|
Groupe d'étude de
l'accès à l'information
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Consultations externes
Compte rendu - Table ronde sur l'accès à l'information
(Ottawa) - 6 juin 2001
Menée par le Forum des politiques publiques
Animateur : Paul Lepsoe
Les participants se présentent et ils mentionnent leurs principaux
sujets de préoccupation. Voici
les questions quils soulèvent :
- Lesprit de la Loi et le secret professionnel des avocats
- Lexception du secret professionnel est-elle utilisée
conformément à lesprit de la Loi , ou
étendue à toute discussion où il y a « un
avocat dans la salle »?
- Le besoin dun accès à linformation plus
rapide et plus facile
- Limpression dun manque de «culture de la transparence
» au sein du gouvernement
- Limpression «dun manque dune Loi sur laccès
à linformation »
- Des retards dans la réception de linformation et des
incohérences quant à linformation
reçue
- La censure, le non-dévoilement pour exception, ou le refus
de communiquer de
linformation
- La protection des renseignements de tiers, surtout de renseignements
se rattachant à des
entreprises privées
- Lironie de la tenue de séances à huis clos pour
discuter de la Loi sur laccès
à linformation. (Un participant mentionne que de nombreux autres
participants lui ont
formulé ce commentaire avant la réunion, et il désire
ardemment que le format des
consultations proprement dites fasse lobjet dune discussion.)
- Le besoin dune responsabilisation, surtout en ce qui concerne
les soins de santé
- Linformation nest jamais reçue avant 30 jours.
Nancy Averill donne un aperçu des commentaires soumis par les
intervenants sous forme de
mémoires ou lors dentretiens téléphoniques
:
Contexte
- Étant donné laugmentation du nombre de documents
électroniques, il y a davantage dinformation disponible
et il y a de nouvelles méthodes de repérage des documents.
- La mondialisation a des conséquences sur laccès
à linformation (AI).
- De quelle façon le nouveau processus de lAI complète-t-il
la diversification des modes de prestation des services, la nouvelle
gestion publique et la prestation des services axée sur les citoyens?
Quel est le parfait équilibre?
Portée
- Il y a un manque duniformité dans lAI dans les
différents ministères du gouvernement.
- Un système proactif de divulgation est suggéré.
- Lexclusion de la Loi des sociétés dÉtat,
des Premières nations et des partenariats entre le secteur public
et le secteur privé constitue un problème.
- Il y a des lacunes dans la protection des renseignements personnels,
qui est en rapport dopposition avec laccès à
linformation.
- Le rapport entre la protection des renseignements personnels et le
secret commercial constitue une question importante.
Mise en oeuvre
- Lexécution de la Loi nest pas uniforme dans les
ministères du gouvernement.
- La question des frais doit être examinée : devrait-il
y en avoir? La structure devrait-elle correspondre aux frais? Sont-il
toujours calculés selon la même formule?
- Les retards découragent le public.
Correction de la situation
- Les retards dans les décisions constituent un problème.
- Le rôle et les pouvoirs du Commissaire à linformation
devraient faire lobjet dune discussion.
- Il faudrait prendre en considération la possibilité
de combiner les rôles du Commissaire à linformation
et du Commissaire à la protection de la vie privée.
Préoccupations générales
- Labsence dune norme gouvernementale générale
pour linterprétation constitue un obstacle.
- En raison de la complexité et de la diversité du système,
certaines demandes sont confiées à des consultants.
- Comment la Loi peut-elle être utilisée pour favoriser
la confiance?
Les participants discutent dabord du contexte et de la conception
de la Loi , sintéressant à
larticle 2, qui porte sur lobjet de la Loi :
- Lobjet de la Loi ne sera pas respecté, à moins
que les bureaucrates croient en une
information gratuite et transparente. Ce qui avait été
prévu comme constituant le
minimum de renseignements à divulguer est devenu le maximum.
La notion de
transparence doit venir du haut; il faut récompenser la transparence
des employés,
« contrairement à ce qui se passe dans le système
actuel ».
- Il ne faudrait pas aborder les questions selon le critère de
lappartenance « au secteur
public ou au secteur privé ». Ainsi, avec la diversification
des modes de prestation des
services, puisquil y a utilisation des fonds publics, la population
a le droit de savoir
comment largent est dépensé.
- De nombreux scandales ont porté sur les avantages indirects
des cadres supérieurs.
Ceux-ci touchent maintenant des avantages financiers confidentiels,
ce qui leur confère
le pouvoir « perdu » en raison de la Loi sur laccès
à linformation.
- Lobjet de la Loi était de permettre la participation
du public et la responsabilisation du
gouvernement.
- La sensibilité entourant le processus décisionnel est
liée en grande partie à une question
dorganisation et à une question administrative. Le contexte
initial de la Loi était axé sur
la transparence, tandis que les postes et léconomie sont
maintenant axés sur
linformation, celle que lon doit posséder et utiliser.
Il en est résulté de nouvelles
tensions, puisque le gouvernement est le seul détenteur important
de renseignements sur
léconomie.
- La Loi a-t-elle entraîné une amélioration quelconque
de la situation? Les tentatives précédentes daborder
la question des réunions à huis clos nont pas permis
dobtenir une réponse.
Lanimateur mentionne avoir entendu dun certain nombre de
participants des commentaires au
sujet de la nature du processus de consultation et il accepterait dinscrire
cette question à titre de
point distinct à lordre du jour si le groupe acceptait de
prolonger la séance en retardant lheure
du déjeuner. Tous les participants acceptent de retarder leur repas
du midi pour pouvoir
consacrer du temps à ce point, en terminant dabord la discussion
de fond en respectant lordre
du jour et les délais préétablis.
