Rapport 7 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
L'INFORMATION : GESTION ET ACCÈS
REGARDS SUR L'AVENIR
5. Vers une gestion efficace de l'information
L'année est 2011. Toutes les initiatives conçues
en vue d'améliorer l'infrastructure de gestion de l'information
au sein du gouvernement, lancées il y a 10 ans pour soutenir son
exécution des programmes et ses processus opérationnels,
ont été efficacement mises en uvre. Non seulement
ces initiatives ont-elles radicalement changé le contexte de gestion
de l'information et apporté des améliorations sensibles
au niveau de l'exécution des programmes et de la prestation des
services, mais elles ont aussi amélioré de façon
remarquable l'accès aux ressources d'information du gouvernement.
L'infrastructure des politiques, normes, personnel et
systèmes est en place pour définir clairement l'imputabilité
en ce qui a trait à la gestion ainsi qu'à l'accès
à l'information du gouvernement. L'information est partagée
au sein des institutions gouvernementales et entre ces mêmes institutions,
conformément aux diverses exigences d'ordre juridique et réglementaire.
Les diverses juridictions gouvernementales ont tiré parti des progrès
réalisés par les initiatives antérieures telles que
le Réseau canadien de la santé et ont collaboré en
vue de la prestation conjointe des services, y compris les services d'information.
La qualité supérieure de l'infrastructure
de gestion de l'information permet au gouvernement d'exécuter des
programmes et services de façon rentable et appropriée,
centrés sur les citoyens, sans pour autant cesser de respecter
ses priorités en matière de transparence et d'ouverture.
Elle permet aussi au gouvernement d'assurer l'accès à l'information
selon une variété de formats, par le biais du site Web du
gouvernement du Canada, le télécopieur, le courriel, le
téléphone et d'autres canaux de communication.
L'exécution des programmes/la prestation des services et le scénario
d'accès décrits plus haut ne peuvent être réalisés
que si les principes fondamentaux de gouvernance et de gouvernement, fondés
sur l'ouverture, la transparence et la confiance, sont en place et s'ils
sont soutenus par une solide infrastructure de gestion de l'information
englobant à la fois politiques, normes et pratiques, systèmes
et technologies, ainsi que le personnel. Les principes d'ouverture et
de transparence exigent que le gouvernement soit en mesure d'assurer l'accès
à une information complète, pertinente, authentique et fiable.
Ce genre d'information ne peut être fourni que s'il est géré
de façon efficace. C'est pour répondre aux points soulevés
plus haut que nous présentons ci-après l'objectif visé
pour ce qui est de la gestion de l'information et de l'accès à
l'information.
En 2011, le Canada sera un chef de file reconnu qui
permettra aux Canadiens d'accéder à une information gouvernementale
authentique, fiable, complète et pertinente, fondée sur
une culture d'ouverture et de transparence, elle-même soutenue par
une infrastructure de gestion de l'information de qualité supérieure
et fiable.
Cet objectif, établi dans le contexte de l'exécution des
programmes et de la prestation des services du gouvernement, ne peut être
atteint en l'absence des éléments de soutien suivants :
- un système de récompenses qui encourage une culture
d'ouverture, de collaboration et de confiance;
- des politiques, procédures et normes mises en uvre et
actualisées sur une base régulière;
- une harmonisation à travers tous les paliers de gouvernement
des politiques, normes et pratiques de gestion de l'information, y compris
celles qui ont trait à l'accès à l'information
et à la législation relative à la protection de
la vie privée;
- des ressources d'information du gouvernement qui soient clairement
identifiées, documentées et accessibles, fondées
sur des approches standard quant à la création de répertoires
et (ou) bases de données et des vocabulaires contrôlés
et règles d'affectation des noms;
- une infrastructure de gestion de l'information qui intègre
des considérations en matière d'accès aux processus
opérationnels et applications connexes du gouvernement, afin
de répondre aux besoins internes et externes en matière
d'accès;
- une infrastructure technologique qui tienne compte des divers besoins
du public canadien en matière d'accès et qui soutienne
de multiples mécanismes de transfert de l'information en fonction
des demandes. Par exemple, Internet, le télécopieur, le
téléphone, etc.;
- un personnel qui comprenne la valeur potentielle de l'information
du point de vue de l'" accès ", possédant aussi
les compétences appropriées à la mise en uvre
de modes de gestion de l'information sur tout son cycle de vie, ce qui
est susceptible d'offrir un meilleur accès;
- des spécialistes pouvant offrir aux institutions gouvernementales
une orientation et une formation en matière de gestion de l'information
De par sa nature, la gestion de l'information établit des contrôles
permettant d'assurer l'homogénéité, en même
temps qu'elle définit les façons dont l'information est
gérée à l'échelle du gouvernement et des autres
administrations publiques avec lesquelles le gouvernement maintient des
partenariats. Par l'adoption de pratiques communes, les ressources d'information
sont mieux identifiées et gérées, ce qui est de nature
à offrir des ressources plus considérables au public canadien.
