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Groupe d'étude de
l'accès à l'information
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Rapport 25 - Groupe d'étude de l'accès à l'information
LA GESTION DES DÉLAIS DE RÉPONSE AUX TERMES DES LOIS CANADIENNES
SUR L'ACCÈS À L'INFORMATION
2.5.3 Les solutions selon le Commissaire à l'information
2.5.3.1 Discours, persuasion et défense des droits
- Ce moyen de prédilection,
qui est habituellement fructueux, étant donné que les
administrations publiques, les politiciens et la fonction publique n'aiment
pas la publicité négative et sont susceptibles de se faire
persuader (de préférence en privé) d'appuyer la
transparence et la reddition de comptes;
- Conscience que ces mêmes acteurs ne peuvent contrôler
les Agents du Parlement ou de la Législature qui ont une grande
liberté de parole, en raison de leur indépendance par
rapport au gouvernement;
- Habituellement, le Commissaire à l'information veut être
populaire et ne pas être perçu par un ennemi par ceux avec
qui il doit travailler. Il hésite à faire des «vagues».
- À titre de Commissaire à l'information et à
la protection de la vie privée en Alberta (1995-2001), Bob Clark
est un ex-politicien, ministre du Cabinet et connaissance du premier
ministre; Clark est un rare exemple de commissaire ayant la capacité
d'intervenir à l'échelon politique le plus élevé
pour régler des problèmes décelés.
- Le Commissaire à l'information, John Grace, était
un membre en vue de l'establishment d'Ottawa qui était très
bien placé dans les années 1990 pour faire des appels
personnels afin de régler des problèmes pressants d'AI;
il s'était aussi engagé à faire preuve de tact
pour régler les problèmes. Il a toutefois également
été le premier Commissaire à l'information du Canada
à parler publiquement des retards dans les délais de réponse
aux demandes d'accès.
2.5.3.2 Communication publique du problème
- Les commissaires à l'information
ont facilement accès aux médias au moyen de communiqués
et de rapports annuels; leurs critiques du gouvernement sont souvent
considérées comme étant dignes de mention dans
la presse.
- Quand une situation devient assez grave pour qu'un commissaire à
l'information en parle, comme dans le cas des retards, les résultats
sont habituellement positifs sur le plan des efforts déployés
par le gouvernement pour régler le problème. L'expérience
de John Reid est atypique, en ce sens que ses efforts ont en bout de
ligne suscité davantage d'antipathie que d'appui de la part de
la fonction publique et de l'élite politique (malgré ses
bonnes intentions).
2.5.3.3 Remise de bulletins de rendement aux ministères
- Quand John Reid, un ancien ministre
du Cabinet libéral (1978-1979) et député de longue
date (1965-1984), est devenu Commissaire à l'information du Canada
le 1er juillet 1998, lui et les cadres supérieurs
membres de son personnel ont rapidement décidé que les
problèmes de retards et de présomptions de refus étaient
trop répandus et que de nouvelles approches devaient être
adoptées;
- Reid a instauré unepolitique en vertu de laquelle «le traitement
en retard des demandes de communication ne sera(it) pas toléré…
et, surtout, le Commissaire utilisera(it) pleinement ses pouvoirs d'enquête
pour atteindre ces objectifs.» (85)
(Nous avons ajouté les caractères gras)
- Reid a décrit la réaction à sa nouvelle approche
dans son rapport annuel rendu public le 15 octobre 2000 (sous
le titre «Le droit d'accès - assiégé de
toutes parts : Au secours!») : «Aux yeux de bien
des responsables gouvernementaux, ce plan d'action semblait menaçant,
malavisé, voire arrogant pour un nouveau venu au poste de Commissaire.
Il se solda par un durcissement inquiétant des attitudes et une
résistance accrue aux enquêtes du Commissaire. Lorsque
les assignations, les recherches et les questions du Commissaire se
font trop insistantes ou risquent trop d'atteindre les échelons
supérieurs, les mandarins organisent la résistance… L'offensive
du Conseil du Trésor a consisté à priver le Commissaire
de ressources essentielles pour effectuer son travail.»
(86) (Nous avons ajouté les caractères gras)
Ces faits illustrent de façon éloquente la réponse
prévisible.
- Le Commissaire Reid ajoutait le 15 octobre 2000 : «Nous ne
dérogerons pas à notre stratégie de «tolérance
zéro» pour ce qui est des retards ou de la culture générale
du secret excessif.» (87)
- La nouvelle stratégie consistant à remettre des bulletins
de rendement annuelles aux organismes fédéraux.
Reid lui-même a livré ses conclusions :
- «En 1998-1999, six ministères ont fait l'objet d'une étude.
Tous ont obtenu la note « F » parce que les ministères n'ont
pas su répondre à temps aux demandes dans 35 % à
85 % des cas. [Pour obtenir un « A », les ministères devraient
limiter à 5 % le nombre de réponses données
en retard.] En 1999-2000, les six même ministères et
deux autres ont fait l'objet d'un nouvel examen; parmi les six ministères
initiaux, quatre ont encore obtenu la note « F », malgré
une diminution du pourcentage de demandes n'ayant pas reçu
de réponse à temps, qui se situait alors entre 23
% et 52 %. Deux ministères sont passés de la note
« F » à la note « A ». Un des deux nouveaux ministères
étudiés a obtenu la note « A », et l'autre la note
« F ».
- Cette utilisation des notes de rendement a causé une certaine
agitation parmi les cadres supérieurs. Je précise
tout de suite que cette façon de faire, celle d'inciter
les fonctionnaires à agir, en exposant au grand public les
mauvaises habitudes de gestion, était une solution de dernier
recours. Mes prédécesseurs avaient essayé en
vain toutes les autres options (des cajoleries aux poursuites en
justice). Même si je suis d'avis qu'il faut tout
tenter pour régler le problème des délais par
la coopération avant d'avoir recours à la dénonciation
publique, j'ai jugé que si les ministères, après
16 ans, n'étaient toujours pas en mesure de respecter les
délais, il était temps d'agir.».
(88) (Nous avons ajouté les caractères gras)
- Des plaintes ont été formulées selon lesquelles
les bulletins de rendement étaient si sévères que
les progrès accomplis par les ministères n'étaient
pas récompensés; cela constituait, à juste titre,
un facteur démoralisant pour certains coordonnateurs de l'accès
à l'information.
- Les enseignants chevronnés savent que le système de
classement doit être juste pour que les notes soient respectées :
le système de classement à la base de ces fiches de rendement
était assurément très sévère, étant
donné que l'écart des notes entre quelqu'un qui était
pénalisé pour des présomptions de refus, quelqu'un
qui obtenait un «A» et quelqu'un qui recevait un «F» n'était
que de 20 %. Autrement dit, le système de classement était
grandement artificiel, du moins pour ce qui est de l'absence d'explications
offertes aux lecteurs et aux utilisateurs des normes adoptées.
(89) Le caractère inéquitable intrinsèque
du système de classement a même été admis
par le Commissaire à l'information en mai 2000 : «
Les quatre autres ministères dont les fiches de rendement avaient
obtenu la note d'échec l'an dernier (CIC, ACDR, MAECI et DN)
ont une fois de plus récolté des « F » cette année.
Mais, même dans leur cas, il y a de bonnes nouvelles. Tous démontrent
une amélioration marquée en regard des exercices précédents
et tous ont mis en place des ressources et des processus qui vont selon
nous leur permettre de respecter les délais légaux d'ici
à la fin de l'année financière 2000/2001. Et, cette
année, les scores du groupe d'échec se répartissent
entre un maximum de 51,5 p. 100 et un minimum de 23,4 p. 100.» Il est
inhabituel d'observer un rendement aussi élevé dans la
catégorie des «F», tout comme il est inusité pour un enseignant
d'accorder une autre note insuffisante à quelqu'un qui a apporté
des «améliorations substantielles».
- Un système de classement dans le cadre duquel tout le monde
échoue ne convient pas au problème évalué;
c'était le cas avec les premièr bulletins de rendement
qui ont été remis en 1999.
- Ces bulletins de rendement doivent apporter des recommandations
réalistes et plausibles. Le bulletin de rendement de 1999 recommandait
ce qui suit : « La ministre devrait donner au coordonnateur l'instruction
écrite d'exercer les pouvoirs qui lui sont délégués
pour répondre aux demandes dans les délais, que le processus
d'approbation supérieur ait été terminé
ou non». Il n'est pas étonnant que les ministères n'aient
pas tenu compte d'une recommandation qui remet directement en question
le fonctionnement de la fonction publique en vertu de la doctrine de
la responsabilité ministérielle.
(90)
- Les bulletins de rendement détaillés de six ministères,
dans le rapport annuel du Commissaire à l'information pour 2000-2001,
rendu public au début de juin 2001, se trouvent dans une
annexe de 47 pages et sont assez complètes et davantage
conviviales pour ce qui est de la discussion des problèmes et
des améliorations recommandées.
(91)
- Les points pertinents suivants sont ressortis du résumé
des discussions entre le Groupe d'étude de l'accès à
l'information et les coordonnateurs de l'accès à l'information :
- «On signale que les «bulletins de rendement» du Commissaire à
l'information portant sur la manière dont les demandes ont
été traitées ont représenté une
façon innovatrice de surveiller la mise en application de
la Loi au sein des ministères.»