- Les fonctionnaires semblent maintenant surveiller ce qui est docusulé,
prenant soin de coder et de protéger les documents quils
ne désirent pas voir publier. Ils se préoccupent de ce
qui pourrait leur arriver si linformation était divulguée.
Il faudra concevoir de nouveaux styles de gestion de linformation
qui incluront la gestion des documents électroniques.
- Il y a une « mentalité de siège » fondée
sur lhypothèse que linformation est demandée
en vue dune « attaque ». Étant donné
que la plupart des demandes daccès à linformation
reposent sur un véritable besoin de renseignements, il ny
a lieu de sinquiéter que si lon a quelque chose à
se reprocher.
- Les gens ont appris à se protéger de la Loi . Ainsi,
une institution dans le domaine nucléaire a modifié sa
façon de rédiger ses comptes rendus après avoir
constaté que ceux-ci étaient accessibles en vertu de la Loi . Lorganisation ne consigne maintenant que les décisions,
et non les discussions qui mènent à ces décisions.
Cette situation nest pas souhaitable, tant du point de vue journalistique
que du point de vue administratif. Il nexiste maintenant aucun
dossier sur les motifs des décisions, ce qui pourrait compromettre,
dans lavenir, la sécurité des installations.
- À moins que leurs questions ne soient formulées «
exactement de la bonne façon », les personnes qui demandent
de linformation ne reçoivent aucune réponse. Un
terme ou un titre manquants entraînent la non-divulgation de linformation.
Les personnes à lextérieur du gouvernement connaissent
souvent les programmes mieux que celles qui travaillent à lintérieur
du gouvernement, car il arrive souvent que les fonctionnaires soient
affectés à un nouveau poste tous les 24 mois.
- La formulation de la Loi de 1983 correspond à létat
desprit de lépoque. On entend toutefois dans les
conversations sur le sujet, même autour de la table aujourdhui,
des mots comme «guerre » et «état de siège
».
- La disposition sur lobjet de la Loi ne devrait plus
faire mention des «documents de ladministration fédérale
», mais plutôt des «documents de ladministration
fédérale ou des documents détenus en partenariat
». Cela donnerait accès à une certaine partie de
linformation des entreprises privées qui participent aux
travaux publics, mais non à lensemble de cette information.
Cet article de la Loi na pas été conçu
pour faire allusion aux documents, mais plutôt à linformation,
et il sert à préciser quil sagit dinformation
publique.
- Un participant du secteur privé mentionne que la valeur et
la formulation des contrats du gouvernement avec le secteur privé
pourraient généralement être divulguées.
- Limputabilité doit être définie dans la Loi .
- Bien que le mot «imputabilité » ne figure pas dans
le texte de la Loi , toute la Loi est fondée sur le principe de
limputabilité devant le Parlement, et porte sur limputabilité.
- Bien que limputabilité soit implicite dans la
Loi actuelle, elle devrait y être mentionnée de
façon explicite. Qui, parmi les législateurs qui
ont rédigé la présente Loi, aurait jamais pensé
que le Commissaire à linformation allait un jour poursuivre
le Premier ministre? Pour cette raison, limputabilité doit
être rendue explicite.
- Il sagit limputabilité devant le public ; le Parlement
nest quun simple intermédiaire.
- Avec la privatisation des organisations du secteur public, laccès
à linformation disparaît, et il faut sattaquer
à ce problème grave.
- Les sociétés dÉtat ne devraient pas être
exclues. Les déchets de plutonium à Chalk River nétaient
pas enlevés, et pourtant, linformation sur la situation
était exclue de la Loi , parce que linstallation nucléaire
est une société dÉtat. Les salaires des animateurs
démissions de télévision constituent un autre
exemple. Les salaires des animateurs de télévision ontariens
sont divulgués en vertu de la loi provinciale, tandis que ceux
des animateurs de la CBC ne le sont pas, car cette dernière est
une société dÉtat fédérale
qui nest pas visée par la Loi . Le Conseil de révision
médicale, dont les membres ne sont pas payés et qui communique
tous les renseignements demandés, a été comparé
avec la Fondation canadienne pour linnovation (FCI), organisation
dont les membres du conseil sont payés, mais qui ne communique
aucun renseignement, même si elle utilise les fonds publics et
agit « pour le bien du public ». Cest précisément
pour cette raison que les renseignements sur la FCI devraient être
accessibles.
- Un participant mentionne les conséquences de laugmentation
du nombre de «quangos », qui ne sont pas visées par
la Loi . Lanimateur explique que «QUANGO » est un acronyme
pour «Quasi-Autonomous Non-Government Organization » (organisation
non gouvernementale quasiautonome).
- Il faudra inclure dans la Loi une définition fonctionnelle
des institutions et axer davantage la Loi sur la protection des données.
On devra aussi envisager dexclure des renseignements en raison
du contenu, plutôt quen fonction des institutions qui détiennent
les renseignements.
- La CBC a souffert de ne pas avoir été visée par
la Loi toutes ces années : une « culture du secret a étouffé
le milieu ». Il sagit dun exemple de ce qui arrive
aux institutions qui ne sont pas transparentes, et la CBC doit être
incluse pour cette raison.
- Étant donné les lacunes dans la conception et lobjet
de la Loi , devrait-il y avoir une clause de primauté de lintérêt
public ? Comme certains ont modifié leurs documents dans un effort
pour s« adapter » à la Loi , il faudrait limiter
les exceptions.
- Les organisations sans but lucratif hébergées dans les
bureaux de Corrections Canada ne sont pas assujetties à la loi.
