|
Groupe d'étude de
l'accès à l'information
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Rapport 25 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
LA GESTION DES DÉLAIS DE RÉPONSE AUX TERMES DES LOIS CANADIENNES
SUR L'ACCÈS À L'INFORMATION
2.3 Les résultats pratiques des délais
prescrits : Que s'est-il passé?
- Selon le point de vue et la position adoptés au sujet du régime
d'AI, le portrait est négatif ou positif (tel qu'illustré
ci-après);
- Les régimes d'AI sont en place et ils « fonctionnent », avec
toutes les conséquences décrites ci-devant, dans les sociétés
les plus industrialisées, surtout celles de tradition politique
anglo-saxonne;
- Affichant des progrès remarquables, l'État de l'Australie
occidentale a ramené de 24 jours en 1996 à 18 jours en
1999-2000 (54) le temps moyen requis
pour répondre à une demande d'accès à l'information.
Parmi les raisons expliquant ce revirement, on mentionne une surveillance
étroite du Commissaire à l'information et un groupe de
coordonnateurs déterminés à qui on laisse les coudées
franches.
- Robert Gellman, un observateur américain éclairé,
a présenté les observations suivantes au sujet des délais
prévus dans les révisions proposées de la Freedom
of Information Act des États-Unis (traduction) :
« L'article 6 porterait également de 10 à 20 jours
le délai de base prévu par la Loi. Pour certains organismes,
le délai de 10 jours est raisonnable pour certaines demandes.
Pour d'autres organismes, le délai de 10 jours est impossible
à respecter. En fixant un délai unique pour toutes
les demandes, peu importe leur taille, le Congrès a commis une
erreur il y a quelques années. La prolongation proposée
des délais ne fera toutefois qu'empirer la situation pour certains,
et elle n'améliorera les choses pour personne. Les organismes
qui répondent actuellement en 10 jours prendront désormais
plus de temps. Les organismes ayant d'importants arriérés
qui prennent actuellement des mois pour répondre aux demandes
ne disposeront pas de ressources supplémentaires. Peu importe
que le délai soit de 10 ou 20 jours, ces organismes ne le respecteront
jamais. En réalité, les modifications de 1974 ont imposé
des délais irréalistes à tout
le monde. Malheureusement, on ne peut désormais plus échapper
à ce cul-de-sac. » (55)
- S'adressant au Comité adhoc des députés
sur l'accès à l'information le 7 juin 2001,
l'ex-Commissaire à l'information, John Grace, a déclaré
: « Cette loi n'est pas parfaite, elle est loin de l'être, mais
elle fonctionne. Elle permet de donner au public des renseignements
qui autrement seraient demeurés occultes. C'est une brave loi.
Il n'y a pas beaucoup de pays qui soient dotés d'un tel instrument,
et je vous invite à ne pas jeter le bébé avec l'eau
du bain. Il ne s'agit pas d'une loi du secret. Il faut la renouveler,
mais non la réinventer; elle n'a pas à être refaite
de fond en comble. »
- Une conclusion possible est celle selon laquelle si cette modalité
du régime (le temps de réponse) n'est pas défectueuse,
rien ne sert de la modifier. Comme l'a récemment indiqué
le Commissaire Reid, « Les plus graves lacunes du droit d'accès
ne viennent pas du libellé de la Loi, mais des actes de ceux
et celles qui appliquent la Loi. » (56)
- Comme l'a précisé la Présidente du Groupe d'étude
de l'accès à l'information dans une allocution prononcée
à Londres le 5 mars 2001 au sujet des reportages rédigés
quotidiennement en fonction de communications issues de l'AI : « La
fréquence de ces manchettes, la portée et la valeur significative
de l'information gouvernementale qui y est étalée me rassurent
d'une certaine manière. Tout cela m'indique que le système
d'accès à l'information est sain et fonctionne dans l'ensemble.
Est-ce parfait? Bien sûr que non. Est-il besoin d'améliorations?
Absolument. J'abonderais cependant dans le sens du Commissaire à
l'information lorsqu'il a dit récemment à Ottawa que -
la « Loi sur l'accès à l'information était un texte
de loi passablement costaud ». Il se peut que certains passages nécessitent
d'être clarifiés et modifiés, mais je suis d'avis
que notre plus grand défi est d'administrer la Loi de manière
à fournir à la population canadienne un accès plus
efficace à l'information.»
- La Présidente du Groupe d'étude de l'accès à
l'information a également fourni ses propres données statistiques
au sujet du fonctionnement du régime fédéral d'AI :
« …les données fournissent tout de même des indicateurs
de rendement. Nous pouvons constater que plus de 90 % des demandes ne
font pas l'objet de plainte. Par-là, je ne veux pas insinuer
que 90 % des demandeurs sont entièrement satisfaits mais ils
ne formulent pas de plainte officielle. Parmi les demandes qui ont fait
l'objet de plainte l'an dernier, plus de 99 % ont été
résolues à la satisfaction du Commissaire à l'information;
en fait trois plaintes n'ont pas été résolues.
On pourrait penser que dans votre système, ces trois plaintes
auraient probablement donné lieu à des ordonnances d'exécution. »
- Sur la base de ces statistiques, on pourrait conclure que le système
canadien est l'un des plus performants au monde; une déclaration
que le Commissaire à l'information hésiterait probablement
à endosser, que plusieurs utilisateurs contesteraient et qui,
je l'avoue, surprendrait passablement de fonctionnaires à Ottawa. »
- La Présidente du Groupe d'étude avait également
des données à fournir au sujet du respect des délais :
« L'une des mesures d'efficacité du système est le temps
de réponse. Soulignons que, depuis quelques années, les
ministères appliquent de plus en plus des prorogations de délais
et que quarante-neuf p. cent des plaintes auprès du Commissaire
ont trait aux retards.
