Rapport 29 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
UN NOUVEAU CADRE POUR FAIRE RAPPORT SUR LE RENDEMENT DU PROGRAMME D'ACCÈS
À L'INFORMATION
3.0 Constatations de l'étude - Mesures actuelles
de rendement
3.1 Processus d'accès à l'information
En vertu de la Loi sur l'accès à l'information, les Canadiens
ont le droit d'accéder à l'information consignée, sans égard
au support, et relevant des institutions du gouvernement fédéral.
La Loi et le Règlement ainsi que la Politique et les Lignes directrices
du Secrétariat du Conseil du Trésor encouragent clairement les institutions
à offrir au public accès à l'information sans avoir à
recourir aux formalités prévues dans la Loi, qui visent à
compléter, plutôt qu'à remplacer, les procédés
existants permettant d'obtenir l'information gouvernementale. Toutefois, de nombreux
requérants ont recours à la Loi (plus de 20 000 demandes ont été
présentées en 2000 2001).
Les demandes formelles d'accès à l'information sont adressées
au Coordonnateur de l'AIPRP (dans le présent rapport, le Coordonnateur
et son personnel sont désignés comme le service de l'accès
à l'information et de la protection des renseignements personnels). Le
service d'AIPRP a la responsabilité de s'assurer que l'institution gouvernementale
fournit l'information au requérant dans les 30 jours suivant la présentation
de la demande. Les institutions peuvent proroger ce délai si de nombreux
documents doivent être examinés et si le respect du délai
nuirait au bon fonctionnement du ministère, s'il faut consulter d'autres
organisations gouvernementales ou s'il faut communiquer avec des tiers.
En général, les services de l'AIPRP reçoivent des demandes
provenant de diverses sources, comme le grand public, les médias, les membres
du Parlement, les entreprises et d'autres organisations non gouvernementales.
Ils sont chargés d'examiner les demandes, de déterminer le secteur
ou la région la plus approprié à répondre (soit le
bureau de première responsabilité [BRP]) et d'attribuer la demande
au BRP. Les agents du service de l'AIPRP assurent la liaison entre l'institution
et les requérants, ce qui comprend un avis de réception, des clarifications
à la requête au besoin et une estimation des droits percevables,
si nécessaire.
Lorsqu'une demande d'accès est envoyée au BPR, elle précise
souvent la date à laquelle elle doit être retournée
au service de l'AIPRP. Le délai normal de réponse du BPR
est de sept à huit jours. Le BPR doit réunir les documents
pertinents puis préparer la documentation appropriée pour
transmission au service de l'AIPRP. Certains BPR incluent une lettre de
recommandation pour signaler aux agents de l'AIPRP les documents qui doivent
ou devraient être protégés, parce qu'ils contiennent
des renseignements personnels ou de tiers ou qui exigent des consultations.
La lettre peut fournir une justification ou de l'information qui aidera
les agents de l'AIPRP dans leur examen des documents. Si la demande est
jugée délicate, les agents du BPR peuvent préparer
une notice d'impact qui informera : i) la haute direction des conséquences
à prévoir de la divulgation, de la protection ou encore
de l'inexistence des documents demandés et ii) le service des communications
du besoin de se préparer à répondre à des
questions à cet égard.
En général, une fois que la documentation est prête,
le BPR la transmet au service de l'AIPRP, qui s'occupe de la divulgation.
Le service de l'AIPRP est chargé de s'assurer que le dossier réponde
aux besoins du requérant tout en respectant la Loi sur l'accès
à l'information et de la Loi sur la protection des renseignements
personnels. L'agent responsable du dossier paginera tous les documents,
en examinera le contenu ligne par ligne, pour marquer les parties contenant
de l'information exclue ou exemptée en vertu de la Loi, masquera
l'information exclue ou exemptée et préparera la documentation
pour transmission au requérant.
Il importe de noter que les institutions n'agissent pas toutes de la même
manière pour autoriser la divulgation d'un dossier de l'accès.
Certains exigent l'autorisation du BPR (SMA, DGR) avant la transmission
au service de l'AIPRP pour examen final, d'autres demandent que le service
de l'AIPRP retourne le dossier au BPR pour autorisation après examen
final et d'autres ne prévoient aucune autorisation à ce
niveau. De la même manière, certains services de l'AIPRP
ont la délégation de pouvoirs pour la décision finale
sur une partie ou la totalité des exemptions, alors que d'autres
exigent l'autorisation d'un sous-ministre ou du ministre. Il convient
de souligner ici le manque d'uniformité pour ce qui est de la délégation
de pouvoirs de divulguer l'information.