- «Plusieurs participants estiment que les relations avec le Commissariat
à l'information se sont détériorées
au fil des ans. On a indiqué qu'une apparente détérioration
du moral des fonctionnaires résultant des commentaires de
plus en plus négatifs dans le rapport annuel du Commissaire
à l'information et du comportement persistent et excessif
des enquêteurs empêchaient le maintien de relations
de travail efficaces avec les représentants du Commissariat
à l'information. On croit que ceci pourrait éventuellement
exacerber l'impact déjà négatif du manque de
ressources humaines et financières consacrées à
la fonction d'accès à l'information au gouvernement.»
(92) Cette critique illustre bien
combien il est difficile d'essayer de faire fonctionner concrètement
un régime d'AI.
- En ce qui a trait aux délais non respectés, le résumé
des discussions avec les ministères ayant reçu un bulletin
de rendement soulignait que «la lettre unique de la cote attribuée
par le Commissaire à l'information (CI) ne permet pas d'indiquer
le fait qu'un pourcentage important des dossiers demandés sont
transmis, ni ne tient compte des cas de conformité à la
Loi ou de la nécessité de tenir des consultations en rapport
avec les documents.»
- «Le CI considère les demandes non conformes même lorsque
quelques documents seulement sont retenus dans une demande dont le traitement
est par ailleurs terminé pour des raisons de retard involontaire;
ces retards découlent de la nécessité de consulter
à l'interne des bureaux situés un peu partout au pays
ou à l'étranger, des gouvernements étrangers et
d'autres ministères fédéraux. En outre, par sa
cote, le CI n'évalue pas si les ministères ont appliqué
correctement la Loi et les exceptions autorisées.».
(93)
- Les observations suivantes ont également été
faites au sujet du processus des bulletins de rendement du Commissaire
dans le résumé des discussions avec les ministères
ayant reçu un bulletin de rendement :
- « Le CI met l'accent sur les retards, au détriment
d'autres questions importantes comme le contenu et la qualité
des réponses; »
- « Le rapport du CI ne tient pas compte des consultations,
de plus en plus nombreuses à mesure qu'augmentent la complexité
et le nombre de demandes reçues; »
- « La lettre unique de la cote attribuée par le CI
ne fait pas état du fait que la grande majorité des
documents demandés sont rendus publics à temps, et
qu'une très grande partie de ceux-ci est rendue publique
avec peu ou pas d'exceptions; »
- « Il doit être tenu compte de l'existence de documents
dans des bureaux décentralisés et de la difficulté
que cela entraîne pour recueillir des documents disséminés
partout au pays ou à l'étranger, ainsi que pour obtenir
l'avis de ces bureaux décentralisés au sujet du caractère
délicat de l'information; »
- « Quand des ministères reçoivent continuellement
des observations négatives du CI, qu'ils n'obtiennent pas
le crédit pour appliquer autrement la loi comme il se doit
ou pour la bonne qualité de leurs réponses, ni pour
investir de façon substantielle des ressources accrues dans
le processus seulement pour continuer d'observer la loi dans un
contexte de demande croissante, une certaine «lassitude» s'installe
inévitablement au sein des cadres supérieurs; dans
ces circonstances, l'AIPRP risque d'être perçu comme
un «trou noir» ou un gouffre dans lequel sont épuisées
les ressources, ce qui risque d'entraîner un ressentiment
parmi les services de première ligne; »
(Nous avons ajouté les caractères gras) Cette observation
est très juste.
- « S'il était possible de convaincre le CI de mettre
plutôt l'accent sur des questions plus générales,
comme sur la collectivité de l'AIPRP, toute la collectivité
en profiterait de manière positive pour le bénéfice
de tous. »
- « Les ministères ne doivent pas attendre de recevoir
un bulletin de rendement avant de se pencher sur leurs processus,
de mesurer leur rendement d'un bout à l'autre du spectre,
de cerner les problèmes et d'y remédier; il est difficile
pour un ministère de refaire sa réputation une fois
qu'il est classé comme cultivant le secret; c'est pourquoi
des améliorations doivent être apportées dès
que les problèmes sont cernés; »
- Le plus récent rapport annuel du Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée de l'Ontario renferme
une excellente forme de «fiche de rendement» de chaque ministère
provincial qui «donne tous les détails» pour ce qui est de l'amélioration
constatée au sein de chaque institution sur le plan des délais
de réponse aux demandes d'accès et qui précise
comment ces délais ont été respectés, cerne
les lacunes continues, signale les ministères dont le rendement
s'est amélioré dans la dernière année et
ceux dont le rendement a baissé, et il félicite les meilleurs,
le tout de manière très judicieuse et objective.
(94) Cet exemple de l'Ontario est passablement meilleur que
l'approche fédérale des fiches de rendement.
2.5.3.4 Défier les ministres et les bureaucrates de rang
supérieur
- Dans le cadre de leur politique
dite de «tolérance zéro», le Commissaire Reid ainsi que
les cadres supérieurs du Commissariat ont également adopté
une approche radicale de convocation des ministres et des plus hauts
fonctionnaires pour leur faire expliquer, sous serment, les raisons
pour lesquelles l'accès à l'information ne fonctionne
pas comme il se doit dans leur ministère;
- Le Commissaire Reid déclarait, le 15 octobre 2000 :
«La politique de «tolérance zéro» en ce qui concerne les
retards dans le traitement des demandes d'accès à l'information
comportait deux éléments principaux : … 2) demander
aux sous-ministres d'expliquer les raisons des retards (officiellement
et sous serment) lorsque l'enquêteur chargé du dossier
n'a pas pu régler le litige avec ses homologues. Cette stratégie
a eu pour effets défavorables d'inciter les hauts fonctionnaires,
qui n'ont guère apprécié d'être l'objet de
toute cette attention, à trouver une multitude de façons
d'exprimer leur mécontentement.» (95)
Ce résultat était entièrement prévisible.
- «Des ministres et des sous-ministres ont été appelés
à expliquer les raisons de retards déraisonnables. Leurs
explications ont été reçues directement, sans intermédiaires.»
(96) Cette activité, surnommée «l'inquisition»
(allusion à son style de tribunal inquisitoire) était
extrêmement impopulaire chez les personnes au sommet du pouvoir
politique et bureaucratique au Canada;
- Certains observateurs considèrent que les mesures adoptées
par le Commissaire Reid ont pour effet pervers d'accroître la
résistance à la collaboration avec son commissariat, de
susciter la colère et l'hostilité envers le Commissaire,
et d'«empoisonner l'atmosphère» qui entoure la Loi sur l'accès
à l'information, par rapport à l'acceptation réticente
du début.
- Même s'il est manifestement opportun de demander des explications,
il semble évident qu'une approche qui peut être qualifiée
d'«inquisitoire» est inefficace.
2.5.3.5 Levée des frais d'accès dans les cas de non-respect
des délais impartis
- En 1987, le Comité permanent de la justice et du Solliciteur
général a recommandé que le Commissaire à
l'information soit autorisé à lever les frais d'accès
si une institution publique ne peut respecter un délai sans le
justifier comme il se doit. Comme le gouvernement de l'époque
n'a pas tenu compte de cette recommandation, il y aurait lieu de réexaminer
la question.
- En 1999, le comité législatif de la Colombie-Britannique
qui se penchait sur l'application de la Loi a fait une recommandation
semblable.
- Comme les frais sont souvent levés, et que seuls de légers
montants sont perçus dans les autres cas de toutes façons,
l'effort «punitif» de levée des frais dans ces circonstances
peut être minimal pour un ministère.
- La levée des frais est une réponse au problème
des retards qui pose problème, étant donné qu'il
faut en moyenne quatre mois environ au Commissaire pour mener à
bien une enquête sur une présomption de refus.
(97) Cela pourrait donc prendre six mois, à partir
de la date de présentation d'une demande d'accès initiale,
avant que le Commissaire à l'information soit en mesure d'ordonner
une levée des frais. À cette étape-là, la
plupart des documents auraient dû être communiqués
au demandeur de toute façon, du moins dans des conditions normales.
2.5.3.6 Prise de décisions : responsabilisation du Commissaire
- Dans une allocution prononcée à Londres,
au R.-U., le 5 mars 2001, la Présidente du Groupe d'étude
de l'accès à l'information a déclaré :
« Jusqu'à maintenant, le Canada a fait un usage très modéré
des tribunaux pour résoudre des questions concernant l'accès
à l'information. Cette situation est sans doute due à
plusieurs facteurs dont notre Loi, la structure des pouvoirs du Commissaire
à l'information, et probablement le fait que les Canadiens ont,
somme toute, le réflexe judiciaire peu développé;
ce qui a pour résultat un système plutôt économique
et, dans l'ensemble, non contentieux. (98) »
- Il semble que les provinces et les territoires n'aient pas les mêmes
graves problèmes de retards, en réponse aux demandes d'accès,
que l'administration fédérale. (Cela ne veut pas dire
que les provinces et les territoires n'ont pas de problème de
gestion des retards, surtout en ce qui a trait aux demandes de renseignements
personnels).
