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Groupe d'étude de
l'accès à l'information
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Rapport 25 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
LA GESTION DES DÉLAIS DE RÉPONSE AUX TERMES DES LOIS CANADIENNES
SUR L'ACCÈS À L'INFORMATION
2. Analyse des enjeux de la gestion des délais
2.1 Le nombre de jours des délais de réponse :
L'éventail et la justification des choix
- Le succès du régime d'AI repose sur l'observation des
lignes directrices réglementaires relatives au traitement des
demandes d'accès à l'information. En fait, les niveaux
d'observation constituent une mesure utile de l'efficacité d'un
régime d'AI. Les pages qui suivent partent de ce principe directeur.
(1)
- Les dispositions législatives et les observations contenues
à l'annexe 1 indiquent que le délai habituel est
de 30 jours civils ou 20 jours ouvrables, délai censé
produire sensiblement les mêmes résultats pour ce qui est
d'obtenir une réponse à une demande de documents.
- Au terme de son examen de la mise en œuvre de la Loi en mars 1987,
le Comité permanent de la justice et du Solliciteur général
concluait ce qui suit :
- « Plusieurs années s'étant écoulées
depuis l'entrée en vigueur de la Loi sur l'accès
à l'information, le Comité estime qu'en règle
générale, les institutions fédérales
devraient être en mesure de répondre plus rapidement
aux demandes d'accès. En conséquence, le Comité
recommande que le délai initial dans lequel l'institution
fédérale doit donner suite à une demande soit
réduit à vingt jours. » (2)
- Les pays et les provinces semblent avoir copié leurs délais
réglementaires les uns sur les autres d'après le principe
selon lequel ce qui a « fonctionné » dans d'autres administrations
devrait fonctionner pour eux aussi.
- Les délais sont à plus d'un égard un ensemble
de « vœux pieux » auxquels les ministères doivent se conformer,
et auxquels ils se conforment habituellement grâce aux bons soins
du personnel de l'AI.
- Il est courant que les personnes qui présentent des demandes
d'accès à l'information veuillent raccourcir les délais,
tandis que les personnes qui répondent ont de la difficulté
à respecter ces délais.
- Compte tenu des priorités opposées qui sont inévitables
dans les ministères, l'objectif d'observation du délai
de trente jours civils semble constituer un choix pratique, surtout
quand les documents demandés sont dans les mains des gestionnaires
de programmes et doivent être localisés, récupérés,
copiés, examinés et consultés. Ce ne sont pas là
des activités mineures dans la plupart des cas.
- Dans son Livre vert de juin 1977, le gouvernement libéral déclarait
ce qui suit au sujet des délais administratifs : « L'idéal
serait d'imposer des délais suffisamment astreignants
pour que les demandes raisonnables des requérants soient satisfaites
tout en accordant le temps voulu pour que la loi soit habituellement
respectée sans entraîner une augmentation inutile
des frais et du personnel administratifs. » (3)
(Nous avons ajouté les caractères gras)
- Les délais actuels d'AI satisfont aux divers objectifs établis
en 1977 et ne doivent pas être modifiés.
2.2 Les attentes et les rôles des parties à
une demande d'accès à l'information (AI) en ce qui concerne
le respect des délais impartis et les retards
Cette question est cruciale pour comprendre le problème du non-respect
des délais, étant donné qu'elle révèle
l'écart notable qui existe au chapitre des attentes et des rôles
des « parties » au processus d'accès à l'information. Même
s'il n'y a rien d'étonnant à ce que les points de vue diffèrent
dans ce contexte, il est important de bien comprendre ces points de vue
afin de façonner un régime administratif réaliste
et pratique qui permet de traiter avec succès les demandes d'accès
à l'information, ce qui constitue l'objectif ultime du processus
d'AI.
2.2.1 Pression exercée par les demandeurs :
2.2.1.1 Particuliers
- Si des organismes publics retardent
leur réponse à des particuliers ou à d'autres demandeurs
(traduction), « ce retard a souvent le même effet qu'un refus.
» (4) C'est le problème général
auquel il faut remédier au moyen de mesures administratives en
bonne et due forme.
- Les particuliers n'ont tendance à rechercher des renseignements
généraux en vertu de l'AI que s'ils ont un problème
ou s'ils militent activement pour une cause; à ce moment-là,
ils sont des demandeurs grandement motivés qui veulent que leur
demande fasse l'objet d'une réponse rapide (et qui veulent l'entière
communication des documents).
- Les particuliers sont peu conscients du processus, ou de l'incidence
qu'il a sur les activités courantes de l'institution; ils veulent
voir tous les documents qui existent et ils le veulent sans attendre,
d'où la pression exercée sur le système.
- Ils ne comprennent pas l'application légitime des exceptions
prévues par la Loi à l'obligation de divulguer l'information;
la plupart des particuliers demandeurs ne comprennent pas tous les motifs
« légaux » pour lesquels ils ne peuvent obtenir des documents
en totalité ou en partie. Leur expérience de l'AI est
insuffisante, et les lois en vigueur sont, en réalité,
obscures et complexes.
- Ils oublient que d'autres demandeurs, certains avec des demandes très
imposantes, les précèdent; (5)
- Ils considèrent que les politiciens et les bureaucrates essaient
de cacher des documents pour camoufler leurs activités;
- Le processus de « rehaussement des connaissances » des demandeurs
est très fastidieux et il est sans fin pour tous ceux qui administrent
un régime d'AI, mais il doit se poursuivre de façon constante.
(6) Le fait d'expliquer dans les sites Web les pratiques courantes
et les résultats constituerait un pas dans la bonne direction.
(7)
2.2.1.2 Demandeurs hostiles, vexatoires, frivoles, ou irrationnels
- Ces demandeurs risquent de discréditer le régime d'AI
aux yeux de la fonction publique en accaparant d'énormes ressources
budgétaires et en mobilisant le personnel, ils ont des répercussions
négatives sur la santé du régime, même s'ils
ne sont pas nombreux.
- Le résumé des discussions entre les coordonnateurs et
le Groupe d'étude de l'accès à l'information incluait
le point suivant : « Quelques participants ont indiqué que
les frais peu élevés pour avoir accès à
l'information favorisent les demandes « frivoles ». Ils sont d'avis
que le fait de consacrer du temps pour répondre à ce genre
de demandes nuisait au traitement en temps opportun de demandes qui
étaient perçues comme étant davantage conformes
à l'esprit de la Loi. »
- Heureusement pour la collectivité de l'AI, les élus,
les membres du Cabinet et le grand public ont rarement connaissance
des pertes de temps et de ressources occasionnées par ce genre
de demande frivole et vexatoire.
- À la demande de son comité consultatif externe, le Groupe
d'étude de l'accès à l'information a demandé
aux bureaux d'AI de leur donner des exemples de ce genre de demandes
problématiques. Les coordonnateurs de l'AI qui ont participé
à cet exercice ont défini comme frivole et vexatoire une
demande dont l'auteur n'affiche aucun intérêt perceptible
pour le résultat de la recherche.
- Les demandeurs qui ont une idée fixe ou qui veulent revenir
sur le passé : le Commissaire à l'information de
l'Australie occidentale a défini la catégorie des « demandes
vexatoires ou en série » comme suit (traduction) :
« Les demandes en série sont des demandes répétées
souvent présentées dans une courte période pour
les mêmes documents ou des documents semblables, y compris des
documents qui leur ont déjà été fournis.