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3.2 Mesures de rendement
Comment une institution donnée remplit il son obligation de " fournir
l'information au public qui en fait la demande "? L'une des mesures clés
du succès ou de l'échec en matière de transparence et d'ouverture
(c. à d. à l'égard de la diffusion de l'information aux demandeurs)
est le rendement du service de l'AIPRP. Malheureusement, aucune norme de rendement
ne s'applique à ces services. Afin d'analyser les mesures actuelles, nous
avons dû examiner les types de renseignements que les divers services de
l'AIPRP fournissaient aux organismes responsables de juger leur rendement. Dans
le cadre de nos entrevues, nous avons appris que les services de l'AIPRP transmettaient
de l'information sur le rendement au Secrétariat du Conseil du Trésor,
au Commissariat à l'information et à leur propre haute direction.
Le reste de la présente section expose les types de renseignements que
ces organismes exigent des services de l'AIPRP et pour quelles fins.
3.2.1 Secrétariat du Conseil du Trésor
L'article 72 de la Loi sur l'accès à l'information stipule qu'à
la fin de chaque exercice, le responsable d'une institution fédérale
doit établir pour présentation au Parlement le rapport d'application
desdites lois en ce qui concerne son institution.
Toutes les personnes rencontrées ont déclaré qu'elles
préparaient un rapport annuel pour présentation à la Chambre
et au Sénat et qu'elles le transmettaient chaque année au Secrétariat
du Conseil du Trésor.
Le rapport comprend un exemplaire rempli du formulaire TBS/SCT 350 62 (Rapport
sur la Loi sur l'accès à l'information). Les données recueillies
par le biais de ce formulaire comprennent les suivantes :
I. Nombre de demandes
II. Disposition des demandes
III. Exemptions invoquées
IV. Exclusions citées
V. Temps de traitement
VI. Prorogations des délais
VII. Traductions demandées
VIII. Méthodes de consultation
IX. Droits perçus/Dispenses
X. Coûts
En général, les rapports annuels au Parlement examinés
par GGI incluent ces formulaires et une courte description des constatations statistiques.
Certains rapports comprennent également une brève présentation
d'autres mesures comme les suivantes :
- la source des demandes;
- le nombre et le type de plaintes auprès du Commissaire à l'information;
- le nombre de demandes de consultations;
- le nombre de demandes informelles.
En plus de l'analyse statistique, certains rapports exposent la structure de
la fonction de l'AIPRP au sein de l'institution. Un seul rapport annuel parmi
ceux examinés exposait un plan visant à améliorer le rendement
de l'institution en matière d'accès à l'information.
3.2.2 Commissaire à l'information
Un aspect important du mandat du Commissaire à l'information est son
rôle d'ombudsman spécial (nommé par le Parlement) chargé
d'enquêter sur les plaintes quand le gouvernement, en violation des dispositions
de la Loi, en a refusé la communication. Ces plaintes sont formulées
en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.
Le Commissaire à l'information (CI) s'intéresse au respect de
la Loi par les institutions - tel que mesuré d'après le nombre
de plaintes fondées visant chaque institution. Puisque les retards
constituent la majorité des plaintes (42 % l'année dernière),
le CI est particulièrement concerné par la capacité de l'institution
à se conformer au délai prescrit de 30 jours. Si l'institution ne
respecte pas le délai, un requérant a le droit de déposer
une plainte auprès du Commissaire à l'information.
Les plaintes auprès du Commissaire à l'information sont connues
du grand public lorsqu'il s'en sert comme exemple pour montrer que l'institution
ou le gouvernement ne respectent pas la transparence et l'obligation de rendre
compte envers le public canadien. Afin d'anticiper les problèmes à
cet égard, le CI contrôle donc le temps de réponse des institutions
mentionnés dans leurs rapports annuels au Parlement. Si une institution
a accusé des retards qui n'ont pas donné lieu à des plaintes,
le CI peut en formuler une. De la même manière, lorsqu'il enquête
sur des plaintes, le CI peut découvrir d'autres cas de non-conformité
dans un dossier et formuler des plaintes supplémentaires.
