être en mesure de montrer aux coordonnateurs leurs plans de communication
de l'information pour pouvoir se prévaloir de l'article 26. Certains
ont mentionné que les documents affichés sur le site Web
devraient être complets et en version originale, non pas des versions
remaniées. De plus l'affichage sur le Web devrait être effectué
en combinaison avec une utilisation efficace des services de dépôt
du gouvernement, comme le recommande l'auteure.
Madame Ardern a également terminé des recherches sur la
question des dossiers éphémères. Elle a conclu qu'il
faut établir un régime efficace de gestion des dossiers
et sensibiliser les fonctionnaires à la disposition continue et
appropriée des dossiers éphémères, qui n'est
pas en contradiction avec les dispositions de la Loi sur l'accès
à l'information.
Les membres ont discuté du rapport provisoire intitulé
« La gestion des délais de réponse aux termes des lois
canadiennes sur l'accès à l'information « préparé
par David Flaherty, ancien commissaire à l'information pour la
C.-B. Dans son rapport, l'auteur conclut qu'il faut des réformes
administratives pour gérer les délais de réponse.
Il estime qu'un régime d'accès efficace est un enjeu de
gestion et il présente différentes solutions. Il met également
en relief le besoin d'appliquer une norme « raisonnable » et
constate que les incitatifs donnent de meilleurs résultats que
les sanctions. Certains membres ont manifesté leur désaccord
à l'égard de la conclusion de l'auteur relativement aux
sanctions, car pour eux il serait irréaliste de concevoir un système
fondé uniquement sur les incitatifs. La perte du recours aux exemptions
si les délais ne sont pas respectés pourrait constituer
une sanction efficace à leurs yeux. D'autres se sont dits absolument
en désaccord avec cette idée puisque le Parlement a créé
ces exemptions dans un but d'intérêt public et, par conséquent,
elles ne devraient pas servir à titre de sanction. À leur
avis, les incitatifs proposés pourraient être efficaces s'ils
étaient utilisés avec d'autres outils, comme des évaluations
qui feraient état du mauvais rendement.
Les membres ont examiné brièvement les conclusions de Paul
Tetro dans le cadre de son projet de recherche sur les modèles
de système de recours et de réparation. L'auteur conclut
que la Loi devrait être plus explicite quant au rôle et aux
pouvoirs du Commissaire à l'information et du processus de recours.
Le rapport passe en revue les problèmes actuels du processus de
recours et propose des options quant au rôle du Commissaire à
l'information et au processus.
Récapitulation des conseils
Note : Cette partie du résumé comprend les observations
que Paul Thomas, membre du comité consultatif externe, a fournies
par écrit et par téléphone.
Le comité a poursuivi la discussion commencée lors de la
dernière réunion (25 et 26 juin) au sujet des directions
générales de la réforme. Les membres ont confirmé
leur recommandation antérieure selon laquelle la réforme
de l'accès à l'information doit se diviser en trois volets
: réforme législative, réforme administrative et
réforme culturelle.
Dans le cadre de la discussion générale sur les façons
de renforcer l'appui pour l'accès à l'information au sein
du gouvernement, les membres ont réitéré la nécessité
d'inclure l'accès à l'information dans les plans d'activités
ministériels à titre de responsabilité de gestion.
Discutant des grands thèmes de la réforme, les membres
ont encouragé le Groupe d'étude à promouvoir la communication
informelle et la diffusion active de l'information et à considérer
l'accès à l'information comme un moyen de dernier ressort
pour obtenir de l'information. Les membres ont également insisté
sur le fait que le processus d'accès à l'information doit
être simple, facile, peu coûteux, rapide et accessible. On
estimait que le leadership était essentiel pour faire de l'accès
à l'information une priorité et pour faire comprendre son
importance à l'ensemble de la fonction publique. Les membres estimaient
également que l'un des thèmes de la reforme devrait être
la promotion dans le grand public des valeurs et des principes de l'accès
à l'information. Les membres se sont dits d'accord sur les points
suivants : inclure un énoncé des valeurs et principes, mettre
l'accent sur la divulgation de l'information, avoir de meilleures données
statistiques et faire un meilleur suivi, et assurer l'intégrité
du système.
Les membres étaient d'avis qu'il faudrait abolir la disposition
qui restreint le droit d'accès aux citoyens, aux résidents
ou personnes présentes au Canada.