- Cela peut s'expliquer, comme en font foi les décisions de
l'Ontario résumées à l'appendice 1, par le fait
que les commissaires à l'information et à la protection
de la vie privée du Québec, de l'Ontario, de la C.-B.
et de l'Alberta supervisent le processus d'AI et ont le pouvoir de rendre
des ordonnances exécutoires. Il en résulte que les commissaires
peuvent dire aux ministères qui n'observent pas la Loi quoi faire
pour remédier à une situation comme le défaut de
répondre à une demande d'accès ou la prise de prorogations
déraisonnables. Cependant, même un commissaire à
l'information doté d'un pouvoir réglementaire ne peut,
en pratique, contrôler l'attribution des ressources, même
s'il est écouté attentivement en raison de son pouvoir
réglementaire.
- Dans les provinces qui ont adopté le modèle de l'Ontario
(surtout la Colombie-Britannique et l'Alberta), il existe un processus
officiel de médiation visant à régler les problèmes
de demandeurs insatisfaits. Le problème des retards semble être
réglé avec succès grâce à la médiation
et, par la suite, d'efforts ciblés et concrets visant à
remédier aux problèmes administratifs comme l'insuffisance
de ressources.
- Le Commissaire à l'information du Canada pourrait obtenir
un pouvoir de rendre des ordonnances, ce qui accroîtrait son autorité
auprès des ministères assujettis à la Loi.
(99) Ces décisions pourraient être portées
en appel devant la Cour fédérale du Canada (un processus
très lent, en comparaison du recours aux décisions d'un
commissaire à l'information et à la protection de la vie
privée d'une province ou d'un territoire).
(100)
1.4.2.7 Prises de décision : compétence de
la Cour fédérale du Canada
- Dans une suite de décisions rendues entre 1998 et 1990, la
Section de première instance de la Cour fédérale
a fait valoir sa compétence en matière de révision
judiciaire des délais de transmission dans les causes qui lui
sont soumises (parfois par le Commissaire à l'information du
Canada) (101);
- La Cour fédérale a aussi statué que les ministères
devaient répondre avec « diligence » au demandes d'accès
à l'information;
- Le Juge Muldoon déclare que « Le fait d'admettre que
de telles demandes doivent être traitées aussi rapidement
que possible peut être satisfaisant pour un simple individu, mais
cela n'a aucune utilité pour attirer l'attention des ministères
et du gouvernement. Il est inutile de prévoir légalement
qu'un traitement des demandes de renseignements qui n'est pas effectué
rapidement viole la loi, car tel est sûrement le cas »
(102). Il souligne aussi que le ministère en question
se devait de répondre à la demande d'accès à
l'information « le plus rapidement possible ».
- Il considère en outre que « le Ministère a agi
négligemment et par ignorance de l'esprit de la loi en rendant
obscurs (mais sans intention de nuire) au cours de l'enquête du
Commissaire à l'information les motifs de ses retards à
donner suite aux demandes de communication »
(103).
- La Cour fédérale a par ailleurs statué que
la Loi conférait au Commissaire à l'information du Canada
l'autorité requise pour examiner le traitement des demandes d'accès
à l'information, de même que l'imputabilité des
décisions politiques et administratives nécessaires
à l'application de la Loi (104).
2.5.3.8 Encadrement des ministères
- Au cours de l'année 1999-2000,
le bureau du Commissaire à l'information a transmis à
tous les ministères une marche à suivre détaillée
à l'intention des responsables de l'application des articles
de la Loi touchant la prorogation du délai de réponse
aux demandes. Il a notamment fourni des lignes directrices (raisonnables)
quant à la définition des termes :
- période justifiée (ou raisonnable) pour la consultation
des tiers, par exemple;
- grand nombre de documents;
- entraves sérieuses au fonctionnement
(105).
- Le Commissaire à l'information du Canada a la responsabilité
de surveiller et de contrôler le bon fonctionnement du système
fédéral de la LAI. Il doit toutefois être prudent
dans le choix des moyens d'application de la loi, s'il veut éviter
d'éventuels résultats contre-productifs. Il serait mal
avisé de se mettre à dos une partie importante de la fonction
publique, sauf en cas d'extrême nécessité, tel qu'une
remise en question de la pertinence de la Loi sur l'Accès
à l'information.
2.5.4 Perspectives du gouvernement sur les solutions
2.5.4.1 Délai requis pour parfaire une demande et préciser
les attentes du demandeur
- L'article 6 de la Loi sur l'accès
à l'information stipule que : « La demande de communication
d'un document se fait par écrit auprès de l'institution
fédérale dont relève le document; elle doit être
rédigée en des termes suffisamment précis pour
permettre à un fonctionnaire expérimenté de l'institution
de trouver le document sans problèmes sérieux. »
Cette formulation devrait suffire à assurer le bon fonctionnement
du système, pourvu que chacune des trois conditions soit remplie.
Le demandeur doit être en mesure de fournir suffisamment
de détails pour permettre à un fonctionnaire
expérimenté de trouver sans problèmes
sérieux le document requis. Il s'ensuit que le processus
exige des échanges entre le demandeur, le coordonnateur et les
gardiens des documents.
- La clarification d'une requête est un élément
clé pour faciliter le respect du délai de transmission
prévu par la LAI (106).
- Les consultations avec les ministères ayant reçu un
« bulletin de rendement » ont fait ressortir « [qu']une
redéfinition des demandes trop larges a également donné
de bons résultats ainsi que le fait de communiquer sans tarder
avec les divisions hiérarchiques et d'accélérer
les communications au sujet des demandes de nature délicate ».
- Est-ce que le compte à rebours devrait être lancé
avant que ce processus soit complété et que le coordonnateur
ait en main une demande qu'il sera en mesure de traiter? Le bon sens
incite à penser que non, mais, selon l'article 7 de la Loi
sur l'accès à l'information, il faut compter à
partir de la date du dépôt de la demande. Cette situation
contrevient au sens pratique et mériterait d'être clarifiée.
- Dans la plupart des cas, il faudrait que les demandeurs précisent
le contenu de leur demande, avec le concours du coordonnateur à
l'accès à l'information. En effet, il arrive souvent qu'ils
ne sont pas au fait des documents disponibles ou qu'ils n'arrivent pas
à exprimer clairement ce qu'ils entendent faire des documents
réclamés (107). Par ailleurs,
il faut aussi prendre en considération les coûts de l'accès
à l'information. Pour faciliter le respect des délais,
il serait donc souhaitable d'intégrer le processus de clarification
des demandes au processus d'accès à l'information.
(108)
- On devrait songer à préciser la teneur de la Loi
sur l'accès à l'information de façon à
retarder le départ du délai jusqu'au moment ou le coordonnateur
dispose d'une demande explicite. Cette approche obligerait nécessairement
la mise en place d'un processus de négociation avec les demandeurs.
2.5.4.2 Divulgation systématique et diffusion automatique des
documents gouvernementaux
- Dans un discours prononcé
à Londres, Royaume-Uni, le 5 mars 2001, la Présidente
du Groupe d'étude de l'accès à l'information déclarait :
- - « Au cours des dernières années, on a beaucoup
mis l'accent au Canada, sur l'amélioration du service destiné
aux Canadiennes et aux Canadiens. Cette préoccupation ne semble
pas avoir encore porté fruit dans le domaine de l'accès
où il y aurait des implications importantes. Un meilleur service
se traduirait par un processus plus rapide, plus simple et plus facile
pour accéder à l'information, y compris l'accès
par voie électronique. »
- « En dernier lieu, dans certaines juridictions on discute
d'un concept relativement plus récent qui veut que l'information
gouvernementale soit une « ressource nationale ». En bref,
ce concept suggère que le rôle primordial du gouvernement,
en tant que plus important dépositaire de données
au pays, soit de transférer, le plus rapidement possible,
le plus d'informations possibles dans le domaine public de sorte
à générer savoir et richesse
(109). »
- Les documents d'intérêt général pour
le grand public (à l'opposé des documents personnels)
devraient faire l'objet d'une divulgation automatique par le biais,
entre autres, des sites Web des ministères
(110). En utilisant ainsi ce que les Américains appellent
des « salles de consultation électroniques », on arriverait
à réaliser des économies au niveau de l'application
de la LAI (111).
- Dans les faits saillants de la consultation avec les ministères
ayant reçu une « fiche de rendement », « l'un
des ministères a estimé que le nombre de demandes d'accès
à l'information chuterait de 25 % s'il divulguait certains
renseignements particulièrement intéressants pour les
entreprises, dans le cadre d'une procédure courante d'affichage
proactif sur le site Web. »
- Les participants à cette consultation ont aussi «recommandé
fermement que les ministères effectuent un examen stratégique
de leur plan de communications, qu'ils déterminent quels sont
les renseignements que le public désire avoir et qu'ils les divulguent
proactivement sur l'Internet et par d'autres voies ».
- L'application de la Loi sur les langues officielles, qui exige la
traduction de ces documents, constitue cependant un obstacle.
- Un site Web peut servir à diffuser la liste des documents
qu'un ministère a déjà divulgués, voire
les documents eux-mêmes, lorsque ceux-ci sont d'intérêt
général. En 1987, le gouvernement de Brian Mulroney
considérait qu'il fallait prendre « les mesures nécessaires
pour mettre à la disposition des utilisateurs des listes de documents
déjà communiqués en vertu de la Loi sur l'accès
à l'information afin d'aider [les utilisateurs] à
mieux déterminer ce dont ils ont besoin »
(112).