La plupart des institutions ont indiqué qu'ils ne fournissaient pas
de rapports officiels au CI. La plupart des renseignements utilisés par
le CI provient de son propre examen des plaintes ainsi que de son examen des rapports
annuels des institutions au Parlement. Pour souligner le problème des plaintes
découlant des retards des institutions, le Commissaire à l'information
a également évalué les temps de réponse au sein de
plusieurs institutions importantes. Depuis 1998 1999, le CI publie des "
fiches de rendement " sur des institutions choisies en adoptant comme mesure
du rendement le pourcentage des demandes d'accès qui ont donné lieu
à une " présomption de refus " aux termes du paragraphe
10(3) de la Loi sur l'accès à l'information, quand le délai
initial de 30 jours ou une prorogation de délai invoquée par le
ministère conformément à la Loi ne sont pas respectés.
Les institutions visées par les fiches de rendement sont souvent tenues
dans ces circonstances de fournir certaines statistiques. De nouveau, cette information
se rapporte surtout au respect des délais par l'institution. Le CI estime
qu'il était important de noter qu'ils ne considère pas que les fiches
de rendement fournissent une indication du rendement général d'une
institution, mais plutôt de son respect des délais fixés dans
la Loi.
Étant donné que le rôle du Commissaire à l'information
selon la Loi consiste à enquêter sur les plaintes, ses rapports tendent
à porter surtout sur les institutions où il y a des problèmes
conformité à la loi.
3.2.3 Haute direction
GGI a appris que la haute direction dans les six ministères rencontrés
appliquait des normes différentes quant aux rapports qui leur étaient
présentés. Il y avait également des écarts quant au
niveau de gestion qui demande les rapports. Certains services de l'AIPRP sont
tenus de transmettre des rapports au Cabinet du ministre ou du sous-ministre tandis
que d'autres n'envoient de l'information qu'au sous-ministre adjoint. Une institution
a mentionné que les rapports n'étaient fournis qu'au Directeur général
responsable.
En général, les intervenants des institutions rencontrés
ont déclaré que la haute direction s'intéressait essentiellement
au respect des délais, principalement pour s'assurer que le ministère
réponde aux exigences du CI. Au-delà de cette mesure, les normes
différaient grandement d'une institution à l'autre. Nous avons relevé
une certaine ambiguïté chez les personnes interrogées concernant
la " définition en pratique " de la conformité et du délai
de 30 jours imposé dans la Loi. Par exemple, certains croyaient que le
CI rapportait les taux de non-conformité sans égard aux prorogations
prises légitimement tandis que d'autres pensaient que ce dernier tenait
compte des prorogations dans son appréciation de leur conformité.
Dans certaines institutions, la haute direction exige des mises à jour
hebdomadaires sur le contenu des demandes, afin de repérer les sujets
plus délicats ou suscitant de l'intérêt, en vue d'assurer
un contrôle plus étroit. Dans d'autres institutions, on demande de
fournir cette information à la haute direction au besoin seulement.
Pour ses activités relatives à l'AIPRP, une institution désirait
responsabiliser les gestionnaires quant aux retards. La haute direction
demandait qu'une répartition soit faite pour connaître l'évolution
des dossiers au sein de l'organisation afin de responsabiliser les SMA des BPR
en matière de conformité. Une autre institution avait amorcé
un processus devant l'aider à faire la même chose et un troisième
étudiait la question.
En termes de rapports annuels sur le rendement, seuls deux institutions
ont tenté de le faire. Dans le cas d'un ministère, le rapport annuel
au Parlement comprend des buts et des objectifs précis pour le service
de l'AIPRP. L'objectif principal énoncé dans le rapport est la capacité
du ministère à se conformer à la Loi. On souligne ensuite
le rendement obtenu à cet égard et énonce des objectifs d'amélioration.
Selon l'intervenant de cette institution que nous avons rencontré, la haute
direction évalue le service de l'AIPRP en fonction de son degré
atteinte de l'objectif fondamental de la conformité et de la réalisation
des objectifs d'amélioration établis un an plus tôt.
L'autre institution dont le rapport formel sur le rendement est étudié
par la haute direction a une approche ministérielle en matière de
mesure du rendement. Le service à la clientèle et la transparence
constituent les principales mesures de l'institution dans son ensemble et, puisque
le service de l'AIPRP est un point de référence à cet égard,
l'établissement et la réalisation des objectifs de rendement de
ce dernier intéressent la direction. L'une des initiatives mises en uvre
au sein de l'institution a pour but d'améliorer le programme d'AIPRP et
les résultats qui servent à mesurer le rendement sont la "
diminution du temps de traitement des demandes et l'amélioration du service
". Par conséquent, des rapports annuels sur la capacité du
bureau de l'AIPRP à planifier dans ce but et à atteindre de tels
résultats sont nécessaires.