Elles peuvent concerner des documents portant sur une décision
rendue par moi-même. Les demandes vexatoires peuvent prendre
de nombreuses formes, mais elles sont le plus souvent présentées
par des personnes ayant une idée fixe, au sujet d'une question
ou d'un organisme, qu'elles ne peuvent ou ne veulent pas oublier. Dans
un cas comme dans l'autre, il y a une limite aux ressources que notre
commissariat peut raisonnablement consacrer à ces demandes. »
(8) (Nous avons ajouté les caractères gras).
Il s'agit là d'un réel problème dans la pratique
de l'AI.
- Leur comportement insupportable démoralise même les employés
du Commissaire à l'information et les coordonnateurs de l'accès
à l'information les plus motivés;
- Au sujet des « demandes insignifiantes, futiles et perturbatrices
», le gouvernement Mulroney a précisé en 1987 : «
Le gouvernement ne croit pas que les demandes insignifiantes, futiles
ou ennuyeuses devraient être permises… Les demandes futiles ou
ennuyeuses constituent une utilisation abusive du droit d'accès
prévu aux termes de la Loi sur l'accès à l'information.
Le gouvernement ne croit pas non plus qu'il soit opportun que le traitement
des demandes accapare de façon déraisonnable les
ressources normalement affectées à la capacité
des ministres de s'acquitter de leurs fonctions. Le gouvernement
examinera donc la possibilité d'amender la Loi sur l'accès
à l'information afin de régler ces problèmes.
» (9) (Nous avons ajouté les caractères
gras) [Rien n'en est ressorti.]
- Certains estiment que le « nombre » de documents frivoles et vexatoires
n'est pas suffisamment consigné. Il pourrait être utile
de disposer de données statistiques à ce sujet, cependant
même un nombre limité de ces demandes peut avoir un puissant
effet démoralisateur sur les nombreuses personnes qui essaient
de faire fonctionner le régime de l'AI.
- Le Commissaire Reid précisait ce qui suit le 15 octobre 2000 :
« le Secrétariat du Conseil du Trésor a consacré
beaucoup trop d'énergie à relever et à quantifier
ce qu'il considère comme des irritants dans le système
d'accès à l'information (par exemple : les utilisateurs
fréquents, les demandes frivoles et vexatoires, les coûts
élevés du respect de la Loi et les délais difficiles
à respecter). » (10)
- La Freedom of Information and Protection of Privacy Act de
la C.-B. autorise le Commissaire à l'information et à
la protection de la vie privée, à la demande d'un organisme
public, à (traduction) « permettre à l'organisme public
de ne pas tenir compte des demandes… qui, en raison de leur nature répétitive
ou systématique, nuiraient de façon déraisonnable
aux activités de l'organisme public. »
(11)
- Le Loi sur la protection des renseignements personnels et les
documents électroniques fédérale précise
que le Commissaire à la protection de la vie privée n'est
pas tenu de dresser un rapport s'il estime que « la plainte est futile,
vexatoire ou entachée de mauvaise foi. »
(12)
- L'article 53 de l'Alberta Freedom of Information and Protection
of Privacy Act précise avec sagesse que (traduction) « si
le dirigeant d'un organisme public le demande, le Commissaire peut autoriser
l'organisme public à ne pas tenir compte d'une ou plusieurs demandes
aux termes des paragraphes 7(1) ou 35(1), si (a) en raison de leur nature
répétitive ou systématique, les demandes nuiraient
de façon déraisonnable aux activités de l'organisme
public ou constitueraient une utilisation abusive du droit d'accès
à l'information, ou si (b) une ou plusieurs de ces demandes sont
frivoles ou vexatoires. »
- Les lois sur l'AI doivent prévoir un mécanisme qui permettrait
de composer avec ces demandes.
2.2.1.3 Demandeurs chevronnés
- Comme l'a souligné la Présidente du Groupe d'étude
de l'accès à l'information dans une allocution prononcée
à Londres, au R.-U. le 5 mars 2001, « Nous savons qu'un
nombre limité de demandeurs génère la majorité
des demandes; 35 % des demandeurs font plus d'une demande par année;
11 % en font plus de sept; certains admettent en avoir formulé
des milliers au cours des années. » (13)
- Savent ce qu'ils cherchent grâce à leur expérience
et font preuve d'opiniâtreté;
- Peuvent être menaçants sur le plan politique en raison
des documents délicats qu'ils ont tendance à demander
et à dévoiler;
- Leurs demandes précises et circonscrites peuvent entraîner
une lourde charge de travail (mais des frais peuvent être imposés
et des prorogations peuvent être accordées pour chercher
et séparer les documents);
- Le résumé des discussions avec les ministères
ayant reçu un « bulletin de rendement »
(14) soulignait que les demandes «volumineuses, de renseignements
multiples, en série et commerciales» expliquent le plus souvent
le non-respect des délais, et on y précisait ce qui suit :
- Certaines demandes extrêmement imposantes peuvent annuler
les plans les mieux conçus, et exercer une pression sur le
personnel de l'unité de l'AIPRP qui essaie d'offrir à
tous les autres demandeurs en attente un service équitable;
- Il faut plus de temps pour cerner, trouver, examiner et séparer
des documents relatifs à des demandes volumineuses et complexes
que pour des demandes qui exigent des documents moins volumineux;
- Un nombre relativement peu élevé de demandeurs
qui présentent des demandes à répétition
génère un nombre disproportionné de plaintes;
(15)
- Peuvent se faire rémunérer pour les demandes dont les
résultats défraient les manchettes, ce qui les rend impopulaires
auprès des politiciens et de la fonction publique;
- Des sociétés commerciales essaient d'utiliser ces demandes
pour « espionner » leurs rivaux. Selon le résumé de la
consultation avec les ministères ayant reçu un bulletin
de rendement, « les entreprises sont des utilisateurs fréquents
de la Loi, demandant souvent de l'information sur des entreprises
concurrentes…On a parfois l'impression que certaines entreprises utilisent
la Loi sur l'accès à l'information comme «un
service de recherche bon marché. » (16)
- Les demandeurs chevronnés, et même professionnels, exercent
leurs droits légitimes.
2.2.1.4 Demandes des médias
- Les membre des médias qui
sont des spécialistes de l'AI sont des demandeurs professionnels
et chevronnés;
- Les journalistes débutants s'attendent à des réponses
immédiates et ne connaissent pas « les règles du jeu »;
- La communication de documents aux médias est presque toujours
délicate sur le plan politique, si bien que les spécialistes
des communications des ministères auront à préparer
des info-capsules et des réponses anticipées aux questions
des médias mais quelquefois peuvent également essayer
de gérer le processus au moyen de divers stratagèmes (communiquer
les documents au monde entier au moyen d'un communiqué de presse;
communiquer les documents à un moment où il est difficile
de s'en servir efficacement; retarder la divulgation afin de réduire
l'utilité des documents);
- Le non-respect des délais a incité certains demandeurs
des médias à abandonner le processus d'AI en raison de
son inutilité pour eux;
- J'ai l'intime conviction que les demandeurs des médias servent
de substitut au public aux fins de la présentation de demandes
d'AI, même si les délais existants ne conviennent pas aux
besoins immédiats des médias quotidiens. Il n'y a pas
de solutions immédiates à ce dernier problème dans
le cadre d'un régime d'AI.