Il ny a aucun renseignement disponible sur la façon dont
elles dépensent les fonds publics quelles reçoivent.
- Il y a des exceptions dapplication obligatoire et des exemptions
discrétionnaires ; une clause de la primauté de lintérêt
public devrait sétendre au-delà de lexemption
pour protection des renseignements personnels.
- Le Commissaire ne possède pas le pouvoir dordonner la
divulgation de renseignements. Il peut simplement formuler des recommandations.
Sil avait le pouvoir dordonner la divulgation de renseignements,
le principe de la primauté de lintérêt public
devrait être appliqué uniformément; une application
générale nest pas souhaitable non plus.
- Daprès lun des participants il doit y avoir des
raisons pour lutilisation des exemptions, «les documents
confidentiels du Cabinet ne devraient pas être exclus de la Loi
».
- Des renseignements dont la communication avait initialement été
refusée pour raison de protection des renseignements personnels
ont plus tard été enregistrés sur un disque compact
qui a été publié et vendu à un « coût
exorbitant ». En réponse à une deuxième demande
de renseignements, on lui a dit dacheter le CD. Lorsquelle
a demandé uniquement les renseignements de base (comme dans sa
demande initiale), sa demande a été refusée pour
raison de protection des renseignements personnels.
- Les renseignements sur une entente touchant les membres du syndicat
des employés de la fonction publique sont protégés,
mais comment des renseignements peuvent-ils être fournis sans
nuire à un avantage concurrentiel de nature privée ?
- Lexclusion générale va à lencontre
de lesprit de la loi.
- Le Juge-avocat général (JAG) au ministère de
la Défense nationale a utilisé le secret professionnel
pour retenir des documents que lOmbudsman a par la suite publiés.
Le JAG na toujours pas divulgué linformation. Selon
lOmbudsman, il ny avait pas de relation de client à
avocat : il nétait pas un client et le JAG nétait
pas son avocat.
- Les soins de santé constituent notre plus important secteur
de dépenses; pourtant, une grande quantité dinformation
est exclue et très peu de renseignements, voire aucun, ne sont
communiqués. Il faut de limputabilité des pouvoirs
et des sanctions. Les sous-ministres de la Santé se réunissent,
mais il nest pas possible dobtenir lordre du jour.
- Un participant se demande qui prend les décisions. Il soutient
que ce sont ceux qui ont un intérêt à légard
du secret qui ont le pouvoir de décider si linformation
est divulguée ou non. Le participant ne sobjecterait pas
à lutilisation du critère du préjudice comme
outil pour déterminer si linformation peut être communiquée
ou non.
Lanimateur invite les participants à formuler des commentaires,
en termes de droit daccès, sur
le fait que les demandes daccès à linformation
présentées au Canada doivent obligatoirement
être soumises par des personnes présentes au Canada.
- Si une personne habite à lextérieur du Canada,
elle na quà se servir dun ami comme
intermédiaire pour obtenir des renseignements; il nest
pas nécessaire de recourir aux
services coûteux dun avocat.
- Il est plus facile dobtenir des renseignements des États-Unis
et du Royaume-Uni que dobtenir de linformation au Canada.
Application
Après une pause, les participants discutent de lapplication
de la Loi . Lanimateur attire
lattention du groupe sur les points de discussion des pages 8 et
9 du document de consultation,
particulièrement sur la question 5.1. Les participants énoncent
les commentaires suivants :
- Lorsque lAI a été instauré initialement,
il était difficile pour les ministères de répondre
à
une demande dans les délais prescrits, car linformation
était difficile à trouver. La
gestion de linformation était déplorable; elle lest
toujours et sa mauvaise qualité
contribue aux coûts du programme. La gestion de linformation
a souffert des
restrictions budgétaires. Il ny a aucune obligation de
rendre compte du temps mis pour
répondre à une demande ni de létat de linformation
lorsquelle est communiquée. Une
solution créatrice consisterait à rendre les fonds documentaires
disponibles, à moins quil
nexiste une raison dexclure un élément donné.
Les documents devraient être publiés
dans un système dinformation électronique auquel
le public aurait accès.
- Les journalistes ont ri lorsquon leur a demandé sil
arrivait que le délai de 30 jours soit
respecté. Ils ont fait mention de retards allant jusquà
deux ans. Le problème ne se limite
pas aux retards : aucune raison nest donnée et aucune indication
nest fournie quant à la
date à laquelle linformation pourrait devenir disponible.
Les retards sont souvent
occasionnés par des problèmes de dotation et de financement,
plutôt que par la retenue
volontaire de renseignements.
- Le problème est double. Le gouvernement se montre évasif
avec les personnes qui
demandent des renseignements et les agents qui sont censés aider
au traitement des
demandes dans les bureaux dinformation ninsistent pas suffisamment
pour obtenir ces
renseignements.
- Le gouvernement ne sait pas quels renseignements il détient.
Ces renseignements
devraient être répertoriés et communiqués
régulièrement. Les formulaires utilisés
rendent difficile la distinction entre les renseignements personnels
et les renseignements
généraux. Le système napporte aucune attention
aux possibilités de demandes; celles-ci
devraient pourtant être anticipées. Lengagement de
fournir une réponse dans les
30 jours nest pas respecté et le gouvernement nest
pas capable de le respecter. Il faut
mettre en place une meilleure gestion des documents et des méthodes
plus proactives.
- Il devrait incomber au gouvernement daccroître ses ressources
pour sassurer de
respecter ses propres lignes directrices, la promesse dune réponse
dans les 30 jours, par
exemple. Le respect des lignes directrices est nécessaire pour
assurer la transparence.
