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Groupe d'étude de
l'accès à l'information
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Rapport 28 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
LES POUVOIRS ET LES PROCÉDURES D'ENQUÊTE DU COMMISSAIRE
À L'INFORMATION
VIII - Conclusion
Comme je l'ai déjà indiqué à de nombreuses
occasions dans ce rapport, je suis d'avis que le cadre législatif
des enquêtes du Commissaire, à titre d'ombudsman, est bien-fondé
mais qu'il y a des modifications qui pourraient améliorer son rôle
et lui permettre de jouer de façon plus juste et plus efficace
de son rôle de surveillance.
Malgré le bien-fondé du régime, il est apparent
qu'il y a un problème qui prend une importance croissante. Le niveau
de méfiance et d'animosité entre le Commissariat à
l'accès à l'information et un grand nombre d'institutions
gouvernementales est inacceptable. Pourquoi en est-il ainsi? À
mon avis, tant le gouvernement que le Commissaire en sont responsables.
Il ne fait aucun doute que les critiques formulées par le Commissaire
à l'égard du gouvernement aux pages 16 et 17 de son rapport
annuel de 2000-2001 sont valides dans une certaine mesure :
Les plus graves lacunes du droit d'accès ne viennent pas
du libellé de la Loi, mais des actes de ceux et celles qui appliquent
la Loi. La réforme doit mettre l'accent sur les secteurs où
elle s'impose le plus.
Les motifs des échecs du passé donnent des
indices sur les pièges qui attendent l'examen actuel. Le secret
au gouvernement est profondément enraciné - principalement
aux échelons supérieurs de la bureaucratie. Le
secret plonge les fonctionnaires dans un anonymat relatif au service
de la « responsabilité ministérielle ». Le secret
donne aussi aux gouvernements un meilleur contrôle sur la gestion
de la communication de l'information au public. La loi sur l'accès
- comportant pour quiconque est présent au Canada un droit positif
d'accès à la plupart des documents détenus par
le gouvernement, accompagné d'un délai de réponse
- constitue une attaque frontale à ces deux vertus perçues
du secret. C'est pourquoi tout incite les fonctionnaires à résister,
voire à entraver, l'application de la loi.
Si on peut s'attendre à une certaine résistance
à la divulgation de certaines informations, je pense pour une grande
partie, le problème en est essentiellement un de ressources. Quelles
ressources le gouvernement est-il prêt ou capable de consacrer à
la gestion de l'information et aux questions d'accès à l'information?
La réponse à cette question dépasse la portée
de cette étude, mais la réponse qui y est donnée
détermine dans une large mesure comment la fonction de surveillance
doit être structurée.
De la même façon, il y aura toujours des différences
d'opinions réelles et fondées sur les principes quant à
l'interprétation de la loi entre les plaignants, le Commissaire
à l'information et les institutions gouvernementales. La meilleure
façon d'aborder ces différences de façon efficace
est souvent de faire trancher la question par les tribunaux. Même
en Suède, qui a plus de 250 ans d'expérience en matière
d'accès à l'information et qui a l'une des cultures administratives
les plus ouvertes du monde, il y a des problèmes qui sont régulièrement
soumis aux tribunaux. Toutefois, l'organisme chargé de la surveillance
joue également un rôle important dans le bon fonctionnement
de la loi sur l'accès à l'information. L'organisme de surveillance
peut résoudre certaines de ces questions d'interprétation
et, en ce sens, il vaut mieux qu'il s'agisse d'un organisme quasi-judiciaire.
Dans de nombreux cas, l'objectif le plus important est d'assurer la cohérence
et la certitude. Cela devrait être l'objectif du premier niveau
de surveillance.
À mon avis, le Commissariat à l'information n'est pas parvenu
à élaborer, ou pour le moins à communiquer aux institutions
gouvernementales, une approche cohérente de son rôle et de
son mandat d'enquête. Ses conclusions concernant l'application des
exemptions et l'interprétation des dispositions en la matière
ne sont pas publiées de façon suffisante. Les enquêteurs
ne donnent pas toujours l'impression d'avoir un plan d'enquête bien
précis. Les parties perdent parfois du temps parce qu'il n'y pas
de procédure d'enquête publiée et que les institutions
gouvernementales qui reçoivent peu de demandes, ou qui font rarement
l'objet d'une enquête, ne savent pas vraiment à quoi s'attendre.