La Loi canadienne prévoit un délai de réponse
de 30 jours. Un ministère peut proroger le délai de
réponse s'il a de bonnes raisons de le faire. En 1999-2000,
on a achevé 63,2 % des demandes ou 11 685 demandes, en-deçà
de trente jours; 16,4 % des demandes ou 3 036 demandes l'ont
été en 31 à 60 jours et 20,4 % ou 3 767 demandes
l'ont été en plus de 61 jours. »
(57)
- Un point clé à souligner, c'est que la Commissaire
à l'information et à la protection de la vie privée
de l'Ontario a émis bon nombre d'ordonnances portant sur la gestion
des retards et l'octroi de prorogations. Une surveillance active et
continue de la sorte est typique de ses homologues provinciaux et territoriaux
(et ils ont les pouvoirs voulus pour produire des résultats).
- Dans ses premiers rapports annuels à titre de Commissaire
à l'information et à la protection de la vie privée
de la C.-B., David Loukidelis a souligné deux fois les retards
des demandes d'accès dans ses messages d'introduction (cités
ci-après - traduction) : « Les retards constatés
chez certains organismes publics menacent de devenir une entrave systémique
au droit d'accès. » (58)
- Le Manitoba peut affirmer avec fierté qu'en 1999, (traduction)
« environ 90 % des délais de réponse globaux des
ministères et organismes gouvernementaux respectaient l'exigence
réglementaire de trente jours. Il s'agit d'un temps de réponse
que très peu d'administrations canadiennes parviennent à
égaler, selon un examen indépendant mené en 1998
au sujet de l'observation des lois sur l'accès à l'information
par les administrations publiques. » (59)
Selon moi, l'Ombudsman/Commissaire à l'information et à
la protection de la vie privée du Manitoba exerce une surveillance
active et positive qui garantit la solidité du régime
d'AI.
- Le Comité permanent de la justice et du Solliciteur général
de la Chambre des communes déclarait en mars 1987, au sujet des
résultats de son examen de la mise en œuvre de la Loi sur
l'accès à l'information :
- Pour certains utilisateurs, un retard équivaut à
un refus de communication. Le Comité a entendu des témoignages
au sujet de retards qui sont manifestement inacceptables, même
s'il faut reconnaître que de nombreuses institutions fédérales
ont eu besoin d'une certaine période de rodage pour établir
un système de tenue de dossiers répondant aux exigences
de la Loi sur l'accès l'information. Cependant,
des problèmes ayant trait à la tenue inadéquate
des dossiers ou à l'inexpérience du personnel ne peuvent
dorénavant plus justifier de longs retards. Très souvent,
il semble que les retards ne soient pas attribuables aux coordonnateurs
de l'accès à l'information, mais aux cadres supérieurs
de certaines institutions. L'ampleur du problème est bien
démontrée par les statistiques du Conseil du Trésor :
sur les plaintes présentées au Commissaire à
l'information, environ une sur cinq concerne des retards de communication.
(60) (Nous avons ajouté les caractères gras)
- Les lecteurs ne seront pas surpris d'apprendre que la situation s'est
aggravée depuis 1987, au lieu de s'améliorer. Le
gouvernement a répondu en 1987 qu'il créerait
un programme de formation visant à instaurer une (traduction)
« attitude plus réceptive » au droit d'accès à
l'information dans la fonction publique. « Ce programme de formation,
ainsi que l'appui supplémentaire qui sera donné aux coordonnateurs,
insistera en particulier sur la nécessité de traiter aussi
promptement que possible les demandes d'accès soumises
en vertu des deux lois. » (61) (Nous
avons ajouté les caractères gras).
- Comme l'a déclaré le Commissaire à l'information
John Reid devant le Comité consultatif des SMA le 23 février 2001,
« … beaucoup de ministères n'ont pas été capables
de respecter systématiquement ce généreux système
de délai de réponse. Le Groupe de travail sera surveillé
de près à cet égard : on voudra vérifier
s'il recommande des mesures, ainsi que des sanctions, pour mettre
fin à ce lamentable manque de respect, qui dure depuis dix-huit
ans, des exigences de la loi en matière de délai de réponse.
» (Nous avons ajouté les caractères gras).
- Parlant de l'expérience fédérale, le Commissaire
à l'information a déclaré : « Au cours de
l'exercice 1999-2000, nous avons reçu 1 359 plaintes; 49 p. 100
des plaintes menées à terme cette année-là
concernaient des délais de réponse d'institutions gouvernementales
à des demandes de communication. Notre bureau compte présentement
25 enquêteurs à temps plein, dont chacun travaille à
plus de 50 enquêtes. Il vous intéressera peut-être
d'apprendre que ces 1 359 plaintes reçues concernaient, dans
une proportion de 66,5 p. 100, seulement cinq institutions gouvernementales.
Nous avons accueilli 307 plaintes au sujet de Santé Canada, 216
concernant la Défense nationale, 167 pour les Affaires indiennes
et le Nord canadien, 135 contre Citoyenneté et Immigration et
78 sur l'Agence canadienne des douanes et du revenu (sic). Ces cinq
institutions constituaient également notre « palmarès
des cinq » l'an dernier.» (62)
- Fait étonnant, les retards qui prennent la forme de « présomptions
de refus » aux termes du paragraphe 10(3) de la Loi sur l'accès
à l'information (63)
ont surtout posé problème à l'échelon fédéral
au Canada. Même si la notion de «présomption de refus»
existe dans les lois de l'Ontario, de la C.-B. et de l'Alberta, le commissaire
à l'information et à la protection de la vie privée
peut enquêter sur une plainte de défaut d'acquittement
d'un devoir et il dispose également d'un pouvoir général
d'enquête sur l'application de la Loi.
- Les provinces et les territoires ont eu moins de problèmes
avec les retards de réponse aux demandes d'accès à
des documents généraux; il n'est toutefois pas facile
d'expliquer ce phénomène.