Ce que l'on constate en examinant les efforts des institutions décrits
ci-dessus, c'est que deux types de rapports sont produits - un servant
à produire des rapports publics et un à améliorer
le rendement interne.
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3.3 Forces et faiblesses des données recueillies
Durant les entrevues avec les intervenants des institutions participantes,
des questions ont été soulevées sur l'utilité des
statistiques recueillies à l'heure actuelle en vue de répondre aux
exigences du SCT, du CI et de la haute direction. Les commentaires des répondants
sont résumés ci-après.
3.3.1 Forces
À l'exception des deux institutions en voie d'adopter un régime
formalisé de gestion du rendement, aucun des intervenants rencontrés
n'a exprimé d'opinion sur les forces des données recueillies. Ils
ont tous mis l'accent sur les problèmes d'utilisation des données
requises à l'heure actuelle en tant que mesures du rendement.
Au cours de l'entretien avec le répondant du CI, GGI a appris que le respect
des délais (mesuré selon le pourcentage d'instances ayant donné
lieu à une présomption de refus) représentait une bonne mesure
objective de rendement d'une institution, puisqu'il mesure sa capacité
de respecter des délais prévus dans la Loi. Selon le CI, la capacité
de l'institution à respecter les délais s'est révélé
être un baromètre efficace du rendement de son service de l'AIPRP.
Les données sur les retards peuvent alerter les institutions à propos
d'autres problèmes plus subjectifs (p. ex. erreurs dans l'application des
prorogations, zèle excessif dans le recours aux exemptions, mauvaises communications
entre l'institution et les requérants, etc.), problèmes qui peuvent
être corrigés. Deux intervenants ont admis que les rapports du CI
les avaient encouragés à examiner les raisons profondes des retards
et à élaborer des plans pour les éliminer.
3.3.2 Faiblesses
Tous les répondants ont souligné certaines faiblesses des données
utilisées actuellement pour évaluer le rendement du programme d'accès
à l'information. La faiblesse la plus souvent mentionnée par les
institutions concernait l'absence d'une mesure de la complexité des
demandes. On a fait remarquer que certains facteurs pouvaient simplifier ou
compliquer une demande (p. ex. le nombre de pages examinées, le caractère
délicat du sujet, le nombre de consultations nécessaires, le nombre
et le type d'exemptions invoquées et d'exclusions citées, le lieu
des dossiers, etc.) et qu'il n'était pas juste d'évaluer toutes
les demandes comme si elles étaient semblables. Cela ne signifie pas pour
autant que le temps accordé pour le traitement d'une demande complexe devrait
être plus long, mais plutôt que les institutions devraient être
jugées en fonction du travail nécessaire pour répondre aux
demandes dans les délais impartis. Cet argument s'appuie sur le fait que
certaines institutions reçoivent un nombre élevé de demandes
simples alors que d'autres reçoivent un nombre équivalent de demandes
plus complexes; les statistiques actuelles indiqueraient seulement un volume égal
de demandes.
Relativement au point susmentionné, les intervenants étaient
préoccupés par le fait qu'aucune mesure signalée n'évaluait
précisément le temps passé par l'institution pour répondre
à une demande. Cela influe sur l'affectation des ressources et
l'établissement des coûts du programme d'accès à
l'information du gouvernement. À cet égard, il importe de noter
que la mesure des coûts présentée dans le rapport annuel du
SCT ne constitue qu'une estimation des coûts du service de l'AIPRP. Elle
ne tient pas compte du temps consacré dans les BPR pour répondre
aux demandes d'accès.
Une autre faiblesse des mesures actuelles est l'argument mentionné dans
la rubrique précédente. Même si certaines institutions ont
souligné les résultats positifs des rapports du CI, la plupart,
si ce n'est la totalité, ont déclaré que la volonté
première du gouvernement consiste à éliminer les présomptions
de refus, de sorte que l'obligation de fournir des réponses de qualité
a fait place au besoin d'atteindre des résultats numériques. Ainsi,
on prétend qu'il en découle certains risques graves :
1) la probabilité qu'une information protégée soit divulguée
par erreur s'accroît, ce qui pourrait influer très défavorablement
sur des entreprises, des particuliers ou même les relations entre le Canada
et d'autres pays, par exemple;
2) les pressions sur les ressources déjà lourdement taxées
des services de l'AIPRP augmentent, ce qui amplifie le stress, l'épuisement
professionnel et le roulement du personnel;
3) l'accent mis sur l'élimination des retards à tout prix a réduit
le temps disponible pour la planification des améliorations du rendement.
