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Groupe d'étude de
l'accès à l'information
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Rapport 28 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
LES POUVOIRS ET LES PROCÉDURES D'ENQUÊTE DU COMMISSAIRE
À L'INFORMATION
I - Introduction
Ce rapport analyse le rôle du Commissaire à l'information
du Canada à qui la Loi sur l'accès à l'information
confie le mandat de veiller en première ligne au respect de ses
dispositions. Il se penche tout particulièrement sur le rôle
d'ombudsman du Commissaire, ses pouvoirs, et ses pratiques et procédures
en matière d'enquête.
a) Historique
L'auteur de ce rapport conclut que le cadre législatif qui définit
les compétences du Commissaire à l'information du Canada,
ses pouvoirs d'enquête et ses responsabilités, est presque
identique à ceux mis en place par les autres lois régissant
les fonctions d'ombudsman et que le Commissaire dispose donc de tous les
pouvoirs voulus pour assumer de telles fonctions. Toutefois, le domaine
de l'accès à l'information, et plus précisément
la Loi sur l'accès à l'information, ont connu trois
développements qui amènent à s'interroger à
la fois sur le rôle d'ombudsman du Commissaire et sur la façon
dont sa fonction de surveillance est définie. Il est également
temps d'analyser la façon dont le Commissariat à l'information
du Canada assume ses fonctions.
Tout d'abord, alors que le nombre de provinces et pays qui ont légiféré
en matière d'accès à l'information n'a cessé
d'augmenter, il est devenu manifeste que le modèle de l'ombudsman
n'est pas le modèle dominant en la matière. Les provinces
canadiennes, et les autres pays, ont plutôt choisi de faire exercer
cette fonction de surveillance par des organismes quasi-judiciaires qui
semblent avoir fonctionné de façon satisfaisante. C'est
pourquoi il faut se demander, dans le cadre des travaux du Groupe d'étude,
si le modèle de surveillance retenu au niveau fédéral
est toujours celui qui convient le mieux et si le mandat et les pouvoirs
du Commissaire à l'information doivent être élargis
ou précisés pour lui permettre de remplir son rôle
de façon plus efficace. Dans cette perspective, nous procéderons
à une comparaison des mérites du modèle de l'ombudsman
et de celui de l'organisme quasi-judiciaire.
Ensuite, force est de constater que l'accès à l'information
est devenu très populaire, et que son administration requiert des
ressources importantes. Les institutions gouvernementales font face à
un grand nombre de demandes d'accès à l'information, dont
certaines portent sur des quantités importantes de documents. Quand
ces documents ne sont pas récents, il faut les trouver et des fonctionnaires
qui n'en ont pas une bonne connaissance doivent les examiner. Quand les
documents concernent des programmes en cours, il faut également
les trouver et les fonctionnaires dont la tâche principale est de
travailler à l'exécution de ces programmes doivent les examiner.
Si ces documents contiennent des renseignements fournis par des tierces
parties, il faut procéder à des consultations, parfois vastes,
avec celles-ci. La popularité des ministères en terme de
demandes d'accès à l'information est fonction de la nature
de leurs programmes et des questions traitées dans la presse. Un
ministère ou un organisme donné peut faire face, d'un jour
à l'autre et sans préavis, au doublement ou au triplement
des demandes d'accès à l'information, surchargeant des ressources
qui ne sont pas adéquates pour faire face à un tel volume.
Certains ministères et organismes fédéraux reçoivent
régulièrement beaucoup de demandes d'accès à
l'information et doivent faire des choix difficiles en répartissant
leurs ressources. Aussi important que l'accès à l'information
soit pour le processus démocratique, il y a une limite aux ressources
qu'on peut y consacrer et il y aura toujours débat entre les divers
intervenants - organismes gouvernementaux, demandeurs d'accès à
l'information et Commissaire à l'information - sur le niveau de
ressources qui convient. Toutefois, quel que soit le « bon »
niveau, il est de plus en plus manifeste qu'un régime d'accès
à l'information doit avoir les ressources voulues pour être
efficace et qu'un gouvernement qui s'est engagé envers les principes
de l'accès à l'information gouvernementale devra s'assurer
que les ministères et les organismes, et, le Commissariat à
l'information du Canada, disposent des ressources voulues.