- Au sujet de la prorogation raisonnable des délais
accordés pour répondre à une demande d'accès,
John Reid a déclaré : « Dans ces circonstances, les
ministères sont autorisés à repousser le délai
de réponse autant qu'ils le désirent. Toutefois, le délai
fixé doit être raisonnable, compte tenu des circonstances.
À ce sujet, le Commissariat juge que les périodes de prolongation
ne doivent pas dépasser un an (période après laquelle
il n'est plus possible de porter plainte), bien que le gouvernement
ne soit pas de cet avis. Si le délai est fixé à
plus de 60 jours de la date de réception, le Commissariat doit
être informé de cette prolongation. À titre indicatif,
le Commissariat a défini ce qui représente un « grand
nombre de documents ». À notre avis, une quantité de 500
documents ou moins ne sera presque jamais acceptée comme un «
grand nombre de documents », alors qu'une quantité de 1000 documents
ou plus sera souvent acceptée. Le délai de réponse
variera d'un cas à l'autre et dépendra surtout de l'expérience
du ministère en question. » (64)
- Reid a toutefois conclu dans son plus récent rapport annuel :
« Il ne semble y avoir aucune raison globale justifiant l'augmentation
ou la réduction du délai actuel de 30 jours prévu
pour la communication d'une réponse. »
(65) Cette position est raisonnable.
- Des réformes administratives de la gestion des délais
de réponse au gouvernement fédéral seront selon
toute vraisemblance nécessaires et souhaitables. Voir la section
2.5.4 ci-après.
2.4 Les motifs de non-respect des délais
2.4.1 La faible visibilité des cas de non-respect
- Le Commissaire Reid soulignait le 15 octobre 2000 «
L'animosité évidente du gouvernement à l'égard
du « droit » d'accès (il préférerait distiller
l'information au gré de sa fantaisie)… »
(66) Le coût politique de cette attitude est relativement
peu élevé.
- Les retards et les présomptions de refus sont habituellement
camouflés et ne défraient pas les manchettes, si bien
que les politiciens et les employés de la fonction publique ne
se sentent pas réellement tenus de se conformer aux lignes directrices
réglementaires dans tous les cas, d'affecter comme il se doit
un nombre d'employés suffisant à l'administration des
demandes d'accès, et de déléguer les pouvoirs qui
s'imposent aux fonctionnaires responsables. Le risque que leurs erreurs
soient divulguées au public est, de façon générale,
peu élevé, sauf si le commissaire à l'information
en prend l'initiative, comme l'ont fait les commissaires Reid, Cavoukian
et Loukidelis. Même dans ces circonstances, des négociations
et des remontrances en privé ont plus d'effet sur l'observation
des délais et des exigences connexes d'un régime d'AI
que la divulgation au public.
- L'insuffisance de la collecte de données par le gouvernement
central pour surveiller le non-respect. Évidemment, cette fonction
bureaucratique nécessaire exerce peu d'attrait comme tâche.
1.3.2 La défense des intérêts politiques
- La possibilité de jeux de mise en œuvre en ce qui a trait
au traitement de demandes des médias et de l'opposition ou de
demandes au sujet de « questions litigieuses »;
- La volonté ferme et compréhensible qu'a le gouvernement
de contrôler le programme politique, y compris la communication
de documents montrant son action ou son inaction;
- Par exemple, la pratique consistant à soustraire des documents
à l'examen des partis de l'opposition pendant que le Parlement
ou que l'Assemblée législative siège (peu de
risques négatifs);
- La nécessité de traiter les demandes d'accès
à des documents existants pendant que les décisions politiques
relatives au dossier continuent n'ont pas encore fini d'être étudiées;
- La réalité selon laquelle bon nombre d'initiatives
du gouvernement et de la fonction publique n'aboutissent à aucune
mesure, décision, ou politique, mais créent des documents
qui peuvent ensuite être utilisés, surtout par des groupes
de pression, pour placer le gouvernement dans l'embarras.
- Le processus de consultation, avec les ministères ayant
reçu des « bulletins de rendement », a permis de déterminer
que les facteurs suivants expliquaient le non-respect des délais :
« l'évaluation des communications sur des demandes de nature
délicate et les demandes importantes étaient parfois
considérées comme exigeant beaucoup de temps. Certaines
demandes peuvent présenter un intérêt particulier
pour le cabinet du ministre; ce qui entraînera un examen à
de nombreux niveaux ascendants dans l'organisation. »
(67)
- La surveillance politique de certaines demandes d'AI doit être
traitée comme une réalité de la vie démocratie.
2.4.3 Le climat politique au sein de l'administration publique
- La courte durée de la « période de lune de miel » d'une
nouvelle loi sur l'AI ou d'une administration nouvellement élue
qui instaure une loi prônant la transparence du gouvernement,
comme les libéraux de David Peterson en Ontario à la fin
des années 1980;
- Il n'y a jamais eu de période de « lune de miel » à
l'échelon fédéral, étant donné que
les progressistes-conservateurs de Brian Mulroney ont succédé
aux libéraux et ont formé le premier gouvernement canadien
à appliquer un régime d'AI. La communication des comptes
de dépenses des conservateurs n'a rien fait pour faire apprécier
la loi à cette nouvelle élite politique.
- Le problème plus courant de la normalisation du régime
de l'accès à l'information, dans une situation où
les demandes de documents ne cessent jamais d'affluer, de la même
façon que les gouvernements ne cessent jamais de créer
des documents, et que certains demandeurs apprennent à soumettre
des demandes plus poussées;
- La volonté politique, ou l'absence de volonté politique,
visant à favoriser la transparence et la reddition de comptes
en ce qui a trait à l'accès aux documents du gouvernement,
est un problème constant à tous les paliers gouvernementaux;
- Si les leaders politiques principaux ne sont pas perçus comme
étant engagés vis-à-vis la transparence et la responsabilisation
du gouvernement, l'engagement de la fonction publique au respect de
la loi est susceptible d'être faible;
- L'administration néo-démocrate de Michael Harcourt,
en Colombie-Britannique (1992-96) et l'actuel gouvernement conservateur
de Ralph Klein, en Alberta, sont des gouvernements ayant pris un engagement
ferme de libre accès à l'information et ayant respecté
cet engagement en l'appuyant de la volonté politique, du leadership
et des ressources nécessaires.