2.2.1.5 Partis de l'opposition
- Leurs connaissances et leurs ressources
consacrées à la recherche peuvent produire des demandes
très ciblées et volumineuses dans des domaines délicats
sur le plan politique, surtout au moyen de demandes ciblées visant
l'ensemble de l'administration publique et ayant pour objet de placer
le gouvernement dans l'embarras;
- Le gouvernement cherche évidemment à gérer le
processus de communication de manière à éviter
d'être pris par surprise par les partis de l'opposition (et les
médias) qui utiliseraient les documents contre eux; le Commissaire
à l'information ou le Secrétariat du Conseil du Trésor
ne peuvent pas changer grand-chose à cette pratique sur le plan
de la surveillance, il s'agit d'une réalité; la gestion
de la divulgation de l'information est un phénomène légitime,
prévisible et acceptable tant qu'on reste dans le respect de
la Loi.
- Peuvent présenter des demandes volumineuses et fréquentes
alléguant qu'ils n'ont pas d'autres moyens efficaces d'avoir
accès aux documents du gouvernement, comme c'est le cas en Colombie-Britannique;
(17)
- Les partis de l'opposition utilisent de manière légitime
leur droit d'accès à l'information.
2.2.2 La personne qui traite la demande : le Coordonnateur de
l'accès à l'information
- Il s'agit d'un poste exigeant qui n'est pas toujours estimé,
classifié ou rémunéré à sa juste
valeur;
- Le résumé des discussions entre les coordonnateurs et
le Groupe d'étude de l'accès à l'information incluait
cette déclaration : « Un grand nombre de participants ont
souligné des facteurs qui touchent le personnel chargé
de l'accès à l'information. Le stress au travail attribuable
à des facteurs tels que les charges de travail lourdes, les procédures
strictes en matière de dotation en personnel, le manque d'espace
à bureaux, le fait que les employés se sentent sous-estimés
au sein de l'organisation, le roulement de personnel élevé
et les injures occasionnelles de la part des demandeurs insatisfaits
du niveau de service obtenu constituent des éléments nuisibles
pour le maintien d'un groupe de professionnels efficaces et motivés.
» (18)
- Ce ne sont pas des postes qui mènent habituellement à
de l'avancement; heureusement, ces postes ont tendance à intéresser
des personnes engagées qui sont conscientes de l'importance de
leur travail pour la société. Le processus de consultation
avec les ministères ayant reçu des « bulletins de rendement
» mettait l'accent sur la nécessité d'améliorer
le cheminement professionnel et les programmes de transition entre le
domaine de l'accès à l'information et des secteurs plus
vastes.
- Ces postes sont perçus comme étant à l'extérieurs
des activités ministérielles principales et, à
certains égards, contraires aux intérêts des ministères;
- Toutefois, l'exécution des fonctions inhérentes à
ces postes exige une grande collaboration de la part des collègues
fonctionnaires;
- Le résumé des discussions entre les coordonnateurs de
l'accès à l'information et le Groupe d'étude de
l'accès à l'information renfermait les points suivants :
- « On a mentionné que les lourdes charges de travail des
fonctionnaires des secteurs des programmes minaient le respect des
délais prescrits par la Loi. Certains participants ont indiqué
également que les priorités ministérielles,
l'urgence du travail requis pour les notes pour la période
des questions et les impératifs législatifs l'emportaient
souvent sur le travail nécessaire pour répondre aux
demandes d'accès ».
- On estime que les communications et la coordination ministérielles
et interministérielles inadéquates empêchent
de façon importante la prestation de réponses ponctuelles
aux demandeurs.
- Certains participants ont mentionné des problèmes
de délégation de pouvoirs tant pour les agents chargés
de l'accès à l'information que pour les gestionnaires
de programmes en vue de l'approbation de la divulgation des documents.
On a indiqué également que les questions de communications
ralentissaient le processus de divulgation de l'information.
(19)
- On a indiqué que des ressources humaines et financières
insuffisantes et les lacunes au niveau de la formation et du soutien
diminuaient grandement les capacités du personnel chargé
de l'accès à l'information.
(20)
- Le Commissaire Reid affirmait le 15 octobre 2000 que le Conseil
du Trésor « ne s'est pas non plus fait le défenseur des
coordonnateurs de l'accès à l'information - qui sont souvent
tiraillés entre les obligations en vertu de la Loi (communiquer
les renseignements) et les exigences de leurs supérieurs (soustraire
les renseignements à la communication). »
(21) Il s'agit d'une observation importante.
- Perçue comme une personne qui vous dérange toujours
pour des motifs désagréables, c.-à-d., une autre
demande d'accès aux dossiers en possession d'un fonctionnaire
(demande presque toujours considérée comme menaçante,
étant donné qu'un demandeur n'a pas à expliquer
les motifs pour lesquels il veut avoir accès à ces renseignements).
- Le problème consiste à motiver les coordonnateurs au
fil des ans à travailler comme il se doit, surtout si leurs supérieurs
ont organisé le processus d'AI de manière dysfonctionnelle
(c.-à-d., une délégation de pouvoirs insuffisante
et de multiples couches d'examen ascendant). (22)
- La réalité des pressions internes que pose l'AI au système
politique et bureaucratique en place, par opposition à l'absence
apparente de « récompense » pour un travail bien fait; le système
de récompense des coordonnateurs compétents et des membres
de leur personnel doit être amélioré.
(23)
- Le flux ininterrompu de demandes d'accès à l'information;
les demandes se succèdent à un rythme sans relâche
et elles ne deviennent jamais plus faciles; (24)
- Il était précisé dans le résumé
des discussions entre les ministères ayant reçu des «
bulletins de rendement » et le Groupe d'étude de l'accès
à l'information que « la capacité de maintenir le service
constitue un problème important lorsqu'il y a une augmentation
vertigineuse du volume de demandes ».
- Dans le résumé des discussions entre les coordonnateurs
et le Groupe d'étude de l'accès à l'information,
on peut lire ce qui suit : « Certains groupes ont aussi mis en
question le bien-fondé du recours à la Loi aux fins de
divulgation de la preuve dans le cadre d'un litige ou aux fins de recherches
tenues à peu de frais et, selon eux, il s'agit d'un usage à
mauvais escient de la Loi. » (25)
- La perception des coordonnateurs selon laquelle 1) la taille et la
complexité des demandes augmentent; 2) les médias et les
demandeurs professionnels vont de plus en plus souvent à la «
pêche à l'information » afin de monter des dossiers spectaculaires;
3) les demandeurs veulent souvent « tout ce qui se trouve dans le bureau
d'une personne »; 4) des piles de demandes sont reçues pendant
le congé des Fêtes; 5) les documents demandés sont
situés à l'étranger ou sont rédigés
dans des langues étrangères. Ces questions sont très
importantes pour les coordonnateurs, déjà très
occupés.
- « Par exemple, le ministère des Affaires étrangères
et du Commerce international a reçu moins de 3 % des demandes
l'an dernier. Cependant, l'une des demandes portant sur l'Accord sur
le bois d'œuvre résineux vise 1,2 millions de documents. On a
dû mettre sur pied une unité supplémentaire de 12
à 15 personnes pour traiter la demande. Le délai pour
répondre a été prolongé de deux ans. »
(26)
- Dans le résumé des discussions entre les coordonnateurs
et le Groupe d'étude de l'accès l'information, on trouve
l'affirmation pertinente qui suit : « Des délais inacceptables
pour le traitement de demandes volumineuses et complexes et le manque
de transparence de la part de demandeurs quant à leurs vrais
objectifs « pêche à l'information» ont tous été
jugés comme des obstacles au respect des délais de la
Loi. » (27)
- La consultation avec les ministères ayant reçu des fiches
de rendement a établi comme principales raisons du non-respect
des délais les « structures organisationnelles décentralisées
» et la « nécessité de consultations approfondies ».