La troisième nouveauté est caractéristique de l'expérience
au niveau fédéral. Au cours des dernières années,
on a constaté une évolution de la nature des enquêtes.
Si la vaste majorité d'entre elles se déroulent toujours
de façon informelle, grâce au dialogue entre les ministères
ou les organismes concernés et les enquêteurs du Commissariat
à l'information, on a cependant enregistré au cours des
dernières années une augmentation sensible du nombre d'enquêtes
formalisées. Il y a eu une augmentation du nombre d'assignations
à comparaître et des cas dans lesquels un représentant
d'un organisme gouvernemental a été convoqué pour
témoigner, parfois sous serment, dans un cadre formel. Dans quelques
cas, des assignations à témoigner ont été
délivrées à l'endroit de hauts fonctionnaires, non
parce qu'ils avaient une connaissance directe des décisions relatives
à l'application d'une exemption particulière, mais parce
que le Commissaire enquêtait sur les retards et les processus de
traitement des demandes, et cherchait à déterminer si le
ministère y consacrait ou non suffisamment de ressources pour traiter
les demandes, ou s'il accordait une priorité suffisante, aux yeux
du Commissaire, à la Loi sur l'accès à l'information
et à ses principes. Il est aussi arrivé que le Commissaire
a fait porter son enquête sur le comportement et le rôle de
certaines personnes dans le traitement de demande. Dans ces derniers cas,
il a parfois eu recours à des ordonnances de confidentialité,
sans lien évident avec le besoin de protéger les dossiers
et l'information faisant l'objet de la plainte. Les personnes qui ont
été l'objet d'assignations à comparaître ont
indiqué qu'elles avaient le sentiment de subir un interrogatoire
et non plus de participer à une enquête.
Si le nombre d'enquêtes formelles, comportant des assignations
à comparaître, reste relativement faible, il semble qu'elles
aient eu des répercussions disproportionnées sur les relations
entre le Commissaire, et son personnel, et les organismes gouvernementaux.
Le Commissaire a sans doute éprouvé le besoin de recourir
à une approche plus agressive parce que, à son avis, le
gouvernement ne s'acquitte tout simplement pas des exigences posées
par la Loi de l'accès à l'information en y consacrant
suffisamment de ressources et en s'engageant réellement envers
les principes de la loi. Cela a toutefois eu pour conséquence de
créer davantage de tension dans les relations entre le Commissariat
à l'information et le gouvernement.
Ces tensions ne sont pas cantonnées au niveau de la haute fonction
publique, mais il semble qu'elles soient devenues perceptibles dans les
relations entre les enquêteurs du Commissariat et les coordonnateurs
à l'accès à l'information. Toutefois, comme on le
verra ci-dessous, ces préoccupations semblent être plus marquées
chez les coordonnateurs de l'accès à l'information que chez
les enquêteurs du Commissariat. Quoi qu'il en soit, le sentiment
qu'ont certains coordonnateurs de l'accès d'être piégés
quand le Commissaire à l'information fait enquête est remarquable.
Ils ont signalé au Groupe d'étude qu'il leur arrive d'avoir
l'impression que le personnel du Commissariat leur dissimule ce qu'ils
cherchent, qu'ils se trouvent impliqués dans des différends
qui ne portent pas vraiment sur les dossiers examinés, mais plutôt
sur des processus qui font l'objet de désaccords entre le Commissaire
et la direction du ministère, et que le Commissariat ne semble
pas toujours avoir comme objectif de résoudre un problème
d'application des exemptions, mais qu'il semble plutôt enquêter
comme s'il présumait qu'il y avait eu irrégularité
ou délit.
À l'inverse, les commissaires des provinces qui se sont entretenus
avec les membres du Groupe d'étude ont précisé que
la délivrance d'assignations à comparaître est rarissime
dans leurs enquêtes (2).