Une quatrième faiblesse des normes de rapport actuelles est le manque
d'analyse des tendances, au niveau tant des institutions que du gouvernement
dans son ensemble. Toute analyse des tendances effectuée à l'heure
actuelle est essentiellement de nature circonstancielle. Si la haute direction
ou le SCT recueillait des données plus détaillées, il serait
éventuellement possible de déceler des tendances relativement aux
besoins des requérants. Ainsi, du moins dans certains cas, cela pourrait
favoriser la diffusion active et informelle dans certains cas, alléger
le fardeau des services de l'AIPRP et améliorer le rendement global du
gouvernement.
Certains répondants ont déclaré que leurs services de
l'AIPRP avaient observé des tendances et avaient pu mettre des systèmes
en place pour y répondre.
Par exemple, une institution éprouvait des problèmes d'accumulation
de demandes et des retards qui résultaient typiquement de la réception
d'un nombre élevé de demandes au même moment. Les responsables
ont fini par se rendre compte que la majorité de ces groupes de demandes
provenait d'une seule et même personne et ont ensuite réagi rapidement
en affectant un agent pour répondre aux besoins de ce requérant,
avec pour résultat un client plus satisfait et un fardeau considérablement
réduit pour l'institution, qui a ensuite commencé à faire
une analyse systématique des demandes reçues.
Une autre institution a été frappé par une certaine tendance
relativement à ses retards, de sorte qu'il a réévalué
ses demandes de prorogation, avec comme résultat des prorogations plus
longues mais une conformité plus grande à la réglementation.
On peut présumer qu'une approche plus systémique de l'analyse
des tendances en matière d'AIPRP contribuerait au rendement global du programme
d'accès à l'information en allégeant directement le fardeau
des institutions. Par exemple, si l'on découvrait que des documents sont
visés par un grand nombre de demandes d'accès, le gouvernement (ou
un ministère) pourrait alors prendre une décision informée
sur la diffusion automatique de cette documentation. De la même manière,
si l'on constatait qu'un nombre élevé de demandes concernent des
renseignements protégés, on peut alors prendre des décisions
informées et stratégiques sur la nécessité de faire
valoir la confidentialité dans certains domaines.
Relativement au point susmentionné, des répondants ont déclaré
qu'aucune norme n'obligeait leurs services de l'AIPRP à rendre compte formellement
des mesures prises pour améliorer l'accès du grand public à
l'information, c. à d. la transparence de leur institution. Plusieurs intervenants
ont mentionné que le site Web pouvait servir à fournir plus de renseignements
et que des ententes spéciales pouvaient être mises sur pied avec
des chercheurs pour leur permettre d'obtenir de l'information non délicate
sans avoir recours à la Loi.
Tous les répondants ont donné des exemples, comme ceux susmentionnés,
selon lesquels ils ont mis en uvre des plans pour améliorer leur
rendement et ont ajouté que toute mesure du rendement du gouvernement quant
à l'accès à l'information devrait inclure ces initiatives
réussies. Entre autres, certains estiment qu'on devrait inclure la
performance de l'institution en matière de communication informelle
de l'information. Même si une telle mesure reste difficile à établir,
il serait possible d'y parvenir.
Par exemple, certaines institutions ont aménagé des salles de
lecture où le grand public peut consulter l'information diffusée
à la suite de demandes d'accès antérieures. Ces institutions
pourraient faire un suivi de la fréquentation de ces salles. De la même
manière, un intervenant a déclaré que son service de l'AIPRP
recevait des demandes visant des renseignements déjà disponibles
sur des sites Web, dans des dépliants, etc. Même si ces demandes
constituent des exemples de communication d'information du gouvernement au grand
public, elles ne sont pas incluses dans les résultats à l'heure
actuelle. Ce type de service existe à l'échelle du gouvernement
mais aucune donnée n'est recueillie pour montrer que les Canadiens profitent
d'un tel accès. Les seules données collectées se rapportent
au refus de fournir l'information dans les 30 jours de la demande.