5.1 L'infrastructure
Le contexte décrit plus haut est basé sur une infrastructure
comprenant des politiques, des normes et des pratiques, des systèmes
et de la technologie, ainsi que du personnel :
- les politiques définissent l'imputabilité et offrent
un cadre pour les normes, pratiques et systèmes qui soutiennent
l'objectif de la gestion de l'information;
- les normes et pratiques assurent l'homogénéité
au niveau de la conception et de l'utilisation de l'infrastructure de
gestion de l'information;
- les systèmes et la technologie soutiennent les processus grâce
auxquels on peut accéder à l'information et assurent que
l'information est disponible et fiable sur tout son cycle de vie;
- le personnel comprend à la fois les spécialistes qui
conçoivent, développent et maintiennent l'infrastructure,
et les spécialistes de l'information qui reflètent les
principes de gestion de l'information par la façon dont ils créent,
utilisent et gèrent l'information.
Il ne faudrait pas considérer l'infrastructure comme une entité
à part, uniquement consacrée à assurer un meilleur
accès à l'information. Elle doit être considérée
comme faisant partie de l'infrastructure mise en place afin de mener à
bien les opérations générales du gouvernement (c.-à-d.
la prise de décisions, l'exécution des programmes et la
prestation des services, etc.).
Étant donné que l'accès à l'information est
une composante des opérations gouvernementales, il s'ensuit que
l'infrastructure de gestion de l'information, qui soutient l'accès
à l'information du gouvernement, doit faire partie de l'infrastructure
opérationnelle du gouvernement.
Comme l'a expliqué John McDonald dans son rapport au dirigeant
principal de l'information du Secrétariat du Conseil du Trésor
et à l'Archiviste national du Canada2
;
" En réglant les questions au niveau de l'infrastructure
de la GI, n'importe quel programme ou n'importe quelle activité
du gouvernement, y compris les Communications et l'AIPRP, en profitera
sur le plan de sa capacité à disposer de l'information nécessaire
pour assurer l'exécution des programmes et respecter les exigences
redditionnelles pertinentes. À cet égard, il importe de
souligner que la raison d'être d'une infrastructure de la GI ne
procède pas seulement de la nécessité de régler
les considérations relatives à l'AIPRP; elle est uniquement
axée sur la nécessité de satisfaire aux exigences
de gestion et de responsabilité relatives à des programmes
et des services donnés, et ce, dans le contexte des lois et politiques
s'appliquant à l'ensemble du gouvernement. En satisfaisant à
ces exigences, il s'ensuit que les institutions gouvernementales devraient
également être en mesure de remplir leurs obligations en
vertu de la loi, comme celle sur l'Accès à l'information
et à la Protection des renseignements personnels. "
Le contexte futur de la gestion de l'information, tel qu'il est décrit
à la section 5.1, de même que ses composantes peuvent apparaître
comme un idéal. Cependant, compte tenu de l'évolution de
la gouvernance au Canada, les demandes accrues des citoyens pour accéder
aux ressources d'information du gouvernement, les possibilités
offertes par les nouvelles technologies de l'information, les tendances
globales vers un plus grand engagement des citoyens vis-à-vis du
gouvernement et les priorités émergentes du gouvernement
(notamment le gouvernement en direct), l'orientation future est claire.