Le volet médiation de la résolution d'une plainte est normalement
mené d'une façon très informelle et permet de résoudre
un pourcentage important de plaintes, alors que pratiquement toutes les
enquêtes formelles se font à partir des observations écrites
faites par le plaignant et l'organisme gouvernemental. Il y a très
rarement des audiences officielles. À la suite de ses discussions
avec les commissaires et les ombudsmans des provinces, et avec les représentants
des institutions gouvernementales des provinces, le Groupe d'étude
est d'avis que leurs relations sont beaucoup plus cordiales et plus productives
à tous les niveaux que ce n'est actuellement le cas au niveau fédéral.
Dans son dernier rapport annuel, le Commissaire à l'information
présente le problème d'un point de vue différent.
À ses yeux, la difficulté est que le gouvernement ne respecte
pas les obligations que lui impose la Loi sur l'accès à
l'information et qu'il éprouve de la difficulté à
faire accepter son rôle et ses pouvoirs de surveillance générale
du fonctionnement de la législation, ainsi que ses activités
d'enquête sur l'application d'exemptions particulières. Il
déclare ce qui suit :
L'an dernier, le Parlement a été informé d'une
récente stratégie du gouvernement qui consiste à
museler le Commissaire au moyen de recours judiciaires visant à
contester la compétence et les pouvoirs de celui-ci. Au cours
de l'année visée par le présent rapport, cette
stratégie a mené au dépôt par le gouvernement
de quatre demandes devant la Cour fédérale afin de
contester la compétence et les pouvoirs du Commissaire en matière
d'enquête (3).
Le différend entre le gouvernement et le Commissariat à
l'information, en ce qui concerne l'étendue de ses pouvoirs d'enquête
et la nature de ses enquêtes, se poursuit. Au moment de la rédaction
de ce rapport, il y a environ 29 affaires pendantes devant les tribunaux,
qui portent sur sept questions de procédure
(4). La plupart de ces procédures judiciaires ont été
entamées par le gouvernement en relation à des demandes
d'accès à des dossiers qui, de l'avis du gouvernement, relèvent
du contrôle du Cabinet du ministre et non pas d'un organisme gouvernemental.
Ces demandes, et les plaintes subséquentes auprès du Commissaire,
soulèvent la question de savoir si les documents concernant un
ministre, et conservés dans ou par son Cabinet, relèvent
ou non du contrôle de son ministère et dans quelle mesure
le Commissaire peut fixer lui-même les limites de ses pouvoirs d'enquête.
La question des documents des ministres soulève des interrogations
depuis de nombreuses années et il était probablement inévitable
qu'elle doive, éventuellement, être résolue par les
tribunaux. D'autres questions soumises aux tribunaux concernent les présomptions
de refus, les prolongations de délai pour répondre aux demandes
et les limites du pouvoir du Commissaire pour traiter de ces questions
(5). Ce n'est pas tant que ces questions soient soumises aux
tribunaux qui pose problème mais plutôt la vigueur avec laquelle
les deux parties se sont engagées dans les procédures judiciaires,
et la prolifération des procédures sur des questions connexes.
Quoi qu'il en soit, le Commissaire a décidé d'être
plus agressif dans ses enquêtes et quant à la portée
de sa compétence, et le gouvernement a décidé de
le repousser. Les consultations et la négociation n'ayant pas permis
de résoudre ces questions, ce sont les tribunaux qui devront les
résoudre. Il ne fait aucun doute que ces instances judiciaires
ont contribué aux tensions entre le Commissariat à l'information
et le gouvernement. Dans un document récent dans lequel il analyse
les stratégies d'application de la Loi sur l'accès à
l'information, Alasdair Roberts signale :
[traduction]
Des pressions très fortes ont été exercées
au cours des huit dernières années sur la Loi sur l'accès
à l'information et ont fait apparaître des faiblesses graves
de la stratégie d'application de la loi prévue dans le
texte législatif. Le volume des plaintes reçues par le
Commissariat à l'information a augmenté de façon
marquée, et le temps nécessaire pour résoudre ces
plaintes a été prolongé. Les relations avec la
haute fonction publique des organismes centraux et des grandes institutions
fédérales se sont réellement dégradées.