Deux autres préoccupations ont été soulignées par
les répondants à l'égard des données actuellement
recueillies. La première concerne le rapport annuel au Parlement. Tous
les intervenants, y compris le SCT et le CI, ont remis en question l'utilité
du formulaire TBS/SCT 350 62 (Rapport concernant la Loi sur l'accès à
l'information), plus particulièrement la validité de la rubrique
5 sur les délais de traitement. À l'heure actuelle, les institutions
ne peuvent qu'indiquer le nombre de demandes remplies dans des délais de
30, 31 à 60, 61 à 120 ou 120 jours et plus. Les personnes interrogées
ont mentionné que les statistiques sur les délais ne tenaient pas
compte des réponses aux demandes qui respectent les prorogations légitimes.
Des questions ont également été soulevées à
propos du besoin de rapporter les exemptions invoquées, les exclusions
citées, les prorogations ou les traductions demandées. Les répondants
se demandaient à qui ces renseignements pouvaient bien servir. Certains
chercheurs universitaires s'intéressent à ces éléments
(p. ex. ceux de la School of Policy Studies de la Queen's University). Toutefois,
les intervenants n'ont pas été interrogés en détail
sur la disponibilité et la valeur de cette information. Néanmoins,
pour certains chercheurs, ces éléments semblent refléter
la santé ou la pertinence globale du système d'accès à
l'information.
La deuxième préoccupation se rapportait à la mesure de
la conformité par le CI. Deux institutions ont fait remarquer que ces mesures
incluaient les plaintes jugées entièrement non fondées. Ces
plaintes sont souvent portées par un requérant qui ne peut obtenir
une information qui est, soit protégée en vertu des exemptions ou
des exclusions prescrites, soit inexistante. Les répondants de toutes les
institutions étaient d'avis que les plaintes non fondées ne devraient
pas être prises en considération dans l'évaluation du
rendement de l'institution. Certaines institutions aimeraient que des statistiques
distinctes soient tenues au sujet des plaintes déposées par des
demandeurs et celles formulées par le Commissaire à l'information.
Le CI est d'avis lui aussi que de telles statistiques seraient utiles.
3.3.3 Barrières
Durant le processus d'entrevue, GGI a obtenu des commentaires sur les obstacles
à la collecte et à la présentation de l'information sur l'efficacité
du rendement en matière d'accès. À cet égard, tous
les répondants ont indiqué qu'il était relativement facile
de remplir le formulaire TBS/SCT 350 62 (Rapport concernant la Loi sur l'accès
à l'information). Le SCT a déclaré que les rapports annuels
étaient présentés en temps opportun. Le CI a signalé
qu'il n'a pas accès aux statistiques gouvernementales de l'année
lorsqu'il dresse son rapport annuel au Parlement et qu'il ne pense pas que la
formule du SCT soit suffisamment détaillée.
Toutes les institutions interrogés, sauf une, utilisaient ATIPflow en
tant que principal outil de suivi et de collecte de statistiques. Ils ont tous
vanté sa facilité d'usage et son utilité. En revanche, certains
ont mentionné que l'une des plus importantes barrières à
des rapports statistiques efficace était l'erreur d'entrée des
données de la part des utilisateurs du système. Ils ont ajouté
que ces erreurs étaient inévitables et étaient habituellement
relevées et corrigées. La seule institution qui n'utilisait pas
ATIPflow a souligné qu'elle désirait le faire mais, même elle
jugeait que ce système pourrait faciliter la collecte et la présentation
des données, le coût du système l'empêchait de l'acquérir
pour l'instant.
Il est intéressant de noter que chaque institution utilisant ATIPflow
avait personnalisé ce dernier en fonction de ses besoins. Ainsi, le
système ne garantissait plus la cohérence entre les institutions.
Cela pourrait rendre difficile l'accumulation de données pangouvernementales.
En 1998, le SCT a annoncé la mise en uvre du Système de coordination
des demandes d'accès à l'information (SCDAI) dans le but de coordonner
les demandes d'accès entre les institutions. Les institutions sont dorénavant
tenues de transmettre leurs données sur l'accès à l'information
à un système central afin de les compiler pour l'ensemble du gouvernement.
Malheureusement, cet objectif ne s'est pas réalisé comme prévu1
, comme l'a indiqué Alasdair Roberts dans son rapport intitulé "
An Evidence Based Approach to Access Reform " (Queen's University School
of Policy Studies, juillet 2001).
1Alasdair Roberts, Jonathan DeWolfe, Christopher Stack, An Evidence-Based Approach
to Access Reform, Queen's University School of Policy Studies, juillet 2001. L'un
des problèmes du SCDAI mentionnés dans l'étude de Queen's
(p. 5) concerne la sous déclaration par les institutions (en raison de
la non participation ou de l'inexactitude de la présentation de l'information)
dans la base de données du système.
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