(28)
- Les coordonnateurs ne contrôlent pas l'attribution des ressources
d'une façon qui leur permettrait de s'acquitter de leurs responsabilités;
pourtant, le système peut les tenir responsables du non-respect
(en leur décernant une note de rendement défavorable);
(29)
- Les consultations menées à la fin de 2000 par le Groupe
d'étude de l'accès à l'information auprès
des ministères ayant reçu un bulletin de rendement a permis
d'établir que les ressources insuffisantes constituaient la principale
raison du non-respect des délais, y compris des problèmes
particuliers, soit :
- Quand un grand nombre de demandes sont reçues en un court
laps de temps, souvent le même jour, les bureaux de l'AIPRP
doivent réagir rapidement sans pouvoir se doter de ressources
additionnelles.
- Le travail est nécessairement en réaction à
la demande, et les augmentations soudaines de la charge de travail
sont impossibles à prévoir;
- Tous les participants ont réussi à éliminer
leur arriéré de demandes à la suite d'un influx
de nouvelles ressources (temporaires pour la plupart);
(30)
- Au sujet de la dotation inadéquate des postes de coordination,
le Commissaire à l'information et à la protection de la
vie privée de la C.-B, David Loukidelis, déclare (traduction)
: « Il est clair qu'une des principales raisons des retards, c'est que
le volume des demandes dépasse le nombre d'employés affectés
aux réponses. En période de restriction financière,
toutes les institutions doivent évidemment optimiser leurs ressources.
Le droit d'accès prévu aux termes de la Loi fait toutefois
état d'importants objectifs poursuivis dans l'intérêt
public, et c'est la raison pour laquelle la Loi impose aux organismes
publics l'obligation juridique de répondre aux
demandes d'accès à l'information dans le respect de certains
délais. » (31) (Nous avons ajouté
les caractères gras)
- Les postes de coordonnateurs requièrent de l'expérience
et de la formation pour permettre aux titulaires de travailler efficacement
mais il y a la réalité du roulement des employées
et du manque de temps pour suivre la formation;
- Les consultations avec les ministères ayant reçu des
bulletins de rendement ont permis de déterminer divers problèmes
de ressources humaines dans les unités de l'AIPRP.
- Les employés qui travaillent avec les coordonnateurs occupent
souvent des postes de niveau débutant où le roulement
et les risques d'épuisement professionnels sont élevés,
en raison de la nature extrêmement fastidieuse d'une grande partie
du travail; c'est la réalité des unités d'AIPRP.
- Les consultations avec les ministères ayant reçu un
bulletin de rendement ont fait ressortir que l'« épuisement professionnel
chez les coordonnateurs et les agents de l'AIPRP constitue un problème.
»
- Les difficultés légitimes qui consistent à appliquer
à un ensemble de documents complexes les exceptions prévues
dans la Loi, même une fois que les documents sont localisés
(c'est en soi une tâche fastidieuse de convaincre des personnes
déjà occupées d'en faire la recherche), copiés
et obtenus.
- Il y a le risque important de commettre des erreurs dans le processus
de séparation des documents, ce qui peut avoir des conséquences
négatives pour le coordonnateur et son ministère. La réputation
de divers organismes gouvernementaux partout au pays a été
gravement entachée par des erreurs dans le contenu des documents
communiqués.
- Les craintes rationnelles au sujet des risques et des conséquences
des erreurs commises dans le cadre de la divulgation de documents qui
peuvent nuire à la carrière et aux possibilités
d'avancement d'une personne au sein d'une fonction publique qui a toujours
évité, ce qui se comprend, de courir des risques;
- Le non-respect des délais en raison de niveaux d'examen et
de signature par les hauts fonctionnaires, qui n'ont pas délégué
les pouvoirs comme il se doit; (32)
- La reconnaissance du fait que dans le cas de la réponse à
des demandes d'accès exceptionnelles, la responsabilité
et le pouvoir réels échoient au ministre et au sous-ministre,
et non au coordonnateur (même s'il a en réalité
le pouvoir délégué de prendre la décision
de divulguer).
- Néanmoins, les coordonnateurs de l'accès à l'information
sont les principaux responsables du succès global du régime
d'AI. Comme l'a souligné la Présidente du Groupe d'étude
de l'accès à l'information dans une allocution prononcée
à Londres, R.-U., le 5 mars 2001, « Dans le système
canadien, les coordonnateurs de l'accès jouent un rôle
central. Il nous est impossible d'envisager le fonctionnement de notre
système sans leur apport. Ils interagissent avec les demandeurs,
encadrent l'acheminement des demandes, en assurent le suivi, font des
pressions pour que les programmes respectent les délais, donnent
des conseils d'expert en ce qui concerne l'application de la Loi, offrent
de la formation, conservent les statistiques et ont, dans plusieurs
ministères, l'autorité de prendre les décisions
sur la communication de l'information. Il s'agit d'un modèle
qui met l'accent sur l'efficacité et le respect des délais.
» (33)
- Les coordonnateurs et les membres de leur personnel occupent des postes
très exigeants qui nécessitent tout le soutien qu'ils
peuvent obtenir des parties responsables.
2.2.3 L'expéditeur/gestionnaire du document
- Une demande d'accès risque de nuire à la carrière
des fonctionnaires, étant donné que la communication de
certains faits peut les faire mal paraître, eux ou leurs prédécesseurs
(les éléments positifs sont moins susceptibles d'être
publiés). Une demande d'accès peut aussi être perçue
comme une menace aux programmes ou aux politiques auxquels les fonctionnaires
croient, ou comme une menace de travail intense à venir en raison
des retombées politiques de la divulgation des documents en question.
- Le Juge Muldoon (1990) a déclaré : « Il est indubitable
que l'un des principaux objectifs de la Loi est de faire disparaître
l'hésitation habituelle et tenace des fonctionnaires à
fournir les renseignements que possède le gouvernement, même
hors du cadre des limites claires fixées relativement au droit
à la communication. » (34)
- Les risques perçus relativement à la communication
d'ébauches de documents et de renseignements généraux;
certains fonctionnaires ont eu le grand malheur d'être cités
totalement hors contexte, ou de ne voir que les points négatifs
d'une note être rendus publics, sans qu'il soit fait mention des
points positifs.
- Les demandes d'AI ne font ressortir que des éléments
d'information négatifs et ne peuvent qu'entraîner des problèmes
pour les employés de la fonction publique, qui n'aiment pas les
risques.
- Dans un régime ou de nombreuses activités les réclament
et la pression est forte, les gestionnaires de programmes n'obtiennent
presque aucune récompense pour donner la priorité à
la recherche et à l'analyse des documents demandés;
- Les réductions de personnel font souvent en sorte que des
administrateurs principaux se retrouvent à chercher eux-mêmes
les documents en réponse à une demande.