Les membres ont convenu qu'il faudrait élargir la portée
de la Loi à d'autres institutions. On approuvait en général
le concept d'une prémisse réfutable d'inclusion des sociétés
d'État. Les membres estimaient aussi qu'il faudrait un cadre ou
des lignes directrices pour déterminer quelles institutions devraient
être assujetties à la Loi. Les membres ont discuté
du besoin de règles spéciales pour appliquer la Loi à
certains organismes ou bureaux, par exemple, au Bureau du vérificateur
général ou du Commissaire à l'information, et pour
protéger le privilège parlementaire advenant l'inclusion
du Parlement. Des vues divergentes ont été exprimées
à l'égard des limites du champ d'application de la Loi et
du mécanisme adéquat pour examiner les inclusions.
On a discuté de la notion « des renseignements relevant d'une
institution ». Les membres estimaient qu'il faudrait clarifier cette
notion afin de déterminer ce qu'on entend par l'information relevant
d'une institution fédérale. Ils ont également fait
état de la nécessité d'avoir un mécanisme
d'examen indépendant pour déterminer si les dossiers en
litige relèvent d'une institution et s'ils sont, par conséquent,
régis par la Loi. Sur la question des notes des fonctionnaires,
la plupart estimaient qu'il fallait accorder un espace personnel minimum
au lieu de travail. Cependant, selon d'autres, toutes les notes des personnes
travaillant dans la fonction publique devraient être du domaine
du public et aucune de ces notes ne devraient être considérées
comme privées. On a souligné que cela pourrait inciter les
fonctionnaires à minimiser la prise de notes personnelles, ce qui
pourrait avoir des effets négatifs sur l'efficacité de la
prestation des programmes. La règle actuelle au Québec -
les notes réservées à l'usage personnel qui ne sont
pas partagées ne sont pas visées par la Loi - pourrait constituer
un compromis, mais les membres ne sont pas arrivés à un
consensus. Un membre a résumé la difficulté de la
question en disant qu'il s'agissait de délimiter l'espace personnel
ou privé dans le cadre d'une fonction qui est publique. Tous les
membres ont convenu que cette question est importante pour la fonction
publique et certains ont suggéré l'établissement
de lignes directrices sur la création et la conservation des dossiers
pour clarifier les choses.
Dans le cadre de la discussion générale sur la structure
des exemptions et des exclusions, on a proposé l'ajout d'une disposition
interprétative dans la Loi pour signaler clairement que les exemptions
discrétionnaires ne doivent pas s'appliquer automatiquement. Tous
étaient d'accord avec le fait que la Loi devrait comprendre une
partialité implicite en faveur de la divulgation. Certains membres
ont soulevé la possibilité d'ajouter une limite de temps
pour chaque exception de la Loi. D'autres n'étaient pas d'accord
parce qu'ils craignaient que des dispositions de temporisation ne donnent
l'impression que l'information ne devrait pas être publiée
avant les dates désignées. En général, on
croyait qu'il serait utile de donner dans des lignes directrices, des
directives claires favorisant la divulgation de l'information.
Quant à l'article 21 de la Loi qui protège les conseils
fournis aux ministres et des délibérations internes, les
membres se sont prononcés en faveur de l'ajout d'un critère
d'intérêt public ou de préjudice. On a convenu qu'il
faudrait encadrer les exceptions prévues dans l'article 21 et on
a proposé de donner des exemples à des fins d'illustration
et de clarification.
On a convenu qu'il faudrait une diffusion active de certains renseignements
de tiers sans avis. Les membres ont insisté sur le besoin de sensibiliser
les tiers relativement aux responsabilités du gouvernement en matière
d'accès à l'information. On a proposé l'ajout d'une
clause aux contrats énonçant l'obligation du gouvernement
en matière d'accès à l'information et attestant que
les tiers reconnaissent cette obligation. Certains membres ont fait état
d'actions en justice inutiles concernant les renseignements des tiers
et ont proposé que les tiers puissent déposer des plaintes
auprès du Commissaire à l'information relativement à
la divulgation de leurs renseignements afin que la question puisse faire
l'objet d'une médiation avant d'être présentée
devant les tribunaux.
En général, les membres ont convenu qu'il y avait lieu
d'avoir dans la Loi une exemption pour les prohibitions de communiquer
l'information en vertu d'autres lois (article 24). Cependant, on a insisté
sur le fait que ces exceptions devraient être limitées. De
plus, les membres estimaient qu'un organisme externe devrait revoir régulièrement
l'annexe II de la Loi et que les institutions y apparaissant devraient
s'attendre à devoir justifier leur inclusion.
Selon les membres, le fait de modifier l'exclusion des documents confidentiels
du Cabinet (article 69) pour en faire une exemption pourrait donner un
signal important de l'engagement du gouvernement à l'égard
de l'ouverture et de la transparence. Ils ont également convenu
qu'il fallait une approche fondée sur des principes et un examen
indépendant sur l'application des dispositions de l'article 69.
