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Rapport 14 - Groupe d'étude de l'accès à l'informationÉTUDE SUR LES DOCUMENTS ÉPHÉMÈRESPublié: mars 2001 Table des Matières
IntroductionLors de la conférence annuelle de 1998 de l'ARMA International (Association des administrateurs et des gestionnaires des documents), certains conférenciers avaient prédit qu'avant l'an 2000, plus de 80 p. 100 de l'information en milieu de travail serait créée par des moyens électroniques et conservée à la fois en version électronique et sur support papier. Depuis, chaque employé est pour ainsi dire devenu un " gestionnaire de l'information ", créant, saisissant et éliminant les documents et les courriers électroniques depuis son poste de travail. On utilise couramment, dans le milieu de travail, diverses expressions pour décrire les divers originaux et versions des documents créés chaque jour, telles que copie de travail, copie administrative, document officiel, copie d'archive, copie pour information, versions, etc. Divers documents sont créés dans le but d'appuyer le fonctionnement quotidien des institutions gouvernementales, que l'on retrouve par la suite dans les services d'archives, dans les tiroirs des bureaux, ou stockés dans les ordinateurs personnels et dans les espaces de travail électroniques des groupes ou des institutions. Ces documents sont créés, transmis et stockés, sur papier, dans les intranets des ministères, dans les systèmes de gestion des images et des documents, dans les systèmes électroniques de conservation des dossiers, dans des archives de gestion de la connaissance ou encore dans les systèmes de courrier électronique. Les progrès technologiques ont influé sur la façon de créer et de gérer l'information dans l'ensemble des institutions gouvernementales. Du point de vue de la gestion, tous les supports d'information doivent être gérés afin de conserver les documents officiels conformément aux exigences réglementaires ainsi que pour éliminer les copies de travail en temps voulu, une fois le besoin administratif comblé. Dans ce nouveau contexte, on peut se demander de quelle manière les archives sont identifiées et si l'expression " documents éphémères " est utilisée de manière uniforme dans l'administration fédérale. La facilité avec laquelle les documents peuvent être créés, copiés, modifiés, transmis et stockés complique la tâche des institutions gouvernementales dans la prise de décisions sur l'élimination des documents. Les " documents éphémères ", comme tout autre document, sont reçus, transmis et saisis sur un grand nombre de supports d'information. Peu importe cependant le support utilisé, ces documents devraient être conservés conformément à certaines politiques et méthodes de gestion prédéfinies, et éliminés dès qu'ils ont rempli les fins pour lesquelles ils ont été créés. Portée du projetLors de ses consultations avec les coordonnateurs et coordonnatrices de l'accès à l'information ainsi que dans plusieurs autres consultations, le Groupe d'étude de l'accès à l'information a établi qu'il existait un malaise élevé dans les institutions gouvernementales au sujet des " documents éphémères ". Celles-ci ne sont pas certaines de ce qui constitue un document éphémère et de la période après laquelle ces documents devraient être détruits. Les effets sont multiples dans le contexte de l'accès à l'information.