- Dans le résumé de la consultation des coordonnateurs
de l'accès à l'information effectuée par le groupe
d'étude, on remarque que : « Plusieurs participants
ont souligné les avantages de favoriser l'accès « sans
formalités » à l'information du gouvernement par
des moyens autres que l'application de la Loi. Certains ont indiqué
qu'on avait tendance à utiliser plus souvent les sites Web des
ministères pour tenir les gens informés et à appliquer
davantage l'objectif du gouvernement visant à être plus
transparent. »
- Enfin, un autre fait saillant de la consultation avec les ministères
ayant reçu un « bulletin de rendement » : « L'un des
ministères fournit sur son site Web un résumé bilingue
des documents rendus publics en vue de diffuser largement l'information
sur les publications récentes. »
- Dans une récente allocution, John Reid, le Commissaire
à l'information, déclarait : « Après
18 ans d'expérience, les ministères savent (ou devraient
savoir) les types de dossiers que les citoyens, les journalistes, les
universitaires, les gens d'affaires et les politiciens recherchent.
L'acquisition de biens et de services par le gouvernement est l'un des
secteurs où tous les dossiers génèrent un grand
intérêt. Il en va de même des rapports de vérification
et des comptes de dépenses des fonctionnaires. Lorsque le gouvernement
accorde des prêts, verse des subventions et remet des récompenses,
le public est intéressé. Toutes les directives, les politiques,
les pratiques internes, qui viennent compléter le régime
légal en vertu duquel des décisions relatives à
la citoyenneté, au statut de réfugié, au droit
à des prestations, à l'assujettissement à l'impôt,
sont autant de questions d'intérêt qui font régulièrement
l'objet de demandes. La liste est longue, mais elle est bien connue.
Tous ces dossiers devraient être placés dans une
salle de lecture électronique sans attendre qu'il y ait des demandes.
Les systèmes de conservation des dossiers devraient être
conçus afin de tenir compte de la communication de renseignements
au public (113). » (C'est nous
qui soulignons.)
- Dans un autre discours, prononcé en 2001, il disait aussi :
- « Malgré les appels très clairs à la
transparence de ces textes législatifs et juridiques, la
Loi est trop souvent appliquée comme une loi de protection
du secret où la devise est : « dans le doute, il
faut s'abstenir », devise qui a été clairement
rejetée par la Cour fédérale. Même après
18 ans, aucun ministère, à ma connaissance, n'effectue
d'analyse annuelle du contenu des demandes reçues et traitées
afin de déterminer l'information qui pourrait être
publiée de façon systématique - peut-être
dans un site Web - sans nécessiter le dépôt
d'une demande d'accès officielle.
- « Pourquoi se plaindre du fardeau que représente les
demandes d'accès à l'information avant même
d'avoir déployé tous les efforts possibles, à
titre de fonctionnaires, pour transmettre l'information de façon
proactive et courante, et ce, en dehors des processus officiels
(114). »
- Dans son premier rapport annuel, le Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique,
David Loukidelis, soulignait l'importance d'une divulgation courante,
sans demande formelle d'accès : « J'ai demandé
avec instance aux sous-ministres et aux autres responsables des organismes
publics de commencer à diffuser l'information de façon
courante - de préférence par le truchement d'un site Web.
À l'exception, bien sûr, des renseignements nommément
visés comme exception dans la Loi sur l'accès à
l'information, il serait judicieux de diffuser couramment le plus possible
de documents pour les soustraire à la nécessité
d'une demande d'accès. On arriverait ainsi à mieux respecter
les objectifs de transparence et d'imputabilité de Loi, tout
en réduisant les coûts de sa mise en application. J'exhorte
les organismes publics à prendre des mesures énergiques
en ce sens et à rendre publique le plus possible d'information,
sans demande d'accès ni tarification (115). »
- On peut contrer le raisonnement suivant lequel les documents ne
peuvent être divulgués avant d'avoir été
traduits en faisant valoir aux utilisateurs que, pour offrir plus de
souplesse et améliorer le service à la clientèle,
les documents « non publiés » seront d'abord rendu
publics dans leur langue initiale (et éventuellement, qu'ils
seront traduits uniquement si une demande suffisante le justifie).
- Le site Web de la Société canadienne du sang constitue
un excellent exemple de diffusion courante d'une vaste de gamme de documents,
en réponse à un fort intérêt de la population
quant à la sécurité du système de collecte
et de distribution du sang (116).
- Le site Web de la Défense nationale comporte déjà
une très intéressante version annotée de la Loi
sur l'accès à l'information, les rapports annuels au Parlement
sur les progrès effectués quant à l'accès
à l'information et à la protection des renseignements
personnels, de même qu'une liste fort utile de toutes les demandes
complétées depuis 1997 et comprenant des indications permettant
d'accéder aux mêmes documents (117).
- En avril 1994, le Commissaire à l'information de l'Ontario
et le Bureau central de l'accès à l'information et de
la protection de la vie privée du Secrétariat du Conseil
de gestion publiaient un important rapport sur « la divulgation
systématique et la diffusion automatique » de l'information
(118). Dans son dernier rapport annuel, la Commissaire annonçait
la création d'un groupe de travail sur la divulgation systématique
et la diffusion automatique électronique, regroupant plusieurs
institutions provinciales (119).
- La divulgation systématique et la diffusion automatique électronique
constituent des éléments clés d'une solution aux
problèmes du respect des délais impartis et de la réduction
des coût de l'application de la LAI. Le recours à
la Loi sur l'accès à l'information devrait être
considéré constituer comme une exception plutôt
que comme un moyen normal d'obtenir des informations détenues
par le gouvernement.
- Dans le sommaire de ces discussions avec les coordonnateur de l'accès
à l'information, on retrouve l'énoncé suivant :
« La divulgation courante croissante (par exemple sur les sites
Web) de toutes sortes de renseignements gouvernementaux et le fait que
l'accès en vertu de la Loi devienne un « processus de dernier
recours » pour les dossiers gouvernementaux complexes permettraient
d'améliorer de façon significative l'accès du public
à l'information gouvernementale (120). »
- En mettant de l'avant la divulgation systématique et la diffusion
automatique des documents gouvernementaux d'intérêt général,
la nécessité de soumettre une demande d'accès devrait
se présenter moins souvent et l'on peut espérer qu'une
diminution du volume des demandes facilitera le respect du délai
de traitement prévu par la LAI.
2.5.4.3 Imposition de droits pour accéder à de l'information
d'ordre général
- En Ontario, le gouvernement Harris,
en imposant des frais d'accès, a réussi à réduire
le nombre et la fréquence des demandes, facilitant ainsi le respect
du délai de traitement. Toutefois, les gouvernements ne voudront
probablement pas faire croire qu'ils veulent décourager l'accès
à l'information qu'ils détiennent.
- Le montant des droits encaissés paraît minime par rapport
au coût réel du traitement des demandes et d'aucuns peuvent
se fonder sur ce fait pour faire valoir qu'aucun droit ne devrait être
demandé (121).
- Il est par ailleurs relativement difficile d'établir les
coûts véritables de l'application adéquate du système
de la LAI (122).
- Dans un discours prononcé à Londres, Royaume-Uni,
le 5 mars 2001, la Présidente du Groupe d'étude
de l'accès à l'information déclarait :
« L'étude [effectuée en 2000 par le Conseil
du trésor] indique qu'en 1998-1999, les frais généraux
du programme canadien d'accès à l'information était
estimé à près de 29 $ millions (28 845 000);
un montant considérable mais, somme toute, une petite
fraction du budget des communications du gouvernement canadien
qui est de l'ordre de 350 $ millions. On peut constater
une croissance soutenue des coûts pendant les cinq années
sur lesquelles l'étude a porté; le nombre des demandes
s'étant accru de 41 % passant de 9 792 à
14 340 demandes par année. Durant cette même période,
nous avons appris à être plus efficaces puisque le
coût unitaire par demande a chuté de 23 %, passant
de 2 250 $ à 1 770 $. Le temps consacré
à la recherche et à la récupération
des documents a connu une baisse étonnante de 30 %.
Cependant, on note que le temps consacré à l'examen
des documents et au processus d'approbation a augmenté sensiblement
et constitue actuellement plus du tiers du coût total
(123). » (C'est nous qui soulignons.)
- En regard de la tarification, elle ajoute « [qu'au] Canada,
on peut exiger des droits raisonnables pour traiter la demande mais
non pas pour l'examen des documents et le processus d'approbation.
Cependant nous recueillons moins de 1,4 % des coûts de
traitement. En 1999-2000, le coût moyen par demande achevée
était de 927 $, lequel comprenait la recherche, la récupération
et la reproduction. Les frais moyens recouvrés par les institutions
par demande achevée étaient de 11,78 $ et les frais
auxquels l'institution avait renoncé étaient de 8,95 $
par demande achevée.
- « Il y a plusieurs facteurs dissuasifs pour les institutions :
les frais sont complexes à administrer et ils ajoutent à
la charge de travail; l'agent qui recouvre les frais n'en retire
pas d'avantage, c'est plutôt le contraire, car les frais peuvent
faire l'objet de plainte distincte auprès du Commissaire
à l'information. Il est plus simple pour les ministères
de laisser tomber les frais et plusieurs le font. Certains ministères
admettent n'avoir pratiquement jamais exigé de frais. »
- Est-il acceptable, dans un pays démocratique, que les
citoyens doivent payer pour exercer un droit fondamental?