- La perception selon laquelle le demandeur ne pourra comprendre les
documents ou ne sera pas capable de les utiliser comme il se doit, ou
les deux;
2.2.4 Les hauts fonctionnaires et les conseillers politiques
principaux
- L'absence d'éléments positifs pour un gouvernement
qui répond à une demande d'AI;
- L'important risque de divulgation nuisant aux intérêts
du gouvernement, des ministres et des hauts fonctionnaires (qui sont
habituellement à l'abri de la surveillance directe du public);
(35)
- La politique en vigueur qui consiste à limiter les dégâts
et à garder le ministre à l'abri des problèmes;
(36)
- L'âpre concurrence pour l'attribution de maigres ressources;
(37)
- Le pouvoir qu'ont les sous-ministres d'attribuer des ressources
de manière à éliminer les arriérés
de demandes d'accès, et la nécessité qu'ils ont
de le faire; (38)
- L'absence d'engagement, aux niveaux supérieurs, envers les
lois sur le « libre accès à l'information », celles-ci
étant plutôt considérées comme nuisibles
ou même pire à ces niveaux;
- Extrait du résumé des discussions entre les coordonnateurs
et le Groupe d'étude de l'accès à l'information :
« Certains participants ont déploré le fait qu'il
y ait un manque de responsabilisation en vue du respect de la Loi
dans certains secteurs de programmes et perçoivent un manque
d'engagement à l'égard de l'esprit de la Loi de la
part de certains gestionnaires à tous les niveaux, y compris
les gestionnaires supérieurs. » (39)
- La reconnaissance limitée du rôle et de la portée
inhortante des exemptions prévues à la Loi n'a pas réduit
la crainte suscitée par l'AI;
- Le Commissaire à l'information, John Reid, soulignait ce
qui suit le 23 février 2001 : « L'habitude du secret
est profondément enracinée dans l'administration fédérale,
notamment aux échelons supérieurs de la bureaucratie.
Le secret enveloppe les fonctionnaires dans un anonymat relatif sous
le couvert de la notion de « responsabilité ministérielle
». Le secret permet également aux gouvernements d'exercer plus
de contrôle sur l'information rendue publique. La Loi
sur l'accès à l'information - qui permet effectivement
à toute personne présente au Canada d'avoir accès
à la plupart des documents détenus par le gouvernement
dans des délais précis - est une attaque de front contre
ces vertus supposées du secret. Les fonctionnaires ont donc toutes
les raisons de résister au fonctionnement de la Loi, voire de
l'entraver.» (40)
- Le Commissaire Reid poursuivait, le 15 octobre 2001, au
sujet de la « stratégie de limitation des dégâts
» du Conseil du Trésor et du Bureau du Conseil privé en
réponse au « scandale des vérifications » à DRHC :
« Des stratégies de communication ont été minutieusement
élaborées avant la divulgation des rapports de vérification
aux demandeurs. La volonté du gouvernement d'élaborer
une position uniforme, unifiée dans quelque dossier que ce soit
n'a rien en soi d'inconvenant. Cela le devient, toutefois, lorsque les
préoccupations du gouvernement en matière de communication
prennent le pas sur le droit du public à avoir l'information
demandée sans délai. » (41)
- Les conseillers politiques et hauts fonctionnaires ont une longue
liste de responsabilités, chacune d'elles risquant de faire en
sorte qu'un quelconque chien de garde, y compris le Commissaire à
l'information du Canada, dévoile au grand jour une de leurs erreurs.
2.2.5 Les politiciens (ministres) et leur personnel
- L'AI contrarie l'objectif qu'a tout gouvernement d'imposer un contrôle
centralisé de la communication de l'information, de gérer
son programme de politiques, et de limiter les risques en évitant
les surprises et les crises. (42) Ce
facteur est indépendant des penchants politiques du parti en
question.
- Le Commissaire Reid déclarait le 15 octobre 2000 au
sujet de la réaction de DRHC au « scandale des vérifications
» : « …devant ce fait nouveau, le gouvernement n'a pas pu
s'empêcher de laisser son besoin coutumier de « limiter les dégâts
» l'emporter sur les droits juridiques des demandeurs à recevoir
une réponse dans les délais. Les ministres voulaient en
effet « devancer » toute demande de communication - c'est-à-dire
décharger leur conscience de toute mauvaise nouvelle avant que
celle-ci ne s'ébruite et, à ce moment, avoir déjà
en mains un plan d'action. Bien entendu, le seul moyen d'appliquer une
telle stratégie consistait à gagner du temps - retarder
ou repousser la diffusion des rapports de vérification relatifs
aux programmes de subventions et de contributions qui étaient
visés par une demande de communication.»
(43) Ce phénomène est à prévoir
dans le cadre d'un régime parlementaire.
- Le Commissaire à l'information et à la protection
de la vie privée de l'Ontario a récemment attaqué
le processus des « questions de gestion litigieuses » géré
par le Bureau du Conseil des ministres de l'Ontario pour ce qui est
des demandes présentées par certains demandeurs ou à
certains sujets, parce qu'il retarde les dossiers d'accès :
« Il est inacceptable que la divulgation de documents soit retardée
à telle enseigne que les délais prévus dans la
Loi ne sont pas respectés parce qu'on accorde la priorité
à la gestion de questions d'intérêt. » La Commissaire
Cavoukian fait preuve d'optimisme en demandant que le Bureau du Conseil
des ministres s'engage clairement à ce que le respect des exigences
des délais de traitement prévues dans la Loi ait préséance
sur la gestion des questions litigieuses. (44)
- Les délais et les retards ne constituent qu'un enjeu mineur
à l'échelle des priorités gouvernementales qui
se concurrencent étant donné qu'il est si difficile d'y
intéresser le public et que peu de groupes de pression actifs
militent en faveur de l'accès à l'information;
- Les élus (à tous les niveaux)
- Connaissent relativement peu les rouages du régime d'AI
ainsi que le pouvoir et la portée des exemptions à
la divulgation actuellement en vigueur;
- Sont eux-mêmes relativement impuissants au sein du gouvernement
et à l'arrière-ban pour ce qui est d'obtenir l'accès
aux renseignements dont ils ont besoin;
- Les politiciens de l'opposition sont des utilisateurs assidus
de l'accès à l'information en l'absence de solutions
de rechange en bonne et due forme à l'obtention des renseignements
dont ils ont besoin;
- Ne sont pas encore acclimatés à un milieu axé
sur la transparence et la surveillance du public, par opposition
à l'habitude du secret; (45)
- La position contraire selon laquelle il s'est opéré
une transformation culturelle profonde dans le volume de renseignements
communiqués par l'administration fédérale et qu'on
fait peu état de cette bonne nouvelle dans les observations et
les reportages sur l'AI. Cette affirmation reste à étayer.