En conséquence, le Groupe d'étude a retenu les services de la firme The Information Management Specialists pour entreprendre une étude à court terme visant à :
MéthodologieLe consultant a effectué une recherche sur l'utilisation de l'expression " documents éphémères " (transitory record) et a relevé des expressions semblables utilisées dans d'autres administrations. Il aussi recueilli des renseignements sur le type de documents qui correspondaient à la définition de " documents transitoires ". On trouvera à l'annexe A une liste des personnes contactées à cette fin et la description de ces communications. Les données ont été recueillies auprès de diverses sources, tel qu'indiqué ci-dessous :
L'annexe B présente des exemples de définitions et de lignes directrices actuelles ayant servi à établir la définition proposée de " documents éphémères ". Gestion et élimination des documentsToute discussion sur la gestion et l'élimination des documents nécessite une compréhension des responsabilités inhérentes à la gestion des documents, responsabilités qui visent à combler tant les besoins de gestion des institutions gouvernementales que les exigences de la Loi sur les Archives nationales du Canada. Les Archives nationales du Canada accordent aux institutions gouvernementales des autorisations de disposition de documents, en vertu d'autorisations s'adressant soit à une institution fédérale en particulier, soit à plusieurs institutions fédérales à la fois. Ces autorisations ne prévoient pas, ni n'autorisent, de période de conservation précise des documents mais permettent plutôt aux institutions ainsi habilitées d'éliminer des documents en se conformant à certaines conditions. Les extraits suivants du site Web des Archives nationales présentent les rôles respectifs de l'archiviste national et des institutions gouvernementales aux chapitres de la conservation et de l'élimination des documents : " .l'Archiviste national du Canada peut émettre des Autorisations de disposition de documents .qui habilitent un ministère ou organisme du gouvernement fédéral à disposer des documents dont il n'a plus besoin pour fonctionner. L'Archiviste national du Canada établira que ces documents peuvent être éliminés ou encore il exigera que ces documents soient transférés aux Archives nationales du Canada ou que le ministère ou organisme consente à ce qu'ils passent sous le contrôle d'une entité autre que l'administration fédérale. " " En l'absence d'une autorisation de disposition des documents ou en cas de doute quant à la disposition, les représentants du service central de gestion des documents et/ou de l'information des institutions devraient consulter les représentants de la Division des archives gouvernementales et de la disposition des documents (DAGDD). " Les autorisations " ont été conçues pour libérer les institutions fédérales de l'obligation de préparer individuellement des demandes d'autorisation et de négocier des accords avec l'Archiviste national pour pouvoir disposer de documents essentiellement de même nature - qu'elle soit administrative ou opérationnelle. " Ces autorisations représentent un énoncé de la valeur archivistique du document et non de sa valeur pour l'organisation. On s'attend à ce que les institutions fédérales fixent elles-mêmes leurs critères aux fins de l'établissement de la valeur organisationnelle de tout document transitoire ou autre document n'ayant pas de valeur archivistique. Orientation actuelle à l'égard des " documents éphémères "Dans le cadre de cette étude, nous avons passé en revue les exigences se rapportant aux " documents éphémères " des institutions gouvernementales qui figurent dans les lignes directrices des Archives nationales ou celles du Secrétariat du Conseil du Trésor ou encore dans la Politique de gestion des renseignements détenus par le gouvernement. Bien que la Politique de gestion des renseignements détenus par le gouvernement ne traite pas spécifiquement des " documents éphémères ", elle stipule cependant qu'il incombe aux institutions gouvernementales de gérer leurs ressources informationnelles. La politique mentionne : " Les institutions fédérales doivent s'assurer que tous les renseignements fassent l'objet d'un plan de conservation et d'élimination " (article 6). Pour sa part, l'article 67.1 de la Loi sur l'accès à
l'information indique :
Pour sa part, l'article 5 de la Loi sur les Archives nationales stipule que les institutions gouvernementales doivent obtenir l'autorisation de l'archiviste avant d'éliminer ou d'aliéner leurs documents et que les documents ayant une valeur archivistique doivent être confiés à la garde et au contrôle des Archives nationales, lorsque l'institution n'en a plus besoin pour son fonctionnement. Les Archives nationales du Canada ont diffusé l'Autorisation de détruire des documents éphémères en 1990 pour conférer aux institutions fédérales l'autorisation de disposer de leurs " documents éphémères ". Ce document aborde la question des " documents éphémères " du point de vue des Archives nationales du Canada. Selon les critères des Archives nationales, les " documents éphémères " n'ont aucune valeur archivistique. L'article 4 de l'Autorisation de détruire des documents éphémères définit ainsi un " document éphémère ".