- Tandis quune plus grande quantité de ressources savéreraient
utiles, elles ne
changeront pas le fait que la tâche de la gestion de linformation
a été négligée au niveau
de lunité de gestion. (Une unité de gestion est
un élément organisationnel, un groupe
logique qui relève dun programme ou dune activité).
Les protocoles de gestion des
dossiers nont pas été suivis, même sils
sont en place, et il ny a pas de responsabilité. Il
ny a aucun inventaire des renseignements; souvent, le seul inventaire
est celui qui se
trouve sur les lecteurs C des ordinateurs. Cette situation contribue
à laugmentation des
coûts, car linformation ne peut être trouvée.
- Il ny a aucune anticipation des demandes.
- Le public ne tolérera pas les méthodes internes du gouvernement
maintenant que de
nouvelles dispositions législatives régissent le secteur
privé. Il ne tolérera pas non plus
les frais élevés. Il ne faudrait pas se fier à
lattitude paternaliste de la renonciation aux
frais.
- Ce qui fait cruellement défaut dans la Loi est le manque de
mesures dexécution et
labsence dincitatifs à lautodiscipline. La
question ressemble à celle du comportement
éthique.
- Tous les coordonnateurs de laccès à linformation
devraient peut-être relever du
Commissaire à linformation, tout comme tous les avocats
du gouvernement relèvent du
procureur général.
- Quant à la gestion des dossiers et à laccès
à linformation, une grande partie de linertie
provient du fait que les inventaires et les collections nexistent
plus. Dans le passé, un
dossier contenait tout lhistorique dune question. Maintenant,
lorsquune personne se
voit attribuer un dossier, elle part à zéro et à
son départ, elle na personne à qui passer le
flambeau. Avec la technologie et les mouvements dans les ministères,
il y a un besoin
pressant de gestion des documents. La Loi sur laccès
à linformation impose un régime
au gouvernement, de sorte que celui-ci offre un service, que les gens
lutilisent ou non.
En raison du mauvais état de linformation au sein du gouvernement,
les gens sont
réticents à se montrer transparents.
- Au Québec, il est obligatoire de répertorier tous les
documents.
- Le processus est devenu politique. Ainsi, létablissement
dune liste des demandes dAI
présentées au cabinet du Premier ministre a de profondes
conséquences pour la
démocratie.
- Des ressources sont utilisées pour empêcher la communication
de linformation à
lextérieur. Une demande déclenche souvent la recherche
de fuites, car on croit quelle
est le résultat de la transmission par un fonctionnaire de renseignements
que lon ne
voulait pas rendre publics.
- Lorsquun ministère est responsable dun retard,
il ne devrait pas être autorisé à imposer des frais
de recherche. Le Commissaire à linformation devrait être
capable de repérer les demandes de façon systématique.
Les résultats dune revue du rendement général
de tous les ministères devraient être publiés. Il
devrait y avoir un suivi des demandes tout au long de leur traitement
dans les ministères. Cette pratique pourrait entraîner
des modifications dans les ministères qui respectent le moins
la Loi . On pourrait demander, dans le cadre dune demande dAI,
le suivi des demandes dAI.
Lanimateur attire lattention du groupe sur les données
de la page 15 du document de
consultation, et sur la question 5.5. La discussion se poursuit de la
façon suivante.
- On ne met jamais en valeur les avantages de lAI, uniquement
ses coûts. Il faudrait
prendre une position plus philosophique et éliminer le principe
du recouvrement des
coûts. Le public a en effet déjà payé pour
linformation. À Statistique Canada, le
recouvrement des coûts est enchâssé dans sa loi habilitante,
mais aux États-Unis, laccès
à ce genre de renseignements est gratuit. La notion dimposition
de frais pour la
communication dinformation est contradictoire. Le rôle du
gouvernement nest pas de
vendre des services; le recouvrement des coûts ne devrait donc
pas constituer un
principe de lAI.
- Le recouvrement des coûts entraîne des frais prohibitifs
pour de nombreuses personnes qui cherchent de linformation dans
le domaine de la santé et de la sécurité. Elles
se tournent donc vers Internet, où linformation nest
pas toujours fiable ou utile.
Lanimateur attire lattention du groupe sur les questions
5.3 et 5.4 du document de consultation.
La discussion se poursuit de la façon suivante.
- Il ne devrait pas y avoir de catégories; tous les demandeurs
devraient être traités de la
même façon. Souvent, la proaction des renseignements est
plus extrême lorsque lon
apprend quun demandeur fait partie des médias. Ce nest
que lorsque lon applique le
principe de la primauté de lintérêt public
que la nature du demandeur (p. ex. un
membre des médias) devient un facteur.
- Le Groupe détude a-t-il découvert des renseignements
au sujet des catégories des
demandeurs ? Il semble sagir dune question sans contexte.
Les États-Unis semblent
aimer avoir différentes catégories; le processus est probablement
efficace pour eux.
- Le coût de la présentation de 14 340 demandes sétant
élevé à 28 millions de dollars
(environ 100 demandes par ministère), le système ne semble
pas être surutilisé. Cela
nexplique pas les retards ni les coûts. Il nest probablement
pas nécessaire de
déterminer des nombres ou de définir des catégories.
- Les auteurs de demandes fréquentes perturbent le système,
mais si les dispositions
législatives sur laccès à linformation
étaient efficaces, le nombre de demandes pourrait
diminuer.
- Aux États-Unis, le traitement des demandes qui viennent des
médias est accéléré, parce
quelles desservent lintérêt public et que la
vitesse constitue habituellement une
question importante. Cette pratique semble fonctionner. Le système
dimposition de frais
devrait être fondé sur le recouvrement des coûts.
