Rapport 29 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
UN NOUVEAU CADRE POUR FAIRE RAPPORT SUR LE RENDEMENT DU PROGRAMME D'ACCÈS
À L'INFORMATION
4.0 Pratiques pour faire rapport sur le rendement de l'accès
à l'information et améliorations suggérées
La présente partie étudie les pratiques actuelles pour faire
rapport sur le rendement de l'accès à l'information et suggère
des améliorations en vue d'en accroître l'efficacité.
4.1 Pratiques actuelles
À l'heure actuelle, le grand public et les membres du Parlement peuvent
consulter trois rapports de base sur le rendement de l'accès à l'information
: 1) les rapports annuels des ministères et organismes, 2) un rapport statistique
d'ensemble préparé par le Secrétariat du Conseil du Trésor
(SCT) et 3) le rapport annuel du Commissaire à l'information (CI).
Les deux premiers rapports sont assez semblables. Leur format respecte les
lignes directrices établies par le SCT dans son bulletin de mise en uvre
intitulé " Rapports annuels et les Statistiques de la Loi sur l'accès
à l'information et la Loi sur la protection des renseignements personnels
". Ces rapports comprennent un large éventail de statistiques, y compris
le nombre de demandes, les catégories d'auteurs, la disposition des demandes
remplies, les exemptions invoquées, les exclusions citées, le temps
de traitement des demandes, les prorogations des délais, les traductions
demandées, les méthodes de consultation, les droits perçus
et les coûts des services de l'AIPRP. Certains des rapports présentent
une analyse partielle des données. Le résumé du SCT est conçu
pour donner au grand public et aux membres du Parlement une idée générale
de la situation. Il ne contient pas d'analyse des données, de sorte que
son utilité est limitée pour la compréhension et l'amélioration
du rendement gouvernemental en matière d'accès à l'information.
À l'opposé, le Commissaire à l'information recueille des
données comme l'état des plaintes, les constatations de
l'enquête, le temps de traitement, la répartition géographique
des plaintes, les avis de prorogation et le nombre de présomptions
de refus dus à des retards. Il aimerait obtenir plus de données.
Il estime que les institutions réunissent actuellement de l'information
à des fins internes et que ces données pourraient être
utiles au SCT, au CI et à d'autres intervenants concernés
par le fonctionnement du régime de l'accès à l'information.
Le CI a fait valoir que les institutions devraient être obligées
de soumettre cette information au moyen d'une formule révisée
du SCT. D'après lui, cette formule devrait renfermer des indicateurs
plus complets, comme l'analyse du contenu, des profils de prorogation,
etc. Une copie du format proposé par le CI est jointe à
l'annexe E.
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4.2 Écarts et lacunes des rapports
En fonction de notre revue de la documentation et des entrevues, nous avons
observé les écarts et lacunes qui suivent dans la préparation
de rapports sur le programme d'accès à l'information :
1) Aucun des rapports statistiques courants (p. ex. institutions, SCT et CI)
ne donne une image exacte2 ou appropriée du rendement de l'accès
à l'information à l'échelle du gouvernement fédéral.
Par exemple, les institutions et le SCT n'accumulent pas de données
sur la satisfaction de la clientèle et leur analyse des défis actuels
et des tendances émergentes est pauvre. Le rapport du CI ne met essentiellement
l'accent que sur les plaintes, ce qui équivaut à s'en remettre au
rapport du " service des plaintes " pour évaluer le rendement
d'une entreprise. Même les meilleures entreprises reçoivent des plaintes,
mais celles-ci sont contrebalancées par la satisfaction de leurs clients,
les améliorations de la qualité (et au bout du compte de la rentabilité),
la croissance des parts de marché, etc.;
2) Il n'existe aucun rapport, intégré et cohérent sur
le rendement global de l'accès à l'information, ce qui soulève
un problème pour les membres du Parlement et le grand public;
3) les données recueillies ne permettent pas de déterminer la
cause et l'étendue des problèmes ni les tendances, de sorte qu'il
est difficile de repérer l'origine des problèmes de rendement et
de les corriger.