À l'heure actuelle les " documents éphémères " comprennent les types suivants de documents, qui sont énoncés dans l'Autorisation de détruire des documents éphémères :
Le Secrétariat du Conseil du Trésor a diffusé un document intitulé Renseignements et conseils additionnels sur l'application de l'article 67.1 de la Loi sur l'accès à l'information pour expliquer de façon plus détaillée la notion de " document éphémère ". La ligne directrice fait fond sur les définitions fournies par les Archives nationales dans l'Autorisation de détruire des documents éphémères et renferme des exemples d'application de la définition de l'expression " document éphémère ". ConstatationsL'expression " document éphémère " est utilisée au Canada pour désigner les documents de nature temporaire et de valeur à court terme que l'on trouve dans des documents administratifs et opérationnels créés par une institution fédérale. La majorité des réponses à une recherche en direct
sur l'expression " document éphémère "
renvoient à des politiques et procédures d'organismes canadiens
assujettis à la législation régissant l'accès
à l'information et la protection des renseignements personnels.
En Australie et au Royaume-Uni, ces documents sont définis comme
étant " de nature éphémère ", "
administratifs " et " éphémères ".
On n'y utilise pas l'expression " document éphémère
". Aux États-Unis, ces documents sont réputés
" documents non officiels ", " temporaires " ou "
correspondance éphémère et fichiers éphémères
". L'expression " document éphémère "
ou des expressions semblables qui désignent des documents de valeur
temporaire et limitée, sont utilisées dans le contexte d'un
cadre global de politiques et de procédures concernant la gestion
des documents et des archives, et non du point de vue archivistique.
L'Agency Services Division, du Office of Records Administration, de la National Archives and Records Administration, a diffusé un document intitulé A Federal Records Management Glossary dans lequel on trouve la définition suivante de l'expression " transitory correspondence files " (fichiers de correspondance éphémère) :
Le deuxième membre de la phrase " par opposition à la correspondance administrative et liée aux programmes qui compose les dossiers de correspondance générale " définit clairement la " valeur éphémère " de la correspondance. La New South Wales State Records Act :
Cette définition est conforme aux lignes directrices sur la pratique administrative applicable à des types semblables de documents prévus par les Archives nationales de l'Australie. L'annexe " A " documente certaines observations reçues à la suite de l'étude effectuée par un expert-conseil au sujet de l'expression " document éphémère " ou de l'utilisation d'expressions semblables pour désigner des documents ayant une valeur à court terme. Documents éphémères : Définition proposéeDans le cadre du projet, l'expert-conseil doit établir une définition plus précise des documents éphémères et fournir des exemples à jour et élargis pour aider les institutions fédérales à déterminer les " documents éphémères ". Puisque l'expression " document éphémère " est acceptée au sein du gouvernement du Canada, on a supposé, aux fins du présent projet, qu'elle continuera d'être utilisée. Son utilisation doit tenir compte des besoins des Archives nationales du Canada du point de vue de l'Autorisation de disposer de documents et des besoins des institutions fédérales de gérer leurs documents dans un cadre administratif. S'il est impossible de tenir compte de ces deux points de vue, il convient alors d'envisager l'utilisation d'une expression différente dans un contexte pour éliminer la confusion à laquelle les institutions fédérales sont confrontées. La section qui suit renferme une définition élargie de l'expression " document éphémère " et propose une liste des types de documents qui pourraient être classés dans cette catégorie. Si l'on décide de modifier la terminologie, les principes qui sous-tendent la définition demeureront valables. Les documents éphémères sont des documents de nature temporaire, quel que soit le support sur lequel ils sont créés, et qui sont requis pour une courte période pour permettre d'achever une activité ordinaire. Ils ne comportent aucune valeur permanente ou archivistique. Ils ne justifient pas le lancement ou l'exécution d'une activité d'une institution fédérale et ne sont pas requis à des fins réglementaires, juridiques, financières, administratives, opérationnelles ou archivistiques. Ils ne sont pas versés périodiquement dans un système de gestion des documents ou de l'information (y compris des systèmes électroniques ou sur papier de conservation des documents). Les " documents éphémères " n'établissent pas de politiques, de lignes directrices ou de procédures; ils ne documentent pas les