Les membres étaient d'accord avec la pratique qui consiste à
séparer l'information factuelle et les analyses des recommandations
dans les mémoires au Cabinet et qui en permet la communication
une fois qu'une décision est prise ou dans une période de
quatre ans.
Les membres ont discuté du processus d'accès et la question
des limites et flexibilités administratives. Ils s'entendaient
sur le fait qu'il faudrait, au départ, garantir des ressources
appropriées pour l'accès et insister sur l'assistance aux
demandeurs. La majorité des membres étaient prudents sur
la question d'une disposition relative aux demandes frivoles ou vexatoires.
On a reconnu que certaines demandes pouvaient être pénibles
et coûteuses. Toutefois, certains estimaient que les fonctionnaires
ne devraient pas attribuer des motifs aux demandeurs. On a proposé
que les demandes frivoles ou vexatoires soient soumises au Commissaire
à l'information qui pourrait permettre de les rejeter.
En général, les membres étaient d'accord avec une
approche de tarification qui contribuerait à la durabilité
du système d'accès à l'information tout en favorisant
son bon fonctionnement. Les principes seraient notamment une structure
de tarification qui ne découragerait pas le demandeur moyen et
qui serait simple et plus prévisible pour les utilisateurs et les
coordonnateurs. Les membres ont également rejeté une tarification
différentielle pour les utilisateurs commerciaux et ont proposé
que le Groupe d'étude envisage l'élimination des frais de
demande de 5 $. Les membres ont discuté d'options concernant la
grille tarifaire, notamment le statu quo, l'indexation du statu quo et
un modèle innovateur proposé par la Australian Law Commission
(ALC) qui utilise une tarification graduée selon la quantité
de documents communiqués.
Les membres ont manifesté de l'intérêt à l'égard
du modèle de la ALC, surtout en ce qui concerne les incitatifs
positifs. D'aucuns craignaient toutefois que cela ne donne lieu à
des tarifs plus élevés pour la plupart des demandeurs. D'autres
membres craignaient que certains demandeurs renoncent à leurs demandes
en raison de la tarification progressive et auraient aimé avoir
une idée des demandeurs qui seraient touchés. Il serait
peut-être bon de prévoir dans le système une période
de suivi afin d'apporter des rajustements en cas d'augmentation ou de
baisse des coûts moyens. On a discuté l'établissement
d'un plafond pour les demandes très volumineuses auxquelles une
grille tarifaire plus onéreuse s'appliquerait. Les membres trouvaient
intéressante l'idée d'imposer un plafond, mais n'étaient
pas en faveur d'un système semblable à celui du Royaume-Uni
qui permet aux ministères de refuser de traiter une demande si
les coûts de traitement excèdent le plafond. Encore une fois,
les membres voulaient avoir plus d'information sur les types de demandes
qui pourraient être affectées par plafond de 5 000 $ par
exemple. En résumé, les membres ont convenu des questions
suivantes : si on passait à un autre système de tarification,
celle-ci ne devrait pas être supérieure à ce qu'elle
est dans le système actuel pour la plupart des demandeurs, le Groupe
d'étude devrait étudier le modèle de l'ALC. Il y
avait un certain soutien à l'égard d'un plafond s'il est
assez élevé.
Tous les membres estimaient que les retards constituent un grave problème
et croyaient qu'il fallait étudier des mesures pour traiter de
ce problème, ce qui comprendrait des incitatifs. Certains pensaient
également qu'il faudrait inclure des sanctions. Un membre prônait
un critère de « temps raisonnable » toutefois, on a reconnu
qu'il serait difficile de déterminer comment appliquer ce test.
Selon les membres, il faudrait encourager les ministères à
affecter les ressources adéquates à l'accès et à
rationaliser leur processus décisionnel. Les membres étaient
en faveur d'une modification de la limite actuelle de 30 jours civils
en un équivalent de jours ouvrables. On a convenu que les extensions
ne devraient être accordées que pour des raisons valables.
Cependant, les membres étaient divisés au sujet d'une proposition
visant à ce que les extensions de longue durée soient revues
par le Commissaire à l'information.