Les frais de demande de cinq dollars
génèrent plus de paperasserie que leur valeur proprement
dite. Les frais de repérage et
de copie devraient être fondés sur les prix du marché.
Le gouvernement ne devrait pas
faire de profit en divulguant de linformation.
- Les auteurs de demandes fréquentes sont les personnes qui vivent
de leurs demandes en vertu de la Loi . Si le système fonctionnait
bien, ces cas nexisteraient pas.
Correction de la situation
Lanimateur attire lattention du groupe sur la première
question de la page 10 du document de
consultation. La discussion se poursuit de la façon suivante.
- Les procédures et les pouvoirs du Commissaire à linformation
et à la protection de la
vie privée de lOntario sont supérieurs à
ceux du Commissaire à linformation fédéral
(CI), qui devrait avoir des pouvoirs plus étendus, y compris
un pouvoir sur le système
de gestion des dossiers. Les chiffres du document de consultation ne
montrent pas les
causes des retards ; il semble quil sagisse dun problème
interne de gestion des
dossiers. Il faudrait que les pouvoirs du Commissaire à linformation
lui permettent de
corriger cette situation.
- Le CI devrait avoir le droit de recueillir des renseignements sur
le processus de repérage,
la conformité et les retards. Il lui serait alors possible de
déterminer où se situent les
problèmes. Le CI devrait avoir la possibilité de retracer
une demande.
- Le CI devrait posséder davantage de pouvoirs. Limputabilité
va de pair avec le pouvoir,
comme dans le modèle du ministère de la Justice, où
les coordonnateurs de lAI
relèveraient du CI. Devant qui le CI devrait-il être responsable,
le Parlement ou les
Canadiens?
- En fournissant une formation suffisante aux employés et en
assurant luniformité des
pratiques, on réaliserait des économies. Le CI devrait
être responsable devant le
Parlement.
- Puisque cest le Conseil du Trésor qui a établi
le budget, le sous-financement semble
politiquement motivé. Si le budget du CI était voté
séparément au Parlement, plutôt que
dans le cadre du budget global, il serait exposé à un
examen plus minutieux.
- Le CI devrait avoir le pouvoir dimposer des pénalités.
Labsence de pénalités encourage
les retards, les exemptions et la non-conformité. Les pénalités
devraient ressembler à une
amende de bibliothèque et augmenter avec le nombre de jours de
retard. Il y a
actuellement un shérif en prison en Floride pour non-conformité
à lAI.
- La Loi de limpôt sur le revenu et la Loi sur
le recensement des électeurs prévoient des amendes
et des peines demprisonnement pour non-coopération. Il
serait toutefois difficile de déterminer, en bout de ligne, qui
est responsable du retard et qui na pas trouvé les renseignements
demandés.
- Le gestionnaire dune unité de gestion devrait être
autant responsable de la gestion de
linformation que de son budget. Actuellement, les gestionnaires
ne connaissent pas
linventaire de leurs documents et nattachent pas la même
importance à ce domaine
dactivité quà la gestion de leur budget. Il
faudrait examiner la possibilité dinstaurer un
incitatif pour modifier la mentalité du gouvernement. Quelle
quantité de renseignements
sont disponibles sans lAI, déjà sous forme électronique?
Il faut faire disparaître la
mentalité de la protection.
- Il faut prévoir une protection pour les employés qui
dénoncent dautres membres du
personnel (leur supérieur, par exemple) qui contreviennent au
processus de lAI, comme
la protection du dénonciateur. Cette mesure aiderait au processus
de redressement.
- Le fait de donner au CI le pouvoir de rendre des ordonnances légitimise
le processus de
lAI, élargit laccès à linformation
et crée des précédents dapplication obligatoire.
- À la question 6.3 du document de consultation, on présume
que lon conserve le même modèle. Cette décision
de rester avec le modèle actuel dombudsman et de la Cour
fédérale nest pas judicieuse. Il serait préférable
de conférer des pouvoirs élargis à un tribunal
spécialisé.
Processus de consultation
Un sujet additionnel, le processus de consultation, est ajouté
à lordre du jour. On informe les
participants que la formule de la table ronde se poursuit et quils
se réuniront après la pause du
midi. Lanimateur et M me Averill décrivent les processus
de létablissement du Groupe de travail
et de la consultation auprès des intervenants.
Les participants formulent les commentaires suivants au sujet du processus
de consultation.
- Le député John Bryden a annonce que 14 députés
siégeront pendant lété à des séances
ouvertes sur lAI dans la salle 306 de lédifice de
lOuest. Les séances ne seront pas
rapportées dans le compte rendu officiel des Débats de
la Chambre des communes, mais
on en fera probablement la transcription.
- La décision des ministres au sujet de la structure du processus
de létude est préoccupante. Les institutions sexaminent
elles-mêmes. Ces organismes sont des parties en cause dans des
litiges et ils défendent linterprétation stricte
de la Loi . Cela remet en question limpartialité, lintégrité
et léquité du processus. Les facteurs qui favoriseraient
une bonne consultation sont absents : les ressources font défaut,
le comité consultatif externe a été nommé
tard, les délais sont comprimés. Ce processus contrevient
aux lignes directrices provisoires sur la façon de mener des
consultations auprès du public, qui sont actuellement sous examen
devant le Conseil du Trésor. Le processus se situe au bas de
léchelle de participation des citoyens; il se situe en
effet au niveau de la manipulation par le gouvernement. Le participant
mentionne quil est présent pour protester; sa participation
ne constitue pas une approbation du processus. Il dit quil espère
que la présente table ronde ne sera pas la seule occasion de
consultation, que le public sera consulté dune façon
appropriée, conformément aux pratiques exemplaires en
matière de consultation des citoyens.