5.2 Comment nous y rendre
Où en sommes-nous aujourd'hui? Nous pouvons comparer la situation
actuelle de la gestion de l'information au sein du gouvernement du Canada
au domaine de la technologie des années 1970 lorsque des mesures
auraient pu être prises pour minimiser le problème de l'An
2000, alors que l'on ignorait le point de vue des spécialistes.
À l'époque, on se disait " si l'on n'y pense pas, cela
finira par disparaître ".
À l'heure actuelle, nous faisons face à une situation analogue
pour ce qui est des ressources d'information du gouvernement. Le gouvernement
du Canada se trouve dans la même situation que le Titanic au moment
de s'approcher de l'iceberg. Un environnement inapproprié et dangereux
pour la gestion de l'information demeure caché sous la surface
et invisible.
Non seulement les institutions gouvernementales doivent-elles savoir
où se trouve l'information pour être en mesure d'y accéder,
mais elles doivent aussi s'assurer que les systèmes, les logiciels
et le matériel nous permettront d'accéder à ces ressources
d'information aussi bien à court qu'à long terme.
Il faut absolument envisager la création d'une infrastructure
de gestion de l'information pour faire face à la situation actuelle,
répondre aux besoins futurs et assurer le succès de la gestion
de l'information et de l'accès à celle-ci.
Mais comment mettre en uvre une infrastructure de gestion de l'information
qui permette de mieux accéder à l'information? Dans les
sections qui suivent, nous tenterons de répondre à cette
question :
- en étudiant l'évolution qui s'est déjà
manifestée au niveau de la gestion de l'information et de l'accès
à celle-ci au sein du gouvernement fédéral;
- en examinant le point de vue des experts en la matière, les
expériences vécues dans d'autres administrations publiques
et le point de vue des cadres supérieurs du gouvernement fédéral;
- en identifiant les composantes déjà en place et en suggérant
d'autres composantes dont il faudrait envisager la création;
- en proposant des stratégies à court terme et immédiates
afin d'accélérer le rythme de développement de
l'infrastructure.
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6. Gestion de l'information et accès : le chemin
parcouru
La Loi sur l'accès à l'information a été
proclamée en 1983 pour donner aux Canadiens le droit d'accéder
à l'information détenue sous le contrôle du gouvernement
fédéral.
Cette loi avait été proclamée à une époque
où les unités de traitement de texte étaient courantes
et où les secrétaires répondaient toujours au téléphone,
s'occupaient de questions administratives et voyaient à la préparation
et à la gestion des documents.
Le terme " travailleur du savoir " venait juste d'être
inventé. Les ordinateurs personnels venaient à peine de
faire leur apparition, et l'Internet ne servait qu'à l'échange
de données entre informaticiens. La classification et le classement
relevaient d'une fonction centralisée de gestion des documents,
reconnue et généralisée à travers les institutions
gouvernementales. Ce sont des spécialistes qui fournissaient les
services reliés à la gestion des documents pour permettre
aux spécialistes de l'information de se consacrer entièrement
à leurs tâches principales. D'une manière générale,
les spécialistes de l'information n'étaient jamais formés
pour acquérir des compétences dans le domaine de la gestion
des documents.
Dix ans plus tard, en 1993, le travailleur du savoir disposait de son
propre ordinateur personnel alors que le soutien au niveau du secrétariat
disparaissait rapidement, de même que les spécialistes en
gestion des documents. Auparavant, ces spécialistes exerçaient
une grande influence pour ce qui est des documents générés
ou reçus par l'organisation, par l'application de normes et pratiques
de gestion des documents. Cependant, par suite de fonctions successives
des budgets des opérations, les fonctions de gestion des documents
ont été réduites ou abolies.
L'importance accordée à la gestion des programmes "
axée sur les résultats " et la réduction correspondante
des ressources affectées à ce qui était perçu
comme des frais généraux administratifs ont entraîné
une réduction remarquable des effectifs parmi les spécialistes
en gestion des documents. Parallèlement, les nouveaux concepts
de gestion tels que "l'employé habilité " et "
permettre au gestionnaire de gérer " ont fini par émousser
le pouvoir central et l'influence que les services ministériels
comme le service de la gestion des documents étaient encore en
mesure d'exercer. De toute évidence, chaque fonctionnaire était
devenu son propre gestionnaire de l'information sans avoir reçu
la formation appropriée ni les connaissances requises pour accomplir
ces nouvelles fonctions et sans avoir conscience de la valeur de cette
information en tant que bien du gouvernement.