Cette observation s'appuie également sur le travail du professeur Alasdair
Roberts, de Jonathan DeWolfe et de Christopher Stack, de la School of Policy Studies
de la Queen's University (" An Evidence Based Approach to Access Reform ",
juillet 2001). Ils sont d'avis que les bases de données fédérales
comme le SCDAI et ATIPflow contiennent des quantités importantes de données
sur l'accès à l'information aux fins d'analyse mais qu'elles ne
sont pas pleinement utilisées. Ils suggèrent de nombreuses analyses
possibles, p. ex. qui sont les utilisateurs de la LAI et à quelle fins,
la disposition des demandes par catégorie de demandeurs et sujet, les tendances
dans le recours à la LAI, les tendances des activités entre les
secteurs organisationnels, la complexité des demandes en fonction de certains
indicateurs comme le nombre de pages examinées par le service de l'AIPRP,
la perception du caractère délicat de la demande, la difficulté
des recherches concernant les documents demandés, le besoin de consultations
multiples avec les autres ministères et organismes, etc., les pratiques
de communication par type de requérant, sujet ou secteur institutionnel
et les pratiques de perception des droits et frais.
Ce dernier écart constitue le plus grand défi pour la plupart
des services de l'AIPRP. Ainsi, en raison de ces faiblesses, les parties
intéressées n'obtiennent souvent que des constatations ou
des conclusions incomplètes et, dans certains cas, contradictoires
en ce qui a trait au rendement.
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4.3 Améliorations suggérées
Plusieurs améliorations ont été suggérées.
1. Les rapports des institutions devraient inclure :
- des données sur l'utilisation des ressources;
- des données sur la satisfaction de la clientèle;
- une analyse améliorée des données.
2. Le rapport du SCT devrait :
- être amélioré de la même manière que des
institutions;
- inclure une analyse pangouvernementale et une analyse des tendances, y compris
des statistiques longitudinales (si possible);
- fournir de l'information équilibrée et intégrée
sur le rendement global à l'échelle du gouvernement en matière
d'accès à l'information (y compris des extraits ou des compilations
du rapport annuel du CI).
3. Le rapport intégré du SCT devrait décrire adéquatement
le rendement de l'accès à l'information. Le modèle de rendement
décrit à la section 2.0 constitue une façon d'y arriver en
proposant de répondre aux questions ci après.
i) Quelles sont les prévisions de l'institution (p. ex., demandes en
attente, existantes et nouvelles) concernant l'accès à l'information
pour l'année à venir?
ii) Quelles sont les mesures éventuelles à prendre concernant
ces prévisions?
iii) Que s'est il passé durant l'année considérée?
- La réponse porterait à la fois sur les demandes d'accès
en vertu de la Loi et leur traitement ainsi que sur la diffusion active afin d'accroître
l'accès du grand public à l'information et réduire la charge
de travail.
- Y figurait également les demandes inappropriées ou non prévues
et les mesures qui ont été prises à leur égard.
iv) Les mesures prises l'année dernière ont elles été
fructueuses?
v) Quels sont les objectifs en matière d'accès pour l'année
à venir?
Un tel format permettrait au grand public et aux membres du Parlement d'avoir
une image complète et appropriée du rendement de l'accès
à l'information, passé, présent et futur. Cela constituerait
un mécanisme d'apprentissage pour les institutions et pourrait
encourager une saine concurrence entre les institutions au niveau de la
publication de leurs succès et de leurs pratiques exemplaires.
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5.0 Mot de la fin et suggestions sur les étapes
à venir
Mot de la fin. La section 3 du présent rapport conclut que la mesure
actuelle du succès et l'échec des services de l'AIPRP est le respect
des délais prescrits dans la Loi. Elle présente les types de rapports
produits pour mesurer ce rendement puis énumère les forces et les
faiblesses des données recueillies pour préparer ces rapports. En
guise de conclusion, il est approprié de s'appuyer sur l'une des questions
posées aux répondants, à savoir " Est-ce que les statistiques
publiques fournissent une idée adéquate du rendement de l'accès
à l'information au sein de votre organisation? " Tous les intervenants
ont répondu " non " à cette question. Pour les raisons
mentionnées dans la section 3.0, toutes les personnes rencontrées
(y compris le CI) étaient d'avis que les statistiques actuelles ne donnent
pas une image juste ou fidèle des efforts du gouvernement en matière
d'accès à l'information.
