Points saillants - Comité consultatif externe
15 octobre 2001
OTTAWA
Membres présents
Dean Beeby
Paul-André Comeau
Norman Hillmer
Aldéa Landry
Gaétan Lussier
Wayne MacDonald
Paul Thomas (par téléphone pour une partie de la réunion)
Animateur - Roger Tassé
Présidente - Andrée Delagrave, Groupe d'étude
de l'accès à l'information (GÉAI)
Présentatrices
Mary Anne Stevens, GÉAI
Sherry Moran, GÉAI
Mise à jour des recherches
La Présidente fait une mise à jour des recherches effectuées
pour le Groupe d'étude.
On discute du rapport préparé par les Archives nationales
sur la Loi sur l'accès à l'information (LAI) et de la tenue
des dossiers au gouvernement fédéral. Le rapport présente
les résultats d'une enquête faite par les Archives nationales
et portant sur un ensemble de dossiers provenant de sept secteurs différents
du gouvernement afin de mesurer l'impact de cette loi sur la tenue de
ces dossiers. Les archivistes ont examiné des dossiers provenant
de mêmes séries, créées avant et après
1983, selon certains critères de tenue de dossiers.
Ils s'attendaient à découvrir que la Loi sur l'accès
à l'information avait eu une forte influence négative sur
la tenue des dossiers. Toutefois, après une analyse complète,
ils ont découvert que ce n'était pas le cas. Il ne semble
pas que l'adoption de la LAI ait eu un impact sur la façon de créer
et de gérer les documents. En fait, l'étude démontre
que le contenu des documents est demeuré le même après
l'introduction de la LAI et que dans certains cas, leur qualité
s'est améliorée.
D'autres facteurs semblent avoir eu un plus grand impact sur la tenue
des dossiers : la nouvelle technologie; l'absence de normes; la réduction
des effectifs; et la difficulté d'évaluer la motivation
des gens qui créent des documents. À cause de ces facteurs,
il est difficile de cerner l'impact de la LAI sur les pratiques en matière
de tenue des dossiers.
Certains membres du Comité se disent surpris par les résultats
de l'étude qui sont à l'opposé de ce à quoi
ils s'attendaient.
Recherche sur les enquêtes
On informe les membres des résultats préliminaires de la
recherche de Barbara McIsaac sur les pouvoirs d'enquête du Commissaire
à l'information et sur les procédures connexes. La recherche
de Mme McIsaac étudie le modèle structurel pour l'organisme
de contrôle et les pratiques d'enquêtes que l'on retrouve
dans les provinces et autres pays. Dans l'ensemble, il apparaît
que le Commissaire à l'information fédéral a les
mêmes pouvoirs d'enquête que les commissaires à l'information
et les ombudsmans d'autres gouvernements.
Toutefois, le mandat du commissaire à l'information est souvent
plus amplement défini dans la législation des provinces
et autres pays. La plupart des commissaires à l'information des
provinces ont le pouvoir de rendre des ordonnances exécutoires.
Certaines méthodes d'enquête au niveau fédéral
semblent être passablement différentes des méthodes
utilisées dans les provinces.
La grande majorité des enquêtes au niveau fédéral
ne sont pas formalisées et ne font pas appel aux pouvoirs de coercition.
Toutefois, le nombre d'enquêtes formalisées a augmenté
de façon significative au cours des dernières années,
ce qui soulève de nouvelles questions. De plus, un certain nombre
de points concernant les procédures d'enquête et l'étendue
de la compétence du Commissaire sont présentement devant
les tribunaux. Pour conclure son rapport, Mme McIsaac consultera des gens
qui ont participé à des enquêtes à titre de
requérants, de coordonnateurs, de conseillers juridiques, de cadres
supérieurs de la fonction publique et elle consultera le Commissariat
à l'information.
Les membres du Comité conviennent qu'il est important d'examiner
les enquêtes. Ils se demandent si l'augmentation des enquêtes
formalisées n'est pas un signal que le modèle de l'ombudsman
est peut-être révolu.
Certains membres suggèrent que d'accorder au Commissaire à
l'information fédéral le pouvoir de rendre des ordonnances
exécutoires pourrait dissiper les tensions qui existent dans le
présent système et serait plus efficace pour les requérants
et moins conflictuel face au gouvernement. D'autres membres croient que
cette tension entre le Commissaire à l'information et le gouvernement
est causée par d'autres facteurs et qu'elle ne se dissipera pas
grâce à un modèle juridictionnel. On note que le Commissaire
à l'information a indiqué qu'il ne veut pas du pouvoir de
rendre des ordonnances et qu'un pouvoir de faire des recommandations se
concilie mieux avec le principe de la responsabilité ministérielle.
