Présentation d'observations au Groupe d'étude de l'accès
à l'information
RÉSUMÉ DES RECOMMANDATIONS / PROPOSITIONS / COMMENTAIRES
SOUMIS PAR ÉCRIT AU GROUPE D'ÉTUDE DE L'ACCÈS À
L'INFORMATION
Les recommandations, propositions et commentaires exposés dans
le présent document proviennent des personnes et des organismes
qui ont répondu à l'appel du Groupe d'étude de l'accès
à l'information (GEAI) de soumettre des observations écrites
sur le régime d'accès à l'information. Les personnes
et les organismes nommés dans ce document ont autorisé le
GEAI à afficher/publier leur nom ou leur titre1.
PARTIE I - MODIFICATIONS PROPOSÉES À LA LÉGISLATION
1. CONTEXTE DE L'ACCÈS À L'INFORMATION
Principes fondamentaux
Si l'objet de la Loi est noble, il est concrètement
irréalisable et est en fait en contradiction avec les dispositions
de la Loi.
Robert Bothwell et Patricia McMahon
Notre principale préoccupation est que la Loi
ne respecte pas sa promesse initiale. Les Canadiens ont droit à
un accès opportun à l'information produite par leur gouvernement
à leur frais. Pour diverses raisons structurelles et pratiques,
le système ne facilite pas cet accès opportun. À
vrai dire, il lui nuit. Cela semble être tout particulièrement
le cas de l'information que les médias ont déjà relevée
dans leurs sources comme étant intéressante et propice à
un débat public.
Ad IDEM - Advocates In Defence of Expression in the
Media
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Définition et présentation
Le libellé de la Loi sur l'accès à
l'information devrait aller de pair avec celui de la Loi sur
la protection des renseignements personnels et les documents électroniques
et devrait être formulé en termes d'« information »
plutôt que de « documents ».
Kirsti Nilsen et Margaret Ann Wilkinson
Utiliser un libellé similaire à celui figurant
dans la Loi sur la protection des renseignements personnels et les
documents électroniques, comme « La présente loi
s'applique à tous les renseignements détenus pour le public
par le gouvernement ou en son nom ».
Kirsti Nilsen et Margaret Ann Wilkinson
Il faut établir des critères davantage précis
dans les dispositions législatives de manière à ce
que les agents de l'accès à l'information puissent prendre
des décisions plus éclairées concernant la divulgation
des renseignements.
Robert Bothwell et Patricia McMahon
Je suis d'avis que le droit d'accès devrait viser
l'« information » relevant du gouvernement plutôt que
les « documents ».
Ken Huband
Il faudrait modifier la Loi sur l'accès à
l'information pour y inclure clairement les renseignements mémorisés
sur un support électronique (par exemple messagerie vocale, courriel,
conférence par ordinateur, etc.) dans la définition de document
consignée et d'accorder le droit de demander un document sur un
support particulier s'il existe sur différents supports.
Open Government Canada
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Limite de la protection
Nous croyons qu'il faudrait revenir à une version
modifiée de la pratique relative à la divulgation des documents
après trente ans. Nous sommes d'avis qu'un délai de vingt-cinq
ans serait adéquat.
Robert Bothwell et Patricia McMahon
Nous recommandons vivement l'adoption d'une clause temporelle
selon laquelle tous les documents du gouvernement seraient divulgués
par les organismes qui en sont l'auteur ou par les Archives nationales
vingt-cinq (25) ans après leur création. S'il existe de
rares exceptions à cette clause, par exemple pour des questions
de sécurité nationale, et des situations encore plus rares
concernant des renseignements commerciaux confidentiels et de l'information
de nature personnelle, il faudrait que la décision de ne pas divulguer
ces renseignements soit prise au cas par cas et justifiée devant
le Commissaire à l'information. Il lui reviendrait de statuer sur
le bien-fondé de la non-divulgation des renseignements et sa décision
pourrait être interjetée en appel devant les tribunaux. La
SHC s'objecterait sans contredit au maintien d'exceptions générales
de durée illimitée à cette clause.
Société historique du Canada
[L'Association canadienne des archivistes] exhorte le
Groupe d'étude à recommander l'adoption d'une clause temporelle
obligeant les ministères qui en sont l'auteur ou les Archives nationales
à divulguer les documents gouvernementaux vingt-cinq (25) ans après
leur création … S'il existe de rares exceptions à cette
clause, notamment pour les documents contenant de l'information personnelle
assujettie déjà à des dates de divulgation davantage
éloignées, il faudrait que la décision de ne pas
divulguer ces renseignements soit prise au cas par cas et justifiée
devant le Commissaire à l'information. Il lui reviendrait de statuer
sur le bien-fondé de la non-divulgation des renseignements et sa
décision pourrait être interjetée en appel devant
les tribunaux. Le fardeau d'expliquer pourquoi les documents devraient
rester inaccessibles au lieu que ce soit aux citoyens de demander à
les consulter (en y consacrant temps et argent) reviendrait à juste
titre au gouvernement.