Pour éviter que plusieurs participants sentent le besoin de prendre
le temps dexprimer officiellement leur position quant au processus,
lanimateur précise (avec la collaboration de Mme Averill,
du Forum des politiques publiques) quil sera fait expressément
mention dans le compte rendu de la table ronde que la participation à
ce processus de consultation ne sera pas considérée comme
une approbation du processus proprement dit : les personnes navaient
pas à être daccord avec le processus pour avoir le
droit dy participer.
- Plusieurs groupes étaient en faveur de la tenue daudiences
publiques. Le fait de choisir
les groupes autorisés à participer à la table ronde
plutôt que de tenir des audiences
publiques équivaut à une semi-privatisation du processus
démocratique. Il devrait y
avoir un comité parlementaire composé de représentants
de tous les partis. La présente
table ronde ne devrait pas remplacer le processus démocratique.
- Bon nombre de personnes ont refusé de participer au processus,
parce quil y avait des
risques que lon ne tienne aucunement compte de leur opinion. Lun
des éminents
universitaires du Canada dans le domaine de laccès à
linformation a essayé dobtenir
les documents sur le Groupe détude et il a découvert
que certains dentre eux étaient
retenus. Il ne prend pas part au processus, parce que sa participation
ressemblerait à une
acceptation. Les bureaucrates ont eu plusieurs années et disposé
dimportantes
ressources pour se préparer en vue du présent processus.
Pourquoi ne pas avoir affecté
de fonds à une étude des avantages, si la table ronde
est le seul processus utilisé?
- Le préavis de trois semaines donné aux participants
nétait pas suffisant. Le Groupe détude ou
le Forum sur les politiques publiques (FPP) devraient envisager de demander
lopinion des 19 000 auteurs de demandes de renseignement de lannée
passée. Il sagirait alors dun examen systématique.
Mme Averill confirme que le Forum sur les politiques transmettra au Groupe
détude les commentaires sur le processus de consultation.
Une ébauche du compte rendu de la présente table ronde sera
distribuée dans les sept jours et après que les gens auront
eu loccasion de formuler des commentaires, le compte rendu sera
affiché sur les sites Web. Les rapports sur les résultats
des tables rondes constitueront le fondement des rapports au Groupe détude.
En réponse à une question sur la participation ultérieure,
un membre du Groupe détude affirme
que lon envisagera dautres occasions. De plus, on encourage
les gens à présenter des mémoires
sur le site Web.
Un représentant du Groupe détude mentionne que bien
que le délai soit assez souple, on ne peut
attribuer un trop long délai pour les mémoires. Le manque
de temps impose létablissement de
délais pour les mémoires et les tables rondes. Le rapport
du Groupe détude sera rendu public.
Les participants sont informés que le résumé des
discussions de la présente table ronde leur sera
distribué pour quils fournissent leurs commentaires et ils
sont invités à communiquer leur
adresse électronique au FPP.
Synthèse
Lanimateur invite chaque participant à formuler une conclusion
dune minute. Il répète que la
table ronde se réunira de nouveau après le lunch au besoin.
Les participants formulent les
commentaires suivants.
- La Loi est en général efficace, mais il faudrait
apporter des modifications à son administration ainsi quaux
outils que lon donne aux personnes. Il faudrait que les intervenants
assument une plus grande responsabilité à légard
du processus. La protection des renseignements personnels doit être
maintenue.
- Il est rassurant de constater que dautres personnes se voient
aussi flouées par lAI.
Lesprit de lAI nest pas mis en application, car il
ny a aucune volonté politique en ce
sens.
- La question du bienfait pour le gouvernement dune plus transparence
na pas été
examinée à la présente table ronde.
- En raison de lAI, personne ne conserve de notes, car on craint
que ces notes puissent
être rendues publiques. Par conséquent, personne ne sait
comment les décisions sont
prises.
- La discussion daujourdhui illustre la nécessité
de procéder à un examen public en
profondeur des dispositions de la loi qui traitent des exceptions et
des institutions. Les
quelques minutes passées à discuter des exceptions à
la présente table ronde ne
constituent pas réellement une analyse ni une étude.
- Lexamen devrait comporter trois objectifs : élargir le
plus possible laccès à
linformation, rendre laccès le plus rapide possible
et faire en sorte quil ne soit pas
coûteux ou quil soit gratuit.
- Les participants à la présente table ronde ne représentent
quun petit segment de la
population. La discussion devrait être étendue à
tout le pays.
- LAI nest pas seulement un défi; cest un obstacle.
- Il est étonnant que lobjectif de la Loi se transpose
si peu dans son exécution. Il faudra
faire des efforts sérieux pour déterminer quelles institutions
et les documents sont visés
par la Loi . Il est révoltant que le présent examen soit
effectué à la suite dun si court
préavis. On devrait accorder des pouvoirs plus importants et
plus étendus au CI. Il faut
examiner avec plus de soin la question importante de la prestation de
services par le
secteur privé.
- Actuellement, les incitatifs de la Loi qui encouragent la non-conformité
et le refus de
laccès à linformation sont plus importants
que les incitatifs à la conformité et à la
communication de linformation. Si ce déséquilibre
persiste, la situation actuelle ne
changera pas. Les incitatifs exercent une action cumulative de non-protection
de lintérêt
public. Des mesures dexécution, plutôt que des incitatifs,
pourraient savérer
nécessaires.
- La question de linformation électronique aurait dû
être ajoutée à lordre du jour
daujourdhui. En cet âge de lélectronique,
le CI doit avoir le pouvoir de répondre
rapidement aux plaintes.