Sur la question du mécanisme de recours, les membres étaient
d'accord sur le besoin d'énoncer plus explicitement les responsabilités
et pouvoirs du Commissaire à l'information, de se distancer des
approches antagonistes, de favoriser l'équité et la prévisibilité
des enquêtes et de prévoir des limites de temps pour les
enquêtes. On s'est demandé si le Commissaire à l'information
devait avoir un rôle de sensibilisation du public. Certains estimaient
que le Commissaire à l'information avait deux rôles, notamment
la résolution des plaintes et la sensibilisation du public. D'autres
n'étaient pas d'accord avec l'idée de lui accorder un rôle
formel d'informer le public. Au moins un membre croyait que le rôle
d'enquêter allait à l'encontre de celui d'informer le public
et que le Commissaire à l'information devrait accorder la priorité
à la réduction des retards dans la résolution des
plaintes. Le rôle d'informer le public pourrait être conféré
plutôt au Secrétariat du Conseil du Trésor ou au ministère
de la Justice. Aux États-Unis, où la culture de la liberté
d'information est très bien développée, la collectivité
des utilisateurs et même un comité du Congrès jouent
un rôle important au plan de l'information du public. Le gouvernement
canadien devrait encourager une telle approche ici.
Les membres ont également discuté de doter le Commissaire
du pouvoir de rendre des ordonnances. Certains membres étaient
d'accord, d'autres pas. Un des membres a proposé un compromis qui
conférerait un pouvoir d'ordonnance au Commissaire à l'information
pour les questions liées aux processus (p. ex. retards, format
et tarification) comme suggéré par le Commissaire de l'Ontario
dans son mémoire au Groupe d'étude. On a également
discuté du besoin pour le Commissaire à l'information d'assurer
la transparence de ses activités et de guider la fonction publique
et les utilisateurs en publiant ses conclusions interprétatives
et des notes de pratique.
Les membres sont d'avis que le développement de professionnels
compétents de l'accès à l'information est tributaire
de classifications et d'un cheminement de carrière convenables,
d'une délégation d'autorité appropriée et
de ressources adéquates. Selon les membres, pour assurer la crédibilité
du système, il faut que les coordonnateurs de l'accès à
l'information puissent avoir accès facilement aux cadres supérieurs
et jouir d'un soutien évident de leur part.
Les membres ont discuté de la communication informelle et de la
dissémination active de l'information. On convenait que l'accès
devrait être considéré comme un service aux Canadiens
et que, par conséquent, il devrait être mieux intégré
à l'initiative du Gouvernement en direct. Les membres étaient
aussi en faveur qu'on affiche sur le site Web un registre des demandes
d'accès, comme le Système de coordination des demandes d'accès
à l'information. Ils appuyaient la mise en place d'incitatifs pour
la communication informelle et la diffusion active. On a proposé
que l'administration de la Loi et la diffusion active et informelle fassent
partie de l'évaluation de rendement annuelle des sous-ministres.
On a également proposé l'élaboration d'un énoncé
officiel d'une personne en autorité qui affirmerait son appui à
l'accès afin de donner une plus grande visibilité et la
priorité à la question.
Les membres se sont prononcés fortement en faveur d'intégrer
la facilitation de l'accès dans toutes les technologies et politiques
de gestion de l'information au sein du gouvernement. Ils soutenaient également
une formation et une sensibilisation accrues en matière de gestion
des dossiers, ainsi que la possibilité d'établir un Code
de pratique semblable à celui du Royaume-Uni sur ces questions.
Plusieurs membres estimaient que la réforme aux plans administratif
et culturel était encore plus importante que les changements législatifs.
Toutefois, un membre a rappelé au comité qu'une réforme
législative s'imposait et que les utilisateurs seraient peu satisfaits
si le Groupe d'étude recommandait seulement une réforme
de l'administration de la Loi.
En plus des questions susmentionnées, les membres ont soulevé
d'autres questions importantes, notamment le besoin de créer au
sein du gouvernement un cadre qui mettrait en relief le caractère
prioritaire de l'accès à l'information et qui donnerait
lieu à une réforme culturelle et administrative. On a encouragé
le gouvernement à faire preuve de logique et de cohérence
dans ses recommandations et de fournir les outils adéquats pour
assurer une bonne gouvernance et un accès à l'information
de qualité supérieure. Certains membres ont proposé
la formation d'un comité parlementaire mixte pour superviser les
questions d'accès à l'information et, peut-être, d'autres
questions touchant l'information du gouvernement.
On a convenu de la nécessité de créer une culture
positive reposant sur un leadership fort et sur des principes et des valeurs
établies. Les membres ont également reconnu que les incitatifs
sont essentiels au succès d'une réforme culturelle. Il est
aussi important d'établir un mécanisme pour sensibiliser
les fonctionnaires et pour informer les ministres et leur personnel sur
leurs rôles et responsabilités. En dernier lieu, le Comité
consultatif externe est d'avis que les Canadiens veulent être perçus
comme des meneurs, non pas des retardataires en matière d'accès
à l'information.
Points saillants - Comité
consultatif externe
|