- Serait-il possible que l'imposition de droits plus élevés,
applicables à chacun des aspects de l'accès à
l'information gouvernementale d'intérêt général,
puisse contribuer à réduire le volume des demandes
et, en conséquence, à faciliter le respect du délai
de traitement? Selon une argumentation plausible, un barème
de droits adéquat, assorti de mesures d'encouragement appropriées
des deux côtés, pourrait doter le système de
la LAI d'une cohérence qui aiderait au respect du délai
de traitement des demandes.
2.5.4.4 Importance d'un engagement au plus hauts échelons pour
le respect des délais
- Le faible engagement gouvernemental
à promouvoir une culture de transparence et de responsabilité
a une influence certaine sur le respect des échéanciers
et des délais de traitement. Comme le signalait le Commissaire
John Reid, dans une allocution récente à Varsovie :
- - « Les cadres supérieurs doivent se rendre à l'évidence
que, dans un ministère, l'attitude de leurs membres en matière
d'accès à l'information se répand comme un feu
de paille. Si les employés sentent que le respect de cette loi
n'a pas d'importance pour leurs chefs, cela donnera lieu à des
délais, à des frais gonflés, à des conflits
entre les employés et les auteurs des demandes, à des
recherches effectuées de façon inadéquate, à
un plus grand nombre de plaintes et, par le fait même, à
des visites plus fréquentes de mes enquêteurs. Lorsque
les chefs ne tiennent pas de procès-verbaux de leurs réunions,
qu'ils disent aux employés de ne pas prendre de notes, qu'ils
font perdurer les mythes des demandeurs abusifs, qu'ils tolèrent
que les besoins du ministre aient priorité sur les droits et
qu'ils n'encouragent pas une culture de la transparence, leurs employés
comprennent le message, et il ne peut être plus clair
(124). »
- Les ministères doivent favoriser une relation de confiance
avec les demandeurs, fondée sur la transparence et la responsabilité.
- Les préposés ont besoin d'une formation sur les responsabilités
que leur confère la LAI. Dans son allocution prononcée
à Varsovie, le 15 mars 2001, John Reid relevait
le caractère crucial de l'approche à adopter pour que
cette formation aide à résoudre les problèmes qui
entravent l'application de la LAI : « Il faut absolument former,
de façon périodique et ciblée, les employés
qui traitent les demandes d'accès à l'information. En
d'autres mots, le programme de formation des employés ministériels
doit différer, à certains égards, de celui offert
aux cadres supérieurs et aux fonctionnaires qui travaillent dans
des secteurs opérationnels. »
- Ce « leadership » doit être assumé au sommet
de la pyramide. À ce sujet, lors de la cérémonie
de commémoration de la promulgation de la Loi sur l'accès
à l'information du Royaume-Uni, tenue à Londres en mars 2001,
le Commissaire John Reid disait : « Je prie instamment le
Premier ministre et le Cabinet de donner à la fois le ton et
l'exemple aux membres de la Fonction publique. À partir de l'échelon
supérieur de l'organisation, il faut que le message soit véhiculé
avec conviction : la transparence doit être promue en tant
que nouveau fondement de la culture du gouvernement. L'une des grandes
déceptions vécues au Canada - où la culture du
secret est encore trop répandue - découle du fait qu'aucun
Premier ministre n'a encore pris les devants pour que de tels changements
surviennent » (125).
- En 1987, la position du gouvernement Mulroney en matière
de consolidation et de perfectionnement de l'accès à l'information
s'exprimait ainsi : « … le gouvernement [se doit]
de donner l'impulsion et l'appui nécessaires pour implanter fermement
les principes sous-jacents à l'accès à l'information
dans l'administration publique fédérale. Le gouvernement
prendra les mesures nécessaires pour y parvenir
(126). » (C'est nous qui soulignons.)
- À propos de la motivation du gouvernement à rejeter
le projet de loi d'initiative parlementaire proposé par John
Bryden pour réformer la Loi sur l'accès à l'information,
le Commissaire Reid, dans son rapport annuel du 15 octobre 2000,
déclare que « [...] le gouvernement ne cherchait
pas à protéger la vie privée, mais plutôt
à faire obstacle à la transparence. Le gouvernement se
dit en faveur du principe de la transparence, mais est loin de joindre
le geste à la parole » (127).
(C'est nous qui soulignons.)
- À propos de cette réforme, le député
John Bryden écrivait à l'été 2001 :
« Les changements qui importent vraiment sont ceux qui permettent
un accès élargi à l'information tout en respectant
les besoins légitimes de confidentialité de la bureaucratie.
Ce n'est qu'ainsi qu'on pourra mettre en place une culture gouvernementale
fondée sur la transparence plutôt que sur le secret. Malheureusement,
on trouve plus souvent l'inverse. S'ils ont un doute quant au sens de
la Loi, les responsables tendent à opter pour le secret plutôt
que pour l'ouverture. Cette attitude doit évoluer.
(128) »
- Le 7 juin 2001, l'ex-Commissaire à l'information
(et à la protection de la vie privée), John Grace, déclarait
au Comité adhoc des députés sur l'accès
à l'information (129) :
« L'absence de leadership aux plus hauts échelons pour mettre
de l'avant la valeur de la transparence au sein d'une société
démocratique est actuellement le talon d'Achille de la Loi
sur l'accès à l'information. Les Commissaires à
l'information peuvent toujours exercer des poursuites, les groupes de
travail faire des recommandations et le parlement adopter des amendements.
Mais tant que le Premier Ministre ne concrétise pas les promesses
de transparence par une directive écrite et publique indiquant
aux ministres et aux sous-ministres que l'accès à l'information
ne doit pas faire l'objet de déni, ni de
retards déraisonnables - tant que son leadership ne
sera pas visible et tangible - l'élaboration d'une réforme
constitue une perte de temps. Comment les fonctionnaires subalternes
seront-ils incités à se conformer à l'esprit et
à la lettre de la législation sur l'accès à
l'information s'ils voient leurs supérieurs bafouer cette loi
adoptée depuis 17 ans? Je ne saurais trop insister sur le
fait que, pour permettre un accès réel à l'information,
un changement d'attitude au niveau de l'ensemble des bureaucrates est
beaucoup plus important que n'importe quel amendement à la Loi,
si intelligemment conçu qu'il soit. » (C'est nous qui soulignons.)
- En ce qui a trait au respect du délai de traitement, depuis
1987, le gouvernement et ses comités n'ont à toutes fins
utiles pas jouer leur rôle de surveillance. Déclaration
du Commissaire Reid (Mai 2000) : « …C'est dire que le
Parlement doit lui aussi se préoccuper du problème trop
répandu de l'inobservation des délais prévus dans
la Loi sur l'accès à l'information. En
accès à l'information comme en justice, un délai
équivaut à un déni. Les fiches de rendement et
les rapports de suivi les concernant sont présentés comme
autant d'outils destinés à faciliter le travail de surveillance
exercé par les députés et les comités.
(130) »
- L'élément fondamental de l'application adéquate
d'un système de LAI, y compris du respect des délais,
réside dans la volonté politique d'appuyer le processus.
Mais, dans les démocraties libérales occidentales, le
support des gouvernements en place sera presque toujours mitigé,
parce qu'ouvrir la porte aux attaques d'éléments extérieurs
leur paraît être un comportement contre-intuitif. Dans cette
perspective, les tenants d'un gouvernement responsable et transparent,
y compris les Commissaires à l'information, n'auront pas d'autre
choix que de maintenir la pression.
- On trouve dans le résumé des discussions entre le
groupe de travail et les coordonnateurs de l'accès à l'information
la proposition suivante : « Le ministère de la Justice,
le Conseil du Trésor et le Bureau du Conseil privé ont
été pris à partie. Un examen de leur rôle
respectif en matière de direction et d'orientation de la fonction
publique en vue de la mise en application de la Loi et de promotion
de la transparence du gouvernement est considéré comme
essentiel en vue d'assurer une meilleure prestation de services en vertu
de la Loi et au-delà ». Ce commentaire est en fait un plaidoyer
pour obtenir plus de guidance, d'assistance et d'avis d'experts pour
ces organisations qui doivent jouer le rôle d'organismes centraux
responsables de l'application de la LAI.
- Les consultations avec les ministères ayant reçu un
«bulletin de rendement » ont fait ressortir l'importance du leadership
démontré par le ministre ou le sous-ministre : « Un
leadership fort et la participation personnelle des cadres de direction
au traitement des demandes sont considérés comme des facteurs
essentiels à la réussite du processus. Les coordonnateurs
de l'AIPRP qui peuvent rencontrer directement le sous-ministre lorsqu'il
y a un problème dans l'obtention des documents ont constaté
que les prolongations ne sont nécessaires que dans les cas où
les dossiers sont trop volumineux pour être traités dans
les délais prescrits. [...] Dans plusieurs cas, le fait de présenter
régulièrement des rapports à la haute direction
permet de maintenir au premier plan les questions se rattachant à
l'AIPRP. »
- Pour que les coordonnateurs à l'accès à l'information
et le personnel qu'ils encadrent prennent au sérieux leur obligation
statutaire de faire respecter les délais prescrits par la LAI,
il faut qu'ils soient convaincus que le gouvernement accorde une grande
importance aux objectifs généraux du programme de la LAI.