De plus, même les institutions qui ont une vaste expérience
des enquêtes signalent qu'elles sont régulièrement
surprises par la façon dont le Commissariat exerce ses pouvoirs
d'enquête. Celui-ci ne semble pas avoir assez réfléchi
à son rôle dans les enquêtes dans les cas d'allégations
de mauvaise conduite de personnes.
Le recours aux assignations à comparaître et aux interrogatoires
agressifs de cadres supérieurs, y compris des ministres, a vivement
attiré l'attention des ministères sur les questions d'accès
à l'information, mais a également dégradé
les relations, peut-être à long terme, et réduit considérablement
les possibilités de compromis, d'adaptation et de solutions négociées.
Cela a conduit à la confusion et à l'incertitude, à
un sentiment d'iniquité et de méfiance. Dans une certaine
mesure, le Commissariat pourrait bien avoir perdu la persuasion morale
à laquelle John Grace faisait allusion, et qui est si importante
pour qu'un ombudsman soit efficace.
À mon avis, le gouvernement et le Commissariat sont tous deux
responsables de l'état actuel de leurs relations. Il leur incombe
à tous deux de réparer les pots cassés. On peut espérer
qu'ils pourront travailler en collaboration pour mettre en œuvre les recommandations
du Groupe d'étude.
AU SUJET DE L'AUTEUR
Barbara McIsaac, c.r.
Barbara McIsaac est associée directrice chez McCarthy Tétrault,
s.r.l., d'Ottawa. Elle a obtenu son diplôme de la Faculté de droit
de l'Université Queen's en 1973 et a été reçue au
Barreau du Haut-Canada en 1975. De 1974 à 1983, Mme McIsaac
a travaillé dans le secteur privé à Ottawa pour ensuite entrer
au service de la Section du contentieux des affaires civiles du ministère
de la Justice. En 1990, elle a été nommée conseillère
de la reine. En 1994, elle est retournée au secteur privé au sein
du cabinet McCarthy Tétrault.
Mme McIsaac était avocate principale dans l'enquête
sur la Somalie. Elle a plaidé des causes aussi variées
que Pioneer Hi-Bred, où la Cour suprême du
Canada a arrêté que la Loi sur les brevets
ne permettaient pas le brevetage de formes de vie; Mossop c.
Le Procureur général du Canada, où la
Cour suprême du Canada s'est prononcée sur l'interprétation
de l'expression « situation de famille » dans la Loi canadienne
sur les droits de la personne; Southam c. La Reine,
où la Cour d'appel de l'Ontario a conclu que les dispositions
de la Loi sur les jeunes contrevenants empêchant
la publication des noms des victimes ou des contrevenants ne violaient
pas la Charte; et Haig c. La Reine, où
la Cour d'appel a estimé que la Loi canadienne sur les
droits de la personne contrevenait à la Charte parce
qu'elle n'incluait pas l'orientation sexuelle dans les motifs de
discrimination prohibés.
Mme McIsaac a représenté des clients
du secteur privé et le gouvernement fédéral
concernant des différends en matière de contrats,
des questions environnementales, la responsabilité quant
à des produits, des réclamations en responsabilité
civile délictuelle, la responsabilité professionnelle
et l'emploi, en plus de nombreuses causes ayant trait à la
Charte et au droit civil.
Expérience relative à l'accès à
l'information et à la protection des renseignements personnels
Lorsqu'elle était au ministère de la Justice, Mme
McIsaac était coordonnatrice du contentieux relatif à
la Loi sur la protection des renseignements personnels
et à la Loi sur l'accès à l'information
et avocate dans nombre de causes sur l'interprétation et
la mise en application de ces deux lois. Elle a conseillé
divers ministères et organismes fédéraux sur
l'interprétation de ces lois et participé, avec la
Section de l'accès à l'information et de la protection
des renseignements personnels du ministère de la Justice,
à l'examen parlementaire de cette législation. Elle
a également assisté les Commissaires à l'information
et à la protection des renseignements personnels quant à
la coordination de l'application de ces deux lois.
Depuis qu'elle est retournée dans le secteur privé,
Mme McIsaac a représenté le gouvernement,
des organismes fédéraux, des clients privés
ainsi que le Commissaire à la protection de la vie privée
du Canada concernant des sujets ayant trait à l'accès
à l'information et à la protection des renseignements
personnels. De plus, elle est coauteure du livre intitulé
The Law of Privacy in Canada (Carswell,
2000) et donne souvent des conférences sur des questions
relatives à la protection des renseignements personnels et
à l'accès à l'information.
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