fonctions ou activités fondamentales d'une institution fédérale; ils n'exigent aucune mesure officielle et ne comportent aucune valeur documentaire ou probante. Types de documents de nature " éphémère "La liste qui suit a été dressée à partir des définitions existantes pour lancer la discussion entre les Archives nationales du Canada et le Groupe d'étude de l'accès à l'information dans le but d'élargir davantage la définition des " documents éphémères ". Cette définition s'applique à tous les " documents éphémères ", quel que soit le support matériel sur lequel ils sont créés et stockés. Les décisions concernant la valeur " éphémère " des documents doivent être prises dans le contexte d'un programme global de gestion de l'information. Doubles et exemplaires supplémentaires :
Ébauches de documents et documents de travail
Documents publiés
Notes d'accompagnement et correspondance
Formulaires vierges et imprimés
Documents informatisés
Combien de temps dois-je conserver les documents éphémères?À la suite de l'examen de toutes les définitions, on constate qu'un très petit nombre d'entre elles, s'il en est, prévoient une période de conservation précise; la plupart remettent cette décision entre les mains des ministères et des fonctionnaires. Voici quelques exemples de mentions portant sur les périodes de conservation :
Les décisions concernant l'aliénation des " documents éphémères " doivent faire en sorte que, le cas échéant, le document officiel ait été saisi dans le cadre du système officiel de conservation de dossiers de l'institution. Comment puis-je déterminer les éléments faisant partie d'un " document éphémère "?En raison du passage d'un milieu de travail fondé sur les copies papier à un régime où jusqu'à 80 % des documents et de l'information sont créés électroniquement et stockés sur divers supports, la gestion des divers supports et versions de documents devient de plus en plus problématique. Les questions ci-après portent sur les fonctions et activités administratives globales et sont traitées dans le cadre des politiques et procédures de gestion des documents. Selon les circonstances, les documents peuvent être éphémères dans une situation, mais pas dans une autre, ce qui sème la confusion.
La question des " documents éphémères " doit être envisagée dans le cadre d'une stratégie globale de gestion des documents au sein des institutions fédérales pour dissiper quelque peu la confusion. Les Archives nationales du Canada ont examiné le document Autorisation de détruire des documents éphémères et ont conclu que l'expression " document éphémère " est utilisée pour traiter de questions administratives plutôt que de préoccupations archivistiques. Un document semblable à la ligne directrice sur la pratique administrative normale publiée par le State Records Authority of New South Wales permettrait de donner aux institutions fédérales des exemples de documents éphémères et non éphémères. Il n'éliminerait toutefois pas la responsabilité de la gestion des documents conformément aux besoins administratifs. RecommandationsD'après les travaux de recherche et des discussions ultérieures, nous formulons les recommandations suivantes aux fins d'examen.
ConclusionPour assurer un accès efficace à l'information et une bonne gestion des documents, il faut que les fonctionnaires comprennent bien ce que l'on attend d'eux. Il existe un certain nombre de possibilités de collaboration avec les institutions fédérales pour préciser ce qu'elles entendent par " documents éphémères " dans le contexte des autorisations de disposer de documents des Archives nationales du Canada, des exigences administratives de la politique de gestion des renseignements détenus par le gouvernement et des exigences de la Loi sur l'accès à l'information. La définition et les exemples détaillés présentés dans le rapport se fondent sur un certain nombre de définitions existantes ne relevant pas des Archives nationales du Canada, et ils portent sur une faible partie des documents que les organismes créent, conservent et aliènent dans le cours normal de leurs activités. Puisque la Loi sur l'accès à l'information porte sur tous les documents, elle porte aussi sur les documents éphémères et, une fois qu'une demande d'accès a été reçue, les documents éphémères doivent être traités de la même façon que tous les autres documents. La méthode actuelle d'élimination des documents, lorsque
appliquée correctement, est une pratique saine de gestion des documents
et permet un traitement plus efficace des demandes d'accès à
l'information. Il est peu probable que la destruction courante de documents
éphémères entraîne une allégation en
vertu de l'article 67.1 de la Loi sur l'accès à l'information.
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| Mise à jour: 2001-08-15 | |||||||||||||||||||||||||||||||