À cet égard, nous pouvons citer la conclusion d'une lettre
exemplaire que le Ministre de la Défense nationale, Arthur C. Eggleton,
faisait parvenir à son sous-ministre le 6 avril 1999 :
« Il est essentiel de répondre aux demandes d'information
des citoyens dans les délais prévus, non seulement parce
que la lettre de la législation l'exige, mais aussi pour consolider
l'opinion que les citoyens se font de cette institution et pour promouvoir
l'atteinte de l'objectif de transparence du Ministère. »
2.5.4.5Rôle central du Secrétariat du Conseil du
trésor pour la gestion des délais de traitement
- La gestion de l'application de la législation sur l'accès
à l'information relève en dernier ressort du gouvernement
central, c'est-à-dire du Conseil du Trésor et du Ministère
de la Justice, et non du Commissaire à l'information du Canada.
- Si le Conseil du trésor, plus particulièrement, n'assume
pas avec sérieux son rôle au niveau de l'application de
la LAI, l'ensemble du système perdra toute efficacité;
au-delà des plaidoyers du Commissaire à l'information,
ce sont la surveillance du respect des délais et la mise en place
d'occasions de formation qui constituent les aspects fondamentaux d'une
application efficace de cette loi.
- À ce sujet, le Commissaire Reid écrivait en mai 2000 :
« Le président du Conseil du Trésor doit remplir
son rôle pour s'assurer d'une application efficace et cohérente
de la Loi sur l'accès à l'information dans l'ensemble
du gouvernement. Le Conseil du Trésor doit entreprendre de façon
prioritaire, la récolte de statistiques appropriées pour
permettre au Parlement et à l'ensemble de Canadiens et des Canadiennes
de savoir quels ministères échouent dans leur responsabilité
de fournir en bon temps des réponses aux demandes de communication.
(131) » Le Secrétariat du Conseil du trésor
occupe une place privilégiée pour assurer la surveillance
du respect des délais et des charges de travail, car il est aussi
responsable des niveaux de renouvellement de personnel pour l'ensemble
de l'appareil gouvernemental.
- Dans son rapport annuel du 15 octobre 2000, le Commissaire
Reid écrit : « L'an dernier, le Conseil a reçu
une note médiocre pour avoir généralement négligé
les responsabilités qui lui sont conférées par
la Loi. Il montre cependant cette année des signes d'amélioration. »
- Mise sur pied d'un groupe de travail consultatif sur la formation
devant faire la promotion d'une meilleure connaissance parmi les
préposés de leurs obligations et responsabilités.
- Organisation de réunions bimensuelles et d'une conférence
pour l'étude des « bulletin de rendement » du Commissaire.
- « Le Conseil du Trésor a montré son engagement
le plus concret à l'égard de la résolution
du problème des retards en faisant savoir à tous les
ministères qu'il examinerait avec bienveillance les demandes
de ressources supplémentaires qui permettraient d'absorber
les augmentations inattendues de la charge de travail dans le domaine
de l'accès à l'information ».
- Le Commissaire Reid a aussi demandé au Conseil du Trésor
de réunir les statistiques nécessaires pour faire
état du rendement de toutes les institutions fédérales
en ce qui concerne le respect de la Loi;
- Il y aurait lieu d'élaborer un code de déontologie
applicable aux coordonnateurs de l'accès à l'information.
- « Enfin, le SCT n'a pas assumé sa responsabilité
première en tant que chef de file, laquelle consiste à
promouvoir une culture de la transparence dans l'administration
fédérale. [...] Il n'a déployé aucun
effort pour sensibiliser ses employés et ceux des autres
ministères fédéraux aux avantages considérables
et concrets de la Loi (132). »
- Les consultations avec les ministères ayant reçu une
« fiche de rendement » ont aussi mis l'accent sur l'éducation,
la formation et la sensibilisation aux obligations légales, notamment
pour ce qui a trait au respect des délais. On ne pourra donner
suite à ces recommandations en présence d'un trou noir
administratif dans le gouvernement central.
- Le Conseil du trésor a pour mission de contrôler l'application
de la LAI et de surveiller le respect des délais de réponse
pour assurer le bon fonctionnement du système. En particulier,
il devrait faire tout en son possible pour adopter l'approche que le
professeur Alasdair Robert désigne par l'expression « une
approche fondée sur les données »
(133).
2.5.4.6 Une bonne administration du programme de la LAI au niveau
des ministères
- Comme l'obligation statutaire
de se conformer à la Loi sur l'accès à l'information
vise séparément chacune des institutions du gouvernement,
il y a des limites à ce que le Conseil du trésor peut
faire pour assurer sa surveillance du respect du délai de notification.
- En 1987, la position du gouvernement Mulroney en matière de
consolidation et de perfectionnement de l'accès à l'information
s'exprimait ainsi : « Le gouvernement croit au principe selon
lequel il incombe au responsable de chaque institution fédérale,
à son sous-ministre ou à son administrateur principal
de s'assurer que les exigences de la loi sont respectées par
l'institution fédérale (134). »
- Comme l'indique le Commissaire John Reid dans son allocution prononcée
à Varsovie : « Il est impératif que les fonctionnaires
qui coordonnent l'accès à l'information soient des cadres
supérieurs dignes de confiance et qu'ils soient pleinement autorisés
à répondre aux demandes d'accès à l'information
sans avoir à obtenir l'approbation de plusieurs échelons
différents. Les coordonnateurs sont trop souvent des commis à
la préparation des dossiers sous-classifiés devant compter
sur d'autres cadres supérieurs pour prendre les décisions
importantes. Lorsqu'il est question du processus d'approbation, les
dirigeants des ministères devraient suivre ce simple conseil :
trouver un coordonnateur en qui ils ont confiance et lui laisser le
champ libre (135)! »
- Les discussions entre le groupe de travail et les coordonnateurs
de l'accès à l'information (qui se sont tenues le 19 octobre 2001)
ont permis d'identifier un point important : « Plusieurs participants
estiment que la souplesse dans la délégation des pouvoirs
indique une plus grande acceptation de la «gestion des risques» et qu'elle
a entraîné la prestation améliorée de l'information
aux demandeurs. D'autres participants ont indiqué que cela était
relié à l'intérêt accru à l'égard
du traitement des demandes d'AIPRP de la part des cadres supérieurs
qui ont fait part de leur intérêt en s'assurant que les
procédures d'accès fonctionnent efficacement. Dans le
même ordre d'idées, certains participants ont souligné
qu'une approche plus ouverte relativement à la divulgation de
l'information, au moyen de la rationalisation des processus d'approbation,
et l'augmentation des budgets et des ressources afin d'achever le travail
en retard avaient contribué grandement à la mise en application
plus efficace de la Loi dans leur milieu de travail. »
- Dans le rapport annuel du Commissaire Reid (Mai 2000) :
« Transport Canada ne reçoit pas beaucoup de demandes de
communication, en comparaison d'autres ministères de taille semblable.
Il devrait être possible pour ce ministère de respecter
les délais prévus en restructurant et en simplifiant ses
délégations, ses procédures et ses pratiques. Le
problème des délais encourus à Transports Canada
ne semble pas dû à un manque de ressources allouées
à cette fonction (136). »
À propos des faibles performances de Transport Canada, le Commissaire
Reid disait, le 15 octobre 2000 : « Ce n'est pas
le volume élevé des demandes ni l'insuffisance des ressources
pour traiter celles-ci qui font problème. C'est plutôt
un système d'approbation hiérarchisé,
au sein duquel le sous-ministre insiste pour revoir personnellement
plus de 40 % des demandes de communication reçues et pour
prendre des décisions à leur sujet. Voilà qui est
très rare dans l'administration fédérale. Et, de
l'avis du Commissaire, tout à fait inutile. Le traitement des
demandes de communication devrait en effet revenir entièrement
à des professionnels ayant reçu la formation nécessaire
et qui n'ont pas d'autre objectif stratégique que le respect
de la Loi sur l'accès à l'information
(137). » Comme on l'a signalé plus haut, ce dernier
énoncé paraît irréaliste si l'on pense à
la façon dont le gouvernement met en pratique la notion de responsabilité.
- Dans la même allocution (15 octobre 2000), le Commissaire
Reid expliquait comment deux ministères jugés médiocres
en 1999 ont réussi à passer au premier rang en l'an 2000 :
« Ces ministères ont consacré l'énergie et
les ressources nécessaires pour éliminer un arriéré
considérable de dossiers en retard et établir des marches
à suivre et des méthodes destinées à éliminer
définitivement les problèmes de retard qui se sont manifestés
par le passé (138). »
- Les discussions entre le groupe de travail et les coordonnateurs
de l'accès à l'information (qui se sont tenues le 19 octobre 2001)
ont permis de relever ce point d'importance : « On a souligné
que les communications internes améliorées et les relations
de travail efficaces dans les ministères offraient des milieux
« d'apprentissage » favorables. Certains participants ont
indiqué que ce genre d'environnement a entraîné
une meilleure compréhension de l'importance du rôle du
coordonnateur de l'accès à l'information et, par conséquent,
il en est résulté la prestation de réponses plus
opportunes à des demandeurs. Un groupe a souligné à
une table ronde que l'on comprend davantage la fonction du coordonnateur
de l'accès à l'information et que les employés
demandent, de plus en plus, l'avis des coordonnateurs de l'accès
à l'information et de la formation afin d'être mieux informés
au sujet de la Loi ».