En 1995, le Web et l'Internet commençaient à occuper une
place prépondérante dans le mode d'interaction au niveau
des personnes et des organisations. Au cours des années, le secteur
public, à l'instar du secteur privé et du secteur universitaire,
a lui aussi saisi les opportunités que l'Internet pouvait lui offrir.
Avec l'émergence de l'Internet comme moyen de communication dominant
au niveau des personnes et des organisations, il devenait de plus en plus
évident qu'un volume d'information sans cesse croissant était
généré sous forme électronique et que ce volume
augmentait de façon exponentielle.Parallèlement, et en l'absence
de moyens de contrôle centralisés, il devenait de plus en
plus difficile de récupérer l'information créée
sur une large gamme de médias, indexée selon une multitude
de répertoires non uniformisés, maintenue en d'innombrables
emplacements et ne relevant d'aucun responsable.
Dans Titanic 2020, un rapport de recherche publié en 1999
par CENSA, l'Association coopérative des systèmes de bloc-notes
électroniques (The Collaborative Electronic Notebook Systems Association3
), le chercheur Dr Rich Lisakowski déclarait que dans les dix prochaines
années le nombre total des documents électroniques produits
sur la planète pourrait doubler toutes les soixante minutes. On
éprouvera de plus en plus difficulté à repérer
l'information utile et à déterminer la façon d'y
accéder. Parallèlement, il sera plus difficile d'assurer
l'accès à l'information pour soutenir non seulement les
objectifs opérationnels des organisations mais aussi pour leur
permettre de se conformer aux diverses exigences législatives comme
celles qui découlent de la Loi sur l'accès à l'information.
En 2001, le monde des affaires s'articule autour de la gestion des documents,
la gestion de l'information, la gestion des connaissances, la gestion
du contenu, la gestion des rapports avec les clients et une foule de concepts
basés sur l'information. Qu'en sera-t-il à l'avenir? Quelle
que soit la terminologie ou la technologie utilisée, il faudra
absolument créer une culture de gestion de l'information ainsi
qu'une infrastructure technologique de soutien afin de gérer efficacement
l'information du gouvernement. Étant donné que pour avoir
accès à l'information, il faut avant tout savoir quelle
information existe et où la trouver, les nouvelles initiatives
de GI répondant à des besoins organisationnels et opérationnels
contribueront à promouvoir et à améliorer, par extension,
l'accès à l'information.
La gestion du contenu et des ressources d'information au sein des systèmes
modernes de gestion de l'information exige une perspective plus large
que par le passé alors que l'attention était centrée
sur la mise en place de la technologie et que le contenu devait se développer
de lui-même.
À l'approche de 2011, et en raison de la croissance technologique,
les citoyens se livreront à des conjectures quant à son
utilisation au sein du gouvernement. Ils supposeront que l'information
à laquelle ils accèdent est authentique et fiable, et que
des mécanismes sont en place pour maintenir le contenu de l'information
ainsi que son contexte et sa structure. Ils supposeront aussi que ces
mécanismes s'étendent au-delà des capacités
technologiques des systèmes qui leur permettent d'accéder
à l'information. Comme le précisait le rapport McDonald,
ces mécanismes ou infrastructures doivent intégrer toutes
les composantes (politiques, normes et pratiques, systèmes et personnel)
qui interviennent dans la création, la gestion et la diffusion
de l'information du gouvernement.
Le Canada est-il le seul pays à se pencher sur ces questions?
Nous verrons, dans les deux prochaines sections, dans quelle mesure ces
questions se posent et sont abordées par d'autres juridictions
au niveau international.
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7. Information du gouvernement et accès - une
perspective de l'extérieur
En raison de la migration globale vers un gouvernement en direct et de
l'intérêt du public vis-à-vis de l'accès et
de la protection de la vie privée, un certain nombre parmi les
principales firmes de consultants étudie le succès des initiatives
dans le domaine du gouvernement en direct.