Le Commissariat à l'information du Canada dépend maintenant
largement de ses pouvoirs formels d'enquête et constate qu'un
nombre plus élevé de différends sont résolus
en Cour fédérale (6).
Il se peut que M. Roberts ait un peu noirci la situation mais il est
important de constater que les observateurs d'expérience et bien
informés du régime fédéral d'accès
à l'information, comme M. Roberts, expriment de telles préoccupations.
Cet antagonisme n'est pas une bonne chose et il pourrait être le
signe avant-coureur d'une crise à venir dans l'administration de
la Loi sur l'accès à l'information et d'un affaiblissement
de la capacité du Commissaire à être un défenseur
crédible et efficace des principes qui sous-tendent la Loi
sur l'accès à l'information.
Cette évolution au niveau fédéral traduit non seulement
un antagonisme croissant entre le Commissariat à l'information
et certains organismes gouvernementaux, et soulève des préoccupations
au sujet de l'efficacité du régime actuel de surveillance,
mais elle soulève également des doutes sérieux sur
l'engagement du gouvernement envers les principes de la Loi sur l'accès
à l'information. Elle soulève des questions sur l'exercice
des pouvoirs du Commissaire, ainsi que sur l'à propos de ses procédures.
Elle soulève des questions sur la façon dont le Commissaire
devrait aborder les enquêtes qui comportent de allégations,
d'irrégularités ou même de conduite criminelle, de
la part de fonctionnaires.
Tout cela pose aussi la question de savoir si, dans le contexte de cette
résistance apparente à certains aspects du régime
actuel d'accès à l'information par le gouvernement, le modèle
de l'ombudsman est celui qui convient le mieux pour assurer une surveillance
efficace des décisions des institutions en matière d'accès
à l'information. Cela pose également la question de savoir
si le cadre législatif actuel accorde suffisamment de marge de
manœuvre au Commissaire pour élaborer ces procédures qui
assurent aux personnes dont la conduite fait l'objet d'une enquête
que les procédures respectent les règles de justice naturelle.
Le Groupe d'étude devra étudier la façon dont cette
tendance à des enquêtes plus formalisées et l'antagonisme
croissant entre le Commissariat à l'information du Canada et le
gouvernement peuvent être abordés, et se demander si des
modifications législatives permettraient de résoudre ce
différend. Le Groupe d'étude devra également se demander
quelles sont les modifications éventuelles à la procédure
et à la politique que le Commissaire ou le gouvernement pourrait
adopter pour réduire au minimum les différends et améliorer
l'efficacité du Commissariat à l'information.
b) Le contexte
Il est important de bien comprendre le contexte de la fonction de surveillance
de l'accès à l'information. Le nombre de demandes présentées
aux organismes gouvernementaux a augmenté. Au cours de l'exercice
1995-1996, il y a eu au total 12 702 demandes. Ce nombre est
resté relativement stable en 1996-1997 et en 1997-1998. Toutefois,
en 1998-1999, il a augmenté à 14 339, puis à
18 489 en 1999-2000. En 2000-2001, 20 789 demandes ont été
présentées (7).
Certaines d'entre elles portent sur un grand nombre de documents. Le Commissariat
a également enregistré une hausse du nombre de plaintes.
En 1999-2000, le Commissariat a ouvert 1 359 nouveaux dossiers
de plainte, puis 1 688 en 2000-2001. Sur ce dernier nombre, il a
pu clore 1 337 dossiers. Sur les plaintes réglées en
2000-2001, 575 (43 %) portaient sur des retards, 534 (40 %)
sur des refus de divulgation, 151 (11 %) sur des prolongements de
délais pour répondre et 54 (4 %) sur les droits et
frais imposés. La vaste majorité des dossiers de plaintes
clos (99,8 %) ont été classés par le Commissariat
à l'information du Canada dans la catégorie des plaintes
réglées, non défendues ou abandonnées, ce
qui en laissait moins de 0,2 % non résolues
(8).