Les membres encouragent le Groupe d'étude à analyser les
avantages que présentent les différents modèles structurels
et, plus particulièrement, la possibilité d'accorder au
Commissaire le pouvoir d'étudier les problèmes systémiques
d'une façon non conflictuelle, cette approche étant celle
qui a souvent donné les meilleurs résultats.
Recherche sur la culture de la fonction publique
Les membres sont informés de la recherche faite par Mme Gladys
Symons pour évaluer l'impact de l'accès à l'information
(AAI) sur l'environnement de travail de la fonction publique et de l'impact
de la culture de la fonction publique sur l'application de l'AAI. Cinq
groupes de discussion, formés de fonctionnaires de tous les niveaux,
ont récemment évalué leur perception de ce qui facilite
l'accès à l'information pour les Canadiens et de ce qui
y nuit. Les résultats préliminaires indiquent un engagement
envers les principes de la Loi sur l'accès à l'information
mais révèlent également un niveau de frustration
et d'inquiétude quant à la mise en application de cette
loi. Les agents croient également que le travail qu'ils accomplissent
en matière d'accès n'est pas apprécié dans
leurs institutions. Les membres du Comité notent le sentiment de
frustration mais font remarquer qu'il est partagé par les requérants.
Au cours de la discussion, les membres soulèvent des points qui,
selon eux, faciliteront l'application de l'AAI. Ces points comprennent
: la pratique de clarifier la demande auprès du requérant,
de l'appui supplémentaire y compris des ressources, des mesures
incitatives pour la communication active d'information et l'ancrage de
l'accès dans les valeurs de la fonction publique.
Loi sur l'accès à l'information et Lois sur la protection
des renseignements personnels
Les membres discutent de l'interaction entre la Loi sur l'accès
à l'information et la Loi sur la protection de la vie privée
qui ont été conçues parallèlement, qui ont
des définitions communes et des structures d'exécution similaires.
Les tribunaux ont bien précisé que les deux lois doivent
être interprétées ensemble.
Le Commissariat à l'information et le Commissariat à la
protection de la vie privée ont été constitués
séparément. Un certain nombre des membres croient que le
délicat équilibre entre les droits à la protection
des renseignements personnels et le droit du public d'être renseigné
pourrait être atteint de façon plus harmonieuse et plus efficace
si les deux commissariats n'en formaient qu'un seul, comme c'est le cas
dans la plupart des provinces et autres pays. Toutefois, les membres admettent
qu'une telle fusion est peu probable dans un avenir prochain.
On note que les deux commissaires ont des prises de position officielles
très différentes en ce qui a trait à l'intérêt
public de divulguer des renseignements personnels. Ces positions divergentes
ont créé de la confusion auprès de la fonction publique
et du public en général. Pour le moment, les deux commissaires
ne se consultent pas quant à l'interprétation de l'article
19 de la LAI (protection des renseignements personnels). Certains cas
ont été soumis aux tribunaux, avec les deux commissaires
dans des camps opposés. Tout en souhaitant que ce genre de situation
ne se produise pas trop souvent, les membres croient que certains de ces
points ont besoin d'être réglés par les tribunaux.
En pratique, les ministères qui sont coincés entre des interprétations
contradictoires des deux commissaires ont tendance à refuser de
divulguer les renseignements personnels et laisser le Commissaire à
l'information contester leur décision devant les tribunaux.
L'objectif étant de trouver le meilleur moyen d'atteindre les
objectifs des deux lois, les membres discutent de la possibilité
pour le Groupe d'étude de recommander un mécanisme qui obligerait
les deux commissariats à se consulter sur les questions de protection
des renseignements personnels. Certains croient qu'une telle recommandation
serait au moins perçue comme donnant un signal alors que d'autres
maintiennent qu'une telle mesure ne ferait probablement aucune différence.
Structure de tarification
Pour faire suite à la discussion des droits percevables lors de
la dernière réunion du CCE, le 20 août, les membres
reçoivent une présentation sur la structure actuelle de
tarification et sur les coûts de l'AAI. On reconnaît que l'application
des droits manque d'uniformité et qu'on devrait rechercher une
application plus constante.