- Il n'est pas réaliste de s'attendre à ce que des hauts
fonctionnaires, des politiciens et leur personnel soient les plus enthousiastes
promoteurs du régime d'AI, mais il est possible de leur apprendre
à composer avec ces formes de responsabilité dans une
démocratie. (46)
2.2.6 Les commissaires à l'information et leur personnel
- Choix des approches : la méthode douce contre
la manière dure pour composer avec les retards
et autres problèmes de non-respect;
- La médiation relative au respect des délais des demandes
d'accès par les ministères et organismes gouvernementaux
est essentielle au progrès en matière de transparence
et de reddition de comptes; (47)
- Les conséquences importantes du processus de sélection
des commissaires à l'information : nominations par favoritisme
au concours ouverts, sur la crédibilité du titulaire et
du bagage avec lequel il entre en fonction; (48)
- L'insuffisance des connaissances dans le domaine de la plupart des
nouveaux commissaires à l'information signifie que ses cadres
supérieurs ont une grande possibilité d'influer sur le
style et les approches du commissariat en matière d'application
de la Loi sur l'accès à l'information;
- L'aspect central de la personnalité du titulaire : la
domination traditionnelle de l'approche non conflictuelle pour
favoriser l'observation (Inger Hansen et John Grace dans leurs
fonctions de commissaires à l'information);
(49)
- Facteurs politiques : Budgets et renouvellement (le gouvernement
fédéral établit le budget du Commissaire à
l'information et le mandat de ce dernier peut être renouvellé;
la même règle est habituellement appliquée dans
les provinces et les territoires). (50)
- Pouvoir consultatif ou pouvoir réglementaire : prise
de décisions au sujet des délais et des retards :
- Le Commissaire à l'information du Canada a un pouvoir
moindre de décider et de rendre public ses décisions
au sujet des demandes d'accès que plusieurs de ses homologues
provinciaux ou territoriaux, ce qui réduit le pouvoir du
Commissariat dans les situations difficiles; la plupart de ses homologues
provinciaux prennent des décisions exécutoires qui
ne peuvent être revues par les tribunaux que sur des points
de droit.
- Le Commissaire fédéral à l'information a essayé
de s'en remettre à la Cour fédérale du Canada pour
forcer ceux qui tardent à répondre aux demandes d'accès
à expliquer les motifs de leur retard. En réponse à
une demande du Commissaire à l'information de l'époque,
Inger Hansen, le juge Jerome a déclaré ce qui suit le
15 avril 1988 (traduction) :
- Le Commissaire à l'information souhaite clairement obtenir
une ordonnance du tribunal obligeant le ministère [Affaires
extérieures] à expliquer les raisons pour lesquelles
il a prolongé le délai. Je ne suis pas prêt
à accorder cette ordonnance. Le Commissaire à l'information
n'a pas besoin de l'aide du tribunal pour établir les motifs
de la prolongation du délai dans ce cas. Ces fonctions lui
sont confiées par la loi, et elle dispose de tous les moyens
de s'en acquitter. (51)
- L'approche empirique du Commissariat à l'information en matière
de retards était manifeste dans une lettre envoyée au
ministère par Hansen (traduction) :
- Afin d'évaluer la validité des prolongations en
question, des détails doivent être obtenus, dans chaque
affaire, quant au volume exact de documents, aux mesures adoptées
entre le moment où la demande d'accès à l'information
a été reçue, à quel moment ces mesures
ont été adoptées, quelles autres mesures doivent
être adoptées, quelles consultations ont été
menées, à quel moment, quelles consultations sont
prévues, et en quoi le fait de fournir ces documents plus
rapidement nuirait-il de façon déraisonnable aux activités
du ministère. (52)
- L'« approche » adoptée par un commissaire à l'information
est une variable cruciale quant à l'efficacité d'un régime
d'AI et le respect des délais. Le commissaire à l'information
modèle doit encourager constamment ceux qui essaient de faire
fonctionner le régime, et il doit être un chien de garde
qui ramène à l'ordre ceux qui n'observent pas les règles.
Il ou elle doit exercer ce que le président américain
Theodore Roosevelt a appelé une « fonction de tyran » (« bully
pulpit »). L'approche inquisitoire d'observation de la loi en matière
d'AI peut être indiquée dans des situations particulières,
lorsque les autres approches ont continuellement échoué.
Elle n'est toutefois pas l'approche préférable en règle
générale. (53)
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1. Alasdair Roberts et Rick Snell,
analystes universitaires, au sujet de l'administration des régimes
d'AI, ont merveilleusement classifié ces approches (en donnant
une liste d'exemples de chacun) inobservation malveillante, par esprit
de contradiction, inobservation administrative, observation administrative
et activisme administratif. Voir Rick Snell, "Administrative Compliance
and Freedom of Information in Three Jurisdictions: Australia, Canada and
New Zealand," tableau 1,
2. Une question à deux volets :
Comment améliorer le droit d'accès à l'information
tout en renforçant les mesures de protection des renseignements
personnels, p. 79. Le gouvernement n'a pas accepté cette recommandation.
3. Canada, La législation
sur l'accès aux documents du gouvernement (Ottawa, juin 1977),
p. 22.
4. Le Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée de la C.-B., David Loukidelis,
dans une section spéciale de son premier rapport annuel intitulé
(traduction) «Le non-respect des délais de réponse :
source de préoccupation». Annual Report 1999-2000, p. 13.
5. À ma connaissance, la
pratique observée au Canada en réponse aux demandes est
celle du «premier arrivé, premier servi». L'établissement
de l'ordre de priorité des demandes n'est pas intégré
au système, même si les coordonnateurs de l'accès
à l'information chevronnés savent d'instinct reconnaître
le caractère plus prioritaire de certaines demandes, notamment
celles qui sont présentées par les médias et par
les partis de l'opposition. La notion de «demandes urgentes» mérite
d'être étudiée au Canada, en gardant à l'esprit
la critique par Robert Gellman d'une proposition semblable aux É.-U. (traduction)
: «J'estime qu'au moins la moitié des demandeurs voudraient obtenir
un accès accéléré si la loi le permettait.
Il ne coûte pas plus cher de demander un accès accéléré
à l'information. Les journalistes, les prisonniers et bon nombre
d'autres demandeurs n'auraient rien à perdre en demandant un traitement
plus rapide de leur demande. Il en résulterait une augmentation
des frais administratifs tandis que le traitement des demandes d'accès
à l'information et des appels faisant suite aux refus serait accéléré.
Comme aucune nouvelle ressource n'est disponible, les délais de
réponse à toutes les demandes ne pourraient être respectés».
R. Gellman, «Shortcomings of the Proposed Electronic Freedom of Information
Improvement Act (S.1090),» 14 Government Information Quarterly 1 (1997).
Gellman réalise maintenant qu'il a exagéré le nombre
de demandes de traitement accéléré (Entrevue du 3
août 2001).
6. L'avènement des sites
Web constitue une bénédiction, étant donné
que des demandeurs novices peuvent être renvoyés à
une source écrite des règles de l'AI et de leur application
pratique. Les personnes qui connaissent déjà le domaine
de l'AI oublient parfois à quel point celui-ci peut sembler obscur
et mystérieux pour les personnes de l'extérieur.
7. Par exemple, une réponse
à la question courante : «Que se passe-t-il avec mon document
une fois qu'il a été reçu?»
8. Commissaire à l'information,
Australie occidentale, Annual Report 1999-2000, http://www.ATI.wa.gov.au/ATIFrames.htm
9. Canada, Accès et renseignements
personnels - Les prochaines étapes, pp. 44-45.
10. Rapport annuel, 1999-2000,
pp. 14-15. Le Commissaire Reid n'estime pas qu'il existe un problème :
«On croit généralement, dans l'administration fédérale,
que le droit d'accès fait l'objet d'abus de la part de requérants
aux motifs frivoles, d'entreprises commerciales et de demandeurs d'information
multiple. Cette conviction est parfaitement injustifiée.» [Reid
discute ensuite du nombre relativement peu élevé de demandes
d'accès à l'information, que je cite ailleurs dans le présent
rapport.] «Je veux seulement dire ceci : l'idée répandue
comme quoi le volume des demandes de communication est tel qu'il entrave
l'administration efficace des affaires publiques est sans fondement.»