- Les lois sur l'AI de la C.-B. ont nui à la crédibilité
de l'administration de Glen Clark en permettant que soient communiqués
des documents budgétaires, par exemple, qui différaient
des documents « officiels ». Clark a émis l'opinion selon laquelle
(traduction) « l'accès à l'information entravait le processus
démocratique en Colombie-Britannique. » Il voulait dire que l'accès
à l'information l'empêchait de contrôler le processus
politique.
- Un capital politique très limité pour le gouvernement
qui investit initialement dans un régime d'AI (p. ex., le dernier
gouvernement libéral de Pierre Trudeau; et le NPD en C.-B. [1992-2001]).
2.4.4 Le climat financier au sein de l'administration publique
- Gouverner consiste à faire des choix difficiles au sujet de
l'utilisation de ressources limitées : eau potable, protection
des enfants, accès à l'information, services de police,
éducation et santé. (68)
- On peut dire que l'AI est une activité gouvernementale qui
ne coûte pas cher si l'on tient compte de sa contribution à
l'avancement d'une société transparente et imputable au
sein de laquelle le public a un droit de savoir;
- En partie en raison de sa nouveauté et des fardeaux qu'il
impose, l'AI peut être perçu comme un luxe, ce qui contribuerait
à l'insuffisance chronique de ressources qui y sont consacrées;
il peut également être perçu comme un gouffre sans
fond pour les ressources, (un peu comme dans le domaine de la santé).
Les dépenses à l'appui d'un sain régime d'AI doivent
être effectuées judicieusement, surtout que l'observation
de l'AI n'est pas le mandat principal des ministères ou des organismes.
- En période de compressions financières et budgétaires,
il est inévitable que l'administration de l'AI en souffre, à
l'instar des autres activités gouvernementales.
(69) Le Secrétariat du Conseil du Trésor et
le Commissaire à l'information du Canada doivent exercer des
pressions pour faire en sorte que l'AI soit traité équitablement
dans un tel contexte.
2.4.5 La réalité de l'engagement limité
de gestion des documents et de l'information
- Le fardeau et la dépense qui consistent à trouver les
documents demandés; (70)
- Il est ressorti ce qui suit du résumé des discussions
entre les coordonnateurs et le Groupe d'étude de l'accès
à l'information : « On a mentionné fréquemment
que la mauvaise gestion des dossiers, y compris des documents électroniques,
et la perte de la mémoire corporative de l'organisation sont
des obstacles importants à la mise en œuvre efficace de la Loi
sur l'accès à l'information et des politiques visant
à faciliter l'accès à l'information du gouvernement.
Les systèmes désuets, y compris la coordination du système
des demandes d'accès à l'information, sont considérés
comme des obstacles importants. » (71)
- Il est ressorti des discussions avec les ministères ayant
reçu des fiches de rendement que les « mauvaises pratiques en
matière de gestion des dossiers » constituent l'une des principales
raisons du non-respect des délais, y compris les points suivants :
- La recherche des documents peut exiger un effort notable si le
système de gestion des dossiers n'est pas dans un état
exemplaire;
- Les bureaux d'AI doivent savoir de quelle information le ministère
dispose, où cette information se trouve, peu importe sa présentation
matérielle, et quels sont les barèmes de conservation
et de disposition pour les divers types d'information;
- Les bureaux chargés de la gestion des dossiers doivent
être suffisamment dotés en ressources, et les employés
qui s'imposent doivent être engagés et formés;
- Les discussions ont mis en relief la nécessité
d'améliorer la gestion des dossiers.
- La réalité d'un gouvernement décentralisé
dans une vaste région géographique comme le Canada :
les dossiers qui doivent être repérés, copiés
et analysés peuvent être détenus à des centaines
ou des milliers de kilomètres de distance, et même à
l'étranger;
- L'absence soutenue d'intérêt politique ou bureaucratique
pour la promotion et le financement de saines pratiques de gestion des
dossiers papier ou électronique. La situation est particulièrement
difficile pour cette dernière catégorie.
- Le Commissaire à l'information et à la protection de
la vie privée de la C.-B., David Loukidelis (traduction) :
« …[I]l est clair qu'il faut instaurer des lois modernes sur la gestion
des dossiers qui régiraient le cycle de vie des documents gouvernementaux,
de la création à la disposition. Les avantages sur le
plan de la réduction des coûts d'observation aux termes
de la Loi sont indéniables… Les objectifs de reddition de comptes
et de transparence visés par la Loi ne peuvent être réalisés
si les dossiers ne peuvent être localisés ou si leur authenticité
est douteuse. » (72)
- Le vérificateur général du Canada a parlé
du problème de la gestion des dossiers. Le 27 février
2001, Denis Desautels a conclu son mandat de 10 ans en déposant
au Parlement un document intitulé : Le point sur une décennie
au service du Parlement ….
- Le problème de la non-divulgation des mauvaises nouvelles
est exacerbé par la mauvaise qualité des dossiers
tenus dans les ministères. On peut attribuer une partie du
problème à une certaine paranoïa à l'égard
des règles d'accès à l'information et à
la réticence traditionnelle des hauts fonctionnaires à
conserver en dossier les instructions des ministres ou les discussions
entourant les motifs des décisions.
La disparition de la piste de vérification traditionnelle
rend également la reddition de comptes plus difficile. Les
efforts pour réduire les coûts administratifs indirects
semblent avoir donné lieu à des compressions disproportionnées
dans la gestion des dossiers. Mon collègue, le Commissaire
à l'information, a attiré l'attention sur la réduction
du nombre de préposés à l'information, de bibliothécaires,
de commis aux dossiers et de secrétaires au classement, situation
qui, estime-t-il, a contribué énormément à
l'absence de discipline dans la gestion des dossiers. Cela nuit
non seulement à la capacité du public d'avoir directement
accès aux dossiers du gouvernement, mais aussi à la
mémoire institutionnelle des ministères. La capacité
de vérifier les décisions en souffre également.