Association canadienne des archivistes
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Rapports au Parlement
Il faudrait modifier la Loi sur l'AI de manière
à obliger les institutions gouvernementales à faire rapport
tous les ans sur le pourcentage de demandes reçues auxquelles une
réponse n'a pas été donnée dans le délai
prescrit et à expliquer le motif de ces retards.
Open Government Canada
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2. PORTÉE DE LA LOI SUR L'ACCÈS À L'INFORMATION
- INSTITUTIONS
Élargissement du champ d'application de la Loi
Il faudrait se pencher sur la portée de la Loi
sur l'accès à l'information.
Conseil national des femmes du Canada
La Société pour l'expansion des exportations
doit être immédiatement assujettie aux dispositions de la
Loi sur l'accès à l'information.
Probe International
Les organismes non gouvernementaux devraient être
assujettis quand ils assurent des services au public pour le compte du
gouvernement.
Solution : nous recommandons la modification du
paragraphe 77(2) de la Loi sur l'accès à l'information
- qui autorise actuellement le gouvernement à ajouter seulement
des organismes de réglementation « du gouvernement du Canada »
- pour permettre au gouvernement d'inclure d'autres organismes de façon
ponctuelle.
Deuxième solution : nous recommandons la
rédaction d'une nouvelle version de la Loi de manière
à ce que l'Annexe 1 présente la liste des organismes qui
NE sont PAS assujettis à la Loi contrairement à
la version actuelle.
Kirsti Nilsen et Margaret Ann Wilkinson
[Le CJFE] demande l'élargissement de la portée
de la Loi sur l'AI pour qu'elle régisse les secteurs et
les entités qui n'y sont pas assujettis actuellement, mais qui
ont pourtant été créés pour la plupart par
des lois fédérales (par exemple l'Agence canadienne du sang).
CJFE - Canadian Journalists for Free Expression
[Le CJFE] demande également que les mesures administratives
aux termes desquelles le gouvernement fédéral transfère
des responsabilités à des entités (comme la Greater
Toronto Airports Authority) sans faire intervenir le législateur
soient assujetties à la Loi.
CJFE - Canadian Journalists for Free Expression
Un nombre infime d'organismes, peu importe leur statut,
de ministères fédéraux, d'organismes de service spécial,
de sociétés d'État, etc. devraient être exclus
du champ d'application de la Loi. Les organismes qui présentent
une demande d'exclusion devraient en outre faire la preuve sans équivoque
de la nécessité d'obtenir ce statut particulier.
Association canadienne des bibliothèques
Nous sommes d'avis que la portée de la Loi
devrait être élargie de manière à ce qu'elle
vise la totalité ou presque des ministères fédéraux,
des sociétés d'État et des organismes. À l'heure
actuelle, certains organismes n'y sont pas assujettis tandis que d'autres
le sont et il ne semble pas y avoir d'explication sur les raisons pour
lesquelles il devrait en être ainsi. Nous croyons que l'annexe des
ministères et organismes assujettis à la Loi devrait
être la même que celle de la Loi sur la protection des
renseignements personnels (qui est beaucoup plus exhaustive) et que
celle de la Loi sur les Archives nationales. Compte tenu de leur
interdépendance, nous sommes d'avis que les trois lois devraient
avoir exactement la même portée.
Société historique du Canada
L'une des principales lacunes de la Loi sur l'accès
à l'information en vigueur repose sur son interprétation
étroite des institutions auxquelles elle s'applique. La liste reflète
une organisation dépassée des institutions. Plutôt
que de dresser une liste exhaustive des institutions visées, la
Loi devrait prévoir l'utilisation d'un critère
général du champ d'application : est-ce que l'institution
exerce une fonction gouvernementale? En d'autres termes, une institution,
un tribunal ou un organisme qui accomplit des fonctions pouvant être
jugées de « gouvernementales » serait visé par
la Loi sur l'accès à l'information.
Robert Bothwell et Patricia McMahon
Nous nous opposons à toutes mesures prises pour
faire la liste des institutions visées par la Loi. En
effet, puisque nous pouvons supposer que tous les particuliers ont le
droit d'accéder aux renseignements gouvernementaux, il y aurait
peut-être lieu que le gouvernement précise plutôt les
institutions qui ne sont pas assujetties à la Loi. Il
faudrait que la liste des institutions fasse partie intégrante
du règlement d'application au lieu des dispositions législatives
étant donné qu'il est beaucoup facile de modifier et de
mettre à jour un règlement qu'une loi.
Robert Bothwell et Patricia McMahon
[L'Association canadienne des archivistes] exhorte le
Groupe d'étude à élargir la portée de la Loi
afin que les ministères et les organismes qui y sont assujettis
soient les mêmes que ceux assujettis à la Loi sur la
protection des renseignements personnels et à la Loi sur
les Archives nationales du Canada.
Association canadienne des archivistes
Certaines institutions publiques d'importance, comme la
Chambre des communes et l'appareil judiciaire, sont de toute évidence
absentes - il pourrait y en avoir d'autres. Il conviendrait d'évaluer
la pertinence pour chacune des institutions d'être assujettie à
la Loi. La création de nouveaux organismes, comme NavCan,
l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), constitue
un autre enjeu extrêmement important. En règle générale,
il faudrait examiner soigneusement les transferts de certaines fonctions
gouvernementales à des organismes hybrides des secteurs public
et privé au moyen de critères permettant de garantir que
la responsabilisation et la transparence n'y sont pas laissées
pour compte.