On discute d'abord des droits de demande. Le Parlement a permis des droits
de demande pouvant atteindre 25 $, mais ces droits ne sont que de 5 $
depuis vingt ans. L'expérience, au niveau fédéral
et en Ontario, a démontré que des droits de demande modestes
garantissent l'intérêt sincère des requérants
pour l'information demandée. Pour cette raison, la plupart des
membres s'entendent pour conserver des droits de demande modestes et la
plupart d'entre eux croient que ceux-ci pourraient être établis
à 10 $, ce qui équivaudrait à peu près à
5 $ en 1983. Toutefois, on reconnaît que toute augmentation des
droits, quel qu'en soit le montant, pourrait être vue comme négative.
Certains membres croient qu'il y a des raisons de politiques publiques
pour traiter les demandes provenant des entreprises différemment
de celles provenant du grand public puisque, pour les entreprises, les
droits payables font partie des frais d'entreprises normaux. On reconnaît
qu'une structure de tarification visant à inciter les requérants
à cibler leur demande n'a presque aucune emprise sur eux.
Un autre point discuté est celui des demandes très volumineuses
pour lesquelles aucun bureau d'AAI n'a les ressources nécessaires.
Par exemple, la demande présentée au MAECI pour 1,2 million
de documents. Dans de tels cas, les ministères doivent trouver
les ressources pour embaucher du personnel supplémentaire pour
une longue période de temps. La loi de certains pays, comme celle
du Royaume-Uni, traitent des demandes volumineuses en limitant le volume
de documents qui peut être demandé. Si la demande porte sur
un nombre de documents dépassant la limite, les institutions ne
sont pas obligées d'y répondre ou elles peuvent la traiter
au coût réel. Les membres croient que si une telle limite
était instaurée, elle devrait être très élevée.
Ils croient également qu'une mauvaise gestion de l'information
pourrait avoir un effet inflationnaire sur le coût du traitement
de la demande.
Toutefois, plusieurs sont d'avis que les requérants qui demandent
de grandes quantités de documents ne devraient pas s'attendre à
être subventionnés par le contribuable moyen. On suggère
que le Commissaire à l'accès à l'information arbitre
ces questions et ait le pouvoir de présenter des recommandations
obligatoires sur le montant des droits percevables.
La majorité des membres conseille au Groupe d'étude de
ne pas considérer l'imposition de droits pour porter plainte.
Commentaires généraux sur la réforme
Les membres suggèrent qu'il serait important de relier l'AAI à
des objectifs plus généraux du gouvernement, p. ex. le service
au public, l'obligation de rendre compte en démocratie, la compréhension
des politiques gouvernementales par les citoyens et leur participation
à leur élaboration. Les objectifs à long terme devraient
être l'augmentation de la compréhension des politiques gouvernementales
par le public et un dialogue entre le public et le gouvernement à
ce sujet.
L'amélioration de la gestion des dossiers et de l'information
devrait être une priorité au sein du gouvernement.
Tous les membres s'entendent à penser que la culture de la fonction
publique est une élément essentiel de la mise en uvre
de la Loi sur l'accès à l'information. Une des méthodes
fortement appuyées par les membres pour influencer cette culture
est que tous les ministères incorporent l'AAI à leur plan
stratégique, ce qui renforcerait la responsabilisation pour sa
mise en uvre.
Les membres s'entendent également sur l'importance de fournir
aux fonctionnaires de meilleures lignes directrices pour l'application
de la Loi. Comme la plupart des exemptions exigent que les institutions
jaugent l'intérêt public lorsqu'ils décident de divulguer
ou de retenir des documents, les membres insistent sur la nécessité
d'offrir plus de conseils et de formation sur la façon d'interpréter
ces pouvoirs discrétionnaires.
L'éducation est vue comme étant la clé de la réforme
tant la formation des fonctionnaires que la sensibilisation du grand public.
On fait remarquer que le gouvernement doit définir les responsabilités
et les rôles en ce qui a trait à l'éducation en matière
d'AAI.
Tous les membres souhaitent une plus grande participation du Parlement
dans les questions d'accès à l'information. Certains membres
croient qu'un comité du Parlement devrait être spécialement
chargé de superviser la mise en uvre de la Loi.
Les membres appuient des révisions régulières de
la Loi et de sa mise en uvre. On croit qu'il est important de s'éloigner
des approches axées sur le blâme et de passer à une
évaluation constructive de la performance des institutions fédérales
et à des approches d'apprentissage.
Enfin, les membres admettent le défi que représente la
formulation de recommandations pour une réforme de la AAI, au lendemain
du 11 septembre qui a particulièrement sensibilisé les canadiens
un besoin d'équilibrer la protection de l'information et le droit
de savoir du public.
Points saillants - Comité
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