Si ces données donnent une image très positive de la résolution
des plaintes, elles ne nous précisent pas dans quelle mesure les
plaignants étaient satisfaits des résultats, n'indiquent
rien sur les relations entre le Commissariat à l'information du
Canada et les institutions qui ont fait l'objet d'enquête, sur l'efficience
ou l'efficacité du processus ni sur le pourcentage de plaintes
provenant du Commissaire lui-même. Le Commissariat à l'information
a pour politique de proposer d'aller devant les tribunaux à chaque
fois que le chef d'une institution a refusé d'accepter ses recommandations
de divulguer de documents (9)
et, en 2000-2001, il n'y a eu que deux cas de ce type, ce qui représente
moins de 0,2 % des plaintes traitées. Cette bonne statistique
montre bien que les enquêteurs du Commissariat et les coordonnateurs
à l'accès à l'information réussissent à
s'entendre sur la résolution des plaintes et à négocier
des solutions.
On ignore toutefois la proportion des demandeurs qui, mécontents
de la réponse obtenue d'une institution fédérale,
se plaignent au Commissaire. Certaines anecdotes portent à croire
que les demandeurs estiment que le processus de plainte est trop long
et ne constitue donc pas un outil efficace
(10). En fait, en 2000-2001, il a fallu, en moyenne, 7,83 mois
pour résoudre une plainte sur un refus de divulguer un document
(11).
c) Au sujet de la rédaction de ce rapport
En m'apprêtant à rédiger ce rapport, j'étais
parfaitement consciente que le Commissaire à l'information du Canada,
et son personnel, les divers ministères et leur personnel ainsi
que les avocats du ministère de la Justice et ceux du secteur privé
qui les conseillent, et les requérants, ont tous des opinions très
différentes sur les dispositions législatives actuelles
et sur les causes de la prolifération des différends concernant
la nature et la portée des pouvoirs d'enquête du Commissaire.
C'est pourquoi, en travaillant à ce rapport, j'ai voulu recueillir
l'opinion de diverses personnes qui ont été impliquées,
d'une façon ou d'une autre, dans le processus d'enquête,
y compris des cadres du Commissariat à l'information du Canada,
des avocats du ministère de la Justice et du secteur privé,
des coordonnateurs de l'AIPRP (12),
des requérants et des personnes qui ont fait l'objet d'enquêtes
sur leur comportement et le rôle qu'elles pouvaient avoir joué
dans le traitement des demandes d'accès à l'information.
J'ai également recueilli des informations auprès des représentants
des commissariats à l'information et à la protection des
renseignements personnels de la Colombie-Britannique et de l'Ontario.
J'ai bénéficié de renseignements sur les procédures
et les modalités d'enquête qui ont été transmis
au Groupe d'étude par les commissariats de la Colombie-Britannique,
de l'Alberta et de l'Ontario, par l'ombudsman du Manitoba et par la Commission
du Québec. De plus, le Groupe d'étude m'a fait profiter
de renseignements compilés au cours de réunions en Irlande
et au Royaume-Uni.
Je suis tout particulièrement reconnaissante envers les dirigeants
du Commissariat à l'information du Canada. J'ai pu les rencontrer
avant de préparer ce rapport et ils ont révisé une
ébauche que je leur ai soumise. Ils avaient de nombreux commentaires
sur cette ébauche. À la suite de leurs observations, j'ai
fait des changements là où mes affirmations n'étaient
pas exactes et où j'ai eu le sentiment d'avoir été
injuste dans mes affirmations ou dans mes conclusions. Il reste cependant
un certain nombre de points sur lesquels nous sommes tout simplement en
désaccord.
À la suite de ces discussions et des consultations que j'ai eues
avec le Groupe d'étude, il a été décidé
que ce rapport examinerait dans les grandes lignes les pouvoirs du Commissaire
à l'information, en particulier en ce qui concerne les enquêtes,
dans le contexte des questions suivantes :
- Le Commissaire doit-il envisager de publier des règles
de procédure ou lignes directrices précisant dans quelles
conditions il ouvrira des enquêtes, comment celles-ci se dérouleront
et, de façon générale, ce qu'il attend des coordonnateurs
à l'accès à l'information et des autres intervenant
lors d'une enquête?