La piste de vérification est également endommagée
par le recours aux technologies de l'information. Autrefois, la
correspondance et les documents étaient sur papier et étaient
physiquement classés dans le registre central des ministères.
Aujourd'hui, les notes internes ont été remplacées
par des courriels, qui ne sont pas classés au niveau central
et qui s'évaporent lorsqu'il n'y a plus d'espace sur le serveur
sur lequel ils sont stockés. La plupart des travailleurs
du savoir tiennent de nombreux dossiers importants sur leur propre
disque dur, auquel les gestionnaires des dossiers des ministères
n'ont pas accès. Tout comme le Commissaire à l'information,
je suis d'avis que ces pratiques détruisent peu à
peu le fondement de la reddition de comptes au gouvernement fédéral.
Je crains que sans l'utilisation de meilleures technologies, il
ne devienne plus difficile de savoir comment et pourquoi d'importantes
décisions sont prises. » (73)
- Au sujet de l'incapacité de trouver les dossiers demandés,
le Commissaire Reid déclarait le 15 octobre 2000 :
(74)
- « La gestion de l'information dans l'administration fédérale
est dans un si piètre état que l'expression est presque
devenue un oxymoron. La tenue des dossiers est en crise et menace
la viabilité du droit d'accès. »
- « Tout le système sous-tendant la Loi sur l'accès
à l'information repose sur le fait que des documents
sont créés, bien répertoriés et classés,
faciles à extraire, archivés comme il se doit et évalués
minutieusement avant leur destruction, de manière à
éviter la perte de renseignements précieux.»
- Les compressions et la réduction des effectifs ont dévasté
le milieu de la gestion des dossiers;
- Le grand fossé qui existe entre les professionnels de
la technologie de l'information et ceux de la gestion de l'information;
- « …la crainte irrationnelle de l'accès à l'information
incite de nombreux fonctionnaires (le plus souvent aux échelons
supérieurs) à éviter de créer des documents;
»
- « …les ordinateurs personnels ont réduit la capacité
des institutions à exercer un contrôle central sur
le classement, l'indexage et la destruction des documents; »
- « Il faut savoir que le SCT a élaboré, à la
fin des années 1980, une politique remarquablement exhaustive
sur la gestion de l'information gouvernementale …. Mais il faut aussi
savoir que le Conseil du Trésor n'a pris aucune mesure depuis
pour s'assurer que la politique est respectée ou mise à
jour en fonction des défis propres à la gestion électronique
des affaires publiques. »
- « Le moment est venu d'élaborer une loi sur la gestion de
l'information qui permettrait de réglementer tout le cycle de
gestion de l'information gouvernementale. » (75)
- Quand les membres du Groupe d'étude de l'accès à
l'information ont demandé aux coordonnateurs ce qui permettrait
d'améliorer la situation, ceux-ci ont répondu : «
…le fait d'établir des systèmes et des politiques efficaces
en matière de gestion des dossiers et la prestation de conseils
offriraient davantage la possibilité d'améliorer l'accès
public à l'information détenue par le gouvernement. »
(76)
- La nécessité d'améliorer la gestion
de l'information et des documents semble susciter le consensus (surtout
en ce qui a trait à la réalité selon laquelle les
employés de la fonction publique créent constamment des
documents à l'ordinateur personnel sans pour autant avoir suivi
de formation en matière de gestion des dossiers). La réforme
dans ces deux domaines constitue toutefois un problème fondamental
auquel il n'existe pas de solution vraiment facile.
2.5 Les types de solutions aux problèmes de
non-respect des délais
2.5.1 Les solutions selon le demandeur
- Quelles attentes raisonnables les demandeurs doivent-ils avoir en
ce qui a trait à la vitesse à laquelle ils obtiennent
l'accès aux documents détenus par le gouvernement? Ils
doivent s'attendre à ce que les délais soient observés,
à ce que tous les efforts raisonnables soient déployés
et, en l'absence de raisons probantes dans le sens contraire, le processus
doit pouvoir être examiné par un organisme de surveillance
indépendant.
- Les demandeurs veulent obtenir des dossiers et ils ont peu d'intérêt
pour les explications bureaucratiques pour lesquelles des dossiers n'arrivent
pas rapidement; ils doivent toutefois apprendre, ou on doit leur enseigner,
la patience afin que le système puisse fonctionner comme il se
doit. Cette activité est incessante pour les coordonnateurs et
les membres de leur personnel.
2.5.2 Les solutions selon le coordonnateur de l'accès à
l'information
- Les coordonnateurs doivent travailler dans un milieu favorable et
stimulant qui reconnaît la valeur de leur travail pour la démocratie
canadienne, ce qui n'est pas assez souvent le cas actuellement à
l'échelon fédéral.
- Le Comité permanent de la justice et du Solliciteur général
a conclu en mars 1987 que « les coordonnateurs de l'accès
à l'information et d'autres fonctionnaires des institutions fédérales
devraient être encouragés concrètement à
faire tous les efforts possibles pour répondre rapidement aux
demandes d'accès. Le Comité reconnaît que souvent,
les retards ne sont pas attribuables aux coordonnateurs de l'accès,
mais à d'autres éléments. Il faut prévoir
des mesures d'incitation pour les coordonnateurs et les autres fonctionnaires
qui s'efforcent de respecter l'esprit de la Loi sur l'accès
à l'information. Par exemple, le Rapport d'évaluation
et examen du rendement des fonctionnaires chargés d'appliquer
la Loi sur l'accès à l'information devrait indiquer
qu'ils ont réussi à répondre rapidement aux demandes
d'accès. » (77) Cela demeure
un objectif souhaitable.