Suggestions sur les étapes à venir. Plusieurs actions
importantes sont nécessaires avant d'entreprendre les améliorations
proposées susmentionnées. Nous suggérons que :
1. Le Groupe d'étude de l'accès à l'information recommande
le modèle de rendement décrit dans le présent rapport comme
fondement d'un cadre normalisé d'évaluation du rendement du programme
d'accès à l'information au sein du gouvernement fédéral.
2. Le modèle de rendement soit perfectionné et validé
si le Groupe d'étude décide de recommander ce cadre en tant que
norme gouvernementale. Par exemple, il y aurait lieu de consulter tous les intervenants
clés du programme d'accès à l'information pour obtenir leurs
opinions, leurs commentaires, etc. sur le modèle. Le but de cette étape
serait d'harmoniser les besoins des intervenants clés en adaptant le cadre
à l'évaluation du rendement du programme d'accès à
l'information.
Il importe de préciser que l'introduction d'une telle approche doit
être progressive, puisqu'il faudra en venir à un seul système
de mesure et de gestion du rendement et que cela exigera du temps et des efforts
pour faire en sorte que tous les intervenants clés participent pleinement
à l'opération; par exemple, un plan de mise en uvre systématique
et graduel devrait être élaboré et accepté par les
principales parties intéressées; un tel plan servirait aussi à
examiner et à régler les problèmes liés à l'affectation
des ressources, à la responsabilisation, à l'interface des systèmes,
au contenu au format et à la périodicité des rapports.
3. On effectue d'autres recherches sur les types de demandes d'accès
à l'information, y compris la modélisation éventuelle de
la complexité des demandes3 , pour améliorer la mesure et la présentation
du rendement de l'accès à l'information.
4. En raison de son rôle de chef de file en matière d'accès
à l'information, le Secrétariat du Conseil du Trésor songe
à élaborer et à tester un questionnaire qui permettrait d'évaluer
la satisfaction de la clientèle. Ce questionnaire pourrait être transmis
aux ministères et organismes afin de les encourager à améliorer
la mesure et les rapports sur le rendement.
5. Une fois qu'une base de données plus complète et plus fiable
aura été établie, le SCT encourage des recherches
visant à accroître la compréhension du système
fédéral d'accès à l'information et de son
rendement.
2En fonction de notre revue de la documentation et de nos entrevues, les données
de l'AIPRP utilisées par les institutions, le CT et le CI semblent statistiquement
valides (c. à d. conceptuellement saines ou justifiables). Toutefois, les
perceptions liées à l'utilisation et à l'interprétation
de la conformité peuvent mettre en doute cette validité (p. ex.,
lorsqu'une demande non remplie après 30 jours est considérée
incorrectement comme une présomption de refus, quand aucune prorogation
valide n'est consignée relativement à une instance dont le traitement
nécessite plus de 30 jours ou lorsqu'il n'y a pas de preuve d'un débat
sur la divulgation possible des données puisque si ces dernières
ne peuvent être communiquées, le délai de 30 jours ne constituant
pas alors une mesure appropriée du respect du délai).
3Supra, note 1 Relativement à cette étape analytique, Alasdair
Roberts, Jonathan DeWolfe et Christopher Stack ont formulé des propositions
de recherche dans leur rapport intitulé " An Evidence Based Approach
to Access Reform " (Queen's University School of Policy Studies, juillet
2001). Ils ont constaté qu'une recherche analytique ciblée, à
partir des bases de données de la LAI, contribuerait à améliorer
la prise de décisions et l'élaboration des politiques gouvernementales
relativement à la LAI elle même. Le rapport présente plusieurs
questions clés de recherche (ainsi que des chemins d'analyse) pour atteindre
cet objectif, comme les suivantes. 1) Quelles sont les causes des retards? 2)
Les demandes de nature délicate sont elles traitées distinctement?
3) Les différents utilisateurs sont ils traités de la même
manière? 4) Les demandes frivoles ou vexatoires soulèvent elles
un problème sérieux? 5) Quels changements du barème de frais
seraient profitables à la clientèle et au Programme?
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