- La loi concernant laccès à linformation
reposent sur un objectif louable, mais elle a été
conçu comme un mécanisme de dernier recours. La mentalité
actuelle doit être modifiée
et on devrait éviter que les fonctionnaires soient pénalisés.
- Il faudrait affecter des fonds publics à des travaux de recherche
fondamentale sur les
avantages et la valeur de lAI. Les courts délais de la
présente consultation constituent un
problème, surtout pour les membres du milieu universitaire. Il
faut corriger le manque
duniformité dans la mise en application et dans ladministration
de la Loi sur laccès
à linformation.
- Dans la présente table ronde, on na pas abordé
les exemptions, en particulier les
exceptions visant les renseignements de tiers, qui font lobjet
dun abus immense. La Loi
établit un ton restrictif, parce quelle est fondée
sur les exemptions. Il est à espérer que le
ton changera à la suite de la révision. Le fardeau de
la preuve devrait incomber au
gouvernement, et non au demandeur. Il est à espérer que
les questions de protection des
renseignements personnels ne modifieront pas lessence de lAI.
- Il faudra tenir des discussions approfondies sur les exemptions et
le respect de la loi.
- Le principal problème de lAI, cest que les personnes
qui ont le pouvoir de modifier le
processus sont celles qui profitent le plus de son mauvais fonctionnement.
- La loi actuelle nuit à la démocratie, parce que les
motifs pour lesquels les hommes
politiques prennent leurs décisions ne sont pas communiqués.
- Dans la présente table ronde, on a à peine effleuré
le sujet. Il est décevant que le présent
exercice constitue un élément clé du processus
de consultation publique. Il ne sagit pas
tant dinformation gouvernementale que de renseignements publics
détenus par dautres
personnes. Les frais devraient se limiter au coût des copies.
- Le point de départ essentiel est la création dincitatifs
à la conformité. De plus, le rôle du Parlement dans
lélaboration de mesures incitatives devrait être
renforcé.
Lanimateur suggère une séance de 40 minutes consacrée
à une discussion approfondie des
exceptions après le déjeuner. Un certain nombre de participants
indiquent quils aimeraient rester
pour y participer. Lanimateur remercie ceux qui ne peuvent rester
et il ajourne la réunion pour
le déjeuner.
Exemptions
- La province de Québec maintient que le nom dune personne
ne constitue pas un
renseignement personnel. La Loi sur laccès
à linformation
du gouvernement fédéral
stipule toutefois que la mention du nom dune personne constitue
un renseignement
personnel.
- Cette interprétation entraîne une augmentation considérable
du nombre dexemptions.
Le fait de connaître un nom néquivaut pas à
fournir un renseignement personnel.
- Les lignes directrices en matière de consultation publique
sont actuellement à létape de
lébauche au Conseil du Trésor. Un participant mentionne
que ces lignes directrices
constituent davantage des opinions que des directives catégoriques.
- Les documents confidentiels du Cabinet devraient être énumérés
sous la rubrique des
exemptions dapplication obligatoire.
- Il y aura des exemptions dans la prochaine Loi /Loi révisée.
Comment établit-on des
précédents et de luniformité dans lapplication
de ces exemptions ? « Quel est le critère
sur lequel est fondée lexemption », Un nom ? Quest-ce
qui constitue un manquement à
la protection des renseignements personnels? Nous devons connaître
lavantage public
que constitue une exemption. Les personnes qui proposent une exemption
doivent la
justifier.
- Il faudrait être tenu dindiquer le dommage que lon
tente déviter en appliquant une
exemption.
- Compte tenu quil y aura des exemptions dans la prochaine Loi
ou dans la Loi révisée,
comment assurera-t-on lapplication uniforme de ces exemptions
et sur quel critère
seront-elles fondées ? Les personnes qui proposent une exemption
doivent en justifier
lavantage public.
- Étant donné que le nom dune personne constitue
un renseignement personnel, les gardiens de prison et les agents de
la GRC ont exprimé leur préoccupation quant à la
mention de leur nom dans des renseignements communiqués en vertu
de la Loi . Dans dautres cas, des employés ont dû
travailler 24 heures daffilée dans la crainte de perdre
leur emploi, mais le syndicat na pas été capable
de consulter les feuilles de présence. Lemployeur utilisait
la Loi sur la protection des renseignements personnels pour bloquer
la divulgation des documents et pour cacher lexploitation de ses
employés et du système. Laffaire sest rendue
jusquen Cour suprême.
- Sans information sur les autres fournisseurs de services disponibles
en vertu de la Loi , il
savère nécessaire dinstaurer un critère
du préjudice plutôt que des exemptions
générales. Cependant, le « préjudice »
est une notion difficile à quantifier; lembarras ne
constitue pas un préjudice.
- Pour démontrer lexistence dun préjudice,
on devrait utiliser le « critère de la personne
raisonnable ».
- Il devrait être obligatoire de justifier les exemptions fondées
sur le critère du préjudice.
Le fardeau de la preuve devrait incomber à ceux qui refusent
laccès à linformation, et
non à ceux qui luttent pour lobtenir.
- Il savère nécessaire détablir des
mesures de respect de la loi. Il est difficile de ne pas se préoccuper
de la façon dont les demandes sont traitées et dont les
décisions sont prises, car les personnes doivent porter leur
cas devant le gouvernement et devant les tribunaux pour obtenir gain
de cause.
Lanimateur demande si les bureaux du Commissaire à la protection
de la vie privée et du
Commissaire à linformation devraient fusionner.
- « Non! » Il y a un conflit clair entre laccès
à linformation et la protection de la vie privée.