Une étude récente, " E-Government: What Are Citizens
Really Looking For4 (Gouvernement en direct : que recherchent vraiment
les citoyens?), entreprise par Gartner Group en Europe s'est penchée
sur ce que les citoyens attendent du gouvernement en direct. Elle a constaté
que la population considère le gouvernement en direct comme un
moyen d'obtenir de l'information plutôt que comme un outil de transaction.
Il est particulièrement intéressant de noter que les citoyens
sont plus enclins à lancer des recherches dans un domaine particulier
plutôt qu'en fonction d'une unité organisationnelle. Cette
étude a également prévu une plus grande préoccupation
en ce qui a trait à la vie privée, étant donné
que la technologie modifie la façon dont on utilise l'information.
Malgré l'attrait de la technologie, l'étude indique que
près de 73 p. 100 des répondants veulent être en mesure
d'accéder aux services gouvernementaux par le biais de divers canaux
d'accès.
Les firmes Deloitte Consulting et Deloitte et Touche ont entrepris une
étude sur le gouvernement en direct et publié un rapport,
" At The Dawn of E-Government: The Citizen as Customer5 "
(À l'aube du gouvernement en direct : le citoyen en tant que client),
dans lequel elles identifient les trois éléments clés
qui doivent se trouver en équilibre si l'on veut réussir
la mise en uvre du gouvernement en direct : une technologie de pointe,
des structures de gestion simplifiées et des effectifs habilités.
Tous les éléments des processus opérationnels doivent
être soutenus par une technologie appropriée, ainsi que par
de nouvelles approches au niveau des ressources humaines.
Dans son récent rapport, " Governments Closing Gap Between
Political Rhetoric and eGovernment Reality 6 " (Les gouvernements
comblent le fossé entre la rhétorique politique et la réalité
du GED), Accenture (anciennement Andersen Consulting) a présenté
les résultats d'une étude relative à l'évaluation
des modes de prestation des services en direct par les gouvernements de
22 pays. Le Canada figurait parmi ces 22 pays. Cette étude a démontré
qu'un grand nombre de gouvernements reconnaît le fait que les citoyens
recherchent des services faciles à utiliser.
Pour créer ces services d'utilisation facile, nombre de gouvernements
oeuvrent dans le cadre de leurs structures actuelles, offrent de l'orientation,
visent des objectifs et des produits livrables, et adoptent des mesures
d'imputabilité afin d'assurer le succès de la mise en uvre.
L'un des facteurs clés qui ressort des constatations, dont l'incidence
est certaine sur toute initiative en matière de gestion de l'information,
a trait au fait que les citoyens ainsi que les entreprises souhaitent
avoir un point d'accès unique. Ce point d'accès unique n'est
possible que si l'on dispose d'une infrastructure de gestion de l'information
à travers l'ensemble du gouvernement. De plus, l'étude signalait
que les gouvernements devaient créer des partenariats avec le secteur
privé pour assurer le succès de la mise en uvre de
genre d'infrastructure.
Les rapports de Gartner Group et de Deloitte et Touche couvrent un large
éventail de questions et de tendances, y compris la sensibilité
des citoyens, les opportunités et les menaces associées
aux services du secteur public en direct, ainsi que le besoin d'infrastructures
" spécialisées " pour habiliter le nouvel environnement
de l'accès.
Le rapport d'Accenture souligne le fait que les gouvernements ne peuvent
assurer la fourniture de services en direct ni apporter des améliorations
à l'accès des citoyens à l'information en vase clos.
Des partenariats et des ententes de collaboration sont requis, notamment
avec les autres gouvernements fournissant les mêmes types de services.
Le modèle fondamental qui caractérise l'exécution
des programmes du gouvernement doit réexaminé, de même
que le modèle caractérisant les rapports entre les citoyens
et le gouvernement. Ce réexamen doit aussi s'étendre au
statut de l'information générée par les gouvernements
lorsque ces derniers s'acquittent de leurs responsabilités en rapport
avec les programmes.