- Le gouvernement a répondu en 1987 qu'il «
reconnaît que les coordonnateurs jouent un rôle crucial
dans le succès de la mise en œuvre de la législation.
Ces derniers sont des personnes-ressources particulièrement importantes
pour les personnes qui présentent une demande en vertu de la
loi. Ils sont chargés d'assurer un traitement rapide et efficace
des demandes d'accès. À cette fin, les coordonnateurs
doivent avoir un accès direct à la haute direction et
savoir travailler efficacement en concertation avec d'autres fonctionnaires…
Le gouvernement mettra au point un programme de formation pour les coordonnateurs
et leur personnel afin de leur communiquer les renseignements détaillés
et courants dont ils ont besoin pour remplir efficacement leur rôle…
De plus, les exigences du poste et ses responsabilités seront
mises à jour de manière à souligner la nécessité
d'avoir directement accès aux sous-ministres et à la haute
direction en vue d'assurer un règlement rapide des problèmes
et la pleine application de la loi. » (78)
- En tenant compte du taux de réussite initial très élevé
des demandes d'accès au Manitoba, l'Ombudsman Barry Tuckett a
déclaré (traduction) : « Le succès habituellement
courant des activités d'accès à l'information et
de protection de la vie privée au Manitoba est attribuable en
grande partie à l'engagement des agents et des coordonnateurs
de l'accès à l'information et de la protection de la vie
privée dans leur travail quotidien en première ligne,
et à l'appui qui leur est fourni par les organismes publics et
les personnes responsables de l'administration de la FIPPA et de la
PHIA [la Public Health Information Act]. »
(79)
- Les coordonnateurs doivent obtenir un pouvoir délégué
du sous-ministre pour accomplir leur travail comme il se doit;
- Le Commissaire à l'information a proposé une norme
de délégation (raisonnable) dans la suggestion
suivante faite au ministère de la Défense nationale :
« L'on s'attend que les personnes investies du pouvoir délégué
de donner suite aux demandes de communication exerceront ce pouvoir
conformément aux délais prévus dans la Loi.
Les efforts raisonnables déployés en vue de s'assurer
que les besoins en communication du ministre sont satisfaits avant
la diffusion des réponses n'ont rien de répréhensible.
Cependant, les réponses déjà tardives aux demandes
de communication ne devraient pas être retardées davantage
afin de satisfaire aux besoins en communication du ministre. De
plus, les réponses tardives ne devraient pas être retardées
davantage dans le processus d'approbation supérieur du Ministère.
» (80)
- Un sain système d'exploitation en matière d'AI
au titre du traitement des demandes d'accès à
l'information doit permettre de composer avec ce que les observateurs
éclairés perçoivent comme étant certaines
réalités importantes :
- Il est possible de répondre facilement à la plupart
des demandes d'accès; les sous-ministres et les hauts fonctionnaires
n'entendent parler que des demandes et des demandeurs qui posent
problème;
- Des limites administratives doivent être fixées
pour ce qui est de la taille et de la portée des demandes
d'accès, de façon qu'elles ne bloquent pas les demandes
plus raisonnables. Il n'y aurait probablement pas lieu pour un ministère
de consacrer la totalité de ses ressources annuelles d'AI
à une seule demande. (81)
- La dotation en ressources du processus d'accès dans des
secteurs de programmes spécialisés constituera un
problème constant étant donné qu'il se produira
des cas où une personne déjà occupée
sera le seul fonctionnaire à connaître un type donné
de dossier, comme des renseignements scientifiques très spécialisés.
- Le processus de consultation auprès de tiers, y compris
d'autres ministères, d'autres administrations, des sociétés
et un grand nombre de parties, est un fardeau important qui exerce
une grande pression au titre des délais réglementaires.
Un avis affiché dans le site Web de chaque ministère
devrait expliquer le sens des consultations auprès de tiers
et la raison pour laquelle le processus peut être assez long.
- « Les participants ont indiqué que souvent une négociation
directe avec les demandeurs permet de réduire le temps de
réponse : certains demandeurs peuvent en effet accepter les
dossiers « tels quels ». (82)
- Il est ressorti du résumé des discussions entre les
coordonnateurs et le Groupe d'étude de l'accès à
l'information l'observation pertinente qui suit : « On a mentionné
que l'établissement de rapports efficaces avec les demandeurs
constitue une partie importante de la détermination et de la
«négociation» du moyen utilisé pour répondre de
façon appropriée aux besoins d'information des demandeurs.
»
- Une autre déclaration générale tirée
de ce résumé des discussions portait sur bon nombre des
questions abordées dans cette section : « Les participants
ont indiqué également que la formation et le soutien de
ressources adéquates et des lignes directrices faciles à
utiliser pour les bureaux d'AIPRP ainsi que la planification des ressources
humaines en vue d'assurer des niveaux de dotation appropriés
et une classification adéquate seraient des étapes importantes
qui permettraient d'améliorer l'accès du public à
l'information. Ils estiment qu'il serait nécessaire que les représentants
ministériels et politiques reconnaissent davantage le travail
accompli par les coordonnateurs de l'accès à l'information
et que ce serait une étape importante en vue de promouvoir une
fonction publique qui favoriserait davantage leur rôle et les
principes sous-jacents de la Loi sur l'accès à l'information.
Certains participants estiment que la classification des coordonnateurs
de l'accès à l'information à un niveau plus élevé
leur donnerait plus de crédibilité et leur permettrait
de faciliter l'accès du public à l'information de façon
plus efficace ; d'autres sont d'avis qu'un meilleur leadership à
tous les niveaux, mais particulièrement au niveau des cadres
supérieurs, améliorerait l'accès du public à
l'information en vertu de la Loi et aussi l'accès général
à de nombreuses catégories d'information. »
(83)
- Le Bureau central de l'accès à l'information et de
la protection de la vie privée du Secrétariat
du Conseil de gestion de l'Ontario vient de rendre public un
document intitulé « Freedom of Information Guideline » qui a
pour objet de favoriser l'adoption de pratiques de gestion exemplaires
pour la fonction de l'AI. (84)
(Nous avons ajouté les caractères gras partout) Nous citons
ici ce document en grande partie étant donné qu'il constitue
un examen très cohérent des diverses problèmes
administratifs à régler au titre de la gestion des délais
des demandes d'AI (traduction) :
« Les gestionnaires responsables des bureaux d'AI doivent veiller à
ce que :
1. Des politiques et des directives soient en place pour faire en sorte
que les demandes sont traitées promptement dans
le respect des exigences de la Loi.