Ken Huband
Toute institution qui obtient des sommes appréciables
des fonds publics pour son fonctionnement ou dont les fonctions représentent
un monopole ou un quasi-monopole dans le secteur privé en vertu
de son statut juridique devrait être assujettie à la Loi.
Ken Huband
Les institutions devraient être ajoutées
ou supprimées de la liste des institutions assujetties à
la Loi en fonction de certains critères selon lesquels
toute nouvelle institution serait automatiquement visée par les
dispositions législatives de la LAI. Toute demande d'exception
devrait être soumise au moyen d'un Avis publié dans la Gazette
du Canada présentant les motifs de l'exception. Une période
d'observations publiques se tiendrait suivie d'une publication dans la
Partie 2 si l'exception est acceptée.
Ken Huband
À l'instar du Royaume-Uni, la Loi sur l'accès
à l'information devrait être modifiée de manière
à que le Cabinet soit tenu d'ajouter une institution à la
liste des institutions visées par la Loi si l'institution
(ou l'information qu'elle détient) :
- est financée en tout ou en partie par le gouvernement fédéral;
- est une composante administrative de l'institution du Parlement (y
compris le cabinet des ministres);
- est une propriété exclusive ou partielle de l'État;
- appartient à une institution mère qui est une propriété
exclusive ou partielle de l'État;
- est gérée ou son institution mère l'est par une
ou plusieurs personnes désignées aux termes d'une loi
fédérale;
- exerce des fonctions régies par une loi fédérale;
- exerce des fonctions essentielles pour l'intérêt public
(c'est-à-dire dans les domaines de la santé, de la sécurité,
de la protection environnementale et de la sécurité économique).
Open Government Canada et Groupe de travail
des ONG sur la Société pour l'expansion des exportations
Il faudrait modifier la Loi sur l'AI pour que
tous les contrats conclus par des institutions visées par la Loi
comportent une clause selon laquelle tous les documents produits dans
le cadre du contrat doivent demeurer sous la tutelle de l'institution
et doivent être visés par les dispositions sur l'accès.
Open Government Canada et Groupe de travail
des ONG sur la Société pour l'expansion des exportations
Toutes les sociétés d'État devraient
être assujetties aux dispositions législatives. Par exemple,
la Commission canadienne de sûreté nucléaire est maintenant
visée par la Loi, tandis qu'Énergie atomique du
Canada ne l'est pas.
Institut professionnel de la fonction publique du Canada
Les organismes créés par le gouvernement
qui distribuent de fonds publics devraient être assujettis aux dispositions
législatives. Par exemple, la Fondation canadienne pour l'innovation
n'y est pas assujettie. Nous tenons à préciser que le Conseil
de recherches en sciences naturelles et en génie, qui joue un rôle
similaire, est maintenant visé par la Loi.
Institut professionnel de la fonction publique du Canada
Le CIPVP a recommandé un nouveau mécanisme
fédéral d'accès qui exigerait la ratification d'un
contrat entre l'institution et le fournisseur de services du secteur privé
selon lequel les documents nécessaires à l'exécution
du service seraient expressément visés par les lois.
L'accès, la sécurité et la conservation des documents
constituent d'autres aspects qui devraient être précisés
au contrat. Nous encourageons le Groupe d'étude à envisager
l'adoption de dispositions législatives ou d'un mécanisme
de cette nature.
Ann Cavoukian, Commissaire à l'information
et à la protection de la vie privée de l'Ontario
La Société Radio-Canada expose ses préoccupations
concernant la possibilité d'être assujettie à la Loi
sur l'accès à l'information. Ses principales préoccupations
concernent la protection de la liberté de presse, l'intégrité
journalistique, l'indépendance à l'égard du gouvernement
et sa situation sur le plan de la concurrence.
Société Radio-Canada
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3. PORTÉE DE LA LOI SUR L'ACCÈS
À L'INFORMATION - DROIT D'ACCÈS
Droits d'accès
Il est grand temps que l'on supprime la clause selon laquelle
seuls les Canadiens et les personnes se trouvant au Canada bénéficient
d'un droit d'accès.
Robert Bothwell et Patricia McMahon
La Loi se veut principalement un outil pour aider
les citoyens du Canada. Toutefois, il y aurait peut-être lieu d'accorder
aux institutions le pouvoir discrétionnaire d'accepter des demandes
d'accès soumises de l'étranger. La question n'en n'est pas
une dans la mesure où quiconque vivant à l'étranger
peut demander à une personne admissible de soumettre la demande
d'accès en son nom.
Ken Huband
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Notes de bas de page
1. Les recommandations précises ont été
retranscrites, dans la plupart des cas, telles qu'elles avaient été
soumises. Les points de vue, les propositions, les commentaires, etc.
ont été résumés ou reformulés le plus
fidèlement possible par le Groupe d'étude de l'accès
à l'information.
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