Allocution prononcée devant le Comité consultatif des SMA
le 23 février 2001. Il a ensuite discuté des demandeurs
de renseignements multiples, dans la veine du présent rapport :
«Lorsque je m'adresse à des groupes de fonctionnaires, je ne manque
pas d'entendre des plaintes sur les fameux demandeurs d'information «
multiple », ceux qui font de nombreuses demandes, souvent dans le but
de revendre l'information (et souvent avec une valeur ajoutée).
«La Loi n'a sûrement pas été conçue pour servir
à faire des profits! », disent les fonctionnaires. À cet
égard, également, l'indignation est sans objet et injustifiée.
Dès le départ, on savait que des entrepreneurs se serviraient
de la Loi pour obtenir des renseignements gouvernementaux à des
fins commerciales. C'est ce qui se passe dans tous les pays où
l'accès à l'information est favorisé. Il est de bonne
guerre, économiquement parlant, que les entrepreneurs « exploitent
» les réserves gouvernementales de renseignements commercialisables
: premièrement, les nouvelles entreprises d'information paient
des impôts, et le système fiscal permet de recueillir des
recettes plus efficacement que ne le ferait la plus onéreuse des
grilles tarifaires pour l'accès à l'information. Deuxièmement,
les demandeurs d'information fournissent au gouvernement des indices valables
sur le « trésor » documentaire qu'il possède, et, s'il le
désire, le gouvernement peut parfaitement exploiter cette information
pour son propre compte.»
11. Article 43. En ma qualité
de Commissaire à l'information et à la protection de la
vie privée, je n'ai invoqué ce pouvoir que modérément.
Notre commissariat a toujours exigé des organismes publics qu'ils
établissent très clairement les cas de cette nature et nous
avons toujours assuré la médiation avec succès dans
ces cas. L'application de l'article 43 par notre commissariat était
également assujettie à un examen judiciaire de la Cour suprême
de la Colombie-Britannique. Mon expérience m'a toutefois appris
que ce genre de demandeurs obsessifs constitue un réel problème.
12. Lois du Canada, 2000, ch.
5, alinéa 13(2)d).
13. http://www.atirtf-geai.gc.ca
14. Les ministères ayant
reçu un «bulletin de rendement » sont ceux dont le Commissaire
à l'information dans son rapport de 1999-2000 et 2000-2001 évalue
la performance quant au respect des délais.
15. http://www.atirtf-geai.gc.ca
16. http://www.atirtf-geai.gc.ca
17. Le parti Libéral de
la C.-B. a contribué de façon importante à réduire
les délais de réponse dans la province en retirant toutes
ses demandes d'accès à l'information quand le NPD a déclenché
des élections en avril 2001.
18. http://www.atirtf-geai.gc.ca
19. http://www.atirtf-geai.gc.ca
20. http://www.atirtf-geai.gc.ca
21. Rapport annuel, 1999-2000,
p. 14.
22. John Reid a indiqué
dans son discours prononcé à Varsovie que «les ministères
et les agences doivent établir un plan de traitement des demandes,
ce qui permet d'éviter de devoir prendre de nombreuses décisions
et de donner de nombreuses approbations en même temps, de fixer
des délais à l'intérieur desquels chaque activité
doit être effectuée (par exemple, la recherche, l'étude,
l'obtention d'approbations), de prévoir le suivi des progrès
réalisés et d'évaluer les conséquences découlant
d'un non-respect.» (Conférence sur l'accès à l'information,
Varsovie, Pologne, le 15 mars 2001; les textes de tous les discours de
Monsieur Reid cités dans le présent rapport se trouvent
dans le site Web du Commissaire à l'information.)
23. Le Commissaire Reid a consacré
une partie du chapitre 3 de son Rapport annuel de 2000-2001 à un
thème important, soit «Reconnaître, encourager et protéger
les coordonnateurs».
24. Le volume des demandes continue
de croître. Le Commissaire à l'information John Reid a souligné
ce qui suit dans un récent discours prononcé en Pologne :
«La plus grande de ces surprises est la faible utilisation de la Loi
sur l'accès à l'information par les
Canadiens et Canadiennes. Avant l'adoption de cette loi, le gouvernement
prévoyait recevoir environ 50 000 demandes chaque année
de l'ensemble des institutions fédérales (environ 150) régies
par la Loi. En fait, il a fallu 10 ans pour atteindre la marque des 50
000 demandes. L'année qui vient de se terminer - 1999-2000 - a
été celle où les demandes d'accès à
l'information ont été les plus nombreuses depuis l'adoption
de la Loi, soit 19 000 demandes.» En réalité, il s'agit
là d'un grand nombre de demandes à traiter et de délais
à respecter pour l'administration publique.
25. http://www.atirtf-geai.gc.ca
26. Discours prononcé par
la Présidente du Groupe d'étude de l'accès à
l'information à Londres, R.-U., le 5 mars 2001; www.atirtf-geai.gc.ca.
Sont également énumérées dans ce discours
informatif une liste d'autres demandes complexes qui, dans mon esprit,
ne visaient dans certains cas qu'à faire faire des recherches plutôt
qu'à produire des dossiers existants. Selon moi, l'obligation de
répondre à une demande d'accès à l'information
ne va pas au-delà de la production de dossiers existants; il n'y
a pas d'obligation de créer des dossiers. La Freedom of Information
and Protection of Privacy Act de la C.-B. exige la création
d'un dossier pour un demandeur (traduction) «à partir d'un dossier
lisible par machine … au moyen de logiciels et matériel informatiques
habituels, et b) la création du dossier ne nuit pas d'une façon
déraisonnable aux activités de l'organisme public.» (par.
6[2])
27. http://www.atirtf-geai.gc.ca
28. http://www.atirtf-geai.gc.ca
29. On trouve dans le discours
prononcé le 15 mars 2001 par John Reid à Varsovie la déclaration
suivante au sujet de l'attribution des ressources comme solution aux problèmes
liés à l'application de la Loi sur l'accès à
l'information: «…le gouvernement doit allouer suffisamment de ressources
au groupe responsable de la réception et du traitement des demandes
ainsi qu'aux secteurs opérationnels concernés pour qu'ils
soient en mesure de s'acquitter de la charge de travail. Il n'est pas
nécessaire d'augmenter les ressources en vue des périodes
de pointe, mais il faut toutefois avoir un plan d'urgence, comme une liste
de fournisseurs, une entente visant à faire appel, pour une période
donnée, à des experts ou un plan visant à obtenir
rapidement l'approbation concernant la dotation de postes supplémentaires.
Bref, prenez sérieusement en considération le principe voulant
qu'un accès reporté équivaut à un accès
refusé.» Reid a ajouté la déclaration suivante dans
un exposé antérieur : «Le Conseil du Trésor
a déjà fait savoir à tous les ministères qu'il
accueillera favorablement les demandes de ressources supplémentaires
destinées à permettre le respect des délais de réponse.»
(Comité consultatif des SMA, Ottawa, le 23 février 2001).
Cependant, même lorsque des ressources d'urgence peuvent être
trouvées, il n'y a pas assez de consultants en AI à engager
sur le marché.
30. http://www.atirtf-geai.gc.ca
31. Rapport annuel 1999-2000,
p. 14.
32. Je reconnais que cette approche
oblige les hauts fonctionnaires à s'engager dans un «acte de foi»
selon lequel le personnel à qui les responsabilités sont
déléguées agira de façon prudente.