2. Les coordonnateurs et le personnel de l'AI aient les compétences
et la formation requises pour s'acquitter de leurs fonctions.
3. Les personnes ayant un pouvoir décisionnel délégué
soient informées comme il se doit d'exercer leur pouvoir décisionnel.
[Cela constitue, en réalité, un bon système de triage.]
4. Des plans de formation annuels soient élaborés
et mis en œuvre de manière que tout le personnel de l'AI ait la
formation et les connaissances requises des lois et des directives
d'AI.
5. Des possibilités de formation mettant l'accent sur les principes
de transparence gouvernementale et sur les objectifs de la Loi soient
offertes au personnel de l'AI et aux personnes ressources des secteurs
de programmes.
6. Des plans de relève soient mis en œuvre afin de déterminer
les candidats au poste de coordonnateur de l'AI et de leur fournir une
formation en vue d'assurer la continuité et une transition en douceur
en cas de postes vacants ou d'absences.
Coordonnateurs de l'AI
Les coordonnateurs de l'AI doivent :
1. Favoriser la communication courante et la diffusion
active en jouant un rôle actif dans la détermination
des documents et des renseignements qui ne sont pas exempts et peuvent
être communiqués hors du processus d'AI.
2. Veiller à ce que les travaux qui font suite à une demande
commencent dès que le prévoient les présentes lignes
directrices.
3. Déterminer les demandes difficiles ou volumineuses
tôt dans le processus et prévoir un plan de traitement
indiqué pour celles-ci.
4. Favoriser la communication et le rapport avec les demandeurs comme
le prévoient les présentes lignes directrices.
5. Négocier avec les demandeurs lorsque cela est susceptible d'accroître
la satisfaction des clients et de réduire la taille ou la complexité
d'une demande.
6. Rédiger les lettres de décision selon les critères
prévus dans les présentes lignes directrices.
7. Mettre en œuvre les processus de surveillance et de gestion des dossiers
de manière que les calendriers prévus dans le processus
de traitement des demandes litigieuses soient observés.
8. Mettre en œuvre le processus de traitement des demandes litigieuses
selon les modalités prévues dans les présentes lignes
directrices.
9. Examiner périodiquement le rendement des institutions
en matière d'AI et leur observation des lois.
10. Déterminer la formation à suivre pour eux-mêmes,
les décideurs et le personnel de l'AI.
11. Envisager de retenir en sous-traitance de l'aide extérieure
pour faciliter le traitement des demandes d'AI quand la charge
de travail d'une institution en la matière dépasse soudainement
la capacité du personnel.
12. Veiller à ce que les directives et les calendriers d'autorisation
et de signature qui s'imposent soient en place pour éviter les
retards.
13. Communiquer clairement aux décideurs quels sont les délais
maximums pour répondre aux bureaux d'AI.
Gestionnaires de secteur de programme
Un «gestionnaire de secteur de programme» s'entend d'un gestionnaire
responsable d'un secteur de programme - soit, dans la plupart des cas,
un sous-ministre adjoint responsable d'une division.
Les gestionnaires de secteur de programme doivent :
1. Veiller à ce que la priorité soit accordée aux
fonctions d'AI et à ce que celles-ci ne soient pas assujetties
aux fonctions d'autres secteurs de programmes.
2. Favoriser la communication courante et la diffusion
active en examinant les documents détenus afin d'établir
les catégories de documents qui ne sont pas exemptes et qui peuvent
être communiqués hors du processus d'AI.
3. Identifier expressément les personnes ressources des
secteurs de programmes responsables des fonctions d'AI.
4. Établir, après consultation du coordonnateur de l'AI,
les fonctions particulières de toutes les personnes ressources
des secteurs de programmes.
5. Veiller à ce que les personnes ressources des secteurs de programmes
accordent une priorité élevée au traitement des demandes
d'AI de façon que les documents et les recommandations au sujet
de la communication soient fournis au bureau d'AI dans les délais
précisés par celui-ci.
6. Lorsque des personnes ressources de secteurs de programmes trouvent
des documents et font des recommandations quant à leur communication,
veiller à ce que les niveaux de dotation en personnel des secteurs
de programmes soient suffisants pour faire en sorte que ces tâches
soient accomplies dans les délais précisés par le
bureau d'AI.
7. Veiller à ce que les employés des autres secteurs de
programmes soient disponibles pour remplacer les personnes ressources
au besoin.
8. Faire en sorte que toutes les personnes ressources des secteurs de
programmes soient clairement informées de leurs fonctions d'AI.
9. Veiller à la disponibilité continue de personnes ressources
ayant reçu la formation qui s'impose et capables de trouver des
documents en réponse aux demandes d'AI et qui comprennent la Loi.
10. Assurer un financement suffisant au titre de la mise en œuvre des
mesures décrites dans les présentes lignes directrices.
11. Veiller à l'intégrité et à l'organisation
des documents en assurant l'observation des politiques des ministères
et du gouvernement en ce qui a trait aux renseignements consignés,
y compris :
- La Loi sur les archives publiques.
- La directive concernant la sécurité informatique.
- La directive intitulée «Gestion des renseignements consignés».
12. Veiller à ce que les documents conservés ailleurs soient
organisés et classés de manière à pouvoir
être trouvés rapidement et efficacement.»