Lobjectif du Commissariat à la protection de la vie privée
est de cadenasser linformation, tandis que lAccès
à linformation est fondé sur louverture des
sources. Ce sont deux objectifs opposés.
Lanimateur veut savoir si on confère au Commissaire le pouvoir
de déterminer quelle
information est privée, alors quel est le rôle du Commissaire
à la protection de la vie privée?
- Puisquil sagit de deux structures concurrentes, les différends
doivent être réglés en
public, et non à huis clos, dans un bureau. « Réglez
vos problèmes en public ».
- Il devrait y avoir des avocats des deux côtés pour équilibrer
la force des joueurs. Ils
devraient toujours être séparés; la tension entre
les bureaux fournit cet équilibre.
- Les bureaux ne devraient pas fusionner, mais on devrait mettre en
place des mesures
pour faire en sorte que les responsabilités ne se chevauchent
pas. Ce processus inclut
lexamen de plus dune loi. On cite lexemple de lÉnergie
atomique, la façon dont
lorganisme a modifié son style de comptes rendus en réponse
directe à la Loi sur laccès
à linformation. Il faudrait modifier
la Loi pour stipuler que la discussion et le
raisonnement qui mènent à une décision doivent
être inclus dans les comptes rendus.
- Une disposition antiéchappatoire est une disposition qui stipulerait
quune personne
enfreint lesprit de la Loi , par conséquent, la Loi proprement
dite, si elle adopte des
procédures pour éviter la Loi sur laccès
à linformation.
- « Qui subit les conséquences? » Le ministre ou
« quiconque a pris la décision de poser
ces gestes ». Lanimateur demande aux participants si cela
évacue la responsabilité du
ministre.
- Les personnes qui travaillent au traitement des demandes daccès
à linformation ont un
intérêt à ne pas divulguer linformation.
- Le système est voué à léchec, car
il ny a pas dengagement à légard de
laccès à
linformation. Les employés dévoués devraient
être récompensés pour leur bon travail.
- Bien que des poursuites seraient peu probables, il devrait y avoir
une disposition
interdisant de contourner la Loi .
- Même si un cadre intermédiaire ordonne des mesures pour
éviter la Loi , les employés
respectent toujours la volonté de leur ministre dans lintérêt
de leur carrière, ce qui
renforce le principe de la responsabilité ministérielle.
- Les employés ne volent ni ne cachent des documents, ils ne
les créent pas, tout
simplement.
- Dans un cas, laccès à de linformation a
été refusé parce que celle-ci a été
considérée
comme étant personnelle; les renseignements ont par la suite
été publiés et vendus pour
7 500 $, mais laccès à linformation sous-jacente
est toujours refusé. Il sagit dun cas
dévitement.
- Le secret professionnel entre un avocat et son client est aussi utilisé
pour éviter la
communication dinformation. Il est frustrant de voir un avocat
défendre une demande
daccès à linformation, simplement pour pouvoir
invoquer le secret professionnel
comme raison pour refuser de communiquer linformation. Il faudrait
que ce soient les
détenteurs de linformation qui aient lobligation
de prouver que la communication de
linformation causerait un préjudice, et non le contraire;
il faudrait stipuler que tous les
renseignements devraient être disponibles, à moins que
le gouvernement ne prouve que
leur communication causerait un préjudice.
- Le secret professionnel na pas besoin dêtre mentionné
dans la Loi , car il est déjà protégé à
lextérieur de la Loi . La protection accordée au
secret professionnel dans la Loi est plus générale que
dans la common law, où il sagit dune protection très
soigneusement formulée.
En bref, lanimateur suggère que le présent groupe
semble désirer que toutes les exemptions
soient soumises au critère du préjudice.
- La Loi stipule que toute linformation est disponible; «
mettons ce principe en
pratique! »
- Certaines exemptions dapplication obligatoire (de lactuel
tableau des exceptions)
doivent-elles être rendues discrétionnaires ? La Loi devrait
être révisée, de sorte que le
critère du préjudice soit utilisé pour justifier
les exceptions. Cette suggestion a été
présentée il y a 15 ans et nous « procédons
à la même réflexion 15 ans plus tard ».
- Avant de prendre part à la présente consultation, un
participant sest vu demander
comment on pouvait avoir la certitude que des courriels ne sont pas
effacés. À cet égard,
la Loi doit règlementer de façon cohérente la tenue
des dossiers. Les participants
discutent de la question de la surveillance des courriels et des appels
téléphoniques des
employés, et on fait remarquer que ces courriels ne sont pas
la propriété des employés.
- Pour pouvoir afficher de linformation sur les sites Web du gouvernement
fédéral, il
faut la traduire, ce qui pourrait savérer coûteux.
- Un participant fait remarquer quau Québec, le site Web
du gouvernement constitue un
outil très efficace pour accéder à linformation
détenue par le gouvernement, mais que,
malheureusement, linformation est affichée uniquement en
français. Ce ne sont pas tous
les sites qui sont entièrement bilingues et il y a donc toute
une abondance de
connaissances en matière daccès à linformation
qui ne sont pas disponibles pour les
Canadiens unilingues.
- Les sites Web du gouvernement doivent être entièrement
réaménagés, car le
téléchargement est trop lent et linformation est
difficile à trouver. Les concepteurs de
sites Web devraient être mis en contact avec des personnes qui
possèdent des
connaissances spécialisées dans le domaine de la communication
dinformation
accessible sur le Web, ce qui permettrait la création de sites
plus conviviaux.
- Il y a un ministère qui donne accès à la copie
papier dune liste de toutes les demandes daccès à
linformation, des auteurs des demandes, des destinataires et de
la raison des demandes.
Lanimateur remercie les participants et il ajourne la réunion.
Consultation
|