33. http://www.atirtf-geai.gc.ca
34. Canada (Commissaire à
l'Information) c. Canada (ministre des Affaires extérieures) (Prem.
inst.), [1990] 3 C.F. 514 (par. 21).
35. Extrait de l'allocution prononcée
par le Commissaire John Reid à Varsovie le 15 mars 2001 :
«Au Canada, les demandes d'accès à l'information présentées
par les journalistes et les membres de l'opposition sont systématiquement
traitées moins rapidement que les autres, en plus de faire l'objet
de recherches moins approfondies et d'une méfiance accrue, dans
une tentative malavisée d'épargner le ministre. Cependant,
lorsque vient le temps de rendre des comptes, qui se retrouve au banc
des accusés? Le ministre, bien sûr.»
36. Dans une série de dossiers
de retards à la Défense nationale, le Commissaire à
l'information a constaté qu'une grande partie des retards dans
le traitement des demandes de communication était attribuable au
temps nécessaire pour le « tri » des documents en question à
l'intention du cabinet du Ministre et la rédaction de notes d'information
et d'info capsules.» Rapport annuel 1999-2000, p. 68.
37. David Loukidelis a écrit
ce qui suit (traduction) : «Il ne fait pas de doute que les retards
[des demandes d'accès] sont presque toujours attribuables au fait
que la demande excède les ressources ...» Les retards en C.-B.
ont surtout été constatés dans les réponses
aux demandes de renseignements personnels détenus par des ministères
«à vocation humaine». (Annual Report 2000, p. 8)
38. Le Commissaire Loukidelis
de la C.-B. a souligné expressément la contribution de deux
administrateurs à cet égard; ils ont précisé
que la réponse aux demandes d'accès à l'information
était une activité centrale de leur ministère. (Annual
Report 2000, p. 8)
39. http://www.atirtf-geai.gc.ca
40. Discours devant le Comité
consultatif des SMA, Ottawa, le 23 février 2001.
41. Rapport annuel, 1999-2000,
p. 19.
42. La Cour suprême du Canada
a déclaré : «La loi en matière d'accès
à l'information a pour objet général de favoriser
la démocratie en aidant à garantir que les citoyens possèdent
l'information nécessaire pour participer utilement au processus
démocratique, et que les politiciens et bureaucrates demeurent
comptables envers l'ensemble de la population.» [Dagg c. Canada (Ministre
des Finances)[1997] 2 R.C.S. 403 à 432] Ces perceptions n'ont
pas encore imprégné l'esprit et le cœur de ceux qui sont
à la tête des administrations publiques canadiennes.
43. Rapport annuel, 1999-2000,
p. 16.
44. Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée de l'Ontario, Rapport
annuel 2000 (juin 2001), p. 5.
45. Au sujet d'«irrégularités»
dans l'application de la Loi sur l'accès à l'information,
le Commissaire à l'information, John Reid, déclarait à
Varsovie, en Pologne : « Enfin, chaque changement de ministre et
chaque renouvellement du personnel ministériel exonéré
donnent lieu à des cas où le Cabinet du ministre perturbe
le processus, soit en le ralentissant, en imposant un calendrier de diffusion
des renseignements ou en appliquant des exemptions malgré les objections
des membres du personnel professionnel. Les besoins des ministres en matière
de communications ont trop souvent la priorité sur les droits des
auteurs des demandes d'accès à l'information. Cela est non
seulement troublant, mais illégal. Il m'arrive trop souvent de
devoir rappeler aux sous-ministres qu'ils doivent veiller à ce
que leur ministre comprenne et respecte ses obligations juridiques.»
46. J'ai profité grandement,
en Colombie-Britannique, de l'influence d'un sous-ministre chevronné
qui comprenait les rouages de l'AI et qui invitait ses collègues
sous-ministres à apprendre à composer avec un tel régime
de transparence (étant donné qu'un si grand nombre de dossiers
peuvent être gardés secrets en toute légitimité
en raison des nombreuses exceptions).
47. Une autre citation tirée
de l'allocution prononcée le 15 mars 2001 à Varsovie
par John Reid : « Le personnel de mon commissariat affiche un taux
de réussite de 99,8 pour cent en ce qui concerne le règlement
de différends opposant des citoyens au gouvernement. Le système
de l'ombudsman fonctionne bien. Son efficacité dépend dans
une large mesure de l'exhaustivité des enquêtes, du succès
des efforts consentis pour négocier avec les parties concernées
et les convaincre de certaines choses, ainsi que de la réputation
de l'ombudsman en ce qui a trait à sa capacité de se soumettre
à la loi plutôt que de faire preuve d'une partialité
naturelle envers le plaignant.»
48. D'autres peuvent décider
s'il est préférable de continuer de nommer des personnes
en procédant au niveau fédéral par un processus de
favoritisme contrôlé par le Premier ministre, ou d'adopter
le modèle provincial-territorial émergent qui consiste à
afficher les postes pour tous (le choix étant arrêté
par un comité de l'Assemblée législative dans la
plupart des cas). Il existe manifestement une différence entre
le temps que met un nouveau-venu pour apprendre à faire son travail
et celui que met une personne qui a déjà de l'expérience
dans le domaine. Ann Cavoukian et David Loukidelis constituent de rares
exemples de commissaires à l'information et à la protection
de la vie privée qui avaient déjà une solide expérience
du domaine au moment de leur nomination.
49. Voir David H. Flaherty, Protecting
Privacy in Surveillance Societies (University of North Carolina Press,
Chapel Hill, 1989), p. 257.
50. Le Commissaire Reid a décrit
la situation comme suit : «… c'est une contre-attaque en règle
qui est lancée sur le Commissariat à l'information. Cette
contre-attaque entraîne une ponction importante et imprévue
dans les ressources du Commissariat affectées aux services juridiques
et aux enquêtes. En même temps, le Conseil du Trésor
a refusé d'accorder au Commissaire les ressources dont il a besoin
et ce, de l'avis même des fonctionnaires de l'organisme». Rapport
annuel, 1999-2000, p. 11. Le Secrétariat du Conseil du Trésor
a mené un examen de la base budgétaire des bureaux des Commissaires
à l'information et à la protection de la vie privée
en 1998-1999. Il en est résulté une approbation d'augmentations
par tranches de la base budgétaire des deux Commissaires. Le Commissaire
à l'information a reçu des fonds additionnels de 709 000
$ pour 1999-2000 et de 854 000 $ pour 2000-2001 et les années à
venir. Une somme additionnelle de 289 000 $ a été approuvée
pour 1999-2000 et de 202 000 $ pour les années ultérieures
pour les services ministériels desservant les deux Commissaires.
51. Canada (Commissaire à
l'information) c. Canada (ministre des Affaires extérieures)
[1989] 1 C.F. 3 (par. 27). Le juge Jerome a accepté de se
pencher sur la prolongation en soi et sur les motifs invoqués pour
celle-ci (par. 19).
52. Canada (Commissaire à
l'information) c. Canada (ministre des Affaires extérieures)
[1989] 1 C.F. 3 (par. 10).
53. Le Commissaire Reid a dit
la même chose dans ses «Observations destinées au Comité
consultatif externe du GEAI» présentées le 20 juin 2001 :
«Je préfère compter sur le consentement et la collaboration.
Notre mode de fonctionnement normal consiste à rencontrer les fonctionnaires
en cause à titre informel et d'obtenir des documents fournis volontairement.
Les fonctionnaires sont rarement assermentés et enregistrés
lorsqu'ils témoignent».
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