Au Canada, les institutions du gouvernement autres que celles ayant déjà
pour mandat d'assurer au public l'accès à l'information
(par ex., Statistique Canada) commencent à reconnaître que
l'information qu'elles génèrent pour répondre aux
besoins immédiats de leurs opérations peut aussi se révéler
utile pour les autres, notamment pour le grand public. Par le passé,
la diffusion de cette information s'est souvent révélée
difficile et coûteuse, et on considérait surtout qu'elle
ne s'inscrivait pas dans le mandat des institutions. Cependant, dans un
environnement habilité par le Web et émergeant rapidement,
l'information du gouvernement jusqu'ici considérée comme
étant restreinte aux activités reliées aux programmes
peut, avec un minimum d'effort, être rendue plus largement disponible
de façon rentable et en temps opportun.
Cependant, de nombreuses questions se posent à l'heure actuelle,
à savoir si cette information devrait ou non être fournie
moyennant des frais de service, si oui ou non le secteur privé
devrait jouer un rôle à ce niveau, et si oui ou non certains
types d'information devraient ou ne devraient pas être rendus disponibles
en dehors d'un programme spécifique du gouvernement.
Lors d'une récente conférence de l'Association canadienne
de l'informatique (ACI), les conférenciers ont débattu du
défi et de l'impossibilité apparente de prévoir la
façon dont la technologie viendrait modifier les opérations
du secteur public et du secteur privé à l'avenir. L'un des
conférenciers a proposé que les professionnels de la TI
s'abstiennent de suivre l'évolution de la technologie. Ils devraient
plutôt prendre du recul par rapport à la technologie et analyser
de façon approfondie à la fois les processus opérationnels
et la culture de l'organisation, afin de déterminer comment la
technologie pourrait mieux se positionner pour devenir plus pertinente
dans un environnement dominé par l'Internet et par rapport à
une croissance continue des demandes reliées au partage de l'information.
Paul Tsaparis, président et directeur général de
Hewlett Packard (Canada), a expliqué que les organisations regardent
vers un avenir où " l'infrastructure opérationnelle
sera en mesure de fournir de l'information aux citoyens là où
ils se trouvent et au moment où ils la demandent ". Ses commentaires
faisaient écho à ceux de beaucoup d'autres lorsqu'il a souligné
que la culture et le comportement de l'organisation doivent changer si
l'on veut atteindre le succès dans cette nouvelle ère d'accès
et de disponibilité de l'information.
Pourquoi la culture de l'organisation est-elle devenue un enjeu de nos
jours? Les organisations modernes, y compris les gouvernements, reconnaissent
que pour réussir elles doivent migrer d'un milieu où l'information
est synonyme de pouvoir, et où le fait de ne pas la partager confère
un certain niveau de sécurité d'emploi, vers un milieu où
la collaboration, le partage de l'information et l'apprentissage mutuel
sont des indicateurs de succès. De plus en plus, on considère
qu'il faudra partager l'information et appliquer les leçons apprises
des expériences et pratiques antérieures si l'on veut améliorer
l'accès ainsi que la prestation des services. Une culture organisationnelle
où la gestion de l'information est perçue comme une priorité
est de nature à améliorer l'exécution des programmes
et l'accès à l'information.
Les communications faites par Tsaparis et autres conférenciers
lors de la conférence de l'ACI (sans compter de nombreuses autres
conférences) font écho aux questions soulevées par
d'autres personnes dans ce même domaine. Alors que les technologies
progressent et changent à rythme accéléré
(effréné selon certains), elles ne sont pas les seuls moteurs
de changement. D'autres facteurs, tels que l'évolution des processus
opérationnels et l'impact de la culture organisationnelle, jouent
un rôle plus fondamental sur le plan de la transformation des canaux
d'accès à l'information, conçus et pris en charge
au sein des organisations modernes.
Comment le secteur public réagit-il face à ces tendances
et défis? Comment les gouvernements se positionnent-ils pour répondre
aux pressions sans cesse croissante des citoyens qui désirent accéder
à l'information et au potentiel accru des technologies de l'information
susceptible de transformer la façon dont le gouvernement livre
et assure l'accès à l'information? Nous verrons dans la
section suivante comment l'Australie, la Commission européenne
et le Royaume-Uni ont abordé ces différentes questions.
Les résultats de notre examen prépareront le terrain en
vue d'un examen plus poussé de la scène canadienne.
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