Retour à la Table des matières
Page Suivante 
54. Commissaire à l'information,
Australie occidentale, Annual Report 1999-2000, www.ATI.wa.gov.au/ATIFrames.htm
55. R. Gellman, "Shortcomings
of the Proposed Electronic Freedom of Information Improvement Act (S.1090),"
14 Government Information Quarterly 1 (1997).
56. Rapport annuel, 2000-2001,
p. 17.
57. www.atirtf-geai.gc.ca
58. Commissariat à l'information
et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique,
Annual Report 2000 (Victoria, C.-B., 2001), p. 8. Il convient toutefois
de signaler qu'une bonne partie de ces retards concerne des particuliers
qui veulent avoir accès aux renseignements personnels qui les concernent
(où le volume des demandes pose problème).
59. Ombudsman du Manitoba, Access
and Privacy. 1999 Annual Report (décembre 2000), p.11.
60. Une question à deux
volets : Comment améliorer le droit d'accès à
l'information tout en renforçant les mesures de protection des
renseignements personnels, p. 79.
61. Canada, Accès et renseignements
personnels - Les prochaines étapes, pp. 31-32.
62. John Reid, discours, Ottawa,
le 17 octobre 2000.
63. Le paragraphe 10(3) se lit
comme suit : «Le défaut de communication totale ou partielle
d'un document dans les délais prévus par la présente
loi vaut décision de refus de communication.». L.R.C. 1985, ch.
A- 1, art.10."
64. Allocution prononcée
à Victoria (C.-B.) le 1er février 2001.
65. Rapport annuel, 2000-2001,
chap. 3.
66. Rapport annuel, 1999-2000,
p. 11.
67. L'un des aspects les plus
intéressants des régimes d'AI est qu'ils ont été
instaurés par tous les principaux partis politiques qui existent
partout au pays. Dans la réalité toutefois, le gouvernement
au pouvoir fait rarement preuve de grand enthousiasme au sujet de ces
lois.
68. L'analyste américain
Robert Gellman fait observer au sujet de l'application de la Freedom
of Information Act (traduction) : «… la réalité
fondamentale de la Loi, c'est que le traitement des demandes est limité
surtout par l'insuffisance de ressources. C'est la principale contrainte
de la Loi. Avec davantage de ressources, les organismes pourraient traiter
les demandes plus efficacement. Cependant, bon nombre de bureaux d'AI,
comme d'autres bureaux du gouvernement, n'ont pas le personnel dont ils
auraient besoin pour faire leur travail comme il se doit. Cela ne surprend
personne, et cela n'est pas prêt de changer. Chaque fonction gouvernementale
est touchée par le déficit budgétaire. La question
des délais en est le meilleur exemple. Peu importe ce que précise
la Loi au sujet du délai dans lequel un organisme doit répondre
à une demande, le facteur réel est le nombre de demandes
reçues et le nombre d'employés affectés aux réponses.
Avec un niveau donné de ressources, il n'est possible de traiter
qu'un nombre donné de demandes. Le fait de prolonger ou de raccourcir
les délais prévus dans la Loi ne peut rien changer à
cette réalité fondamentale». R. Gellman, "Shortcomings of
the Proposed
Electronic Freedom of Information Improvement Act (S.1090),"
14 Government Information Quarterly 1 (1997).
69. Comme l'a déclaré
John Reid à Varsovie le 15 mars 2001, tout régime
d'AI est susceptible de se heurter à de la résistance et
d'éprouver des problèmes, «parce que je sais que les bureaucraties
se réfugient dans le secret, particulièrement en temps de
crise».
70. Comme l'a souligné
John Reid dans son discours prononcé à Varsovie le 15 mars
2001 : «Pour que le programme sur l'accès à l'information
soit efficace, les fonctionnaires doivent savoir quels renseignements
chaque ministère a en sa possession, où les trouver, comment
les extraire et montrer, de façon objective, que la recherche a
été effectuée de manière exhaustive. Ce problème
doit être résolu non seulement pour améliorer le programme
d'accès à l'information, mais également pour assurer
une saine gestion publique en général».
71. www.atirtf-geai.gc.ca
72. Annual Report 1999-2000, p.
15.
73. Citation extraite d'une allocution
prononcée à Londres, R.-U., par le Commissaire à
l'information, John Reid, le 5 mars 2001.
74. «Dans le jeu du chat et de
la souris qui persiste entre les membres du grand public qui veulent de
l'information et les fonctionnaires qui préfèrent que ceux-ci
en aient le moins possible, les personnes à la recherche de l'information
doivent surmonter trois obstacles : les retards, le recours abusif
aux exceptions (Dissimulation/censure) et l'incapacité de trouver
les documents demandés. Le troisième obstacle est
désormais le plus préoccupant». (Nous avons ajouté
les caractères gras) Rapport annuel 1999-2000, p. 21.
75. Rapport annuel 1999-2000,
pp. 21-24. Le chapitre 2 du Rapport annuel, 2000-2001du Commissaire est
entièrement consacré à la question de la gestion
de l'information.
76. www.atirtf-geai.gc.ca
77. Une question à deux
volets, pp. 79-80.
78. Canada, Accès et renseignements
personnels : Les prochaines étapes, pp. 36-37.
79. Ombudsman du Manitoba, Access
and Privacy. 1999 Annual Report, p. 12.
80. Rapport annuel 1999-2000,
p. 69; voir aussi les pages suivantes.
81. Le FBI établit des
listes distinctes pour les grands et les petits demandeurs. Le FBI et
d'autres grands organismes américains négocient également
avec les demandeurs un calendrier de communication des dossiers échelonné
sur une certaine période. (Entrevue, Robert Gellman, le 3 août
2001)
82. Consultation auprès
des ministères ayant reçu une fiche de rendement par le
Groupe d'étude de l'accès à l'information.
83. www.atirtf-geao.gc.ca
84. http://www.gov.on.ca/MBS/english/fip/pub/ATIguideline.html
|