- Est-ce que les dispositions actuelles de la Loi, imposant de donner
un préavis et d'accorder la possibilité de présenter
des observations, sont adéquates? En particulier, la Loi doit-elle
traiter précisément du droit d'une personne à être
informée que sa conduite fait l'objet d'une enquête et
du droit de cette personne à présenter ses observations
au Commissaire avant que celui-ci ne formule des conclusions qui peuvent
avoir des répercussions sur cette personne?
- Faut-il modifier la loi pour préciser la mesure dans laquelle
le mandat du Commissaire lui permet de faire enquête sur la conduite
de personnes, en particulier si la conduite en question peut déboucher
sur une enquête criminelle?
- Pourquoi la Loi impose-t-elle de mener des enquêtes secrètes?
Qu'est-ce que cela signifie? Quel est le niveau de confidentialité
réellement nécessaire?
- Le pouvoir du Commissaire d'accéder à des documents
couverts par le secret professionnel de l'avocat est-il approprié?
Ce pouvoir doit-il être limité à la capacité
de consulter les documents qui font l'objet d'une demande afin de vérifier
si l'exemption de divulgation des communications entre l'avocat et le
client a été appliquée à bon escient?
- Faut-il accorder des pouvoirs additionnels ou élargir le
mandat du Commissaire pour lui permettre de remplir son rôle de
façon plus efficace? Faut-il lui confier d'autres mandats reliés
à l'accès à l'information? En particulier, le rôle
du Commissaire doit-il rester celui d'un ombudsman ou doit-il disposer
d'un pouvoir quasi-judiciaire, avec la possibilité de rendre
des ordonnances?
Le Groupe d'étude a estimé que ces questions sont celles
qui touchent à la nature fondamentale du rôle de surveillance,
du Commissaire (qu'il s'agisse d'un ombudsman ou d'un organisme quasi-judiciaire),
à l'adéquation de son mandat et des outils dont il dispose,
ou encore qu'elles étroitement liées aux causes de désaccords
entre le Commissariat à l'information et le gouvernement.
Toutefois, avant d'étudier ces questions, nous passerons en revue
le rôle et les pouvoirs du Commissaire, tels qu'ils sont définis
actuellement dans la Loi sur l'accès à l'information,
et nous les comparerons à ceux prévus dans les lois provinciales
sur les ombudsmans et sur les organismes provinciaux de surveillance de
l'accès à l'information et de la protection des renseignements
personnels. Nous examinerons également le rôle et les pouvoirs
des commissaires ou des ombudsmans qui remplissent des fonctions de surveillance
comparables en matière d'accès à l'information gouvernementale
en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et en Irlande.
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2. La législation du Québec met en place
un processus d'audition plus officiel et la Commission délivre
à l'occasion des assignations à témoin.
3. Rapport annuel du Commissaire à l'information
du Canada, 2000-2001, p. 107.
4. Le procureur général du Canada
et Bruce Hartley c. Le Commissaire à l'information du Canada
(T-582-00) Section de première instance.
5. Le procureur général du Canada
et Janice Cochrane c. Le Commissaire à l'information du Canada
(T-2276-00 et T-2358-00) Section de première instance.
6. Alasdair Roberts, The Commissioner as Regulator:
Improving Strategies for Enforcement of the Access to Information Act,
document de travail, octobre 2001, à la p. 2.
7. B. McIsaac, Nature et structure des dispositions
d'exemption et recours au concept de primauté de l'intérêt
public
8. Rapport annuel du Commissaire à l'information
du Canada, 2000-2001, à la p. 80.
9. John Reid, présentation au Comité
consultatif externe du GEAI, 20 juin 2001. Disponible en ligne à
www.atirtf-geai.gc.ca
10. Alasdair Roberts, The Commissioner as Regulator,
précité, à la p. 12.
11. Rapport annuel, 2000-2001, précité,
à la p. 81.
12. J'ai bénéficié des consultations
qu'a eues le Groupe d'étude avec des coordonnateurs d'accès
à l'information et j'ai participé à une réunion
avec le Comité aviseur senior des coordonnateurs. Ces consultations
sont résumées sur le site Web du Groupe d'étude.
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