- Après avoir critiqué le non-respect des délais
par le Ministry of Forests, le Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique
a mandaté la firme KPMG pour effectuer une « enquête
en profondeur sur le processus de traitement des demandes d'accès
soumises à ce ministère »
(139).
- Toujours en Colombie-Britannique, le Commissaire Loukidelis a instamment
engagé les organismes publics « à mettre le plus
possible à contribution leurs ressources professionnelles internes
[...] Je demeure fort impressionné par les compétences,
les connaissances et l'expérience qui font de ces personnes de
véritables professionnels. [...] Les organismes publics doivent
s'appuyer sur leur professionnalisme. Ils doivent entériner les
décisions de leurs professionnels sans les soumettre à
un processus d'approbation qui ne serait en fait qu'un dédoublement
du travail déjà accompli. Je comprend qu'il peut y avoir
des motifs légitimes de revoir certaines décisions, mais,
de façon générale, le processus devrait prendre
fin dès que le professionnel a rendu sa décision »
(140).
- Le Commissaire a aussi attiré l'attention sur la classification
et la rétribution du personnel : « Si les organismes
publics veulent être en mesure de recruter, former et fidéliser
du personnel hautement spécialisé en accès à
l'information et en protection de la vie privée, la classification
des postes offerts doit correspondre aux compétences, à
l'expérience, à la formation et aux connaissances de ceux
qui les occupent. Il s'agit là d'une question qui devrait faire
l'objet d'un examen au niveau provincial, en ayant en tête qu'il
faut bonifier la classification des directeurs et gestionnaires chargés
de l'accès à l'information, de même que celle du
personnel qu'ils encadrent. Ceci permettrait aux ministères de
s'adjoindre et de fidéliser du personnel qualifié, capable
de rendre des décisions justes (ou du moins, défendables)
sans qu'il soit nécessaire de mettre en place un coûteux
processus d'approbation assuré par d'autres employés de
haut niveau (habituellement du personnel cadre)
(141). »
- La Commissaire à l'information et à la protection de
la vie privée de l'Ontario, Ann Cavoukian, a fait d'importantes
recommandations pour améliorer la qualité des
services offerts aux demandeurs d'accès à l'information :
- Que soit ajouté l'engagement de répondre en 30 jours
aux demandes d'accès dans le cadre de la qualité du
service et d'inclure cet engagement dans les contrats de
rendement des sous-ministres et d'autres cadres supérieurs
du gouvernement. En juin 2001, la Commissaire se réjouissait
de ce que « pour la première fois, des normes de rendement,
y compris des délais de réponse aux demandes, ont
été intégrées dans les contrats de rendement
des sous-ministres en 2000. Il s'agit là d'une étape
très importante que nous préconisions depuis plusieurs
années. Les sous-ministres doivent désormais
rendre compte au secrétaire du Conseil des ministres du rendement
de leur ministère concernant les programmes d'accès
à l'information dans le cadre du processus annuel d'évaluation
(142). » (C'est nous qui soulignons.)
- Que soit reconnu le rôle important, voire essentiel, que
jouent les coordonnatrices et les coordonnateurs de l'accès
à l'information et de la protection de la vie privée,
par la délégation appropriée de pouvoirs
décisionnels et la classification adéquate
de ces postes en fonction de leur nature et du degré
de responsabilité qu'ils comportent;
- Que des ressources suffisantes soient affectées
aux bureaux des coordonnatrices et des coordonnateurs pour permettre
un service de qualité constante (143).
(C'est nous qui soulignons.)
- Dans son discours prononcé à Londres (Royaume-Uni)
le 5 mars 2001, la Présidente du groupe d'étude
de l'accès à l'information énumère quelques-uns
des points sur lesquels se penche son comité. Ils sont reproduits
ci-dessous parce que plusieurs d'entre eux (déjà signalés
plus haut) ont une incidence certaine sur le problème du respect
des délais imposés par la législation sur l'accès
à l'information :
- Intégrer l'accès aux autres mesures de transparence
et de responsabilisation;
- Affermir le leadership et la responsabilisation
(144);
- Utiliser la technologie pour faciliter le processus d'accès;
- Veiller à ce que les unités AIPRP aient les compétences,
la stabilité et les ressources requises;
- Au cours de la consultation avec les ministères ayant
reçu un « bulletin de rendement », on a reconnu
que le plus important élément de solution
du problème du non-respect des délais résidait
dans l'ajout de « ressources supplémentaires »,
tant par l'embauche de personnel permanent que par l'octroi de contrats
pour rattraper les retards et faire face aux périodes de
pointe;
- Mettre l'information dans le domaine public de manière
systématique et proactive;
- Établir des approches à l'élaboration des
politiques qui soient compatibles avec la divulgation de l'information
tôt dans le processus;
- Former, éduquer, sensibiliser la fonction publique (en
tenant aussi compte des changements dans les processus)
(145);
- Dans le cadre de la consultation avec les ministères
ayant reçu un « bulletin de rendement », on a fait
la suggestion suivante : « Il faudrait que le traitement
de l'AIPRP actuellement axé sur l'application de la Loi
devienne un processus davantage orienté sur la gestion
et les procédures; un tel changement d'orientation exige
des surveillants du programme qu'ils possèdent des compétences
différentes, car ils participent davantage à la
surveillance du travail; un contrôle plus perfectionné
est rendu possible grâce à des systèmes
de suivi comme ATIPFlow, qui permet une surveillance étroite
de l'état des demandes et du rendement des bureaux de
l'AIPRP.
- Moderniser la gestion des documents;
- Favoriser le dialogue avec les demandeurs;
- Établir une culture d'accès.
- « Par là, je veux dire établir une culture
dans laquelle la transmission de l'information est perçue
comme faisant partie intégrante du travail de tout fonctionnaire
et non pas comme quelque chose qui ne concerne pas le « vrai
travail » ou comme une nuisance avec laquelle on doit composer;
j'ai le sentiment que cette nouvelle perception pourrait influencer
la manière dont l'information gouvernementale est produite,
stockée et communiquée
(146). »
- Comparativement à d'autres secteurs plus complexes qui semblent
être mieux gérés, la gestion du système de
la LAI ne requiert pas des compétences surhumaines. Elle ne requiert
que la reconnaissance de l'importance de l'accès aux documents
gouvernementaux dans une société démocratique et
la mise en œuvre des compétences bureaucratiques requise.
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85. Rapport annuel 1999-2000,
p. 9.
86. Rapport annuel 1999-2000,
p. 9.
87. Rapport annuel 1999-2000,
p. 11.
88. Allocution prononcée
par John Reid à Varsovie, en Pologne, le 15 mars 2001.
89. «Le système de classement
des fiches de rendement actuelles ne repose que sur le nombre de cas de
présomption de refus en regard du nombre de demandes traitées
dans les délais prévus.» (Rapport spécial au Parlement,
mai 2000) Le Commissaire Reid avait déclaré le 15 octobre
2000 : «Ces notes reposaient sur le pourcentage des demandes de communication
reçues qui n'avaient pas été traitées dans
les délais prévus par la Loi …» Rapport annuel, 1999-2000,
p. 15.
90. Rapport spécial au
Parlement (mai 2000).
91. Rapport annuel 2000-2001,
appendice A.
92. www.atirtf-geai.gc.ca
93. www.atirtf-geai.gc.ca
94. Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée /Ontario, Rapport annuel
2000 (juin 2001), pp. 22-26.
95. Rapport annuel, 1999-2000,
p. 15.
96. Rapport annuel 1999-2000,
p. 33.
97. Rapport annuel 1999-2000,
p. 34.
98. www.atirtf-geai.gc.ca.
Évidemment, cette affirmation ne s'applique qu'au régime
fédéral d'AI.
99. À mon (humble et assez
objectif) avis, les arguments continus en faveur de l'approche de l'«ombudsman»
à l'échelon fédéral, pour ce qui de l'accès
à l'information comme de la protection de la vie privée,
sont assez discutables et ne tiennent pas compte de ce qui a été
accompli aux échelons provincial et territorial. Le régime
fédéral d'accès à l'information et de protection
de la vie privée a été mise au point dans les années
1970 , il est assez désuet et a été surpassé,
sur le plan des réalisations pratiques, par le modèle de
l'Ontario/C.-B./Alberta. Même le nouveau commissaire à l'information
du Royaume-Uni a obtenu un pouvoir de rendre des ordonnances exécutoires.
100. Le point à retenir,
c'est que le personnel professionnel assure la médiation de la
plupart des dossiers d'AI avec succès dans les provinces plus grandes.
En Colombie-Britannique, moins de 10 % de ces dossiers requièrent
une décision du Commissaire à l'information et à
la protection de la vie privée. Le fait de demander à un
commissaire de prendre des décisions impose également qu'une
certaine discipline intellectuelle et juridique préside au processus
(principalement à l'extérieur de l'organisation judiciaire,
plus fastidieuse).
101. Juge Muldoon : « L'objet
de la "révision pour refus de communication d'un document" est
quasi illimité. Cela signifie, par conséquent, rien de moins
qu'un examen judiciaire illimité qui peut entraîner un redressement
ou des mesures qui sont, à tout le moins, correctrices ou déclaratoires,
et donnent des directives ou des instructions. En fait, le législateur
confère la plénitude du pouvoir de surveillance judiciaire
qui constitue la marque de la compétence d'une cour supérieure ».
Canada (Commissaire à l'information) c. Canada (Ministre des
Affaires extérieures), [1990] 3 C.F. 514 (paragraphe 13).
102. Canada (Commissaire
à l'information) c. Canada (Ministre des Affaires extérieures),
[1990] 3 C.F. 514 (paragraphe 20).
103. Canada (Commissaire
à l'information) c. Canada (Ministre des Affaires extérieures),
[1990] 3 C.F. 514 (paragraphe 22).
104. Voir Canada (Commissaire
à l'information) c. Canada (Ministre des Affaires extérieures),
[1989] 3 C.F. 514 (paragraphe 27).
105. Rapport annuel 1999-2000,
p. 18-21.
106. On trouve sur le site du
Commissaire à l'information et à la protection de la vie
privée de l'Ontario de très utiles et brèves « Directives
pratiques », dont un portant sur la clarification des demandes d'accès :
http://www.ipc.on.ca/english/our_role/code/practices/numb15.htm
107. On remarquera que les demandeurs
n'ont pas à indiquer le motif de leur requête, mais s'ils
le font sur une base volontaire, ils aideront à accélérer
le repérage des documents visés par leur demande, de même
que le processus de divulgation de l'information.
108. Aux États-Unis, lorsqu'une
agence ne peut respecter les délais impartis et doit demander une
prorogation, on donne au demandeur la possibilité de réduire
l'étendue des travaux à exécuter ou d'impartir d'autres
délais d'exécution. Le refus de la part du demandeur de
modifier suffisamment l'étendue des travaux demandés ou
d'accorder d'autres délais d'exécution constitue un élément
dont il faudra tenir compte dans l'arbitrage d'une plainte déposée
au sujet de délais (s.552C - Title 5).
109. www.atirtf-geai.gc.ca
110. Comme le faisait remarquer
John Reid dans une récente conférence à propos du
GED : « Aucun fonctionnaire ne dresse les plans, comme ils devraient
l'être, pour utiliser la nouvelle technologie de l'information afin
de tourner la page à un système d'accès aux dossiers
axé sur les demandes, contradictoire, lent et coûteux établi
par la Loi sur l'accès à l'information. Aucune raison technique
ne peut expliquer pourquoi l'obligation de rendre compte par la transparence
ne peut pas être aussi facile que la consultation d'un site Web. »,
Observations communiquées à la conférence sur la
sécurité et la protection de la vie privée concernant
l'initiative du Gouvernement en direct, Ottawa, 18 avril 2001,
disponible sur le site
http://www.infocom.gc.ca/speeches/default-f.asp
111. Voir Information Management.
Progress in Implementing the 1996 Electronic Freedom of Information Act
Amendments, U.S. General Accounting Office (GAO-01-378, Mars 2001),
Annexe 1, pp. 19-24; www.gao.gov
112. Accès et renseignements
personnels: Les prochaines étapes, Ottawa : Ministre des Approvisionnements
et Services Canada, 1987, p. 39.
113. Observations communiquées
à la conférence sur la sécurité et la protection
de la vie privée concernant l'initiative du Gouvernement en direct,
Ottawa (Ontario), 18 avril 2001. Disponible sur le site http://www.infocom.gc.ca/speeches/default-f.asp.
114. Allocution prononcée
à Varsovie (Pologne). Disponible sur le site http://www.infocom.gc.ca/speeches/default-f.asp.
115. Rapport annuel 1999-2000
(Victoria, Colombie-Britannique, juin 2000), p. 10.
116. www.bloodservices.ca
117. www.dnd.ca
118. http://www.gov.on.ca/MBS/english/fip/papers/routinedisclosurepaper.html
119. Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée, Ontario, Rapport annuel 2000,
(juin 2001), p. 16.
120. www.atirtf-geai.gc.ca
121. Voir Accès et renseignements
personnels: Les prochaines étapes, Ottawa : Ministre des Approvisionnements
et Services Canada, 1987, p. 49.
122. À ce sujet, voir
le commentaire de John Reid dans son allocution devant le comité
consultatif des SMA, le 23 février 2001 :« Permettez
que j'ouvre une seconde parenthèse au sujet de la récente
étude commandée par le SCT sur les coûts de l'accès.
Selon moi, cette étude est profondément viciée parce
qu'on n'a rien fait pour déterminer assez justement les coûts
« par demande » dans les ministères qui gèrent bien la fonction
d'accès pour les comparer aux coûts « par demande » dans
les ministères s'en tirent moins bien. Dans les ministères
où le système d'approbation comporte plusieurs paliers où
les besoins de communications du ministre sont inclus dans les coûts
de traitement d'une demande de communication et où la gestion des
documents est désorganisée, les coûts sembleront élevés.
Ces coûts élevés ne doivent pas être attribués
au droit d'accès comme le laisse entendre l'étude. Je suis
tout à fait d'accord pour quantifier et rendre public les coûts
d'application de la Loi sur l'accès à l'information, et
en fait j'ai encouragé ces efforts. Ce que j'avais en tête,
et que je ne cesse d'encourager, c'est la quantification des coûts
d'une bonne application de la Loi sur l'accès à l'information.
Il est évident qu'une mauvaise application de la Loi coûte
très cher».
123. www.atirtf-geai.gc.ca
124. Allocution prononcée
à Varsovie (Pologne), le 15 mars 2001. Le Commissaire
ajoute aussi : « J'entends souvent des cadres supérieurs
affirmer qu'ils n'ont pas besoin d'aimer cette loi, qu'ils n'ont qu'à
l'observer. Cette attitude négative est contagieuse et nuisible
jusqu'à la base du Ministère. La loi la mieux rédigée
ne sera pas efficace si elle est mal appliquée. » On retrouve
la même argumentation dans son allocution prononcée à
Londres (Royaume-Uni), le 5 mars 2001.
125. Londres, Royaume-Uni, le
5 mars 2001.
126. Accès et renseignements
personnels: Les prochaines étapes, Ottawa : Ministre des Approvisionnements
et Services Canada, 1987, p. 57.
127. Rapport annuel 1999-2000,
p. 13.
128. John Bryden, « Reforming
the Access to Information Act », Canadian Parliamentary Review (Summer,
2001), p. 7.
129. En juin 2001, un groupe
de 14 députés d'arrière-banc mené par le député
John Bryden, décidait de mener leur propre étude de l'accès
à l'information. Leur délibérations sont affichée
au www.mpsonaccess.ca
130. Rapport spécial du
Commissaire à l'information du Canada - Conformément au
paragraphe 39(1) de la Loi sur l'accès à l'information (mai 2000)
131. Commissaire à l'information
du Canada, Rapport spécial, mai 2000
132. Rapport annuel 1999-2000,
pp. 14-15.
133. À ce sujet, voir,
« An Evidence-Based Approach to Access Reform », par Alasdair
Roberts, Jonathan DeWolfe et Christopher Stack" (Working Paper 22, School
of Policy Studies, Queen's University, juillet 2001).
134. Accès et renseignements
personnels: Les prochaines étapes, Ottawa : Ministre des Approvisionnements
et Services Canada, 1987, p. 36.
135. Allocution prononcée
à Varsovie, Pologne, le 15 mars 2001.
136. Rapport spécial.
137. Rapport annuel 1999-2000,
p. 16.
138. Rapport annuel 1999-2000,
p. 16.
139. Rapport annuel 2000, p.
8. Voir aussi, à la page 9, à l'appui des modifications
qu'ont apportées les sociétés de la couronne aux
processus pour les rendre plus rapides et rentables.
140. Rapport annuel 2000, p.
9.
141. Rapport annuel 2000, p.
9.
142. Commissaire à
l'information et à la protection de la vie privée, Ontario,
Rapport annuel 2000, p. 7.
143. Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée de l'Ontario, Rapport
annuel 1998, http://www.ipc.on.ca/francais/pubpres/ann-rep/ar-98/ar-98f.htm#recommend
144. Les discussions entre le
groupe de travail et les coordonnateurs de l'accès à l'information
(qui se sont tenues le 19 octobre 2001) ont fait ressortir le
point suivant : « Certains participants ont souligné
que le soutien offert par les cabinets des ministres, la collaboration
accrue des ministères et le respect du rôle du coordonnateur
de l'accès ont favorisé grandement l'amélioration
de l'accès à l'information dans plusieurs ministères.
Certains participants ont suggéré que la création
du groupe d'étude de l'accès à l'information démontre
le leadership du gouvernement en vue d'assurer aux Canadiens un meilleur
accès à l'information. D'autres ont suggéré
que le projet de loi C-208 avait contribué à remettre l'accès
à l'information sur la carte politique. »
145. Les discussions entre le
groupe de travail et les coordonnateurs de l'accès à l'information
(qui se sont tenues le 19 octobre 2001) ont fait ressortir le
point suivant : « Certains participants ont indiqué que
l'accès accru à la formation leur avait offert une plus
grande habilitation, avait permis un enrichissement professionnel et permettait
la prestation plus efficace de services aux personnes demandant l'accès
à de l'information. Ils ont également indiqué que
le Manuel du Conseil du Trésor et le travail du groupe consultatif
de la formation du Conseil du Trésor avaient contribué à
sensibiliser davantage les personnes quant à la nécessité
d'offrir des possibilités de formation appropriée et continue. »
www.atirtf-geai.gc.ca
146. www.atirtf-geai.gc.ca
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